Le programme à l'origine du web vendu 5,4 millions de dollars sous forme de «NFT»

Le lot comprenait une version animée de presque 10 000 lignes de code et une lettre de l'auteur. (Photo, AFP)
Le lot comprenait une version animée de presque 10 000 lignes de code et une lettre de l'auteur. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 01 juillet 2021

Le programme à l'origine du web vendu 5,4 millions de dollars sous forme de «NFT»

  • L'arrivée de la technologie «NFT», permettant de créer un certificat numérique de propriété infalsifiable, a changé la donne aux yeux des collectionneurs
  • En 1990 et 1991, Tim Berners-Lee a écrit le programme qui créait le premier navigateur internet, posant les bases pratiques du web actuel

NEW YORK: Le programme qui a créé le web et ouvert la voie à l'internet moderne a été vendu mercredi pour 5,4 millions de dollars sous forme de "NFT", certificat d'authenticité numérique qui a transformé le marché des objets numériques. 

Plus encore que Guntenberg et l'imprimerie, l'ampoule électrique de Thomas Edison ou l'ADN de James Watson, le World Wide Web "a changé tous les aspects de votre vie", avait fait valoir, lors d'une présentation, Cassandra Hatton, vice-présidente de Sotheby's, qui a organisé la vente, étalée sur une semaine et en ligne.

En 1989, le Britannique Tim Berners-Lee, physicien devenu informaticien, avait imaginé un système de partage de l'information qui devait permettre à des scientifiques d'accéder à des données où qu'ils se trouvent dans le monde.

Alors employé du Centre de calculs du CERN (à l'origine le Conseil européen pour la recherche nucléaire devenu Organisation européenne pour la recherche nucléaire), près de Genève, il avait baptisé ce nouveau réseau World Wide Web (WWW).

En 1990 et 1991, il a écrit le programme qui créait le premier navigateur internet, posant les bases pratiques du web actuel.

Au passage, il a inventé les concepts d'URL (adresse internet), HTTP (qui permet de retrouver un site) et HTML (le langage informatique type pour créer des pages internet).

Décidé à faire de cette toile un espace ouvert, Tim Berners-Lee n'a pas breveté son programme et l'a mis gratuitement à disposition de tous, ce qui a contribué à sa diffusion.

Un peu plus de trois décennies après son invention, il mettait en vente les fichiers d'origine du programme comme objet de collection. À l'issue de ces enchères, il va recevoir une partie des richesses incalculables générées, mais il compte cependant reverser l'intégralité des recettes à des oeuvres de charité.

Le lot comprenait une version animée de ces presque 10 000 lignes de code et une lettre de l'auteur.

"Il y a dix ans, nous n'aurions pas pu" faire cette vente, avait expliqué Cassandra Hatton.

L'arrivée de la technologie "NFT", permettant de créer un certificat numérique de propriété infalsifiable, a changé la donne aux yeux des collectionneurs, désormais rassurés sur la traçabilité de leurs acquisitions.


Sky News Arabia lance une nouvelle plate-forme numérique en langue arabe

(Photo, AN)
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  • SNABusiness.com couvrira l’actualité et les analyses économiques et des affaires
  • SNABusiness.com proposera des informations plus complètes et des articles adaptés aux tendances actuelles du marché et aux attentes du public

 

ABU DHABI: Sky News Arabia a lancé une nouvelle plate-forme numérique en langue arabe, SNABusiness.com, qui propose des flashs infos, des analyses économiques et des reportages approfondis.

Le lancement de cette plate-forme répond à «la demande des consommateurs en matière de renseignements et d’informations économiques objectifs et concrets», selon un communiqué publié par la société.

Youssef Tsouri, directeur de l’information de Sky News Arabia, explique à Arab News que la nouvelle plate-forme avait été créée en réponse à «l’appétit croissant pour l’actualité des affaires».

«Au cours des dernières années, nous avons constaté une augmentation considérable du nombre de visiteurs de la section actualités des affaires de notre site principal, notamment au sein de la jeune génération arabe, qui est investie dans son avenir et recherche donc des informations plus approfondies et plus pertinentes», dit-il.

«C’est dans cet esprit que nous avons lancé la plate-forme d’actualités des affaires afin de fournir une couverture plus approfondie en vue d’offrir à la fois aux chefs d’entreprise et au grand public une valeur ajoutée dans le paysage économique actuel», ajoute-t-il. 

La publication numérique couvrira tous les sujets relatifs aux affaires et à l’économie dans tous les secteurs, y compris les technologies financières, l’énergie et le pétrole, le tourisme, l’immobilier et l’agriculture, entre autres.

