Eruption en RDC: les Congolais qui ont fui au Rwanda rentrent chez eux

Cette vue générale prise le 22 mai 2021 depuis l'île de Tchegera en dehors de Goma sur le lac Kivu à l'est de la République démocratique du Congo montre le volcan Nyiragongo en éruption / AFP
Cette vue générale prise le 22 mai 2021 depuis l'île de Tchegera en dehors de Goma sur le lac Kivu à l'est de la République démocratique du Congo montre le volcan Nyiragongo en éruption / AFP
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Publié le Dimanche 23 mai 2021

Eruption en RDC: les Congolais qui ont fui au Rwanda rentrent chez eux

  • Dans un message enregistré et diffusé sur les radios locales et les réseaux sociaux, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu a «confirmé l'éruption du volcan Nyiragongo depuis ce 22 mai vers 19H00» heure locale
  • Très rapidement, le gouvernement congolais, qui s'est réuni en conseil de crise à Kinshasa, a ordonné l'évacuation de la ville

GOMA: La ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a été "épargnée" par les laves du volcan de Nyiragongo, entré en éruption samedi soir, a déclaré dimanche matin le gouverneur militaire de la région.

"Les laves se sont arrêtées vers Buhene, en périphérie de Goma, (...) la ville a été épargnée", a déclaré le général Constant Ndima, dans une courte adresse audio à la population sur les médias publics.

"Le bilan provisoire s'établit comme suit: 5 personnes tuées dans des accidents lors des déplacements de population", a annoncé le général Ndima, qui dirige la province du Nord-Kivu depuis la proclamation de l'état de siège dans la région le 6 mai dernier pour lutter contre les groupes armés.

"Plusieurs vols dans des boutiques et une tentative d'évasion des prisonniers" à la prison de la ville ont été enregistrées, mais "la situation est maitrisée", a-t-il assuré.

Dans la périphérie de la ville, à Buhene, des "maisons ont été ravagées par les laves", a précisé le général, sans donner de bilan chiffré de ces destructions.

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Des habitants de Goma font un constat des dégâts tôt le matin, dans l'est de la République démocratique du Congo, suite à l'éruption du mont Nyiragongo. (Photo, AFP)

Des milliers de Congolais qui ont fui Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) vers le Rwanda après l'éruption du volcan Nyiragongo dans la nuit, rentraient chez eux dimanche matin, selon les médias publics rwandais. 

Entre 5 000 et 7 000 personnes avaient traversé la frontière pour être accueillies dans des écoles et des lieux de culte au Rwanda.

"Actuellement, les citoyens de la RDC qui avaient trouvé refuge au Rwanda suite à l'éruption du volcan Nyiragongo continuent de regagner leur pays", a indiqué dimanche matin sur Twitter la RBA. 

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Des Congolais fuyant Goma, en République démocratique du Congo (RDC), se reposent dans une rue après l'éruption du volcan Nyiragongo près de la frontière à Gisenyi, au Rwanda, le 23 mai 2021. (Photo, AFP)

Dimanche matin, la coulée de lave avait cessé sa progression pour s'immobiliser dans les faubourgs nord-est de Goma et les gens commençaient à regagner leur domicile. 

"Dieu merci l'éruption volcanique s'est tranquilisée au nord de l'aéroport de Goma, les populations parties retournent doucement au bercail à Goma", a confirmé sur Twitter Vincent Karega, l'ambassadeur du Rwanda en RDC. 

RBA avait posté des photos montrant de nombreuses personnes en marche, portant pour certaines des valises ou des matelas, et arrivant dans la ville frontière de Rubavu (anciennement Gisenyi), côté Rwanda. 

"Certains congolais qui se sont confiés à RBA se réjouissent de l'accueil chaleureux dont ils ont bénéficié au Rwanda en toute sécurité", a souligné RBA. 

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Des cendres fumantes sont vues tôt le matin à Goma dans l'est de la République démocratique du Congo le 23 mai 2021 à la suite de l'éruption du mont Nyiragongo. (Photo, AFP)

RBA précise, dans un tweet en kinyarwanda, que, dimanche matin, '"il n'y avait pas de signe visible d'éruptions sur la montagne depuis la ville de Gisenyi mais il y avait beaucoup de fumée dans l'air."

Le volcan Nyiragongo, surplombant Goma dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), est entré en éruption samedi soir, poussant le gouvernement à ordonner l'évacuation de la ville dont les habitants fuyaient en masse.

En début de soirée, des lueurs rougeoyantes ont commencé à s'échapper du cratère et une odeur de soufre s'est répandue dans Goma, située sur le flanc Sud du volcan, sur les rives du lac Kivu.

