Sahel: un sommet pour préparer le désengagement militaire français

Le président français Emmanuel Macron s'exprime à l'issue d'une rencontre avec les dirigeants du G5 Sahel, par visioconférence, à Paris (photo d'archives ) (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime à l'issue d'une rencontre avec les dirigeants du G5 Sahel, par visioconférence, à Paris (photo d'archives ) (AFP)
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Publié le Jeudi 08 juillet 2021

Sahel: un sommet pour préparer le désengagement militaire français

  • Après plus de huit ans d'engagement massif, le président français Emmanuel Macron avait annoncé en juin la fin prochaine de l'opération Barkhane avec une revue à la baisse des effectifs (5100 soldats actuellement)
  • D'autant que les États du G5 ont connu ces dernières semaines de forts soubresauts politiques

PARIS : La France et les pays du G5 Sahel se réunissent vendredi pour la première fois depuis que Paris a annoncé la réduction de sa présence militaire, alors que Tchad et Mali doivent mener de délicates transitions politiques et que les jihadistes restent omniprésents.

Après plus de huit ans d'engagement massif, le président français Emmanuel Macron avait annoncé en juin la fin prochaine de l'opération Barkhane avec une revue à la baisse des effectifs (5100 soldats actuellement), la fermeture de bases militaires et une réarticulation de la lutte antijihadiste autour d'une "alliance internationale" associant des Européens.

Vendredi, il s'entretiendra à distance - covid oblige - avec ses homologues du G5 (Mauritanie, Tchad, Mali, Burkina, Niger) pour évoquer ce processus. Seul le président nigérien Mohamed Bazoum se trouvera à Paris.

Selon un haut responsable au secrétariat du G5 Sahel, "la redéfinition de l’opération Barkhane" sera au cœur des débats. 

"Nous ne sommes pas encore en mesure d'annoncer les grandes lignes de cette reconfiguration territoriale, mais nous devrions le faire assez rapidement", indiquait la semaine passée la ministre française des Armées Florence Parly, devant l'association des journalistes de défense (AJD).

En principe, la décroissance des effectifs français s'opérera progressivement, avec un jalon à environ 3500 hommes d'ici un an puis 2500 personnes d'ici 2023, a indiqué récemment à l'AFP une source familière du dossier. Les commandos d'élite de la task force française "Sabre" devraient pour leur part être maintenus pour poursuivre la traque des chefs jihadistes.

"Cette transformation ne signifie pas le départ du Sahel, ni que nous allons ralentir nos opérations de contre-terrorisme", a d'ailleurs martelé Florence Parly.

Mais les débats du sommet n'en seront pas moins teintés d'inquiétude.

Les groupes jihadistes continuent de poser leur empreinte sur de vastes territoires abandonnés par les États centraux. Ils provoquent chaque semaine de lourdes pertes au sein des forces armées comme des populations civiles, même si Barkhane a revendiqué la mort ou l'arrestation de cadres liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique ces derniers mois.

"Le terrorisme d'inspiration islamiste (...) poursuit son expansion, son enracinement local et sa dissémination globale, selon un mouvement qui est de nature à nous inquiéter", admettait en juin le général François Lecointre, chef d'état-major des armées françaises.

«Péripéties politiques»

D'autant que les États du G5 ont connu ces dernières semaines de forts soubresauts politiques.

Le président tchadien Idriss Déby Itno, à la tête du pays depuis 30 ans, a été tué au front contre des rebelles en avril. Le pouvoir est désormais assumé par son fils, Mahamat Idriss Déby Itno, 37 ans.

Quant au Mali, il a connu deux putschs en 9 mois dont le dernier en mai, au cours duquel le colonel Goïta, homme fort du pays, a fait arrêter le président et le Premier ministre. Paris a suspendu sa coopération militaire avant de la reprendre la semaine dernière, "prenant acte" des engagements des autorités de transition.

"Les péripéties politiques au Mali et au Tchad posent régulièrement la question de notre engagement au Sahel", admettait devant le sénat le général Lecointre, qui prendra sa retraite dans quelques jours. "Nous n'avons pas résolu" la situation sécuritaire dans la zone, admettait-il sans détour, décrivant un "sujet qui procède autant de questions politiques que de questions militaires".

Vendredi, Paris voudra aussi convaincre ses partenaires africains de la viabilité de son projet européen. La France compte beaucoup sur la task force Takuba, censée former les unités maliennes au combat et qui rassemble aujourd'hui 600 hommes, dont la moitié de Français, et des Estoniens, des Tchèques, des Suédois et des Italiens.

