Défis de l'après-Covid: les économistes mandatés par Macron livrent leur «boîte à outils»

(A partir de la gauche) L'ancien chef économiste du FMI Olivier Blanchard, le prix Nobel Jean Tirole et le président Macron lors d'une vidéoconférence organisée à l'Elysée pour la présentation du rapport de 500 pages, fruit d'un an de travail. (Photo, AFP)
(A partir de la gauche) L'ancien chef économiste du FMI Olivier Blanchard, le prix Nobel Jean Tirole et le président Macron lors d'une vidéoconférence organisée à l'Elysée pour la présentation du rapport de 500 pages, fruit d'un an de travail. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 24 juin 2021

Défis de l'après-Covid: les économistes mandatés par Macron livrent leur «boîte à outils»

  • Pilotée par le prix Nobel Jean Tirole et l'ancien chef économiste du FMI Olivier Blanchard, la commission a été mandatée par Macron pour réfléchir aux défis de l'économie post-Covid
  • 26 économistes français et étrangers se sont penchés sur la lutte contre le changement climatique, les inégalités et l'adaptation au vieillissement de la population

PARIS : La commission d'économistes mandatée par Emmanuel Macron pour réfléchir aux défis de l'économie post-Covid a remis mercredi ses propositions, conçues comme une "boîte à outils" sur les retraites, l'emploi ou le climat, à moins d'un an de l'élection présidentielle.

Pilotée par le prix Nobel Jean Tirole et l'ancien chef économiste du FMI Olivier Blanchard, cette commission de 26 économistes français et étrangers s'est penchée sur la lutte contre le changement climatique, les inégalités et l'adaptation au vieillissement de la population.

Le rapport de 500 pages, fruit d'un an de travail, était attendu plus tôt, mais la troisième vague de l'épidémie a retardé sa publication.

Censé "repenser nos dogmes économiques à l'échelle française, européenne et internationale", selon le souhait du président de la République, ce rapport se concentre finalement surtout sur les enjeux français.

L'objectif n'est pas de présenter des "solutions clés en main", a prévenu Jean Tirole lors d'une présentation à la presse, à l'inverse de la commission Attali lancée par Nicolas Sarkozy en 2007.

"Nous nous sommes concentrés sur les grands principes et les grandes lignes des réformes". "On propose une boîte à outils, des idées", et si Emmanuel Macron et d'autres candidats à la présidentielle les adoptent, "c'est génial", a-t-il ajouté.

"On offre un bien public, on espère qu'on convaincra un certain nombre de gens", a souligné M. Blanchard.

Le rapport mêle des réflexions plutôt académiques, par exemple sur l'ambition de définir et développer des emplois "de qualité", et des propositions de réformes très concrètes, prenant exemple sur des modèles étrangers.

Les auteurs défendent la nécessité d'une réforme globale des retraites sur la base d'un système universel à points, comme celui proposé par le gouvernement en 2019, mais en l'améliorant pour le rendre plus acceptable.

Autre proposition novatrice: une refonte de l'impôt sur les successions, qui se focaliserait sur les héritiers et non sur les donateurs, et cela afin de résorber l'inégalité des chances, criante en France.

Pour atteindre ce dernier objectif, le rapport préconise d'investir bien davantage dans l'éducation et la formation professionnelle, en améliorant notamment les interactions entre Pôle emploi et les entreprises.

Sur la lutte contre le changement climatique, il défend la mise en place d'une tarification du carbone ambitieuse au niveau européen, via une réforme du marché des quotas existant, en incluant les secteurs aujourd'hui exclus comme le logement et les transports, associée à un mécanisme de taxe carbone aux frontières.

Il recommande aussi d'investir davantage dans la recherche en créant une instance européenne dédiée, et de développer les normes et les interdictions.

Les auteurs reconnaissent qu'ils n'ont pas chiffré le coût de ces réformes, même si "certaines sont autofinancées", puisque par exemple les recettes d'une tarification carbone doivent permettre d'indemniser ceux qui vont en souffrir, a expliqué Jean Tirole.

Pour Olivier Blanchard, l'enjeu n'est pas tellement financier. Dans le contexte des taux bas, "il n'y a pas de crise de dette publique à ce stade", donc "si on fait de l'investissement qui permet d'éviter des catastrophes dans le futur ou d'améliorer la croissance, on peut se permettre d'augmenter la dette".

« Phase d'écoute »

Pas question pour l'Elysée de commenter à ce stade les propositions sur le fond, alors que le chef de l'Etat est dans une "phase d'écoute" du pays.

"Ce qu'on en retient, plus que telles ou telles mesures, c'est surtout l'approche, le cadre d'analyse global. (...) C'est un rapport qui alerte contre les recettes toutes faites", affirme-t-on.

La réforme des retraites proposée? "C'est un choix autonome de la commission de consacrer une large part du chapitre sur la démographie au système des retraites", commente-t-on.