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Residents are seen standing next to destroyed structures near smouldering ashes early morning in Goma in the East of the Democratic Republic of Congo on May 23, 2021 following the eruption of Mount Nyiragongo. (Photo, AFP)

Cette soudaine activité volcanique a aussitôt provoqué l'inquiétude des populations, familières des colères du volcan, et même si aucune coulée de lave n'était immédiatement visible de la ville, ni tremblement de terre ressenti.

"Le ciel est devenu rouge. Il y a une odeur de soufre. Au loin, on observe des flammes géantes sortir de la montagne", a raconté à l'AFP une habitante.

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Le célèbre volcan Nyiragongo, près de la ville de Goma, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), est soudainement devenu actif samedi 22 mai 2021, au soir / AFP

Dans un message enregistré et diffusé sur les radios locales et les réseaux sociaux, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu a "confirmé l'éruption du volcan Nyiragongo depuis ce 22 mai vers 19H00" heure locale.

"Les investigations sont en cours et la population doit suivre les orientations de la protection civile", a déclaré le général Constant Ndima, appelant au "calme".

Très rapidement, le gouvernement congolais, qui s'est réuni en conseil de crise à Kinshasa, a ordonné l'évacuation de la ville.

"Le plan d’évacuation de la ville de #Goma a été activé", a annoncé sur Twitter le ministre de la Communication Patrick Muyaya. "Le gouvernement discute des mesures urgentes à prendre dès à présent", a ajouté le ministre.

"Dès demain, le gouvernement s'activera à mettre en place des mécanismes qui permettront d'intervenir. La Monusco (mission de l'ONU dans le pays) a été mise à contribution", a-t-il promis.

«A pas de tortue»

L'électricité a été coupée dans une grande partie de la ville et des milliers d'habitants, souvent en famille, se dirigeaient dans le désordre à pied, à moto ou en voiture vers la frontière rwandaise toute proche.

"Les gens partent ou se préparent à partir", a déclaré un autre habitant, tandis que ne cessait de grossir le flot des gens en fuite, matelas sur la tête, colis et enfants dans les bras, voitures klaxonnant.

La population prenait la direction du poste-frontière avec le Rwanda, dans la partie sud de la ville, ou la route de l'ouest vers Sake, vers la région congolaise du Masisi. Goma jouxte la frontière et la "grande barrière", le poste-frontière entre les deux pays, est situé dans le sud de la ville.

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Des habitants de Goma quittent la ville à la suite d'une activité soudaine du volcan Nyiragongo le 22 mai 2021 / AFP

"Il y a beaucoup de monde sur la route, beaucoup de voitures, c'est la fuite", a raconté à l'AFP un habitant ayant embarqué sa famille dans sa voiture pour emprunter cette route du Masisi, vers Sake.

"Ca avance à pas de tortue, sur trois ou quatre voies. Les voitures sont remplies d'effets personnels, des matelas dans les coffres ou sur les toits.", a-t-il témoigné: "Il y a des enfants, des femmes, des vieux qui sont à pied et la pluie s'invite, c'est compliqué".

Selon un document interne de la mission de la Monusco, un hélicoptère onusien en vol de reconnaissance "a confirmé des activités d'éruption sur le Nyiragongo", estimant dans un premier temps que, la coulée de lave coulant vers le Rwanda, la ville de Goma et ses environs étaient "à l'abri".

Mais dans un second "flash report", la Monusco, après un autre vol de reconnaissance, a indiqué que la lave "se dirigeait vers l'Est mais également le Sud-Est du volcan, y compris en direction de l'aéroport", dans la partie nord de la ville.

Goma abrite un important contingent de Casques bleus et de nombreux membres du personnel de la Monusco. Elle est la base de nombreuses ONG et organisations internationales.

Plusieurs avions basés à l'aéroport, appartenant à la Monusco et à des compagnies privées, ont décollé dans la soirée pour évacuer, selon une source aéroportuaire.

"Chaque personne dans la ville sait comment se comporter pendant l'éruption. (...) Il ne faut pas paniquer", a déclaré sur les radios locales Joseph Makundi, coordonnateur de la protection civile au Nord Kivu.

Eruption en RDC: une coulée de lave a atteint l'aéroport de Goma

Une coulée de lave venue du volcan Nyiragongo, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), a atteint l'aéroport de la ville de Goma, sur le versant sud du volcan, a indiqué un responsable local.

