Mali: l'ONU dénonce «l'impunité généralisée» des violations des droits de l'Homme

Un enfant se tient près de son abri à Goudebou, un camp qui accueille plus de 11 000 réfugiés maliens dans le nord du Burkina Faso, à l'occasion de la Journée internationale des réfugiés le 20 juin 2021 (Photo, AFP)
Un enfant se tient près de son abri à Goudebou, un camp qui accueille plus de 11 000 réfugiés maliens dans le nord du Burkina Faso, à l'occasion de la Journée internationale des réfugiés le 20 juin 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 29 juin 2021

Mali: l'ONU dénonce «l'impunité généralisée» des violations des droits de l'Homme

Un enfant se tient près de son abri à Goudebou, un camp qui accueille plus de 11 000 réfugiés maliens dans le nord du Burkina Faso, à l'occasion de la Journée internationale des réfugiés le 20 juin 2021 (Photo, AFP)
  • «L'impunité généralisée» des violations des droits humains au Mali constitue un risque grave pour la protection des civils, a prévenu mardi le bureau de la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme
  • Au cours des six premiers mois de 2021, la Minusma a recensé au moins 328 enlèvements (307 hommes, 11 garçons, neuf femmes et une fille), soit nettement plus que les 187 enregistrés en 2020 et quatre fois plus qu'en 2019

GENÈVE: « L'impunité généralisée » des violations des droits humains au Mali constitue un risque grave pour la protection des civils, a prévenu mardi le bureau de la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, déplorant la détérioration de la situation. 

« J'exhorte à nouveau les autorités maliennes à briser le cycle de l'impunité et à mener des enquêtes rapides, approfondies, impartiales et efficaces sur toutes les allégations de violations des droits de l'Homme et atteintes à ces droits, y compris celles commises par l'armée. L'obligation de rendre des comptes doit prévaloir pour garantir la paix », a souligné Michelle Bachelet, dans un communiqué. 

« Je note que le Premier ministre malien a récemment déclaré qu'il s'engageait à mettre fin à l'impunité et j'appelle donc le gouvernement à traduire cet engagement en actes sans délai », a-t-elle ajouté. 

La haute responsable onusienne juge « profondément préoccupante » l'augmentation des violations des droits humains depuis août 2020 au Mali. Elle souligne les victimes civiles provoquées par des attaques répétées au cours des six derniers mois de jihadistes tels que ceux du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM ou Jnim en arabe), lié à Al-Qaïda, ou du groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS), ainsi que par les violences intercommunautaires.  

La Division des droits de l'Homme et de la protection de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a ainsi enregistré 617 atteintes aux droits humains commis par des groupes armés entre janvier et juin 2021, dont 165 homicides (147 hommes, neuf femmes, sept garçons et deux filles). Cela représente une augmentation de quelque 37% par rapport aux faits documentés d'août à décembre 2020, indique le Haut-Commissariat. 

Le communiqué indique qu'un exemple frappant de la détérioration de la situation des droits humains est la forte augmentation des enlèvements, principalement par des groupes armés communautaires et des milices dans le centre du pays, notamment la milice dogon Dan Nan Ambassagou, mais aussi par des groupes armés tels le GSIM. 

Augmentation forte 

Au cours des six premiers mois de 2021, la Minusma a recensé au moins 328 enlèvements (307 hommes, 11 garçons, neuf femmes et une fille), soit nettement plus que les 187 enregistrés en 2020 et quatre fois plus qu'en 2019, rapporte le Haut-Commissariat. 

En outre, la Minusma a relevé une forte augmentation des violations commises par des acteurs étatiques au cours du premier semestre 2021 - passant de 53 violations enregistrées entre août et décembre 2020 à 213 entre janvier et juin de cette année. 

Parmi celles-ci, 155 violations ont été perpétrées par les Forces de défense et de sécurité maliennes, dont les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires de 44 civils. Ces 155 violations représentent environ 73% de celles commises par des acteurs étatiques. 

Depuis 2012 et le déclenchement de rébellions indépendantiste et jihadiste dans le Nord, le Mali est plongé dans une tourmente multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, malgré le soutien de la communauté internationale et l'intervention de forces de l'ONU, françaises et africaines. 

Après plus de huit ans d'engagement, le président Emmanuel Macron a annoncé en juin une réduction future de la présence militaire française au Sahel, avec la fermeture de bases et une ré-articulation de la lutte antijihadiste autour d'une alliance internationale associant des pays européens. 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.