Le «N-word», terme devenu imprononçable dans les écoles américaines

Après des décennies à entendre le "N-word" tiré des textes de grands auteurs américains - Twain mais aussi William Faulkner ou John Steinbeck - de plus en plus d'étudiants, souvent soutenus par des professeurs et les autorités scolaires, se rebiffent. (Photo, AFP)
Après des décennies à entendre le "N-word" tiré des textes de grands auteurs américains - Twain mais aussi William Faulkner ou John Steinbeck - de plus en plus d'étudiants, souvent soutenus par des professeurs et les autorités scolaires, se rebiffent. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 27 juin 2021

Le «N-word», terme devenu imprononçable dans les écoles américaines

  • Le terme est devenu, au XVIIIème siècle, une insulte raciste mais aussi l'instrument d'un système, basé sur l'esclavagisme
  • Le sujet est électrique et rares sont ceux, parmi les dizaines d'enseignants et d'étudiants contactés, qui ont accepté d'en parler

NEW YORK: Des professeurs blancs récemment réprimandés, suspendus, voire renvoyés pour avoir prononcé à haute voix le "N-word": un an après les grandes manifestations contre les inégalités raciales, la crispation monte autour d'un mot que beaucoup d'enseignants et élèves ne veulent plus entendre, quand d'autres parlent de censure.

Professeure à l'université new-yorkaise St. John's, Hannah Berliner Fischthal pensait avoir posé les bases pédagogiques suffisantes avant de lire, en février dernier, un extrait de "Pudd'nhead Wilson", de l'écrivain américain Mark Twain, utilisant le terme honni, "nigger".

Mais plusieurs de ses étudiants ont estimé que le mot n'aurait pas dû être énoncé à haute voix, et l'enseignante a dû s'excuser. En septembre dernier, un professeur de l'université de Duquesne, en Pennsylvanie, avait été licencié pour avoir cité le vocable durant un cours.

Après des décennies à entendre le "N-word" tiré des textes de grands auteurs américains - Twain mais aussi William Faulkner ou John Steinbeck - de plus en plus d'étudiants, souvent soutenus par des professeurs et les autorités scolaires, se rebiffent.

Le sujet est électrique et rares sont ceux, parmi les dizaines d'enseignants et d'étudiants contactés par l'AFP, qui ont accepté d'en parler.

"Le mot a une telle histoire et un impact émotionnel et psychologique tel que le seul fait de l'entendre peut déranger certaines personnes", estime Neal Lester, professeur d'anglais à l'université d'Arizona State, qui est afro-américain.

Dérivé du mot latin "niger", le terme est devenu, au XVIIIème siècle, une insulte raciste mais aussi l'instrument d'un système, basé sur l'esclavagisme.

Etudiante afro-américaine à l'université de Michigan, Dylan Gilbert est sortie du cours, un jour de 2019, après que son professeur d'anglais blanc, a lu à haute voix un passage de Faulkner avec le "N-word". 

"Il n'y avait aucune raison pour que j'entende ce mot en classe", dit aujourd'hui la jeune femme. "J'ai eu le sentiment que, même si j'avais été admise à Michigan, je ne bénéficiais pas de la possibilité qu'avaient les étudiants blancs d'étudier dans un environnement préservé."

Elle explique cependant ne pas s'opposer à ce qu'un enseignant noir prononce ce terme, que le site Dictionary.com désigne comme "probablement le mot anglais le plus offensant".

"Pour moi, le mot n'est jamais violent ou menaçant quand il sort de la bouche d'une personne noire", dit-elle, en reconnaissant que "de nombreux professeurs trouvent plus facile que personne ne l'utilise en classe".

«Gymnastique intellectuelle»

Alors qu'il lui arrivait de le prononcer dans un contexte universitaire, Neal Lester a décidé d'y renoncer: "Si je veux inviter les gens à faire plus attention aux mots qui sortent de leur bouche, je dois le faire aussi, quel que soit le contexte."

Il estime que le terme ne devrait plus être utilisé du tout, même dans les conversations entre Afro-Américains. Ce alors que le mot reste plus présent que jamais dans la musique, et le rap en particulier.

En juin 2020, Vershawn Young, professeur de communication afro-américain, a lui signé une tribune revendiquant son droit d'employer le mot pendant ses cours, alors que son employeur, l'université canadienne de Waterloo, en avait officiellement banni l'usage. Il refuse d'y renoncer.

"Quand je lis un texte, je dis le mot", explique-t-il. "Quand mes étudiants citent le texte, eux aussi sont libres de dire ce qu'ils lisent", y compris les étudiants qui ne sont pas noirs. "Mais ils peuvent le remplacer" par la version tronquée, "N-word".

Vershawn Young prépare toujours le terrain, avec une discussion préalable et l'annonce du passage où figure le "N-word". Dès lors, les étudiants "savent que ça arrive" et "ne sont pas choqués", dit-il.

Dans une discussion ouverte, en revanche, "on décide généralement de dire +N-word+", pour éviter tout malentendu.

"La distinction entre citer une injure raciste, et l'utiliser (intentionnellement) a été complètement effacée", regrette Wendy Kaminer, avocate et écrivaine. "Je trouve ça problématique."

Pour cette ex-administratrice de l'organisation de défense des droits individuels ACLU, qui est blanche, la disparition du mot dans les salles de classe s'inscrit dans un mouvement de rejet né dans les années 90 sur les campus américains, et qui concerne toutes les minorités, pas seulement les Afro-Américains.

Elle y voit le risque d'une "dévaluation de la liberté d'expression" -- au pays où elle bénéficie historiquement du champ le plus large -- et d'un encadrement légal plus strict du langage, plus proche du droit européen.

Pour Neal Lester, l'important est avant tout de parler du mot et de son histoire, pas de le verbaliser.

"J'ai eu de nombreuses discussions en classe autour du mot sans le prononcer", dit-il, "cela ne demande pas une grande gymnastique intellectuelle."


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
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  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
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  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".


Un "projectile inconnu" frappe un cargo dans le détroit d'Ormuz, selon l'UKMTO

Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Un cargo a été touché par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO
  • Aucun blessé ni dégât n'a été signalé à ce stade

DUBAI: Un "projectile inconnu" a frappé un cargo dans le détroit d'Ormuz, a alerté l'agence maritime britannique UKMTO dans la nuit de lundi à mardi, sans faire mention d'éventuels blessés ou dégâts.

Un cargo, dont le nom n'a pas été précisé, a signalé à l'UKMTO avoir été "touché par un projectile inconnu", selon le communiqué de l'organisation. Les faits sont survenus à quelque 20 milles nautiques (37 kilomètres) au nord-est de la ville omanaise d'Al Khasab, de même source.