En Arabie saoudite, le musée Ithra accueille une exposition interactive sur l'environnement

C'est à New York que l'exposition «Terra» a été présentée pour la première fois, dans le cadre d’Arcadia Earth. Il s’agit d’une exposition d'art de nouvelle génération et d’une expérience de réalité augmentée destinée à relancer le débat sur les questions environnementales les plus pressantes. (photos Arab News par Huda Bashatah)
C'est à New York que l'exposition «Terra» a été présentée pour la première fois, dans le cadre d’Arcadia Earth. Il s’agit d’une exposition d'art de nouvelle génération et d’une expérience de réalité augmentée destinée à relancer le débat sur les questions environnementales les plus pressantes. (photos Arab News par Huda Bashatah)
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Publié le Mardi 29 juin 2021

En Arabie saoudite, le musée Ithra accueille une exposition interactive sur l'environnement

  • L’objectif de cet événement est de sensibiliser les visiteurs à l'impact néfaste qu'ont les êtres humains sur la planète et de lancer des débats sur ce thème
  • «L’objectif qui sous-tend cette exposition est d'éveiller la curiosité et de favoriser la compréhension d'un problème d'envergure mondiale à travers la créativité et l'art

DJEDDAH: Au moment où l'Arabie saoudite se tourne vers un avenir meilleur pour la planète et plus respectueux de l'environnement, le Centre du roi Abdelaziz pour la culture mondiale (Ithra), comme d’autres structures, s'efforce de mettre en valeur la notion de durabilité.

La toute dernière exposition présentée au musée Ithra a pour titre «Terra»; son nom désigne en arabe un «sol fertile». L’objectif de cet événement est de sensibiliser les visiteurs à l'impact néfaste qu'ont les êtres humains sur la planète et de lancer des débats sur ce thème.

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La toute dernière exposition présentée au musée Ithra a pour titre «Terra». (photos Arab News par Huda Bashatah)

«Il ne s'agit pas là d'un courant politique», explique Farah Suhail Abeil Abeshullaih, la directrice du musée Ithra, à Arab News.

«L’objectif qui sous-tend cette exposition est d'éveiller la curiosité et de favoriser la compréhension d'un problème d'envergure mondiale à travers la créativité et l'art. Elle se propose d’étudier la relation qui unit l'homme à la terre et permet aux visiteurs de réfléchir au pouvoir dont ils disposent pour agir de manière positive sur la planète.»

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Les artistes internationaux qui participent à l'exposition «Terra» entraînent les visiteurs dans un voyage à la fois immersif et révélateur propre à raviver leur amour pour la planète. (photos Arab News par Huda Bashatah)

Les artistes internationaux qui participent à l'exposition «Terra» entraînent les visiteurs dans un voyage à la fois immersif et révélateur propre à raviver leur amour pour la planète, d’effets visuels captivants à la traversée d'un tunnel formé à partir de montagnes de plastique.

Ces artistes se sont servis de matériaux recyclés et de différentes méthodes, telles que la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

«Pour concevoir leurs compositions et leurs œuvres, tous les artistes ont puisé dans leurs compétences et leurs idées uniques et ils les ont remodelées afin de mettre en lumière ces enjeux environnementaux», précise Mme Abeshullaih.

«Certains des défis présentés portent sur la consommation massive de sacs plastique, l'effet du changement climatique sur les planctons, la surpêche, qui détériore les récifs coralliens, et le défi que pose la pénurie d'eau», indique-t-elle.

Daniel Popper, un artiste multidisciplinaire mondialement connu pour ses sculptures et ses compositions d'art public, présente une pièce qui symbolise l’immersion des visiteurs au cœur de la nature.

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Daniel Popper, un artiste multidisciplinaire mondialement connu pour ses sculptures et ses compositions d'art public, présente une pièce qui symbolise l’immersion des visiteurs au cœur de la nature. (photos Arab News par Huda Bashatah)

«Il a placé un immense monument près de la porte [d’entrée du musée], une composition réalisée à partir de matériaux recyclés. Son but est d'ouvrir une fenêtre sur la connaissance et d'inviter les gens à se rapprocher de la nature et à mieux la comprendre», explique Mme Abeshullaih.

L'artiste Basia Goszczynks, qui réalise des œuvres d'art à partir de matériaux recyclés qu'elle récupère sur la plage, dans les rues et dans les déchetteries, présente également l’une de ses compositions. Il s’agit d’une grotte composée de 80 000 sacs plastique usagés. L'œuvre incite les visiteurs à prendre conscience en un coup d’œil du nombre de sacs plastique qui sont consommés pendant une demi-seconde à travers le monde.

