Dix ans après la division du Soudan, les rebelles gardent leurs armes contre Khartoum

Le candidat au poste de gouverneur du Kordofan-Sud, Abdelaziz al-Hilu, s'adresse à la presse après avoir voté lors de l'élection du gouverneur et de l'assemblée régionale de l'État du nord du Soudan, producteur de pétrole, à Kadugli, le 2 mai 2011. (ASHRAF SHAZLY / AFP)
Le candidat au poste de gouverneur du Kordofan-Sud, Abdelaziz al-Hilu, s'adresse à la presse après avoir voté lors de l'élection du gouverneur et de l'assemblée régionale de l'État du nord du Soudan, producteur de pétrole, à Kadugli, le 2 mai 2011. (ASHRAF SHAZLY / AFP)
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Publié le Jeudi 08 juillet 2021

Dix ans après la division du Soudan, les rebelles gardent leurs armes contre Khartoum

  • Le rebelle Abdelaziz al-Hilu, chef d'une faction du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-Nord), a pris les armes il y a 36 ans pour lutter contre ce qu'il estimait être une marginalisation des minorités par l'ex-dictateur
  • Malgré l'indépendance du Soudan du Sud, les anciens alliés de la cause sud-soudanaise sont restés isolés du côté nord de la frontière, dans un pays majoritairement musulman

KHARTOUM : Dix ans après l'indépendance du Soudan du Sud, des rebelles qui étaient jadis alliés à Juba poursuivent leur combat contre Khartoum, malgré la chute de leur ancien ennemi, l'autocrate Omar el-Béchir en 2019.

Le rebelle Abdelaziz al-Hilu, chef d'une faction du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-Nord), a pris les armes il y a 36 ans pour lutter contre ce qu'il estimait être une marginalisation des minorités par l'ex-dictateur.

A titre personnel, M. Hilu a signé en septembre 2020 un accord de cessation des hostilités avec Khartoum. Mais les pourparlers avec des groupes rebelles, dont le sien, ont été eux suspendus le mois dernier, alors que ces mouvements contrôlent des enclaves où vivent des membres des minorités chrétiennes dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil Bleu.

Issu du mouvement de rebelles sudistes fondé en 1983 par l'actuel président du Soudan du Sud Salva Kiir, et John Garang, le SPLM-Nord a pris part à 22 années de guerre civile contre Khartoum.

Ce conflit a fait des centaines de milliers de morts et a pris fin en 2005 grâce à un accord de paix, lequel a ouvert la voie à la sécession du Soudan du Sud, le 9 juillet 2011.

Malgré l'indépendance du Soudan du Sud, les anciens alliés de la cause sud-soudanaise sont restés isolés du côté nord de la frontière, dans un pays majoritairement musulman.

Armes et «autodéfense»

Malgré l'indépendance du Soudan du Sud, les anciens alliés de la cause sud-soudanaise sont restés isolés du côté nord de la frontière, dans un pays majoritairement musulman.

Peu avant la sécession du Sud, des affrontements entre rebelles et armée soudanaise ont éclaté. Et en 2017, des luttes intestines ont mené à la division du SPLM-Nord en deux factions, celle de M. Hilu et une seconde branche dirigée par l'ex-chef rebelle Malik Agar.

En octobre 2020, ce dernier a signé un accord de paix avec Khartoum, aux côtés d'anciens insurgés du Darfour (ouest).

Dans un cessez-le-feu séparé, M. Hilu a obtenu que ses combattants conservent leurs armes "pour assurer leur propre protection" jusqu'à ce que la Constitution soit amendée pour garantir un Etat laïc et "l'unification des forces armées".

Pour le chef de guerre, l'absence de séparation entre l'Etat et la religion était à la "racine" des conflits qu'a connu le pays depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1956, a-t-il déclaré à la chaîne de télévision Sky News, basée à Londres, 

Né en 1954 au Kordofan du Sud, Abdelaziz al-Hilu, de confession musulmane, a étudié l'économie à l'Université de Khartoum, avant de prendre les armes en 1985. Surnommé "l'homme des tâches difficiles", il est rapidement devenu un "guérillero respecté", selon les dires de membres du SPLM-Nord.

