Tamer al-Ahmar: un artiste jordanien viscéralement attaché à la culture arabe

«En Jordanie, il y a un stéréotype profondément ancré, et qui se maintient sans doute encore aujourd'hui, selon lequel l'art ne permet pas de gagner son pain», explique Tamer al-Ahmar
«En Jordanie, il y a un stéréotype profondément ancré, et qui se maintient sans doute encore aujourd'hui, selon lequel l'art ne permet pas de gagner son pain», explique Tamer al-Ahmar
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Publié le Lundi 05 juillet 2021

Tamer al-Ahmar: un artiste jordanien viscéralement attaché à la culture arabe

  • L’artiste jordanien dessine des divas de la musique arabe, comme Oum Kalthoum, Warda, Fayrouz, ou encore Sabah
  • «Je me suis beaucoup interrogé sur le choix de dessiner des artistes féminines. Ce sont des icônes qui ont une influence certaine dans notre vie quotidienne et dans la construction de notre identité culturelle»

PARIS: Depuis Amman, Tamer al-Ahmar rend hommage aux grandes divas de la musique arabe, comme Asmahan, Sabah, Fayrouz, Oum Kalthoum, ou encore Warda. Arab News en français s'est entretenu avec l'artiste digital jordanien en vogue pour mettre en lumière sa démarche.

La vie d'artiste en Jordanie n'est pas la même qu'au Liban ou en Égypte. «En Jordanie, il y a un stéréotype profondément ancré, et qui se maintient sans doute encore aujourd'hui, selon lequel l'art ne permet pas de gagner son pain», explique Tamer al-Ahmar.

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Depuis Amman, Tamer al-Ahmar rend hommage aux grandes divas de la musique arabe, comme Asmahan, Sabah, Fayrouz, Oum Kalthoum, ou encore Warda. Dessin fourni.

Malgré sa passion pour le dessin dès son plus jeune âge, il n'a pas voulu – eu égard à ce stéréotype – s'impliquer dans l'art. «Je considérais que j'avais certes un talent, mais en aucun cas, je ne prenais cette activité sérieusement. Je n'ai jamais pris de cours ou de formation pour m'améliorer. Mais à force de travailler et d'expérimenter, mon talent a atteint un niveau professionnel», raconte-t-il. 

Tamer al-Ahmar est un artiste parfaitement autodidacte. En 2009, il a découvert l'art digital. «Au départ, je dessinais des personnages et des caricatures de mes amis. J'ai travaillé ensuite dans le secteur des bandes dessinées.»

L'hommage à Asmahan, et à un certain âge d'or culturel

Quatre ans plus tard, sa vie artistique va être bouleversée, lorsqu'il commence à dessiner l'artiste syrienne Asmahan, l’une des plus grandes figures culturelles du Moyen-Orient au XX siècle. «Ça s'est déroulé à une période particulière de ma vie. Je commençais à beaucoup m'intéresser à la culture arabe, que ce soit la musique, le cinéma ou encore l'architecture. Asmahan m'a ensorcelé. Son destin est fascinant, mais tragique.»

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Les dessins de Tamer al-Ahmar consacrés à Asmahan sont tout autant ensorcelants. Dessin fourni.

Les dessins de Tamer al-Ahmar consacrés à Asmahan sont tout autant ensorcelants. La magie opère. «Je la dessine en me basant sur la perception que je porte à son égard. Je ne reproduis pas une photo originale. C'est comme ça qu’a véritablement débuté ma carrière.»

Chemin faisant, il va dessiner d'autres divas comme Oum Kalthoum, Warda, Fayrouz ou encore Sabah. «Je me suis beaucoup interrogé sur le choix de dessiner des artistes féminines. Ce sont des icônes qui ont une influence certaine dans notre vie quotidienne et dans la construction de notre identité culturelle», explique-t-il.

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Chemin faisant, il va dessiner d'autres divas comme Oum Kalthoum, Warda, Fayrouz ou encore Sabah. Dessin fourni.

L'artiste jordanien explique que son succès à l'international, notamment au sein de la diaspora arabe aux États-Unis et en Australie, repose sur deux grands principes. «Les gens apprécient que je montre la culture arabe d'une façon jolie. Mon immense fierté pour cette culture se ressent naturellement dans mon oeuvre.»

Le travail de Tamer al-Ahmar a été reconnu localement et internationalement. En 2018, l'Institut français le charge de dessiner l'affiche du festival du film franco-arabe d’Amman. En 2019, il participe à la prestigieuse Arab Conference de Harvard.

Ses œuvres sont actuellement exposées dans deux galeries à Amman, à la Jacaranda Gallery et à l'Ali & Rama Gallery. Dans la première s’est tenue une exposition en 2019 qui porte le nom d'une chanson d’Oum Kalthoum, Lessa Faker!, qui se traduit par «Te souviens-tu?».

