Faute d’accord sur les élections, la feuille de route pour la résolution du conflit libyen en péril

Des délégués libyens assistent à une réunion du Forum de dialogue politique libyen à Genève le 1er février 2021. (Photo, AFP)
Des délégués libyens assistent à une réunion du Forum de dialogue politique libyen à Genève le 1er février 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 04 juillet 2021

Faute d’accord sur les élections, la feuille de route pour la résolution du conflit libyen en péril

  • Certains membres du Forum de dialogue politique libyen (LPDF) ont rejeté la proposition de la mission de l'ONU de voter sur des suggestions visant à maintenir le gouvernement actuel au pouvoir et à ne tenir que des scrutins législatifs
  • L'envoyé spécial américain pour la Libye accuse «plusieurs membres» du forum d'avoir tenté d'insérer des «pilules empoisonnées» pour garantir que des élections n’auront pas lieu

LE CAIRE : Les délégués libyens n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur un cadre juridique pour la tenue d'élections présidentielles et parlementaires plus tard cette année, a déclaré samedi l'ONU, mettant en péril la feuille de route convenue pour mettre fin au conflit dans ce pays.

Le Forum de dialogue politique libyen (LPDF), un organe de 75 membres de tous horizons en Libye, a conclu vendredi ses cinq jours de pourparlers dans un hôtel aux abords de Genève, a annoncé la mission de soutien des Nations Unies en Libye.

Les participants aux pourparlers négociés par l'ONU ont discuté de plusieurs propositions de base constitutionnelle pour les élections, dont certaines qui n'étaient pas conformes à la feuille de route qui a fixé le vote le 24 décembre. D'autres ont cherché à établir des conditions préalables à la tenue d'élections comme prévu, a indiqué la mission. 

La mission de l'ONU a affirmé que les membres du LPDF ont créé un comité chargé de combler le fossé entre les propositions soumises au forum. Mais l'impasse demeure encore. 

«Tout cela est regrettable», a signalé Raisedon Zenenga, le coordinateur de la mission. «Le peuple libyen sera certainement déçu car il aspire toujours à exercer ses droits démocratiques lors des élections présidentielles et parlementaires du 24 décembre».

La mission de l’ONU a exhorté les membres du forum à poursuivre les consultations dans le but de se mettre d'accord sur «un compromis viable et consolider leur unité». Elle a également averti que les propositions qui «ne facilitent pas la tenue des élections du 24 décembre ne seront pas retenues». 

«Ce n'est pas le résultat que beaucoup d'entre nous espéraient, mais c'est le meilleur résultat compte tenu des options qui étaient sur la table», a écrit Elham Saudi, membre du forum, sur Twitter. «Cela ne fait que retarder la bataille, mais ne résout certainement pas les problèmes».

Plus de deux douzaines de membres du LPDF ont critiqué la mission de l'ONU pour sa proposition pour que le forum vote sur des suggestions qui incluaient le maintien du gouvernement actuel au pouvoir et la tenue de scrutins législatifs uniquement.

Richard Norland, l'envoyé spécial américain pour la Libye, a accusé «plusieurs membres» du forum d'avoir apparemment tenté d'insérer des «pilules empoisonnées» pour garantir que des élections n'auront pas lieu «soit en prolongeant le processus constitutionnel, soit en créant de nouvelles conditions qui doivent être remplies pour que des élections aient lieu».

«Nous espérons que les 75 membres du LPDF s’engagent à nouveau afin de permettre aux 7 millions de Libyens de tout le pays d'avoir une voix pour façonner l'avenir de la Libye», a-t-il souligné.

Christian Buck, directeur du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord au ministère allemand des Affaires étrangères, a convié les membres du LPDF à s'en tenir à la feuille de route pour les élections de décembre. 

«Tout report des élections ouvrira sans doute la porte à des scénarios dangereux», a-t-il tweeté, sans donner de détails.

Le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah, a été nommé par le forum lors d'un vote assombri par des allégations de corruption.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.