"Après la sécession, (M. Hilu) se sentait comme un orphelin", affirme Magdi al-Guizouli du cercle de réflexion Rift Valley Institute.

Aujourd'hui, alors que l'intégration des rebelles est un des principaux points d'achoppement des négociations avec Khartoum, M. Hilu se montre récalcitrant à l'idée de fusionner dans l'armée nationale, avec ses anciens ennemis. 

Sollicité par l'AFP, M. Hilu n'a pas réagi.

M. Guizouli estime que M. Hilu souhaite "garder ses troupes intactes". Alors seulement "il sera ouvert à trouver un arrangement sur la séparation de l'Etat et la religion", juge-t-il.

«Enclaves isolées»

En juin, plusieurs agences onusiennes ont annoncé dans un communiqué avoir fait une "percée significative" en accédant "pour la première fois depuis 10 ans (...) à cinq enclaves isolées" contrôlées par le groupe et abritant quelque 800.000 personnes.

Selon l'ONU, des territoires ont été "coupés de toute aide" et les habitants ont "urgemment besoin de vivres, de santé, d'éducation et d'eau potable".

Ils "ont survécu avec très peu voire rien pendant une décennie", a affirmé le chef du Programme alimentaire mondial (PAM) dans le pays, Eddie Rowe, après une livraison de 100 tonnes de nourriture par l'ONU en juin.

"Avec davantage de sécurité alimentaire et d'autres opportunités, les familles pourront réintégrer (la société soudanaise) et commencer à guérir et à (se) reconstruire", estime-t-il.

Toutefois, Jonas Horner du cercle de réflexion International Crisis Group (ICG) a averti que les rebelles et les populations marginalisées accordent peu de crédit à l'actuel gouvernement de Khartoum. 

"Avant qu'un gouvernement davantage représentatif soit mis en place, tout changement important dans ces enclaves --ou plus généralement dans les régions reculées du Soudan-- reste improbable", selon lui.


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.


Netanyahu affirme depuis le sud du Liban que son armée restera tant que le Hezbollah «nous menace»

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
  • Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place
  • "Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici"

JERUSALEM: Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace".

"Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici", a-t-il affirmé à des troupes israéliennes sur place selon une vidéo diffusée par son bureau.

 


L’Arabie saoudite en tête du classement de sécurité publique du G20

Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
  • 97,7 % des habitants déclarent se sentir en sécurité en marchant seuls la nuit

RIYAD: L’Arabie saoudite occupe la première place parmi les pays du G20 dans l’Indice de sécurité 2025, selon les données de la base des indicateurs des Objectifs de développement durable des Nations unies, publiées lundi par l’Autorité générale des statistiques du Royaume.

Les résultats indiquent que 97,7 % de la population se sent en sécurité en marchant seule la nuit dans son quartier, selon l’Agence de presse saoudienne (Saudi Press Agency).

Ils montrent également que 94,9 % des femmes, 97 % des citoyens saoudiens et 97,2 % des personnes âgées de 60 à 64 ans se sentent en sécurité en marchant seules la nuit dans les zones résidentielles.

Ces résultats soulignent les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité dans l’ensemble du Royaume, a ajouté la SPA. Ils s’inscrivent dans les initiatives visant à renforcer la sécurité, la stabilité et la qualité de vie dans les secteurs économique, alimentaire, environnemental, sanitaire, social, politique, intellectuel, technologique et de cybersécurité, conformément à la Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

L’Autorité générale des statistiques mène ses travaux selon une méthodologie unifiée basée sur le Statistical Business Process Manual, conforme aux normes statistiques internationales.

Dans un autre rapport, l’autorité a indiqué que 75,3 % de la population saoudienne a participé à des événements ou activités culturelles en 2025, reflétant une participation croissante à la vie culturelle dans le Royaume.

Ces données ont été publiées dans le cadre de l’initiative Raqam Saudi, qui met en avant les réalisations nationales, renforce la fierté nationale et les valeurs de citoyenneté, et souligne le rôle des statistiques officielles dans le suivi des progrès vers les objectifs de Vision 2030 et du développement durable. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com