Mais bien des observateurs doutent de la capacité de cet amalgame de forces spéciales à compenser la fin de Barkhane.

L'implication militaire de beaucoup de gouvernements européens "dépasse déjà les limites de leur politique intérieure et ils vont maintenant reconsidérer leur propre présence dans la région", estime Andrew Lebovich, chercheur au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR).

"Emmanuel Macron a pris de court ses alliés lorsqu’il a annoncé la fin de l’opération Barkhane. Mais son nouveau plan ne semble pas offrir le changement de direction dont le Sahel a besoin".

 

 

 


A huit mois de la présidentielle française, les ingérences russes se multiplient

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l'élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours lors d'un meeting de campagne à l'Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l'élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours lors d'un meeting de campagne à l'Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
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  • Des campagnes de désinformation attribuées à des réseaux prorusses visent plusieurs candidats à la présidentielle française
  • Le gouvernement veut durcir les sanctions, tandis que la gauche demande aussi d'agir contre TikTok et X

PARIS: A huit mois de la présidentielle française, les ingérences russes visant des candidats s'intensifient en France même si elles restent peu visibles. Le gouvernement rappelle qu'il a récemment présenté un projet de loi, mais une partie de la gauche demande aussi de cibler les plateformes comme TikTok ou X.

"Si on ne fait rien pour se protéger, l'élection peut être faussée", s'est inquiété jeudi sur la radio RTL Gabriel Attal, ancien Premier ministre de la majorité du président Emmanuel Macron, directement visé, accusant "la Russie de vouloir voler" ce scrutin aux Français.

Une série d'opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé en quelques jours trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle.

Le candidat de centre droit Edouard Philippe a été calomnié sur son état de santé, l'eurodéputé de gauche Raphaël Glucksmann à été visé à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d'avoir soudoyé des médias pour favoriser la candidature de son mari. Quant à Gabriel Attal (centre droit), il a été présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson.

Même si ces opérations sont restées peu visibles d'après une source sécuritaire, il s'agit des premières visant directement depuis le début de la campagne des prétendants à la présidence.

Mercredi soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réagi en rappelant que le gouvernement avait présenté fin juillet un projet de loi en Conseil des ministres.

Le texte prévoit un durcissement des peines pour les personnes ayant diffusé des fausses informations dans un contexte électoral: d'un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende, elles seront portées à trois ans et 45.000 euros. Et elles pourront aller jusqu'à six ans de détention lorsque l’altération du scrutin a été réalisée "pour servir les intérêts d’une puissance, d’une entreprise ou d’une organisation étrangères".

L'exécutif a aussi présenté un décret prévoyant la création d'une "commission d'information" qui aura pour mission d'informer le public et les candidats en cas d'ingérences.

Le Premier ministre avait reçu en juin les partis politiques, évoquant des "perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle".

Interpellé par le leader de La France insoumise (gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon, qui déplorait que son mouvement ait depuis envoyé des propositions au gouvernement sans recevoir "de nouvelles", Sébastien Lecornu a indiqué souhaiter poursuivre "à la rentrée" ce "travail en commun" avec les formations politiques.

Mais une partie de la gauche estime que le gouvernement ne va pas assez loin et souhaite aussi cibler les plateformes étrangères comme TikTok ou X.

- Silence à droite et à l'extrême droite -

Raphaël Glucksmann demande ainsi aux autorités françaises et européennes de ne pas avoir "la main qui tremble" s'il faut sanctionner ces réseaux.

Et de rappeler les soupçons entourant le candidat d'extrême droite Calin Georgescu lors de la présidentielle de 2024 en Roumanie. Arrivé à la surprise générale en tête du premier tour, il a été accusé par les autorités roumaines d'avoir bénéficié d'une campagne de soutien illicite orchestrée par Moscou, notamment sur TikTok. L'élection a été annulée et le pro-européen Nicusor Dan a finalement remporté le scrutin quelques mois plus tard.

"Il n'y a pas eu de sanctions prises contre TikTok", a déploré Raphaël Glucksmann.

La patronne des Ecologistes Marine Tondelier va encore plus loin proposant de suspendre en France des réseaux comme X le temps de la campagne "en cas d'ingérences constatées en amont".

Depuis qu’il a racheté Twitter devenu X, en 2022, le milliardaire américain Elon Musk multiplie les messages politiques sur sa plateforme. Début juillet, il a notamment qualifié la candidature de Marine Le Pen (Rassemblement national, extrême droite) de "dernier espoir pour la France".

