En Seine-Saint-Denis, consultations pour les étudiants en "détresse psychologique"

Un lycéen masqué lors de l'examen de français, première session d'épreuves du baccalauréat 2021 le 17 juin 2021 au lycée Pasteur de Strasbourg, dans l'est de la France. (Frederick Florin/AFP)
Un lycéen masqué lors de l'examen de français, première session d'épreuves du baccalauréat 2021 le 17 juin 2021 au lycée Pasteur de Strasbourg, dans l'est de la France. (Frederick Florin/AFP)
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Publié le Vendredi 02 juillet 2021

En Seine-Saint-Denis, consultations pour les étudiants en "détresse psychologique"

Un lycéen masqué lors de l'examen de français, première session d'épreuves du baccalauréat 2021 le 17 juin 2021 au lycée Pasteur de Strasbourg, dans l'est de la France. (Frederick Florin/AFP)
  • "La détresse psychologique des étudiants" n'a pas été mesurée lors du premier confinement, reconnaît Thibaut Ernouf, psychiatre qui a lancé la consultation à la Courneuve
  • Le déclenchement pour aller consulter, "c'est le décrochage scolaire" qui s'ajoute aux difficultés psychiques

LA COURNEUVE, France : Anxiété, troubles dépressifs, idées suicidaires: la crise sanitaire a dégradé la santé psychique des étudiants et son "ampleur négligée", alertent les professionnels de santé. A la Courneuve, en Seine-Saint-Denis, une consultation a été lancée pour prendre en charge ces jeunes en "détresse" et préparer leur rentrée.

Neuf mois, seule sans autre "ami" que son écran d'ordinateur. Leila (prénom d'emprunt), en première année de master à l'Université Paris 8 Saint-Denis, a perdu pied et a fini par sombrer.

L'étudiante marocaine débarque en France en septembre en pleine pandémie. "Tout a été difficile: s'inscrire à la fac, suivre les cours à distance, les travaux en groupe", énumère la jeune femme qui étudie les sciences politiques. 

"A rester devant l'écran, votre énergie est consumée et cela ne m'a pas permis de me faire des amis. Je me sentais isolée", confie l'étudiante. 

Un jour, elle doit réaliser un exposé. "J'ai eu ma première crise d'angoisse". Elle ne parvient pas à réaliser l'exercice. "J'étais bouleversée". 

Au fil des mois sa "solitude" évolue en "idée suicidaire".

Sa bouée de sauvetage arrive en mars. Lors d'une distribution alimentaire, elle entend parler d'une consultation gratuite ouverte aux étudiants sans avoir à passer par un médecin généraliste, contrairement au "chèque psy" lancé cet hiver par le gouvernement (trois séances gratuites chez un professionnel).

"Le fait de parler, d'être écoutée m'a vraiment aidé", estime Leila qui est passée d'une consultation par semaine à une séance par mois.

Le psychiatre lui a prescrit des antidépresseurs "contre les idées noires". "Aujourd'hui je me sens tranquille. Même heureuse par moments".

La jeune femme a décidé de "lâcher les cours" pour "garder son énergie" comme le lui a conseillé sa psy.

Et depuis le déconfinement de mai, elle a pu se lier d'amitié avec de nouvelles personnes et sortir: "au moins ce sentiment étrange d'enfermement a disparu", note Leila qui aborde la rentrée "un peu plus sereinement".

- Mal-être -

"L'état d'esprit morose" de Céline (prénom d'emprunt), c'est sa maman qui l'a constaté. En première année de licence à la Sorbonne, elle "mangeait beaucoup moins". 

"J'avais maigri, ma mère a senti qu'il y avait un problème. Elle ne savait pas trop quoi faire, m'a dit que ce serait peut-être bien de parler à quelqu'un", raconte la jeune femme qui vit à Drancy (Seine-Saint-Denis) avec ses parents.

