Cinq hommes tués par balle dans des cités marseillaises: une «flambée», mais pas une «explosion»

En 12 jours, cinq hommes ont été tués par balles dans des cités des quartiers nord de Marseille (Photo, AFP).
En 12 jours, cinq hommes ont été tués par balles dans des cités des quartiers nord de Marseille (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 07 juillet 2021

Cinq hommes tués par balle dans des cités marseillaises: une «flambée», mais pas une «explosion»

  • Ce sont 13 morts par balle qui ont été enregistrées dans les cités marseillaises depuis le début de l'année, dont six dans des règlements de comptes
  • Sur les explications concrètes de cette récente flambée de violence, les enquêteurs restent en tous cas prudents

MARSEILLE: En 12 jours, cinq hommes ont été tués par balles dans des cités des quartiers nord de Marseille, sur fond de trafic de stupéfiants, une « flambée » de violence pourtant relativisée côté policier, où l'on assure que la tendance est loin d'une « explosion ».

Un homme de 32 ans abattu de quatre balles en pleine tête alors qu'il venait de quitter le terrain, dans le cadre d'un tournoi de football inter-quartiers, cité La Martine, le 25 juin. Un autre, 20 ans, abattu peu avant minuit, cité Bassens, trois jours plus tard. Un troisième, tué la même nuit, cité Frais-Vallon. Un quatrième, le 5 juillet, cité des Hirondelles. Et une dernière victime, dans la nuit de mardi à mercredi, encore à Frais-Vallon.

Dans ce dernier drame, peu après minuit, c'est un homme de 28 ans connu pour une affaire de stupéfiants remontant à 2017 qui est cette fois tombé, victime d'une rafale de Kalachnikov alors qu'il se trouvait à l'arrêt au volant d'un véhicule, a précisé la procureure de la République de Marseille, Dominique Laurens, confirmant une information initiale du quotidien La Provence.

Avec cette nouvelle victime, ce sont 13 morts par balle qui ont été enregistrées dans les cités marseillaises depuis le début de l'année, dont six dans des règlements de comptes, selon les derniers chiffres de la police judiciaire mercredi.

Mais cette bouffée de violence n'est pas inédite, relativise Eric Arella, directeur de la zone Sud de la police judiciaire : « Il y a des périodes de calme puis des flambées qui peuvent surprendre. Le monde du banditisme n'est pas stagnant », explique-t-il, en rappelant ce millésime 2014 avec six mois sans un seul règlement de comptes et un bilan annuel final de 23 « réglos ».

Mais « en tendance, on n'est pas sur une explosion », insiste Arella, rappelant qu'après une moyenne de deux règlements de comptes par mois sur la période 2010-2016, nous sommes passés à une moyenne d'un par mois depuis 2017 : « La tendance est clairement baissière », se félicite-t-il, loin du pic de 2016 et ses 29 morts, le sommet depuis 30 ans.

26 « réglos » déjoués

Et l'évolution est la même si on analyse l'ensemble des homicides entre délinquants et pas seulement ces règlements de comptes entre membres du banditisme ou du narco-banditisme, pour lesquels les critères sont assez stricts : avec une trentaine de faits au premier semestre 2021, la tendance reste identique après des bilans de 55 cas en 2019 et 65 en 2020.

« Il faut prendre du recul, sur un temps long nous n'assistons pas à quelque chose d'inhabituel », insiste également la préfète de police des Bouches-du-Rhône, Frédérique Camilleri, en évoquant « un phénomène de focalisation médiatique ».

Sur le terrain, l'important est de « casser la dynamique de violence constatée dans certaines cités », explique-t-elle. Et cela passe par des « actions de sécurisation » concrètes, avec les CRS et les BST (brigades spécialisées de terrain), par le travail de la police judiciaire, pour « aller vite dans la résolution des faits d'homicide », et par une focalisation sur la question de la circulation des armes, « depuis les Kalachnikov utilisées par le grand banditisme jusqu'aux couteaux ».

« Sur ce point, nous travaillons avec la procureure de la République de Marseille, Laurens, afin d'être plus proactifs et de sortir ces armes de la circulation », annonce Camilleri. 

Sur les explications concrètes de cette récente flambée de violence, les enquêteurs restent en tous cas prudents : « Il y a les récentes sorties de prison, mais surtout les soubresauts assez classiques du banditisme », avance ainsi Eric Arella.

« Mais on ne reste pas les mains dans les poches », poursuit-il, en soulignant que ses services ont résolu six règlements de comptes cette année et en ont déjoué 26 depuis 2016.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.