Eruption en RDC: les Congolais qui ont fui au Rwanda rentrent chez eux

Cette vue générale prise le 22 mai 2021 depuis l'île de Tchegera en dehors de Goma sur le lac Kivu à l'est de la République démocratique du Congo montre le volcan Nyiragongo en éruption / AFP
Cette vue générale prise le 22 mai 2021 depuis l'île de Tchegera en dehors de Goma sur le lac Kivu à l'est de la République démocratique du Congo montre le volcan Nyiragongo en éruption / AFP
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Publié le Dimanche 23 mai 2021

Eruption en RDC: les Congolais qui ont fui au Rwanda rentrent chez eux

  • Dans un message enregistré et diffusé sur les radios locales et les réseaux sociaux, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu a «confirmé l'éruption du volcan Nyiragongo depuis ce 22 mai vers 19H00» heure locale
  • Très rapidement, le gouvernement congolais, qui s'est réuni en conseil de crise à Kinshasa, a ordonné l'évacuation de la ville

GOMA: La ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a été "épargnée" par les laves du volcan de Nyiragongo, entré en éruption samedi soir, a déclaré dimanche matin le gouverneur militaire de la région.

"Les laves se sont arrêtées vers Buhene, en périphérie de Goma, (...) la ville a été épargnée", a déclaré le général Constant Ndima, dans une courte adresse audio à la population sur les médias publics.

"Le bilan provisoire s'établit comme suit: 5 personnes tuées dans des accidents lors des déplacements de population", a annoncé le général Ndima, qui dirige la province du Nord-Kivu depuis la proclamation de l'état de siège dans la région le 6 mai dernier pour lutter contre les groupes armés.

"Plusieurs vols dans des boutiques et une tentative d'évasion des prisonniers" à la prison de la ville ont été enregistrées, mais "la situation est maitrisée", a-t-il assuré.

Dans la périphérie de la ville, à Buhene, des "maisons ont été ravagées par les laves", a précisé le général, sans donner de bilan chiffré de ces destructions.

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Des habitants de Goma font un constat des dégâts tôt le matin, dans l'est de la République démocratique du Congo, suite à l'éruption du mont Nyiragongo. (Photo, AFP)

Des milliers de Congolais qui ont fui Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) vers le Rwanda après l'éruption du volcan Nyiragongo dans la nuit, rentraient chez eux dimanche matin, selon les médias publics rwandais. 

Entre 5 000 et 7 000 personnes avaient traversé la frontière pour être accueillies dans des écoles et des lieux de culte au Rwanda.

"Actuellement, les citoyens de la RDC qui avaient trouvé refuge au Rwanda suite à l'éruption du volcan Nyiragongo continuent de regagner leur pays", a indiqué dimanche matin sur Twitter la RBA. 

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Des Congolais fuyant Goma, en République démocratique du Congo (RDC), se reposent dans une rue après l'éruption du volcan Nyiragongo près de la frontière à Gisenyi, au Rwanda, le 23 mai 2021. (Photo, AFP)

Dimanche matin, la coulée de lave avait cessé sa progression pour s'immobiliser dans les faubourgs nord-est de Goma et les gens commençaient à regagner leur domicile. 

"Dieu merci l'éruption volcanique s'est tranquilisée au nord de l'aéroport de Goma, les populations parties retournent doucement au bercail à Goma", a confirmé sur Twitter Vincent Karega, l'ambassadeur du Rwanda en RDC. 

RBA avait posté des photos montrant de nombreuses personnes en marche, portant pour certaines des valises ou des matelas, et arrivant dans la ville frontière de Rubavu (anciennement Gisenyi), côté Rwanda. 

"Certains congolais qui se sont confiés à RBA se réjouissent de l'accueil chaleureux dont ils ont bénéficié au Rwanda en toute sécurité", a souligné RBA. 

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Des cendres fumantes sont vues tôt le matin à Goma dans l'est de la République démocratique du Congo le 23 mai 2021 à la suite de l'éruption du mont Nyiragongo. (Photo, AFP)

RBA précise, dans un tweet en kinyarwanda, que, dimanche matin, '"il n'y avait pas de signe visible d'éruptions sur la montagne depuis la ville de Gisenyi mais il y avait beaucoup de fumée dans l'air."