La refonte de l'impôt sur les successions, alors qu'Emmanuel Macron avait affirmé après le mouvement des gilets jaunes qu'il n'était pas question d'y toucher "tant qu'(il) serai(t) là"? Le rapport insiste sur la nécessité de "taxer mieux" en France, alors que le poids de la fiscalité y est plus important qu'ailleurs, répond l'Elysée.

Après les récents rapports de la Cour des comptes et de la commission Arthuis sur les finances publiques, les recommandations d'experts en matière de politique économique s'accumulent en tout cas sur la table de l'exécutif, à moins d'un an de la présidentielle.


Bernadette Chirac, veuve du président Chirac, est décédée à 93 ans

Le président français Jacques Chirac prononce un discours en présence de son épouse, Bernadette Chirac, lors d’une cérémonie de remise de décorations au Palais de l'Élysée à Paris, le 5 mai 2006. Bernadette Chirac, veuve de l’ancien président français, est décédée le 5 juin 2026 à l’âge de 93 ans. (AFP)
Le président français Jacques Chirac prononce un discours en présence de son épouse, Bernadette Chirac, lors d’une cérémonie de remise de décorations au Palais de l'Élysée à Paris, le 5 mai 2006. Bernadette Chirac, veuve de l’ancien président français, est décédée le 5 juin 2026 à l’âge de 93 ans. (AFP)
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  • Bernadette Chirac, veuve de Jacques Chirac, est décédée à 93 ans, a annoncé sa fille Claude Chirac
  • Ancienne Première dame et élue de Corrèze pendant plus de 35 ans, elle était également connue pour son engagement avec l’opération Pièces Jaunes

PARIS: Bernadette Chirac, veuve de l'ancien président de la République Jacques Chirac, est décédée vendredi soir à l'âge de 93 ans, a annoncé samedi matin à l'AFP sa fille Claude Chirac.

Mme Chirac, née Bernadette Chodron de Courcel, "s'est éteinte dans la soirée", dans les Hauts-de-Seine, "paisiblement, entourée des siens. Elle venait d'avoir 93 ans", le 18 mai, a déclaré sa fille.

Elle aura été la seule première dame à avoir elle-même exercé un mandat politique sur son nom propre, celui de conseillère générale de Corrèze, département où elle a été élue sans discontinuer de 1979 à 2015.

Emmanuel Macron a aussitôt salué la mémoire d'une "grande dame de coeur", qui "a marqué notre histoire" et "changé tant de vies avec discrétion et obstination".

En hommage à Bernadette Chirac, le président de la République et son épouse Brigitte ont invité sur le réseau X "toutes celles et ceux qui le souhaitent à se rendre dès 15h à la Maison Élysée située en face du Palais" où "un registre de condoléances sera mis à disposition".

Epouse pendant plus de 60 ans de Jacques Chirac, restée longtemps dans l’ombre du "grand", elle a accompagné son époux tout au long de son chemin vers l’Elysée (ministères, Matignon, mairie de Paris, RPR…) jusqu’à la victoire à l’élection présidentielle de 1995, au troisième essai.

Née le 18 mai 1933 à Paris, Bernadette Chodron de Courcel a grandi dans une famille de diplomates du XVIe arrondissement de la capitale. Elève de Sciences-Po Paris, c’est dans cette grande école qu’elle rencontre Jacques Chirac, qu'elle épouse en 1956.

Le couple a eu deux filles: Laurence (1958), longtemps malade et dont le décès en 2016 avait plongé Bernadette Chirac dans une très sévère dépression, et Claude (1962), gardienne du temple chiraquien, qui a pris la suite de sa mère en se faisant élire conseillère départementale de Corrèze en 2021.

Durant le premier mandat présidentiel (1995-2002) de Jacques Chirac, elle est d’abord reléguée au second plan. Avant de jouer un rôle essentiel dans la réélection de son mari en 2002, devenue très populaire auprès des Français, notamment à la tête de l’opération Pièces jaunes en faveur des enfants hospitalisés, et la coqueluche des élus de droite, qui s’arrachent son soutien aux municipales et aux législatives.

D’allure classique et bourgeoise, réputée beaucoup plus conservatrice que son mari, dotée d’un solide sens politique, celle qui avait acquis le surnom de "Bernie" avait mis en garde Jacques Chirac en 1997 contre le désastre d’une dissolution, dont elle accablait le secrétaire général de l’Elysée d'alors Dominique de Villepin, appelé "Néron" en petit comité.

Son époux racontait aussi qu’elle avait été la seule à l’alerter sur la montée du leader du Front national Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle de 2002.

"Elle est la femme de ma vie, nous avons tant accompli ensemble !", disait d’elle Jacques Chirac dans ses "Mémoires". 


Ukraine : Macron, Merz et Starmer rencontreront Zelensky dimanche à Londres, annonce l’Élysée

Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E3, dans le cadre de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E3, dans le cadre de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz rencontreront Volodymyr Zelensky dimanche à Londres pour coordonner le soutien à l’Ukraine et accroître la pression sur l’effort de guerre russe
  • Les dirigeants feront également le point sur les initiatives visant une paix juste et durable en Ukraine, notamment dans le cadre de la Coalition des volontaires

PARIS: Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz rencontreront dimanche à Londres Volodymyr Zelensky afin d'échanger sur le "soutien à l'Ukraine" et le "renforcement de la pression sur l’effort de guerre russe", a annoncé vendredi l'Elysée.