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«Nous souhaitons que le visiteur soit confronté à un choc qui le poussera à adopter un nouveau comportement à l'égard du plastique jetable», confie Mme Abeshullaih. (photos Arab News par Huda Bashatah)

«Nous souhaitons que le visiteur soit confronté à un choc qui le poussera à adopter un nouveau comportement à l'égard du plastique jetable», confie Mme Abeshullaih.

L'exposition «Terra» présente des illusions visuelles percutantes ainsi que des technologies immersives et interactives proposées par Meta, une société internationale spécialisée dans les systèmes interactifs, qui associe aux technologies immersives l’intelligence, l’art et l’artisanat.

«La société Meta participe à l’exposition à travers la composition Oxygen Oasis, qui relate l'histoire de la formation de l'oxygène sur Terre en recourant à la cartographie par projection 3D», indique Mme Abeshullaih.

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C'est à New York que l'exposition «Terra» a été présentée pour la première fois, dans le cadre d’Arcadia Earth. (photos Arab News par Huda Bashatah)

C'est à New York que l'exposition «Terra» a été présentée pour la première fois, dans le cadre d’Arcadia Earth. Il s’agit d’une exposition d'art de nouvelle génération et d’une expérience de réalité augmentée destinée à relancer le débat sur les questions environnementales les plus pressantes. Si «Terra» est aujourd’hui visible au musée Ithra, à Dhahran, c’est le fruit d’une collaboration entre le Centre du roi Abdelaziz pour la culture mondiale et Arcadia Earth.

Valentino Vettori est à l’initiative de «Terra». Cet artiste expérimental, fort d’une pratique de plus de vingt ans, réimagine la manière dont les gens communiquent et s'engagent avec l'environnement. Arcadia Earth représente par ailleurs la première plate-forme multicanale qui offre aux individus la possibilité de vivre les problèmes auxquels notre planète est confrontée grâce à différents moyens artistiques et technologiques.

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Valentino Vettori est à l’initiative de «Terra». (photos Arab News par Huda Bashatah)

«Il s'agit d'une plate-forme qui permet aux artistes engagés dans le domaine de la durabilité de partager leurs préoccupations avec le public. Elle leur fournit un espace dans lequel ils peuvent manifester leur ouverture d’esprit par le biais d'une approche de narration unique», indique Mme Abeshullaih.

Le musée Ithra a choisi de promouvoir l'exposition «Terra» de manière plus concrète. Il l’a donc transposée en-dehors du centre et dans les rues. «Comme il s'agit justement de durabilité environnementale, nous l'avons étendue à l'extérieur. En travaillant avec nos groupes de volontaires, nous avons adopté différentes méthodes pour promouvoir la durabilité comme la collecte de déchets dans les rues ou sur les plages; l’objectif est de créer un impact positif et tangible», ajoute la directrice du musée Ithra.

Ce qui distingue avant tout l'exposition «Terra» des autres expositions consacrées à la durabilité, c’est son approche holistique.

«Elle met en avant les défis et les solutions grâce aux suggestions subtiles et aux connaissances élémentaires que le visiteur pourra acquérir, voire intégrer dans sa vie quotidienne, pour améliorer l'environnement et limiter les dégâts», poursuit Mme Abeshullaih, consciente que l’une des fonctions de l’art est de sensibiliser le public à de nombreux problèmes: «Au fil de l'histoire, les artistes ont toujours manifesté de l’intérêt pour l'environnement à travers leurs œuvres. Au cours du siècle écoulé, on a assisté dans le domaine de l’art à une nouvelle approche spécifique: elle vise à faire la lumière sur ces menaces. L'art est un moyen exceptionnel de transmettre des connaissances et c'est également un outil puissant qui permet de toucher le public et de vulgariser les informations les plus complexes», conclut-elle.