Le volcan Nyiragongo, surplombant Goma dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), est entré en éruption samedi soir, poussant le gouvernement à ordonner l'évacuation de la ville dont les habitants fuyaient en masse.

En début de soirée, des lueurs rougeoyantes ont commencé à s'échapper du cratère et une odeur de soufre s'est répandue dans Goma, située sur le flanc Sud du volcan, sur les rives du lac Kivu.

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Residents are seen standing next to destroyed structures near smouldering ashes early morning in Goma in the East of the Democratic Republic of Congo on May 23, 2021 following the eruption of Mount Nyiragongo. (Photo, AFP)

Cette soudaine activité volcanique a aussitôt provoqué l'inquiétude des populations, familières des colères du volcan, et même si aucune coulée de lave n'était immédiatement visible de la ville, ni tremblement de terre ressenti.

"Le ciel est devenu rouge. Il y a une odeur de soufre. Au loin, on observe des flammes géantes sortir de la montagne", a raconté à l'AFP une habitante.

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Le célèbre volcan Nyiragongo, près de la ville de Goma, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), est soudainement devenu actif samedi 22 mai 2021, au soir / AFP

Dans un message enregistré et diffusé sur les radios locales et les réseaux sociaux, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu a "confirmé l'éruption du volcan Nyiragongo depuis ce 22 mai vers 19H00" heure locale.

"Les investigations sont en cours et la population doit suivre les orientations de la protection civile", a déclaré le général Constant Ndima, appelant au "calme".

Très rapidement, le gouvernement congolais, qui s'est réuni en conseil de crise à Kinshasa, a ordonné l'évacuation de la ville.

"Le plan d’évacuation de la ville de #Goma a été activé", a annoncé sur Twitter le ministre de la Communication Patrick Muyaya. "Le gouvernement discute des mesures urgentes à prendre dès à présent", a ajouté le ministre.

"Dès demain, le gouvernement s'activera à mettre en place des mécanismes qui permettront d'intervenir. La Monusco (mission de l'ONU dans le pays) a été mise à contribution", a-t-il promis.

«A pas de tortue»

L'électricité a été coupée dans une grande partie de la ville et des milliers d'habitants, souvent en famille, se dirigeaient dans le désordre à pied, à moto ou en voiture vers la frontière rwandaise toute proche.

"Les gens partent ou se préparent à partir", a déclaré un autre habitant, tandis que ne cessait de grossir le flot des gens en fuite, matelas sur la tête, colis et enfants dans les bras, voitures klaxonnant.

La population prenait la direction du poste-frontière avec le Rwanda, dans la partie sud de la ville, ou la route de l'ouest vers Sake, vers la région congolaise du Masisi. Goma jouxte la frontière et la "grande barrière", le poste-frontière entre les deux pays, est situé dans le sud de la ville.

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Des habitants de Goma quittent la ville à la suite d'une activité soudaine du volcan Nyiragongo le 22 mai 2021 / AFP

"Il y a beaucoup de monde sur la route, beaucoup de voitures, c'est la fuite", a raconté à l'AFP un habitant ayant embarqué sa famille dans sa voiture pour emprunter cette route du Masisi, vers Sake.

"Ca avance à pas de tortue, sur trois ou quatre voies. Les voitures sont remplies d'effets personnels, des matelas dans les coffres ou sur les toits.", a-t-il témoigné: "Il y a des enfants, des femmes, des vieux qui sont à pied et la pluie s'invite, c'est compliqué".

Selon un document interne de la mission de la Monusco, un hélicoptère onusien en vol de reconnaissance "a confirmé des activités d'éruption sur le Nyiragongo", estimant dans un premier temps que, la coulée de lave coulant vers le Rwanda, la ville de Goma et ses environs étaient "à l'abri".

Mais dans un second "flash report", la Monusco, après un autre vol de reconnaissance, a indiqué que la lave "se dirigeait vers l'Est mais également le Sud-Est du volcan, y compris en direction de l'aéroport", dans la partie nord de la ville.

