Est de la RDC: explosion d'une bombe artisanale dans une église de Beni, deux blessées

Des experts de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) et de la mairie de Beni se sont rendus sur place et ont sécurisé le périmètre (Photo, AFP).
Des experts de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) et de la mairie de Beni se sont rendus sur place et ont sécurisé le périmètre (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 27 juin 2021

Est de la RDC: explosion d'une bombe artisanale dans une église de Beni, deux blessées

  • C’est une première dans cette région de l'est de la République démocratique du Congo, où sévit le meurtrier groupe armé ADF, affilié aux jihadistes de l'Etat islamique
  • Deux femmes ont été blessées, l'explosion ayant eu lieu avant l'heure d'affluence des fidèles pour une importante cérémonie de sacrement de confirmation aux enfants

BENI: Une bombe artisanale a explosé dimanche matin, faisant deux blessées, dans une église de la ville de Beni, une première dans cette région de l'est de la République démocratique du Congo, où sévit le meurtrier groupe armé ADF, affilié aux jihadistes de l'Etat islamique selon les Etats-Unis.

« L'explosion a eu lieu à 06H00 (04H00 GMT). (...) C'est une bombe artisanale » qui avait été placée à l'intérieur de l'église, a déclaré le colonel Narcisse Muteba Kashale, maire de Beni-Ville (Nord-Kivu, est) et policier.

Deux femmes ont été blessées, l'explosion ayant eu lieu avant l'heure d'affluence des fidèles pour une importante cérémonie de sacrement de confirmation aux enfants, a précisé le vicaire général de Beni, monseigneur Laurent Sondirya.

« Ils ont visé une grande foule parce que la cérémonie va réunir des enfants, leurs parents et des fidèles », a expliqué le prélat catholique. « La messe pour administrer le sacrement de confirmation ne sera pas reportée », a martelé Mgr Sondirya.

Des traces de sang étaient visibles à l'entrée de l'église. Des éclats de vitres et des morceaux de bois étaient éparpillés à l'intérieur, à côté d'appareils de sonorisation très endommagés.

« Je venais d'entrer dans l'église, à peine je voulais m'asseoir j'ai entendu boum (...). Du sang a commencé à couler de ma bouche. J'ai perdu 4 dents avec des blessures aux bras », a témoigné sur son lit d'hôpital Antoinette Kavira, l'une des victimes. La deuxième blessée, atteinte à la jambe et encore sous le choc, n'a pas souhaité s'exprimer.

Une autre bombe artisanale

La déflagration a été entendue à la ronde dans la paroisse Emmanuel Butsili, située dans un quartier populaire de Beni-ville, selon des témoins interrogés.

Des experts de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) et de la mairie de Beni se sont rendus sur place et ont sécurisé le périmètre.

« Nous avons institué une commission sécurité au sein de la paroisse. On doit être vigilants », a déclaré le père assomptionniste Isidore Kambale, curé de la paroisse.

C'est la première fois qu'un édifice appartenant à l’Église catholique, religion la plus importante dans la ville, est directement ciblé dans le territoire de Beni où des membres du groupe musulman des Forces démocratiques alliées (ADF) sont accusés d'avoir tué 6 000 personnes depuis 2013, selon un décompte de l'épiscopat.

Samedi, une autre bombe a explosé dans la ville, à côté d'une station d'essence à la sortie de Beni, sans faire des dégâts. « C'était une bombe artisanale cachée sous un camion-remorque qui avait explosé, mais mes services ont cru qu'il s'agissait d'une crevaison. Mais ce matin, j'ai constaté qu'il y avait des éclats exactement comme dans l'église », a indiqué le maire de Beni, le colonel Muteba.

En février 2014, des ADF étaient soupçonnés d'avoir enlevé à Mbau trois prêtres assomptionnistes de Beni qui sont toujours portés disparus et aucune revendication de leur enlèvement n'a été formulée jusqu'à ce jour.

Jihadistes de l'Etat islamique

En mai, deux imams de la ville de Beni, réputés pour leurs discours hostiles aux violences exercées par des ADF, ont été tués par balles à l'intérieur de leur mosquée ou après la prière du soir.

A l'origine des rebelles musulmans ougandais, les ADF ont fait souche depuis plus de 25 ans dans cette partie de l'Est de la RDC, dans la province du Nord-Kivu, d'où ils n'attaquent plus depuis longtemps l'Ouganda voisin.

Les ADF sont accusés d'avoir massacré des centaines de civils, en particulier depuis le lancement d'opérations militaires contre leur base dans la jungle autour de Beni en novembre 2019.

Le 11 mars, les États-Unis ont placé les ADF parmi les « groupes terroristes » affiliés au groupe État islamique (EI). De nombreuses questions se posent depuis lors sur la réalité et la profondeur de leurs liens supposés avec l'EI.

Le 6 mai, le président Félix Tshisekedi a décrété l'état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri en vue de mettre un terme aux activités meurtrières de la centaine de groupes armés locaux et étrangers recensés dans l'est congolais par le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST en anglais). Les ADF sont le plus meurtrier de ces groupes.

Mi-juin, le président Tshisekedi s'est rendu à Beni, où il a appelé la population à « collaborer » avec les forces de sécurité face aux ADF, un « ennemi sournois ».