L'exposition accueillera les visiteurs de tous âges, arabophones et anglophones; elle se poursuivra jusqu'à la fin du mois de septembre. Pour plus d'informations, visitez le site Internet https://www.ithra.com

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


La marque The Giving Movement, appréciée des influenceurs, lance une collection de luxe pour le ramadan

La célèbre marque durable The Giving Movement (TGM), née aux Émirats arabes unis, connue pour avoir bouleversé la scène athleisure du Moyen-Orient, a lancé sa collection ramadan. (Photo fournie)
La célèbre marque durable The Giving Movement (TGM), née aux Émirats arabes unis, connue pour avoir bouleversé la scène athleisure du Moyen-Orient, a lancé sa collection ramadan. (Photo fournie)
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  • The Giving Movement a lancé sa collection ramadan, caractérisée par des tissus luxueux et des silhouettes intemporelles
  • «Nous avons soigneusement conçu chaque pièce pour qu’elle soit confortable, élégante et royale», raconte à Arab News Khairounisa Souhaïl, responsable de la conception à TGM

DUBAÏ: Fondée par Dominic Nowell-Barnes, la célèbre marque durable The Giving Movement (TGM), née aux Émirats arabes unis (EAU) et connue pour avoir bouleversé la scène athleisure du Moyen-Orient, a lancé sa collection ramadan, caractérisée par des tissus luxueux et des silhouettes intemporelles.

«Notre collection est une version futuriste et luxueuse de la tenue de soirée modeste, spécialement conçue pour le mois sacré du ramadan. Les tissus sont un mélange de plissé et de satin luxueux. Nous avons créé de superbes pièces avec des garnitures de pompon spéciales ainsi que des imprimés monogrammes intemporels qui ont été présentés pour la première fois à l’Arab Fashion Week l’année dernière», précise Khairounisa Souhaïl, responsable de la conception à TGM, lors d’une interview accordée à Arab News.

Mme Souhaïl, qui a développé son style en travaillant au Royaume-Uni et à Stockholm, a apporté à TGM son amour du design scandinave, du streetwear et de l’idéologie minimaliste, ce qui se reflète également dans cette nouvelle collection.

«Outre le fait que les tissus et les garnitures sont durables et que la collection est fabriquée ici même aux Émirats arabes unis, nous avons soigneusement conçu chaque pièce pour qu’elle soit confortable, élégante et royale. Chaque pièce est spécialement conçue pour que vous vous sentiez comme un membre de la famille royale», assure Mme Souhaïl.

La collection ramadan se caractérise par des tissus luxueux et des silhouettes intemporelles. (Photo fournie)
La collection ramadan se caractérise par des tissus luxueux et des silhouettes intemporelles. (Photo fournie)

Bien que la collection modeste soit spécialement conçue pour le ramadan, les pièces sont diverses et variées et peuvent être portées confortablement, que ce soit pour une sortie à la plage ou un iftar spécial avec des amis et la famille, ajoute Mme Souhaïl.

«Nous pensons que le confort va de pair avec le style. Le confort est au premier plan de nos préoccupations lors de la conception, car il s’agit d’un de nos principaux atouts. Nous voulons que vous vous sentiez à l’aise et bien dans votre peau lorsque vous portez nos vêtements», explique-t-elle.

En tant que marque, TGM a également fait sa part de travail caritatif, en particulier pendant le ramadan. «Nous sommes extrêmement fiers et reconnaissants de pouvoir rendre service tout en faisant ce que nous aimons. Nous faisons des dons à nos deux associations caritatives partenaires, Harmony House et Dubai Cares. En interne, nous organisons aussi des événements caritatifs comme des distributions de boîtes d’iftar, et l’ensemble de l’équipe contribue à cette cause pendant le ramadan. L’année dernière, nous nous sommes associés à The Giving Family pour ce faire», indique Mme Souhaïl.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les artistes font front contre l'intelligence artificielle

L'artiste Karla Ortiz travaille dans son studio à San Francisco, Californie, le 8 mars 2023 (Photo, AFP).
L'artiste Karla Ortiz travaille dans son studio à San Francisco, Californie, le 8 mars 2023 (Photo, AFP).
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  • En janvier, des artistes ont collectivement porté plainte contre Midjourney, Stable Diffusion et DreamUp, trois modèles d'IA formés grâce à des milliards d'images récoltées sur internet
  • Le Ballet de San Francisco a de son côté fait débat en utilisant Midjourney pour sa campagne de promotion de Casse-Noisette en décembre

SAN FRANCISCO : Des années de pratique, des heures minutieuses de travail pour les humains, contre quelques secondes pour la machine qui a avalé et digéré leurs œuvres: l'intelligence artificielle (IA) désespère les artistes, mais ils n'ont pas dit leur dernier mot, sur internet ou au tribunal.

L'été dernier, ils ont découvert avec effroi que des programmes d'IA dite "générative" pouvaient désormais produire, sur simple requête, un dessin de chien "comme Sarah Andersen" ou une image de nymphe "façon Karla Ortiz".