Face aux opérations de déstabilisation des derniers jours, droite et extrême droite restent à ce stade silencieuses.

Politiquement, le sujet est sensible pour le Rassemblement national en raison des liens passés du parti avec la Russie à travers notamment un prêt contracté auprès d'une banque russe dans les années 2010.

En 2025, le président du parti, Jordan Bardella, avait toutefois durci son discours, qualifiant Moscou de "menace multidimensionnelle" pour la France et évoquant notamment les ingérences russes.

Pour Raphaël Glucksmann "la campagne de 2027 sera marquée par des ingérences massives".

Pourront-elles avoir des conséquences dans l'isoloir ? Leur impact demeure "difficile à déterminer", soulignait y a quelques mois Laurent Cordonier, directeur de la recherche de la Fondation Descartes, lors d'une table ronde au Sénat consacrée aux risques de manipulations numériques à l'approche des échéances électorales.


Ingérences étrangères: Matignon veut poursuivre à la rentrée "un travail commun" avec les formations politiques

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
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  • Sébastien Lecornu veut relancer à la rentrée un travail avec tous les partis contre les ingérences étrangères
  • Le gouvernement prévoit de renforcer la lutte contre la désinformation électorale avec des sanctions accrues et un protocole de signalement

PARIS: Sébastien Lecornu a dit mercredi soir qu'il souhaitait poursuivre, "à la rentrée", "un travail commun" avec l’ensemble des formations politiques pour lutter contre les ingérences étrangères, alors que trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle ont été visés ces derniers jours par des opérations de déstabilisation russes.

"Je partage l’idée que ce sujet mérite un travail commun. C’est précisément celui que nous avons engagé à Matignon et que nous poursuivrons à la rentrée avec l'ensemble des formations politiques", a écrit sur X le chef du gouvernement, interpellé sur le sujet par le tribun insoumis Jean-Luc Mélenchon.

En juin, le Premier ministre avait reçu à Matignon les partis politiques sur ce thème. Il avait alors évoqué des "perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle", soulignant que "l'ensemble de la classe politique" pouvait être concernée.

Depuis la fin juillet, trois prétendants déclarés ou pressentis à l'Elysée, le patron d'Horizons Edouard Philippe, celui de Renaissance Gabriel Attal et de Place Publique Raphaël Glucksmann ont été ciblés par la Russie à travers des campagnes de désinformation en ligne. Une première en France pour des candidats à la présidentielle, même si ces opérations sont restées peu visibles, d'après une source sécuritaire.

"Le dispositif de détection que nous avons mis en place fonctionne", s'est félicité mercredi soir Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, "nous avons déjà présenté en Conseil des ministres un projet de loi pour renforcer encore notre arsenal, notamment en triplant les peines contre la production de faux contenus en période électorale".

"Un protocole de transmission automatique de tous les cas détectés sera également mis en place, en lien avec les formations politiques et les services compétents", a-t-il ajouté.

Depuis la réunion avec les partis en juin, il précise avoir reçu des propositions de la part de certaines formations politiques, mais que "toutes n'ont pas encore répondu".


L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France reçoit la députée Amélia Lakrafi

L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France, le Dr Faisal Al-Mejfel (à droite), reçoit Mme Amélia Lakrafi (à gauche), députée et vice-présidente du groupe d'amitié France–Arabie saoudite à l'Assemblée nationale. (Photo : compte X @KSAembassyFRA)
L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France, le Dr Faisal Al-Mejfel (à droite), reçoit Mme Amélia Lakrafi (à gauche), députée et vice-présidente du groupe d'amitié France–Arabie saoudite à l'Assemblée nationale. (Photo : compte X @KSAembassyFRA)
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  • Les échanges ont porté sur plusieurs dossiers d'intérêt commun entre la France et l'Arabie saoudite

DUBAI: L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France, le Dr Faisal Al-Mejfel, a reçu Mme Amélia Lakrafi, députée des Français établis hors de France et vice-présidente du groupe d'amitié France–Arabie saoudite à l'Assemblée nationale.

Au cours de cette rencontre, les deux responsables ont échangé sur plusieurs sujets d'intérêt commun, dans le cadre des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite. Les discussions ont porté sur des dossiers partagés, illustrant la poursuite du dialogue entre les deux pays. 

Cette rencontre s'inscrit dans le cadre des échanges entre les représentants français et saoudiens visant à renforcer la coopération sur des enjeux d'intérêt mutuel.