Goma abrite un important contingent de Casques bleus et de nombreux membres du personnel de la Monusco. Elle est la base de nombreuses ONG et organisations internationales.

Plusieurs avions basés à l'aéroport, appartenant à la Monusco et à des compagnies privées, ont décollé dans la soirée pour évacuer, selon une source aéroportuaire.

"Chaque personne dans la ville sait comment se comporter pendant l'éruption. (...) Il ne faut pas paniquer", a déclaré sur les radios locales Joseph Makundi, coordonnateur de la protection civile au Nord Kivu.

Eruption en RDC: une coulée de lave a atteint l'aéroport de Goma

Une coulée de lave venue du volcan Nyiragongo, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), a atteint l'aéroport de la ville de Goma, sur le versant sud du volcan, a indiqué un responsable local.

"La situation s'est aggravée", constate dans un message à ses personnels, dont l'AFP a eu copie, un responsable du parc national des Virunga, où est situé le volcan. "Outre la coulée de lave vers le Nord-Est (Kibumba/Rwanda), une autre coulée descend aussi sur la ville. Elle a maintenant atteint l’aéroport et, en toute logique, elle va descendre vers le lac" Kivu, constate ce responsable.

«Rassembler les enfants»

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Des habitants de Goma quittent la ville à la suite d'une activité soudaine du volcan Nyiragongo le 22 mai 2021 / AFP

"La première chose à faire pour chaque maman est de rassembler ses enfants, prendre les objets nécessaires, notamment carte d'identité, diplômes et actes de propriété. Prendre également un peu de nourriture", a-t-il dit. 

Capitale régionale du Nord-Kivu, Goma compte près de 600.000 habitants, pour douze quartiers. Le plan d'évacuation des autorités prévoit qu'ils se rendent aux deux-tiers au Rwanda.

La précédente éruption majeure du Nyiragongo remonte au 17 janvier 2002. Elle avait causé la mort de plus de cent personnes, couvrant de lave quasiment toute la partie est de Goma, y compris la moitié de la piste de l'aéroport.

Selon un scénario qui pourrait s'avérer semblable à l'éruption de ce samedi, la lave s'était  lentement écoulée vers la ville, qu'elle avait coupée en deux pour se déverser dans le lac Kivu.

Les victimes étaient pour la plupart des malades, des personnes âgées ou impotentes abandonnées à leur sort dans les quartiers nord de la ville. Des pillages avaient également eu lieu.

L'éruption la plus meurtrière, en 1977, a fait plus de 600 morts.

Située dans la province du Nord-Kivu, voisine de l'Ouganda, la région de Goma est une zone d'intense activité volcanique, avec six volcans, dont le Nyiragongo et le Nyamuragira qui culminent respectivement à 3.470 et 3.058 mètres.

Une des caractéristiques de ces deux volcans sont les "éruptions douces", relativement fréquentes, des flux de lave s'écoulant par les flancs et non par une explosion dans le cratère. Ce fut le cas au moment de l'éruption de janvier 2002.

Dans un rapport daté du 10 mai, l'Observatoire volcanologique de Goma appelait à la "vigilance", alors que "l'activité séismo-volcanique au niveau du Nyiragongo" avait "augmenté", méritant "une attention particulière de surveillance".


Tirs au gala de la presse avec Trump: ce que l'on sait

Le président américain, Donald Trump, et les autres participants au gala annuel des correspondants de la Maison Blanche à Washington, ont été évacués samedi soir après des coups de feu. (AFP)
Le président américain, Donald Trump, et les autres participants au gala annuel des correspondants de la Maison Blanche à Washington, ont été évacués samedi soir après des coups de feu. (AFP)
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  • Les forces de l'ordre ont échangé des tirs avec le suspect et "intercepté cet individu"
  • Un officier en uniforme des services secrets a été "touché au gilet" pare-balle et transporté à l'hôpital, mais se portait bien

WASHINGTON: Le président américain, Donald Trump, et les autres participants au gala annuel des correspondants de la Maison Blanche à Washington, ont été évacués samedi soir après des coups de feu. Voici ce que l’on sait de la fusillade:

Que s’est-il passé dans la salle de bal?