Le président français, le Premier ministre britannique et le chancelier allemand s'entretiendront d'abord tous les trois, avant de recevoir le président ukrainien. "Cette réunion permettra également de faire le point sur les travaux engagés en faveur d’une paix juste et durable en Ukraine et sur le continent européen, notamment dans le cadre de la Coalition des volontaires", a ajouté la présidence française dans un communiqué.


Algérie: les derniers obstacles judiciaires levés avant une possible grâce de Gleizes

Toutes les procédures judiciaires en Algérie dans l'affaire Christophe Gleizes sont "closes", ont annoncé ses avocats mercredi, estimant que la voie est dégagée pour que le président Tebboune accorde sa grâce au journaliste sportif français qui purge une peine de sept ans de prison. (AFP)
Toutes les procédures judiciaires en Algérie dans l'affaire Christophe Gleizes sont "closes", ont annoncé ses avocats mercredi, estimant que la voie est dégagée pour que le président Tebboune accorde sa grâce au journaliste sportif français qui purge une peine de sept ans de prison. (AFP)
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  • Le journaliste sportif français avait été arrêté en mai 2024 en Kabylie (nord-est) où il réalisait un reportage sur la JSK, une prestigieuse équipe de foot, puis condamné en juin 2025 à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme"
  • Il avait retiré en mars un pourvoi en cassation et le dernier obstacle à une éventuelle grâce présidentielle résidait dans le pourvoi déposé par le procureur général

ALGER: Toutes les procédures judiciaires en Algérie dans l'affaire Christophe Gleizes sont "closes", ont annoncé ses avocats mercredi, estimant que la voie est dégagée pour que le président Tebboune accorde sa grâce au journaliste sportif français qui purge une peine de sept ans de prison.

Les avocats Amirouche Bakouri et Emmanuel Daoud ont fait savoir dans un communiqué sur Facebook que la Cour de cassation avait "définitivement statué" sur ce dossier en date du 25 mai. Elle a "pris acte du désistement du pourvoi" de M. Gleizes et a "rejeté au fond" un autre recours introduit par le parquet.

Le journaliste sportif français avait été arrêté en mai 2024 en Kabylie (nord-est) où il réalisait un reportage sur la JSK, une prestigieuse équipe de foot, puis condamné en juin 2025 à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme", une peine confirmée en appel en décembre dernier.

Il avait retiré en mars un pourvoi en cassation et le dernier obstacle à une éventuelle grâce présidentielle résidait dans le pourvoi déposé par le procureur général.

"Le débat juridictionnel étant désormais clos, l'avenir de Christophe Gleizes relève à présent des prérogatives discrétionnaires du président" Abdelmajid Tebboune, ont ajouté les avocats à propos de la grâce du journaliste réclamée par sa famille.

L'avocat algérien et son collègue français ont dit exprimer "formellement le voeu" qu'une "mesure de grâce présidentielle soit accordée dans les plus brefs délais afin d'apporter un dénouement rapide et humain à cette affaire".

En Algérie, les présidents accordent traditionnellement leurs grâces lors des fêtes religieuses musulmanes et aussi à l'occasion de la fête du 5 juillet, qui célèbre l'indépendance du pays acquise au terme de 132 ans de colonisation française et huit années d'une guerre sanglante (1954-1962).

"Seule issue" 

"Nous attendions cette nouvelle depuis (...) mi-mars et nous en sommes particulièrement heureux", a déclaré à l'AFP Sylvie Godard, la mère du journaliste.

Le sort de M. Gleizes, qui fait partie de nombreux sujets de tension entre Paris et Alger, a encore été évoqué ce lundi lors d'une rencontre à Paris entre le ministre de l'Intérieur algérien Saïd Sayoud et son homologue français Laurent Nuñez.

Une crise profonde avait éclaté à l'été 2024 entre les deux pays lorsque Paris avait apporté son soutien à un plan d'autonomie sous "souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. L'Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.

La crise s'était aggravée avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié en novembre 2025), puis la mise en examen en avril 2025 d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement en France d'un influenceur algérien, Amir DZ.

Cette affaire avait conduit à l'expulsion réciproque d'une douzaine de diplomates et agents consulaires et au rappel de l'ambassadeur Stéphane Romatet.

Un dégel a été amorcé depuis février, marqué par le retour de l'ambassadeur à Alger et les visites en Algérie de trois ministres français.

La décision de la Cour de cassation "ouvre la voie à une grâce présidentielle, seule issue pour le drame humain que vivent Christophe Gleizes et sa famille", a indiqué à l'AFP Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières (RSF), qui chapeaute le comité de soutien à Christophe Gleizes.

"A quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du monde", qui démarre le 11 juin aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, "il est indispensable que Christophe retrouve les siens et la tribune presse des stades", a-t-il ajouté.