L'œuvre de Tamer al-Ahmar n'est pas seulement nostalgique. Elle est aussi pédagogique. C'est un doux rappel que la culture arabe s'écrit au féminin.

 


Cinéma: «Frères», Mathieu Kassovitz et Yvan Attal en enfants sauvages

L'acteur et réalisateur français Yvan Attal pose en marge de la 8e édition du Festival Cinéma et musique de film à La Baule, dans l'ouest de la France, le 30 juin 2022. (Photo de Loic VENANCE / AFP)
L'acteur et réalisateur français Yvan Attal pose en marge de la 8e édition du Festival Cinéma et musique de film à La Baule, dans l'ouest de la France, le 30 juin 2022. (Photo de Loic VENANCE / AFP)
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  • Le scénario est inspiré de la vie de Michel de Robert de Lafregeyre et de son frère Patrice, qui grandirent dans un bois
  • Le film, deuxième long métrage d'Olivier Casas, revient, par allers-retours entre passé et présent, sur ces sept années de «liberté extrême»

BORDEAUX: Une mère absente, une forêt, la survie et une fraternité salvatrice: dans "Frères", film inspiré d'une histoire vraie en salles mercredi, Yvan Attal et Mathieu Kassovitz jouent deux frangins unis par le secret d'une enfance passée dans un bois de Charente-Maritime.

Le scénario est inspiré de la vie de Michel de Robert de Lafregeyre et de son frère Patrice, qui grandirent dans un bois situé près du quartier de pêcheurs de Châtelaillon-Plage, au sud de La Rochelle, de 1949 à 1956.

Le film, deuxième long métrage d'Olivier Casas, revient, par allers-retours entre passé et présent, sur ces sept années de "liberté extrême" durant lesquelles les enfants, âgés de 5 et 6 ans au début, ont vécu dans une cabane construite au milieu des arbres, se nourrissant de baies, de poissons et de lièvres.

Il s'agit d'une "histoire d'amour entre deux frères" plutôt que d'une "histoire de survie", a nuancé le réalisateur lors d'une avant-première à Bordeaux.

Les deux frères, que leur mère n'est jamais venue récupérer à la colonie de vacances où ils avaient passé l'été 1949, se sont retrouvés livrés à eux-mêmes dans la nature, s'adaptant au froid et au manque de nourriture grâce à leur ingéniosité.

Finalement récupérés par leur mère en 1956, ils vécurent ensuite chez un couple de précepteurs parisiens, avant d'être séparés puis envoyé en pension dans le Nord-Pas-de-Calais pour l'un, scolarisé dans un lycée parisien auprès de sa mère pour l'autre.

Michel de Robert de Lafregeyre, aujourd'hui âgé de 78 ans et incarné par Yvan Attal, a étudié l'architecture et en a fait son métier. Son frère Patrice, joué par Mathieu Kassovitz, devenu directeur d'une clinique en Alsace, s'est suicidé en 1993, à l'âge de 48 ans.

C'est après sa mort que Michel de Robert de Lafregeyre a raconté leur histoire, jusque-là gardée secrète, à ses proches.

Il y a neuf ans, il a répondu aux questions de son ami Olivier Casas, qui a voulu en faire un film. L'ancien architecte, qui ne pensait pas que sa vie se retrouverait ainsi "sur la place publique", a accepté. En hommage à son frère.


L'ambassade d'Italie célèbre les liens florissants avec l'Arabie saoudite à l'occasion de la première journée du "Made in Italy".

L'ambassade d'Italie a inauguré un nouveau centre de demande de visa et un espace d'exposition à l'occasion de la Journée du Made in Italy. (Photo AN Abdulrahman AlNajim)
L'ambassade d'Italie a inauguré un nouveau centre de demande de visa et un espace d'exposition à l'occasion de la Journée du Made in Italy. (Photo AN Abdulrahman AlNajim)
L'ambassade d'Italie a inauguré un nouveau centre de demande de visa et un espace d'exposition à l'occasion de la Journée du Made in Italy. (Photo AN Abdulrahman AlNajim)
L'ambassade d'Italie a inauguré un nouveau centre de demande de visa et un espace d'exposition à l'occasion de la Journée du Made in Italy. (Photo AN Abdulrahman AlNajim)
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  • L'événement est marqué par l'ouverture d'un nouveau centre de traitement des demandes de visa et d'un nouvel espace d'exposition.
  • L'installation sera utilisée pour promouvoir "la qualité, la variété et la créativité" des produits italiens, a déclaré un fonctionnaire.

RIYADH: The Italian Embassy in Riyadh on Tuesday celebrated the inaugural “Made in Italy Day” with the opening of a new visa application center and exhibition space.

Giuliano Fragnito, the deputy head of the mission, told Arab News the event provided an opportunity to showcase Italian expertise in a variety of fields, including the fashion, design, automotive and space industries.

“Today we are celebrating ‘Made in Italy Day,’ which is a day that celebrates the creativity, innovation and the territories of Italy and Italy’s products,” he said.