"La situation s'est aggravée", constate dans un message à ses personnels, dont l'AFP a eu copie, un responsable du parc national des Virunga, où est situé le volcan. "Outre la coulée de lave vers le Nord-Est (Kibumba/Rwanda), une autre coulée descend aussi sur la ville. Elle a maintenant atteint l’aéroport et, en toute logique, elle va descendre vers le lac" Kivu, constate ce responsable.

«Rassembler les enfants»

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Des habitants de Goma quittent la ville à la suite d'une activité soudaine du volcan Nyiragongo le 22 mai 2021 / AFP

"La première chose à faire pour chaque maman est de rassembler ses enfants, prendre les objets nécessaires, notamment carte d'identité, diplômes et actes de propriété. Prendre également un peu de nourriture", a-t-il dit. 

Capitale régionale du Nord-Kivu, Goma compte près de 600.000 habitants, pour douze quartiers. Le plan d'évacuation des autorités prévoit qu'ils se rendent aux deux-tiers au Rwanda.

La précédente éruption majeure du Nyiragongo remonte au 17 janvier 2002. Elle avait causé la mort de plus de cent personnes, couvrant de lave quasiment toute la partie est de Goma, y compris la moitié de la piste de l'aéroport.

Selon un scénario qui pourrait s'avérer semblable à l'éruption de ce samedi, la lave s'était  lentement écoulée vers la ville, qu'elle avait coupée en deux pour se déverser dans le lac Kivu.

Les victimes étaient pour la plupart des malades, des personnes âgées ou impotentes abandonnées à leur sort dans les quartiers nord de la ville. Des pillages avaient également eu lieu.

L'éruption la plus meurtrière, en 1977, a fait plus de 600 morts.

Située dans la province du Nord-Kivu, voisine de l'Ouganda, la région de Goma est une zone d'intense activité volcanique, avec six volcans, dont le Nyiragongo et le Nyamuragira qui culminent respectivement à 3.470 et 3.058 mètres.

Une des caractéristiques de ces deux volcans sont les "éruptions douces", relativement fréquentes, des flux de lave s'écoulant par les flancs et non par une explosion dans le cratère. Ce fut le cas au moment de l'éruption de janvier 2002.

Dans un rapport daté du 10 mai, l'Observatoire volcanologique de Goma appelait à la "vigilance", alors que "l'activité séismo-volcanique au niveau du Nyiragongo" avait "augmenté", méritant "une attention particulière de surveillance".


L'Iran juge peu probable une reprise de la guerre, Trump demande plus de concessions pour un accord

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, au moment où les deux pays négocient un accord pour mettre fin à la guerre, Donald Trump déclarant toutefois ne pas être satisfait en l'état des propositions de l'Iran. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, au moment où les deux pays négocient un accord pour mettre fin à la guerre, Donald Trump déclarant toutefois ne pas être satisfait en l'état des propositions de l'Iran. (AFP)
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  • Avant cette intervention, soufflant le chaud et le froid comme M. Trump en a coutume, les marchés avaient cédé à regain d'optimisme sur un possible règlement, avec un recul des cours du pétrole
  • Dans le même temps, l'accès à internet a été en partie rétabli en Iran après une coupure de près de trois mois, lançant un signal de détente mais sans enthousiasmer les Iraniens au vu des restrictions maintenues

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, au moment où les deux pays négocient un accord pour mettre fin à la guerre, Donald Trump déclarant toutefois ne pas être satisfait en l'état des propositions de l'Iran.

L'Iran "veut vraiment conclure un accord. Ils n'y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits mais nous finirons par l'être (...) Ou alors nous devrons simplement finir le travail", a dit le président américain, lors d'un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Avant cette intervention, soufflant le chaud et le froid comme M. Trump en a coutume, les marchés avaient cédé à regain d'optimisme sur un possible règlement, avec un recul des cours du pétrole.

Dans le même temps, l'accès à internet a été en partie rétabli en Iran après une coupure de près de trois mois, lançant un signal de détente mais sans enthousiasmer les Iraniens au vu des restrictions maintenues.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations sont laborieuses, et le détroit d'Ormuz reste verrouillé par l'Iran, ce qui fait flamber les prix de l'or noir et vaciller l'économie mondiale.

"Des frappes ce soir?" 

Dans ce contexte, des Iraniens témoignent de leur désarroi.

"J'ai l'impression que rien n'est encore certain, même si le cessez-le-feu est toujours en vigueur et qu'il est question d'un possible accord. On se demande tous les jours: y aura-t-il des frappes de missiles ce soir?", dit à l'AFP Amir, un développeur de logiciel de 27 ans dans la capitale iranienne.