Des coups de feu ont été entendus après le discours de bienvenue lors du dîner de gala qui se tenait à l'hôtel Hilton de Washington, selon des journalistes de l'AFP et d'autres témoins.

Des équipes de sécurité, armes au poing, ont pris position sur la scène où Donald Trump était assis aux côtés de son épouse Melania, du vice-président, JD Vance, et d'autres responsables qui ont été rapidement évacués.

Des centaines d'invités en tenue de soirée présents dans la salle de bal se sont abrités sous les tables, puis se sont dirigés vers le hall de l'hôtel avant de sortir à l'extérieur, l'événement étant reporté.

Les autorités ont indiqué qu'aucune personnalité ni aucun invité du gala n'avait été blessé.

Comment la fusillade s’est-elle déroulée?

Selon les autorités, un "tireur isolé" a forcé un point de contrôle de sécurité dans le hall de l'hôtel, juste à l'extérieur de la salle de bal où se déroulait le dîner, vers 20H36 (00H36 GMT).

M. Trump a diffusé sur sa plateforme Truth Social des images semblant montrer le suspect se ruant sur le point de contrôle avant d'être submergé par les policiers. "Il était armé d'un fusil de chasse, d'un pistolet et de plusieurs couteaux", a déclaré à des journalistes le chef par intérim du Metropolitan Police Department, Jeffery Carroll.

Les forces de l'ordre ont échangé des tirs avec le suspect et "intercepté cet individu". Un officier en uniforme des services secrets a été "touché au gilet" pare-balle et transporté à l'hôpital, mais se portait bien, a précisé M. Carroll.

Le suspect n'a pas été atteint par les balles, mais a été conduit à l'hôpital pour y être examiné. Il était en détention et doit être présenté à un juge lundi devant un tribunal fédéral.

Un fusil et des douilles ont été retrouvés sur les lieux, a indiqué le directeur du FBI, Kash Patel, ajoutant que le Bureau fédéral d'enquête procédait à des auditions de témoins dans le cadre de ses investigations.

Qui est le suspect?

M. Trump a partagé des photos du tireur présumé, torse nu et menotté, visage tourné vers le sol, dans ce qui semble être le hall du Hilton. Les autorités n’ont pas encore confirmé publiquement son identité, mais selon des médias américains il s'agit d'un homme de 31 ans, Cole Tomas Allen, originaire de Torrance, en Californie.

Un photographe de l'AFP a vu des agents du FBI à l'extérieur d'une résidence de cette ville, tard samedi soir.

Le profil LinkedIn de "Cole Allen", dont la photo semble correspondre à celle des images diffusées par M. Trump, le présente comme ingénieur mécanique, informaticien, développeur de jeux vidéo et enseignant.

Sur la base d'informations préliminaires, "nous pensons qu'il était l'un des clients de l'hôtel", a déclaré M. Carroll à des journalistes. L'homme interpellé est considéré comme le seul suspect dans cette affaire, ont indiqué des responsables.

Il fait actuellement l'objet de deux chefs d'accusation: utilisation d'une arme à feu lors d'un crime violent, et agression d'un agent fédéral à l'aide d'une arme dangereuse, a précisé la procureure fédérale, Jeanine Pirro. D'autres chefs d'accusation pourraient encore être retenus au fur et à mesure de l'avancée de l’enquête.

"Mon impression est qu'il s'agissait d'un loup solitaire", a déclaré M. Trump, ajoutant que la motivation du suspect n'avait pas encore été établie, mais qu'il pensait que le tireur était "malade".

Y a-t-il eu des défaillances de sécurité ?

Des questions ont été soulevées sur le dispositif de sécurité de la réception et sur la manière dont une arme avait pu être introduite dans l'hôtel. Des participants ont indiqué qu'un portique de détection de métaux avait été installé à l'extérieur de la salle de bal, mais qu'il n'y avait pas de contrôle de ce type en amont ni à l'entrée même de l'hôtel.

Trump a déclaré dans un premier temps qu'il ne s'agissait "pas d'un bâtiment particulièrement sécurisé", mais a ensuite affirmé que le tireur n'avait pas franchi la salle de bal où se tenait l'événement, celle-ci étant "très, très sécurisée".