SNABusiness.com proposera des informations plus complètes et des articles adaptés aux tendances actuelles du marché et aux attentes du public, précise M. Tsouri.

Le site comprendra des contenus divers, notamment des rapports, des vidéos et des interviews exclusives. SNABusiness.com vise à présenter des données complexes d’une manière facile à comprendre grâce à des graphiques, des infographies et des vidéos numériques.

«Grâce à sa population jeune et technophile, le monde arabe possède l’une des économies numériques les plus avancées au niveau mondial, de nombreux pays du Moyen-Orient étant les premiers à adopter des technologies numériques de pointe», observe M. Tsouri.

«Le site d’actualités des affaires et ses réseaux sociaux sont complétés par les secteurs d’activité et les programmes sur notre canal linéaire.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Montée des marches anniversaire exceptionnelle pour le 75e Festival de Cannes

L'actrice française Sophie Marceau arrive pour la projection du film "The Innocent (L'Innocent)" lors de la 75e édition du Festival de Cannes à Cannes, dans le sud de la France, le 24 mai 2022. (AFP)
L'actrice française Sophie Marceau arrive pour la projection du film "The Innocent (L'Innocent)" lors de la 75e édition du Festival de Cannes à Cannes, dans le sud de la France, le 24 mai 2022. (AFP)
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  • Le nouveau film de Louis Garrel, hors compétition, "L'Innocent", une comédie légère jouant des codes du film de braquage, doit ensuite être projeté dans le Grand Théâtre Lumière
  • Garrel y joue le rôle d'Abel, un jeune homme dont la mère, jouée par Anouk Grimberg, épouse un homme qui sort de prison (Roschdy Zem)

CANNES: Un parterre de stars, de Gael García Bernal à Sophie Marceau en passant par Jake Gyllenhaal ou Léa Seydoux, puis une comédie de Louis Garrel: le Festival de Cannes a célébré mardi sa 75e édition-anniversaire.


"Cannes représente le royaume du cinéma, la religion du cinéma, la seule à laquelle je crois ! Il y a quelque chose de sanctifié ici", a déclaré le cinéaste israélien Nadav Lapid, prix du Jury l'an dernier pour "Le genou d'Ahed", en montant les marches.


Des personnalités pour qui Cannes a représenté un tournant dans leur carrière ont foulé le tapis rouge, dont les réalisateurs Nicolas Winding Refn (Prix de la mise en scène pour "Drive" en 2011), Paolo Sorrentino (Prix du Jury pour "Il Divo" en 2008) ou Claude Lelouch, qui a témoigné : "Cannes représente une vie de cinéma, je suis né une deuxième fois ici en 1966 (avec sa Palme d'Or pour "Un homme et une femme), j'adore ce festival, je lui dois tout".


"Cannes représente un des derniers refuges du cinéma", a déclaré de son côté Mathieu Kassovitz estimant qu'il devait perdurer pour que le cinéma "continue à exister, à faire rêver les gens".


Les membres du jury étaient là aussi, du président Vincent Lindon aux actrices Noomi Rapace et Deepika Padukone, ainsi que les équipes des films en compétition pour cette 75e édition, dont David Cronenberg et Léa Seydoux.


Le nouveau film de Louis Garrel, hors compétition, "L'Innocent", une comédie légère jouant des codes du film de braquage, doit ensuite être projeté dans le Grand Théâtre Lumière.


Garrel y joue le rôle d'Abel, un jeune homme dont la mère, jouée par Anouk Grimberg, épouse un homme qui sort de prison (Roschdy Zem). Très inquiet pour elle, il embarque sa meilleure amie (Noémie Merlant) pour tenter de la protéger, embarquant sans le vouloir le quatuor dans des aventures inattendues.


"J'avais envie de faire un film qui s'amuserait du genre policier, léger et drôle à regarder", a expliqué à l'AFP Louis Garrel.


Le film révèle le potentiel comique de Noémie Merlant, plutôt vue dans des drames depuis le "Portrait de la jeune fille en feu". "Dans la vie, je ne pense pas être quelqu'un de très drôle", reconnaît-elle. "Quand on balance une blague, j'ai toujours peur qu'on le comprenne mal, de faire un bide. Mais Louis a le truc pour mettre à l'aise les acteurs, et c'est essentiel en comédie", ajoute-t-elle.