Les Gardiens de la Révolution ont cependant jugé la probabilité d'une reprise de la guerre "faible en raison de la faiblesse de l'ennemi". Mais "les forces armées se tiennent en alerte", a prévenu Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales cité par l'agence de presse Tasnim.

Selon le ministère iranien du Renseignement, les Etats-Unis et Israël ont raté, avec leur attaque lancée le 28 février, leur "objectif de renverser et de diviser le pays", mais poursuivent désormais ce but "par d'autres moyens".

La veille, Téhéran avait accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays, après l'annonce américaine de frappes nocturnes sur des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Accès aux avoirs 

Mercredi, les cours du pétrole ont plongé: vers 15H45 GMT (17H45 à Paris), le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, perdait 3,94% à 96,10 dollars.

"Il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU)", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

L'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables iraniens au Qatar, une première depuis le début des hostilités marquées par des tirs de représailles iraniens sur ses voisins du Golfe.

L'enjeu était de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps.

"Totale invention" 

Les Etats-Unis réclament la destruction de son stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain. Téhéran dément de son côté vouloir se doter de la bombe atomique.

La télévision iranienne a fait état mercredi d'une ébauche du protocole d'accord en discussion, prévoyant notamment selon elle un engagement des Etats-Unis à lever leur blocus des ports iraniens en contrepartie du rétablissement du trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Cette information des médias d'Etat iraniens n'est pas vraie et le projet d'accord-cadre (...) est une totale invention", a réagi la Maison Blanche.

Mercredi, les Gardiens de la Révolution ont insisté sur le fait que seuls les navires "prêts à se conformer aux ordres iraniens" seraient autorisés à passer le détroit, selon la télévision d'Etat.

Sur l'autre front du conflit, au Liban - dont Téhéran réclame l'inclusion dans tout accord de paix - Israël intensifie ses raids aériens et opérations terrestres contre le Hezbollah pro-iranien, qui poursuit aussi ses attaques, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.

L'armée israélienne a averti dans la soirée qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre les deux pays, appelant à son évacuation.


L'ONU condamne l'attaque d'un drone près de la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis

Le Conseil a fait référence aux résolutions du Conseil de sécurité et aux résolutions adoptées par la Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui font état de la préoccupation internationale de longue date concernant les attaques contre les sites nucléaires civils. (Photo ONU)
Le Conseil a fait référence aux résolutions du Conseil de sécurité et aux résolutions adoptées par la Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui font état de la préoccupation internationale de longue date concernant les attaques contre les sites nucléaires civils. (Photo ONU)
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  • La frappe du 17 mai a posé de sérieux risques pour la vie des civils, les infrastructures critiques et l'environnement, avertissent les membres du Conseil
  • Sans nommer l'Iran, ils décrivent l'incident comme "une violation flagrante du droit international" et une escalade dangereuse impliquant des infrastructures nucléaires civiles

NEW YORK : Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné mardi ce qu'il a décrit comme une "attaque de drone flagrante" qui a visé un générateur d'électricité à l'extérieur du périmètre intérieur de la centrale nucléaire de Barakah, dans les Émirats arabes unis.

Cette attaque, qui a eu lieu le 17 mai, présente de graves risques pour la vie des civils, les infrastructures essentielles et l'environnement, a averti le Conseil.

Sans nommer l'Iran, les membres du Conseil ont déclaré que l'attaque constituait "une violation flagrante du droit international" et ont exprimé leur profonde inquiétude face à ce qu'ils décrivent comme une dangereuse escalade impliquant des infrastructures civiles et nucléaires.

"Les membres du Conseil de sécurité condamnent avec la plus grande fermeté l'attaque flagrante de drones", ont-ils déclaré dans un communiqué, ajoutant que les attaques ou les menaces contre des installations nucléaires pacifiques étaient inacceptables et devaient cesser immédiatement.

Ils ont également demandé "la cessation immédiate et permanente de toutes les attaques contre les civils et les infrastructures civiles dans les Émirats arabes unis".

Le Conseil a fait référence aux résolutions du Conseil de sécurité et aux résolutions adoptées par la Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui font état des préoccupations internationales de longue date concernant les attaques contre les sites nucléaires civils.

La déclaration prend également acte des commentaires du directeur général de l'AIEA, Rafael Mariano Grossi, qui s'est déclaré "gravement préoccupé" par l'incident survenu dans les Émirats arabes unis et a averti que "les activités militaires qui menacent la sûreté nucléaire sont inacceptables".