Une appropriation sans que les intéressés n'aient donné leur consentement, soient crédités ou compensés financièrement, les 3 "C" au coeur de leur bataille.

En janvier, des artistes ont collectivement porté plainte contre Midjourney, Stable Diffusion et DreamUp, trois modèles d'IA formés grâce à des milliards d'images récoltées sur internet.

Sarah Andersen, l'une des principales plaignantes, s'est sentie "intimement lésée" quand elle a vu un dessin généré avec son nom, dans le style de sa BD "Fangs".

Sa réaction indignée sur Twitter a été largement relayée, puis d'autres artistes l'ont contactée. "Nous espérons créer un précédent judiciaire et forcer les entreprises spécialisées dans I'IA à respecter des règles", indique-t-elle.

Les artistes veulent notamment pouvoir accepter ou refuser que leurs œuvres soient utilisées par un modèle - et non devoir demander leur retrait, même quand c'est possible.

Dans ces conditions, on pourrait imaginer un "système de licences, mais seulement si les commissions sont suffisantes pour en vivre", note Karla Ortiz, une autre plaignante.

«Facile et pas cher»

Pas question "de recevoir des centimes pendant que l'entreprise empoche des millions", insiste cette illustratrice qui a notamment travaillé pour les studios Marvel.

Sur les réseaux sociaux, des artistes racontent comment il ont perdu une grande partie de leurs contrats.

"L'art est mort, mec. C'est fini. l'IA a gagné. Les humains ont perdu", a déclaré Jason Allen au New York Times en septembre 2022, après avoir soumis une image générée par Midjourney à une compétition, qu'il a remportée.

Le musée Mauritshuis de La Haye expose en ce moment une image générée avec de l'IA pour un concours de création d'œuvres inspirées par "La Jeune Fille à la perle" de Vermeer.

Le Ballet de San Francisco a de son côté fait débat en utilisant Midjourney pour sa campagne de promotion de Casse-Noisette en décembre.

"C'est facile et pas cher, alors même des institutions n'hésitent pas, même si ce n'est pas éthique", s'indigne Sarah Andersen.

Les sociétés accusées n'ont pas répondu à des sollicitations de l'AFP, mais Emad Mostaque, le patron de Stability AI (Stable Diffusion), aime comparer ces programmes à de simples outils, comme Photoshop.

Ils vont permettre "à des millions de personnes de devenir des artistes" et "créer des tonnes de nouveaux emplois créatifs" a-t-il affirmé, estimant qu'un usage "non éthique" ou "pour faire des choses illégales" est le "problème" des utilisateurs, pas de la technologie.

Apocalypse de la création 

Les entreprises vont se réclamer du concept juridique de "fair use" ("usage raisonnable"), une sorte de clause d'exception aux droits d'auteur, explique le juriste et développeur Matthew Butterick.

"Le mot magique, c'est +transformation+. Est-ce que leur système propose quelque chose de nouveau? Ou est-ce qu'il remplace l'original sur le marché?", détaille le consultant.

Avec le cabinet d'avocats Joseph Saveri, il représente les artistes, mais aussi des ingénieurs dans une autre plainte contre un logiciel de Microsoft, qui génère du code informatique.

D'ici un lointain procès, et un dénouement incertain, la mobilisation s'organise aussi sur le terrain technologique.

Appelé à la rescousse par des artistes, un laboratoire de l'université de Chicago a lancé la semaine dernière un logiciel permettant de publier des œuvres en ligne en les protégeant contre les modèles d'IA.

Baptisé "Glaze" ("vernis"), le programme ajoute une couche de données sur l'image, invisible à l’œil nu, qui "brouille les pistes", résume Shawn Shan, l'étudiant chargé du projet.

L'initiative est accueillie avec enthousiasme, mais aussi scepticisme.

"La responsabilité va revenir aux artistes d'adopter ces techniques", déplore Matthew Butterick. "Et ça va être un jeu du chat et de la souris" entre les entreprises et les chercheurs.

Il craint que la prochaine génération ne se décourage.

"Quand la science-fiction imagine l'apocalypse par l'IA, des robots débarquent avec des fusils laser", remarque le juriste. "Mais je pense que la victoire de l'IA sur l'humanité, c'est quand les gens abandonnent et cessent de créer".