Le manque de lien social, son cursus et la crise sanitaire ont accéléré son mal-être.

La consultation psy "m'a permis d'évoquer à haute voix mon état sans avoir à être jugée. Cela m'a permis aussi de voir les choses différemment et un peu plus positivement", analyse l'étudiante. "Je me sens un peu mieux accompagnée dans mes émotions".

La jeune femme se donne du temps pour réfléchir à une nouvelle orientation. En attendant, elle va profiter de l'été pour relâcher la pression.

"La détresse psychologique des étudiants" n'a pas été mesurée lors du premier confinement, reconnaît Thibaut Ernouf, psychiatre qui a lancé la consultation à la Courneuve en partenariat avec la Fondation Santé des étudiants de France.

Cette aide psychologique est destinée principalement aux habitants de Seine-Saint-Denis, où "il y a moins de sensibilisation à la santé mentale, presque tabou".

En mars 2020, "on a d'abord été inquiets pour les patients psychiatriques", explique le spécialiste.

Pour autant, "la santé mentale est la cause numéro 1 de morbidité sur la tranche d'âge des étudiants", détaille le Dr Ernouf. "Cette population ne se préoccupe pas trop de sa santé, certains ont le sentiment d'être immortel".

Depuis le lancement de la consultation, mi-mars, 27 étudiants ont franchi la porte du relais psy.

Ils présentent "essentiellement des troubles dépressifs. Il y a eu des idées suicidaires mais pas de passage à l'acte", indique le médecin.

Les études réalisées juste après le deuxième confinement montrent des troubles équivalents chez les étudiants en Chine, en Italie ou encore aux Etats-Unis, explique le psychiatre.

Le déclenchement pour aller consulter, "c'est le décrochage scolaire" qui s'ajoute aux difficultés psychiques. "A force d'être déprimés, les étudiants n'arrivent plus à se concentrer donc ils finissent par ne plus assister aux cours", souligne Manon Beuzen, psychologue au relais.

Selon la spécialiste, un facteur aggravant est "la précarité socio-économique: des gens qui n'ont pas eu d'extérieur, confinés dans des petits appartements".

Avec le déconfinement, une grande majorité des étudiants "va s'en remettre", relativise le Dr. Ernouf.

Néanmoins, "il ne faut pas louper les 5%" qui ne parviendront pas à retrouver une vie normale, prévient le médecin. 

"Les troubles mentaux ne sont pas dans la même temporalité que la réanimation. Il faut les repérer et une fois installés, c'est plus long à traiter avec des séquelles qui durent des années.


Le ramadan finira vendredi pour tous les musulmans en France

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
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  • La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué
  • De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

PARIS: Après un début en deux temps qui avait consterné les fidèles, le ramadan se terminera vendredi pour tous les musulmans de France, la Grande mosquée de Paris ayant elle aussi arrêté cette date pour l'Aïd el-Fitr.

La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué.

De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

Cette décision met un terme au pataquès qui avait entouré les dates du ramadan cette année en France, déploré par beaucoup comme un signe de division interne.

La Grande mosquée de Paris avait en effet fixé son début au 18 février, à rebours de la date du 19 arrêtée par de nombreuses autres institutions parmi lesquelles le Conseil français du culte musulman (CFCM), ex-instance de représentation de l'islam auprès des pouvoirs publics.

En ce qui concerne la fin du ramadan, le CFCM avait de longue date fixé à vendredi le jour de l'Aïd el-Fitr.

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars.

La divergence dans la fixation des dates vient de la méthode retenue, selon que le calcul astronomique est ou non associé à l'observation de la lune.