Réaffirmant l'importance des normes de sécurité nucléaire, le Conseil a appelé tous les États à respecter les niveaux les plus élevés de sûreté, de sécurité et de garanties nucléaires, et à éviter toute action susceptible de compromettre les opérations nucléaires ou de créer une plus grande instabilité régionale.

Les membres du Conseil ont également souligné le fait que l'installation de Barakah a été "conçue, construite et exploitée conformément aux normes internationales les plus strictes", sous la supervision de l'autorité fédérale des Émirats arabes unis chargée de la réglementation nucléaire, et conformément aux exigences de l'AIEA en matière de sécurité.

La centrale, qui se trouve dans la région d'Al-Dhafra à Abou Dhabi et qui entrera officiellement en service en 2021, est la première centrale nucléaire commerciale du monde arabe et constitue un élément clé de la stratégie énergétique à long terme des Émirats arabes unis.


L'Iran accuse les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu et menace de riposter

L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "L'armée terroriste américaine, poursuivant ses actions illégales et injustifiées depuis le cessez-le-feu (...), a commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan"
  • Et de prévenir: "La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse et n'hésitera pas à défendre la nation iranienne"

TEHERAN: L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les signes d'ouverture de ces derniers jours ont de nouveau cédé la place à une rhétorique martiale, dans un conflit où les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril mais où les menaces ne cessent pas tout comme le blocage du détroit d'Ormuz, faisant flamber les prix du pétrole.

"L'armée terroriste américaine, poursuivant ses actions illégales et injustifiées depuis le cessez-le-feu (...), a commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan", a déclaré le ministère des Affaires étrangères, sans préciser la nature des faits.

Et de prévenir: "La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse et n'hésitera pas à défendre la nation iranienne".

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit des sites de lancement de missiles dans le sud de l'Iran.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas, et annoncé qu'une enquête était en cours pour en déterminer l'origine.

Dans un autre incident, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir abattu un drone américain et tiré sur d'autres aéronefs tentant de pénétrer dans l'espace aérien du pays, sans préciser la date de ces incidents.

Les dernières frappes américaines connues remontent à début mai quand le sud de l'Iran avait été visé, provoquant une riposte de l'armée iranienne sur des bateaux dans le détroit d'Ormuz. Une "broutille", avait alors dit Donald Trump.

 Internet partiellement rétabli 

Portés la veille par l'espoir d'un accord, les marchés mondiaux ont "retrouvé un ton plus prudent", malgré "l'optimisme du week-end", commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com. Les Bourses européennes hésitaient à la mi-journée et le pétrole est reparti à la hausse.

En Iran, les autorités ont annoncé de premières mesures pour rétablir internet après une coupure quasi-totale depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine le 28 février. L'ONG étrangère de surveillance de la cybersécurité NetBlocks avait auparavant fait état d'un rétablissement "partiel".

"Depuis quelques minutes, je peux ouvrir des sites internet internationaux avec mon fournisseur d'accès", a déclaré à l'AFP une habitante de 22 ans de la ville occidentale de Kermanshah, ajoutant qu'elle avait toutefois toujours besoin de VPN (réseau privé virtuel) pour accéder aux réseaux sociaux.

Malgré les menaces, les tractactions diplomatiques se poursuivent. De hauts responsables iraniens, dont le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont rendus lundi à Doha, une première depuis le début de la guerre.

Le gouverneur de la Banque centrale a également fait le déplacement pour discuter des fonds gelés à l'étranger en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, selon l'agence de presse Tasnim.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes israélo-américaines, en juin 2025.

11 morts au Liban 

Si Téhéran avait averti lundi qu'il n'était pas imminent, l'accord reste possible, a avancé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, parlant de discussions "autour de la formulation précise du texte initial".

"Le président a exprimé sa volonté de parvenir (à un accord). Soit il conclura un accord, soit il n'y aura aucun accord", a-t-il ajouté.

Donald Trump cherche une issue à cette guerre qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Sa réouverture est un enjeu majeur des négociations en cours et les tensions y restent vives: un pétrolier a ainsi été touché mardi au large d'Oman, selon l'agence maritime britannique UKMTO.

Sur le front libanais, Israël a appelé mardi pour la première fois les habitants de Nabatiyé dans le sud du Liban à évacuer toute la ville, au lendemain d'une frappe qui a fait onze morts dans l'est.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a juré d'intensifier les frappes pour "écraser" le Hezbollah pro-iranien, faisant peser plus d'incertitude encore sur les négociations en cours, alors que Téhéran veut qu'un accord avec les Etats-Unis comprenne le Liban.