Jennifer Aniston: «  le monde a besoin d'humour »

"Murder Mystery", un succès sur Netflix lors de sa sortie en 2019, suivait les aventures d'un inspecteur de police recevant une aide inattendue de son épouse coiffeuse pour résoudre une affaire. ici, le casting de "Murder Mystery 2". (AFP)
"Murder Mystery", un succès sur Netflix lors de sa sortie en 2019, suivait les aventures d'un inspecteur de police recevant une aide inattendue de son épouse coiffeuse pour résoudre une affaire. ici, le casting de "Murder Mystery 2". (AFP)
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  • "La comédie a évolué, les films ont changé. Maintenant, c'est un peu délicat parce qu'il faut être très prudent"
  • Une série télévisée comme "Friends", énorme succès dans les années 1990 qui a lancé la carrière de Jennifer Aniston, ne serait pas possible avec le même scénario aujourd'hui, estime-t-elle

PARIS: "Le monde a besoin d'humour", en particulier les États-Unis "divisés", selon l'actrice américaine Jennifer Aniston, qui joue avec son comparse Adam Sandler dans "Murder Mystery 2", une comédie policière légère au casting international qui sort sur Netflix vendredi.

"La comédie a évolué, les films ont changé. Maintenant, c'est un peu délicat parce qu'il faut être très prudent, ce qui rend les choses très difficiles pour les acteurs, parce que la beauté de la comédie, c'est de rire de soi-même, de rire de la vie", a développé l'actrice lors d'une table ronde avec des journalistes à Paris, pour présenter le film.

Elle s'est ensuite exclamée: "Le monde a besoin d'humour ! Il ne faut pas se prendre trop au sérieux. Surtout aux Etats-Unis. Tout le monde est beaucoup trop divisé".

Une série télévisée comme "Friends", énorme succès dans les années 1990 qui a lancé la carrière de Jennifer Aniston, ne serait pas possible avec le même scénario aujourd'hui, estime-t-elle.

"Il y a une toute nouvelle génération, des enfants qui regardent maintenant les épisodes de +Friends+ et les trouvent offensants", a-t-elle expliqué, faisant allusion à la tendance "woke".

"Je ne sais pas... tout le monde trouve toujours quelque chose d'offensant" de nos jours, soupire l'actrice. Pourtant, "Friends" abordait aussi des thèmes comme l'homosexualité de manière ouverte et compréhensive, toujours sous le prisme de l'humour.

"Il y avait des choses qui n'étaient pas intentionnelles et d'autres sur lesquelles nous aurions peut-être dû réfléchir davantage", concède Aniston. "Mais il n'y avait pas la même sensibilité qu'aujourd'hui".

Adam Sandler intervient avec une touche humoristique: "Vous savez ce qui a aussi changé dans les comédies ? La garde-robe !"."Tu te souviens quand on commençait à faire des comédies ?", demande-t-il en se tournant vers son amie, rencontrée à l'âge de 14 ans.

"Ils donnaient un petit budget, genre +faites ce que vous pouvez avec ça+. Et maintenant, ils veulent qu'on ait l'air assez extraordinaire. On travaille plus dur là-dessus", ajoute-t-il en riant.

Américains déboussolés

Pour "Murder Mystery 2", Aniston et Sandler ne se contentent pas de s'habiller comme des touristes, ils agissent en Américains déboussolés.

C'est la formule du film: "nous sommes deux poissons hors de l'eau", commente Aniston.

"Murder Mystery", un succès sur Netflix lors de sa sortie en 2019, suivait les aventures d'un inspecteur de police recevant une aide inattendue de son épouse coiffeuse pour résoudre une affaire.

Encouragés par ce coup de chance, dans "Murder Mystery 2", ils ont fondé une agence de détectives qui va de mal en pis. Jusqu'à ce que l'enlèvement d'un ami maharaja millionnaire (l'acteur britannique Adeel Akhtar) leur permette de voyager jusqu'à Paris et de se lancer dans de nouvelles aventures.

Aniston et Sandler peuvent sembler être deux "gringos" désemparés à l'écran, mais aucun détail ne leur a échappé lorsqu'il s'agissait de produire le film, assurent les acteurs français Dany Boon et Mélanie Laurent, également au casting.

"Il y a des auteurs qui bossent le scénario pendant le tournage. Des fois, je recevais du texte à 22h pour le lendemain (...) c'est mieux que d'entendre +on coupe!+", se réjouit Dany Boon, qui incarne un policier français lui aussi un peu désemparé.

"Parfois, quand on tourne avec des acteurs américains iconiques, on a peur d'être déçu. Mais ils sont tellement sympas, c'est un cadeau de travailler avec eux", ajoute Mélanie Laurent.