Le point de contrôle que le suspect a tenté de forcer se trouvait "juste à l'extérieur de la salle de bal", ont indiqué les autorités. "Parce que (les agents de) ce point de contrôle ont fait (leur) travail, personne n'a été blessé", a souligné Mme Pirro.

"Nous allons analyser les vidéos dans tout l'hôtel pour comprendre comment l'arme est entrée, comment elle est arrivée jusque-là", a ajouté M. Carroll. Selon M. Trump, les services de sécurité ont fait "un bien meilleur travail qu'à Butler", où il avait été la cible d'une tentative d'assassinat en 2024 lors d'un meeting de campagne dans l'Etat de Pennsylvanie.


Trump dit que les Iraniens peuvent l'appeler « quand ils veulent »

Donald Trump a déclaré samedi avoir annulé le déplacement attendu de ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner pour des discussions avec l'Iran au Pakistan, mais que cela ne signifiait pas une reprise de la guerre. (AFP)
Donald Trump a déclaré samedi avoir annulé le déplacement attendu de ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner pour des discussions avec l'Iran au Pakistan, mais que cela ne signifiait pas une reprise de la guerre. (AFP)
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  • Visiblement impatient et réticent à envoyer ses émissaires faire "15, 16 heures" de trajet, il a affirmé que les discussions pouvaient très bien se faire par téléphone
  • "Je viens d'annuler le déplacement de mes représentants à Islamabad, au Pakistan, pour rencontrer les Iraniens", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré samedi avoir annulé le déplacement attendu de ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner pour des discussions avec l'Iran au Pakistan, mais que cela ne signifiait pas une reprise de la guerre.

Visiblement impatient et réticent à envoyer ses émissaires faire "15, 16 heures" de trajet, il a affirmé que les discussions pouvaient très bien se faire par téléphone.

"Je viens d'annuler le déplacement de mes représentants à Islamabad, au Pakistan, pour rencontrer les Iraniens", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.

"Trop de temps perdu en déplacements, trop de travail ! (...) Personne ne sait qui est aux commandes, y compris eux-mêmes", a-t-il ajouté.

"S'ils veulent discuter, il leur suffit de nous appeler", a affirmé le dirigeant républicain.

MM. Witkoff et Kushner devaient partir samedi pour Islamabad en vue d'une relance des tractations pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient, avait indiqué vendredi la Maison Blanche, soulignant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

"Toutes les cartes en main" 

S'exprimant un peu plus tard sur le tarmac de l'aéroport de Palm Beach, en Floride, le président américain a évoqué une réunion avec les Iraniens prévue pour "mardi" à Islamabad.

"Quand ils ont parlé de la réunion prévue mardi, j'ai dit: +Mardi, c'est dans longtemps, mais en fin de compte, ça fait beaucoup de route+", a-t-il dit aux journalistes avant son départ pour Washington où il doit assister dans la soirée au dîner des correspondants de la Maison Blanche.

Interrogé pour savoir ce qui l'avait fait changer d'avis, il a répondu: "Rien. C'est juste qu'ils nous ont présenté un document qui aurait dû être meilleur. Et, curieusement, dès que j'ai annulé, en moins de dix minutes, on nous a soumis un nouveau document bien meilleur".

"C'est très simple, ils n'auront pas d'arme nucléaire", a-t-il dit.

Interrogé par le média Axios pour savoir si cette annulation signifiait qu'il allait reprendre la guerre, M. Trump a répondu: "Non. Cela ne signifie pas cela. Nous n'y avons pas encore réfléchi", a-t-il dit selon le journaliste d'Axios qui a dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous avons toutes les cartes en main. Ils peuvent nous appeler quand ils veulent, mais vous n'allez plus faire de vols de 18 heures pour rester assis là à discuter de tout et de rien", a-t-il dit par ailleurs à une journaliste de la chaîne Fox News.

L'annulation du déplacement intervient alors que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a conclu samedi une visite à Islamabad, qui fait office de médiateur.

Les Etats-Unis ont prolongé sine die une trêve avec l'Iran, qui était entrée en vigueur le 8 avril après les frappes israélo-américaines contre l'Iran lancées le 28 février.


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

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  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.