Feux et chaleur consument toujours l'ouest canadien

Des ordres d'évacuation ou des alertes d'évacuation ont été émis pour plusieurs localités de Colombie Britannique. (Photo, AFP)
Des ordres d'évacuation ou des alertes d'évacuation ont été émis pour plusieurs localités de Colombie Britannique. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 04 juillet 2021

Feux et chaleur consument toujours l'ouest canadien

  • Les orages qui se sont formés au-dessus des provinces de Colombie-Britannique et d'Alberta ont ainsi généré plus de 700 000 éclairs entre mercredi et jeudi
  • Des éclairs ont également été enregistrés vendredi en Californie, où des feux de forêt ont dévoré plus de 15 000 hectares, y compris dans une zone touristique

OTTAWA : L’armée canadienne se tenait prête à apporter une assistance, notamment aérienne, dans la lutte contre les incendies qui continuaient à faire rage samedi en Colombie Britannique, après une vague de chaleur inédite et meurtrière dans l'ouest du pays et des États-Unis.

Quelque 174 feux étaient actifs samedi dans la province canadienne, dont 78 se sont déclarés dans les deux derniers jours, selon le service des incendies de Colombie Britannique. Celui-ci précise que 70% de ces incendies sont vraisemblablement dus à des éclairs provoqués par la chaleur.

Cette province occidentale, au climat habituellement humide et tempéré, a vu le thermomètre s'emballer il y a une semaine. Au moins 719 personnes y sont mortes depuis le début de cette vague de chaleur, soit trois fois plus qu'en temps normal, selon les autorités sanitaires locales.

De l'autre côté de la frontière, le nord-ouest des États-Unis s'est également retrouvé sous ce "dôme de chaleur", un phénomène climatique rare aggravé, selon les experts, par le réchauffement climatique.

La petite communauté de Lytton, à 250 km au nord-est de Vancouver, est devenue le symbole de cette crise: après avoir battu le record historique de chaleur au Canada, avec 49,6 degrés Celsius, elle a été la proie des flammes qui ont ravagé 90% de son territoire.

Ses 250 habitants ont dû partir très rapidement, mercredi soir, certains d'entre eux sans avoir le temps de rien emporter, a raconté l'un d'entre eux, Gordon Murray, samedi à la chaîne publique CBC.

Gordon Murray ne s'inquiétait pas trop car il y avait de la fumée dans la région depuis plusieurs jours. Mais la situation a changé lorsqu'il s'est aperçu que ses voisins essayaient d'éteindre de petits foyers dans leur jardin avec un tuyau d'arrosage.

"C'est là que nous avons compris que c'était sérieux et lorsque le courant a cessé de fonctionner, nous avons compris que nous n'avions plus le choix et qu'il fallait partir. Nous avons attrapé nos portefeuilles et sauté dans la voiture", se souvient-il, en disant avoir dû traverser la localité à travers les flammes et les maisons en feu. 

Un autre habitant, Jeff Chapman, avait expliqué plus tôt à CBC, avoir vu, impuissant, ses parents mourir dans le sinistre, quand un poteau électrique est tombé sur leur abri.

Pyrocumulus

Un responsable autochtone de la région de Lytton, Matt Pasco, président du conseil tribal de la nation Nlaka'pamux, a pour sa part critiqué les autorités de la province leur reprochant, selon des médias locaux, d'avoir ignoré les besoins de sa communauté. 

Les autorités autochtones ont dû essayer de sauver des vies avec peu ou pas d'aide du gouvernement provincial, affirme M. Pasco, qui dit y voir un signe de la façon dont les autorités provinciales traitent les peuples autochtones.

Le mercure a commencé à redescendre sur la côte, mais la vague de chaleur s'est étendue vers l'intérieur du Canada jusqu'en Ontario, et de nombreuses régions  restaient samedi sous alerte canicule ou d'orages violents. 

Après une réunion vendredi du Premier ministre Justin Trudeau avec plusieurs de ses ministres, Ottawa a annoncé l'ouverture d'un centre d'opération à Edmonton, dans l'ouest du Canada, où 350 soldats se tiendront prêts à apporter une aide logistique. Les forces canadiennes doivent en particulier fournir une aide aérienne pour transporter des pompiers ou évacuer des habitants.

Des ordres d'évacuation ou des alertes d'évacuation - avertissant les habitants de se tenir prêts à partir - ont été émis pour plusieurs localités de Colombie Britannique.

Depuis quelques jours, la situation est aggravée par l'apparition d'un phénomène rare: les pyrocumulus, des nuages orageux qui se forment au-dessus de sources de chaleur intense. Comme ces derniers génèrent à leur tour de la foudre, ils facilitent la création d'autres brasiers.

Les orages qui se sont formés au-dessus des provinces de Colombie-Britannique et d'Alberta ont ainsi généré plus de 700 000 éclairs entre mercredi et jeudi, a calculé l'entreprise finlandaise Vaisala, spécialiste de mesures environnementales.

Des éclairs ont également été enregistrés vendredi en Californie, où des feux de forêt ont dévoré plus de 15 000 hectares, y compris dans une zone touristique qui s'apprêtait à accueillir de nombreux visiteurs pour le long week-end de la fête nationale du 4 juillet.


Téhéran veut garder le contrôle d'Ormuz, fin du round de négociations

Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
  • Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures
  • En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna

BURGENSTOCK: Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Ces discussions ont permis de poser des "bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", s'est félicité lundi le vice-président américain JD Vance, les Etats-Unis annonçant dans la foulée une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.

Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures, laissant à des diplomates le soin de poursuivre des discussions "techniques" sur place.

Celles-ci se sont également achevées et les pourparlers se poursuivront ultérieurement au sein de groupes de travail, a indiqué mardi la diplomatie iranienne à l'agence officielle Irna.

En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna.

Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran.

Mais "l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", a assuré M. Ghalibaf, martelant que "l'Iran administrera" celui-ci.

L'Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage "immédiat" de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés.

Ceux-ci seront libérés "en deux tranches de 6 milliards", a détaillé auprès d'Irna le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, le vice-ministre de Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.

M. Vance avait souligné que son pays s'assurerait qu'un éventuel déblocage d'avoirs iraniens "ne servirait pas à financer le terrorisme".

Ghalibaf à Oman 

Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d'un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.

Les négociations, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final sous un délai de 60 jours renouvelables.

Dans ce cadre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, doit effectuer une visite d'Etat à Islamabad mardi, selon la diplomatie pakistanaise.

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est pour sa part attendu de mardi à jeudi aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, selon son ministère.

Et l'équipe de négociateurs iraniens, emmenée par M. Ghalibaf, s'est rendue de son côté à Oman pour parler précisément de la gestion du détroit d'Ormuz, selon Irna.

Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.

Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, "toutes les transactions" concernant la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", a détaillé le ministère américain des Finances.

Selon M. Vance, Téhéran a accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce que l'Iran n'a pas confirmé.

"Premier test réel" 

Mises en place par l'accord de 2015 déchiré par M. Trump en 2018, ces inspections avaient été suspendues par l'Iran après les bombardements israélo-américains de ses installations en juin 2025.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l'arme nucléaire, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a ainsi fait savoir avoir reçu un appel de M. Vance au sujet de "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard".

L'offensive au Liban, destinée selon Israël à empêcher les attaques du Hezbollah, a fait plus de 4.100 morts selon les autorités et plus d'un million de déplacés.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le respect de ce cessez-le-feu sera "le premier test réel" de la solidité du protocole d'accord américano-iranien.


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.