The date was chosen to mark the anniversary of the birth of Leonardo da Vinci on April 15, 1452.

Fragnito said the new exhibition space, called Casa Italia, would be used to promote Italy from a “commercial, cultural and scientific point of view,” with the opening event being a celebration of its contribution to the space industry, titled “Italian Space Way.”

L'événement était d'autant plus approprié que l'Italie et l'Arabie saoudite sont des partenaires étroits dans ce secteur, l'Agence spatiale italienne et la Commission spatiale saoudienne ayant signé un accord en 2022 en vue d'une collaboration plus étroite, a-t-il déclaré.

L'objectif plus large des célébrations de mardi était de mettre en lumière les relations croissantes entre l'Italie et le Royaume dans une série de domaines, a déclaré M. Fragnito.

"L'Arabie saoudite est un partenaire clé de l'Italie et les relations bilatérales se développent à un rythme très rapide... d'abord d'un point de vue politique, mais aussi dans les domaines du commerce, de la coopération scientifique, de la coopération universitaire et de la coopération culturelle.

Les exportations italiennes vers l'Arabie saoudite ont augmenté de 20 % l'année dernière et Rome souhaite faire passer les relations entre les deux pays "au niveau supérieur".

"Le marché saoudien est de plus en plus conscient et apprécie la qualité, la variété et la créativité des produits italiens.

"L'Arabie saoudite est un partenaire clé de l'Italie et il est très important de célébrer la Journée du Made in Italy en Arabie saoudite, qui est un marché très important pour les exportations italiennes.

Le nouveau centre de demande de visa, géré conjointement par les sociétés de services technologiques AlmaViva et VFS Global, est situé à la porte 2 du Loclizer Mall à Riyad. Des services similaires sont également disponibles à Jeddah et à Dammam.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


ilmi, le PNU lance un programme d’études muséales

Le programme d’études muséales comprend des cours de microcrédit, de diplôme, de mineure et au choix. (Commission des musées)
Le programme d’études muséales comprend des cours de microcrédit, de diplôme, de mineure et au choix. (Commission des musées)
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  • Nouveaux cours de microcertification ouverts à tous les diplômés du secondaire et de premier cycle
  • Le programme comprend des cours d’arabe, d’anglais, en personne, à distance, à long et à court terme

RIYAD : Un nouveau programme d’études muséales en Arabie saoudite a ouvert ses portes pour l’inscription, offrant des cours de microcertification et de longue durée.

Il est le résultat d’un partenariat entre ilmi, un centre d’apprentissage des sciences, de la technologie, de la lecture, de l’ingénierie, des arts et des mathématiques, et l’Université Princess Nourah bint Abdulrahman.

ilmi — qui signifie « mes connaissances » en arabe — est un centre de science et d’innovation qui vise à autonomiser les jeunes en Arabie saoudite.

Une initiative d’ONG philanthropique créée par la princesse Sara bint Mashour bin Abdulaziz, épouse du prince héritier Mohammed bin Salman, ilmi est incubée, soutenue et financée par la Fondation Mohammed bin Salman, Misk, et opère en partenariat avec Mohammed bin Salman Nonprofit City.

Le programme d’études muséales comprend des microdiplômes, des diplômes, des cours mineurs et des cours au choix.

Il est ouvert aux jeunes diplômés du secondaire et de l’université désireux d’obtenir des postes de niveau d’entrée dans les musées, ainsi qu’aux professionnels à la recherche de nouveaux ensembles de compétences et de carrières.

Créé par ilmi et des experts du PNU d’Arabie saoudite et du monde entier, le programme offre un mélange d’apprentissage en ligne et en personne, ainsi que des options de scolarité en arabe et en anglais.

Les cours de microcrédit combineront l’apprentissage en ligne et en personne et sont offerts aux candidats de plus de 18 ans.

Les cours comprennent des études d’impact sur les musées, l’éducation et la sensibilisation aux musées, une introduction aux technologies muséales, les bases de la gestion des musées et l’intégration de la technologie numérique.

Les cours proposés aux étudiants du PNU comprennent une introduction aux musées facultatifs et aux mineurs spécialisés dans les musées et la technologie numérique, la conception d’expositions et le développement de contenu.

Un diplôme de deux ans en gestion de musée sera également disponible pour les étudiants du PNU et les jeunes diplômés du secondaire.

Les inscriptions pour le premier cours en ligne sur les microtitres de compétences commencent ce mois-ci : Principes fondamentaux de la gestion des musées.

Tous les autres cours de microdiplômes auront lieu en mai et juin, avec les programmes de diplôme, mineur et électif commençant en septembre au début de l’année académique 2024/25.

Les diplômés du programme peuvent également postuler pour travailler aux côtés d’experts ilmi alors qu’ils conçoivent et lancent des programmes d’apprentissage uniques et informels à travers le Royaume.

Pour plus d’informations et pour vous inscrire, cliquez ici.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com