Le roi Charles à New York pour célébrer les liens entre Royaume-Uni et Etats-Unis

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Short Url
  • Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis
  • Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans

NEW YORK: Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à un moment de tensions entre les deux alliés historiques.

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche.

Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans. Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, sera présent.

"Cette tragédie a été un moment fondateur pour l'Amérique, et votre douleur, votre choc a été ressenti de par le monde", a déclaré mardi le souverain devant les parlementaires américains.

"Nous nous sommes alors tenus à vos côtés. Et nous sommes aujourd'hui a vos côtés pour se souvenir de ce jour qui ne devra jamais être oublié", a ajouté Charles III à la tribune du Congrès, avant d'appeler Washington à rester fidèle à ses alliés occidentaux et lancé quelques critiques voilés à l'attention de Donald Trump.

Winnie l'ourson 

Il rencontrera ensuite des secouristes du 11-Septembre et des familles de victimes, avant d'aller visiter un projet de ferme urbaine.

Pendant ce temps, Camilla va célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson à la bibliothèque municipale de New York en offrant un jouet à l'effigie de Petit Gourou, un autre personnage de cet univers.

Le roi doit ensuite participer à un événement économique centré sur la coopération entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en présence d'investisseurs et de patrons d'entreprises.

Donald Trump a laissé planer mi-avril la menace d'un retrait des Etats-Unis de l'accord conclut avec Londres sur les droits de douane, arme économique favorite d'un président américain résolument protectionniste.

Le milliardaire républicain est agacé par la réticence du gouvernement britannique à aider Washington dans sa guerre contre l'Iran menée avec Israël.

En fin de journée, Charles III se rendra à une réception pour son association d'aide à la jeunesse, The King's Trust. Le couple royal reviendra à Washington jeudi avant de se rendre sur le territoire britannique des Bermudes.

Cette visite d'Etat de plusieurs jours devait aider à recoller les morceaux d'une "relation spéciale" fissurée par les désaccords politique entre Donald Trump et le Premier ministre travailliste Keir Starmer à propos de la guerre en Iran.

En cette année qui marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, par laquelle des colonies britanniques sont devenues les Etats-Unis d'Amérique, le président républicain a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le chef d'Etat britannique avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon et survol de la Maison Blanche par des avions de combat.


Le chef du Pentagone va s'expliquer sur la guerre en Iran devant les députés américains

 Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
Short Url
  • Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains soient régulièrement informés
  • Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début d'un conflit qui s'enlise, malgré un cessez-le-feu prolongé par Donald Trump.

Le chef du Pentagone, très critiqué par l'opposition démocrate, fera face aux questions des membres de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants aux côtés de Dan Caine, le chef d'état-major américain.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains d'entre-eux soient régulièrement informés avec des renseignements classés secret défense.

Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate, alors que les conséquences économiques de la guerre se font sentir dans le monde entier et jusque dans l'opinion américaine avec une hausse des prix à la pompe.

"Le ministre Hegseth va enfin se présenter devant la Commission des forces armées de la Chambre cette semaine, a salué la députée démocrate Maggie Goodlander. Il est temps qu'il réponde d'une guerre lancée par choix".

Donald Trump et son gouvernement ont multiplié les déclarations contradictoires sur les buts de guerre de Washington et sur les manières de mettre fin au conflit.

Demande d'enquête 

Les négociations pour y mettre fin piétinent, alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines. En attendant, Téhéran exerce un quasi-blocage de la navigation au détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que Washington a mis en place un blocus des ports iraniens.

La marine américaine a déployé trois de ses porte-avions dans la région, une première depuis plus de vingt ans.

La conduite de la guerre par Pete Hegseth irrite depuis le début les élus de l'opposition démocrate, qui ont lancé six procédures visant à le démettre de ses fonctions, sans réel espoir d'y parvenir.

Nombre de parlementaires, y compris des républicains, regrettent aussi que l'exécutif américain n'ait pas consulté davantage le Congrès avant de déclencher ce conflit, alors que la Constitution exige son accord pour formellement "déclarer" la guerre.

Les démocrates ont plusieurs fois échoué à faire passer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump en Iran.

Plus d'une dizaine d'entre eux ont aussi demandé la semaine dernière l'ouverture d'une "enquête formelle et immédiate" sur la mort de six soldats américains au Koweït dans les premiers jours du conflit, estimant que le ministre a "induit le public en erreur sur les circonstances de l'attaque".

Au total, 13 militaires américains ont été tués depuis le 28 février, et 400 ont été blessés.

Explosion du budget 

Les parlementaires pourraient aussi interroger Pete Hegseth sur le coût de la guerre, tant d'un point de vue strictement budgétaire que sur l'utilisation à grande échelle de missiles aux stocks limités, certains craignant un épuisement critique d'armements stratégiques.

L'audition porte officiellement sur la demande de l'exécutif américain d'augmenter de 42% le budget américain de la défense, déjà faramineux, pour le porter à 1.500 milliards de dollars en 2027, l'équivalent du produit intérieur brut (PIB) de l'Indonésie ou des Pays-Bas.

L'audition de mercredi pourrait aussi porter sur la vague de départ dans les plus hauts postes du Pentagone, ou sur l'utilisation de l’intelligence artificielle au sein des forces armées.

L'entreprise Anthropic est en conflit avec le ministère de la Défense pour avoir refusé que ses outils d'IA soient utilisés pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour rendre des armes totalement autonomes.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Short Url
  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.