Cannes: Rachid Bouchareb, la caméra dans les plaies françaises

L'actrice algéro-française Lyna Khoudri, le réalisateur Rachid Bouchareb et l'acteur français Reda Kateb à la 75e édition du Festival de Cannes, le 24 mai 2022. (Photo, AFP)
L'actrice algéro-française Lyna Khoudri, le réalisateur Rachid Bouchareb et l'acteur français Reda Kateb à la 75e édition du Festival de Cannes, le 24 mai 2022. (Photo, AFP)
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  • Présenté lundi soir, le film met en parallèle les histoires de Malik Oussekine et Abdel Benyahia, deux jeunes Français issus de l'immigration maghrébine tués le 6 décembre 1986 à Paris et Pantin par des policiers
  • Né en 1953 à Paris et élevé en banlieue parisienne, Rachid Bouchareb, dont les parents sont originaires d'Algérie, a grandi aux côtés de huit frères et sœurs

CANNES: « J'ai pas fait du cinéma pour dire « ‘attendez, vous avez oublié cette histoire’ mais pour parler des miens »: à 68 ans, Rachid Bouchareb, qui avait marqué la Croisette en 2006 avec « Indigènes », poursuit son exploration des failles mémorielles françaises avec « Nos frangins ». 

Présenté lundi soir, le film met en parallèle les histoires de Malik Oussekine et Abdel Benyahia, deux jeunes Français issus de l'immigration maghrébine tués le 6 décembre 1986 à Paris et Pantin par des policiers.  

Deux histoires, deux destins relativement oubliés. Alors qu'une série consacrée à Malik Oussekine a été diffusée il y a deux semaines sur Disney+, est-ce la date anniversaire, en octobre - 35 ans - des événements qui a poussé le réalisateur à s'intéresser au sujet ?    

« C'est plus l'horloge personnelle qui s'est déclenchée », dit-il. « J'avais envie de le faire depuis longtemps mais j'avais d'autres films à faire avant », poursuit-il.  

Selon lui, s'il n y a eu, jusqu'à ce jour, aucune adaptation cinématographique de ce drame, c'est « parce que la France a beaucoup de retard comparé aux Etats-Unis sur les questions de mémoire ».  

« Il y a des sujets de mémoire qui sont difficiles et il faut attendre que la France soit complètement prête à en parler. Ça prendra peut-être du temps », observe-t-il. 

Pionnier 

Né en 1953 à Paris et élevé en banlieue parisienne, Rachid Bouchareb, dont les parents sont originaires d'Algérie, a grandi aux côtés de huit frères et sœurs. Après une formation professionnelle, il intègre une école de cinéma avec « plein d'idées de films en tête ».  

Après un premier court-métrage, il réalise son premier film « Bâton Rouge ». Mais ce n'est que quelques années plus tard, en 1991, qu'il accède à la notoriété avec « Cheb », l'histoire d'un jeune homme expulsé de France, où il vit depuis qu'il est enfant, et qui doit repartir à zéro, en Algérie, pays qu'il ne connait pas.  

Le film remporte le Prix de la jeunesse du Festival de Cannes et est proposé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. C'est le début d'une production cinématographique riche qui suit un fil rouge: la mémoire de l'immigration magrébine et africaine. 

« Tout d'un coup, on se retrouve pionnier parce qu'on dit: là, il n y a que des films américains sur le débarquement mais rien à côté. Bon ben moi je vais faire l'a-côté, », dit-il. 

« J'ai pas fait du cinéma pour dire « ‘attendez, vous avez oublié cette histoire’ mais pour parler des miens, assure-t-il à l'AFP. Je voulais plutôt raconter ce que j'ai entendu en grandissant, ce que j'avais vu de mes yeux (...)  Et ces choses-là étaient aussi très cinématographiques ». 

Mais si ses films peuvent avoir un impact positif sur la vie des gens qu'il dépeint film après film, et s'ils permettent de faire résonner ces histoires dans toutes les têtes « alors là, oui, c'est intéressant », juge-t-il. 

Quelques années plus tard, il marque à nouveau les esprits avec « Indigènes » (2006), le parcours de soldats oubliés de la première armée française recrutée en Afrique qui fait sensation à Cannes et vaut à ses interprètes un prix d'interprétation collectif.  

En 2010, il raconte, dans « Hors la loi » (2010), l'histoire de trois frères sur fond de guerre d'Algérie et retrouve Jamel Debbouze, Roschdy Zem et Sami Bouajila. Le film, qui s'ouvre sur les massacres de Sétif, le 8 mai 1945, créé la polémique. Il est présenté, la même année, en compétition, au Festival de Cannes. 

« A chaque fois, les films déclenchent tout un mouvement (...) on met en route une locomotive et le cinéma est une locomotive », dit-il lorsque on l'interroge sur la réception de ses films.