Macron près de Nantes pour dévoiler le nom du futur porte-avions géant

Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron se rend à Indret pour dévoiler le nom du futur porte-avions français, qui remplacera le Charles de Gaulle en 2038
  • Le projet, estimé à 10 milliards d’euros sur 20 ans, représente un symbole de puissance militaire française et intègre une technologie américaine électromagnétique pour les catapultes, tout en restant évolutif pour accueillir drones et aéronefs futurs

PARIS: Un nouveau navire amiral, embarquant des drones et fort de trois catapultes: Emmanuel Macron se rend mercredi à Indret, près de Nantes, où il dévoilera le nom du futur porte-avions français dont la construction vient de débuter.

Le chef de l'Etat est attendu vers 15H00 sur le site du constructeur Naval Group où seront fabriquées les deux chaufferies nucléaires du bâtiment. Il remplacera en 2038 le Charles de Gaulle, sur lequel Emmanuel Macron s'est récemment rendu alors qu'il naviguait en Méditerranée orientale face aux risques d'extension de la guerre au Moyen-orient.

Le chef de l'État a donné le feu vert à la construction de ce porte-avions de nouvelle génération en décembre, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Ce déplacement devrait être l'occasion de dévoiler le nom du navire, dont la coque sera façonnée à Saint-Nazaire à partir de 2031.

Le "Richelieu" ? "François Mitterrand" ? Le "Marie Marvingt", pionnière de l'aviation ?  Ou encore le "Simone Veil", figure politique française ? Les paris vont bon train sur internet, en attendant le verdict présidentiel. Donner le nom d'une femme à un tel bâtiment serait en tout cas une première.

Ce nouveau fleuron, qui représentera 10 milliards d'euros d'investissements sur une vingtaine d'années, est d'ores et déjà paré de tous les superlatifs. "Ce sera le plus gros navire militaire construit en France, avec 77.000 tonnes contre 42.000 pour le Charles de Gaulle", relève l'Elysée.

Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. La Chine et l'Inde en ont à propulsion classique et les autres (Royaume-uni, Italie..) sont équipés de porte-aéronefs à décollage vertical.

De quoi faire du navire un symbole de la puissance militaire française, à l'heure où Emmanuel Macron met un accent particulier sur l'effort de défense, à l'image de son récent discours sur la dissuasion nucléaire qui marque l'augmentation de l'arsenal français et une coopération avec huit pays européens.

Ce futur bâtiment "sera capable à la fois de catapulter et de récupérer des avions. Actuellement, sur la plupart des porte-avions, vous catapultez et vous reconfigurez ensuite le pont pour récupérer, ce qui limite en termes de capacité opérationnelle", souligne la présidence.

- "Plan B" -

Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera aussi la capacité d'envol des 40 aéronefs embarqués.

Un gros bémol toutefois: la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l'américain General Atomics, source de vulnérabilité potentielle dans un monde aux rapports de forces de plus en plus exacerbés.

"Le choix a été fait, et c'est un choix économique de travailler avec les États-Unis, qui est parfaitement cohérent, mais il existe bien évidemment d'autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières", assure toutefois un conseiller présidentiel.

Le bâtiment devra aussi être "évolutif" pour pouvoir accueillir tous les types d'avions qui seront déployés pendant sa durée de vie, mais aussi des drones, le nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-orient.

Un enjeu énorme. "On ne peut pas se contenter de reproduire un outil qui a été conçu à la moitié du siècle dernier", souligne le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon.

"Demain, le porte-avions ne sera pas qu'un porte-avions (..) Nous aurons besoin de drones qui vont pénétrer les défenses adverses, que ce soit des drones de combat ou des munitions téléopérées, de drones ravitailleurs, de drones de surveillance...", renchérit le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour.

Vecteur de projection de puissance, les porte-avions représentent aussi des coûts astronomiques, en période de restriction budgétaire. "Sur un programme de près de 20 ans, nous sommes précautionneux", concède l'Elysée tout en maintenant l'estimation de 10 milliards d'euros.

La question d'un deuxième porte-avions continue aussi de se poser, alors qu'un seul bâtiment n'est disponible que 65% du temps. "A ce stade, non", répond-on toutefois à l'Elysée.


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.