La Belgique avertit d’un «risque sérieux de génocide» pesant sur les Ouïghours

Quelques heures avant le débat au Parlement belge, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté à proximité du quartier des bâtiment officiels, à Bruxelles, aux cris de "Chine fasciste !", "on veut la liberté !". Elles répondaient à l'appel d'une association de réfugiés ouïghours en Belgique. (Photo, AFP)
Quelques heures avant le débat au Parlement belge, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté à proximité du quartier des bâtiment officiels, à Bruxelles, aux cris de "Chine fasciste !", "on veut la liberté !". Elles répondaient à l'appel d'une association de réfugiés ouïghours en Belgique. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 09 juillet 2021

La Belgique avertit d’un «risque sérieux de génocide» pesant sur les Ouïghours

  • Les députés belges joignent leur voix à ceux du gouvernement américain et d’une poignée de Parlements occidentaux
  • « C'est un vote historique, c'est la toute première fois qu’on tire les leçons de Srebenica ou du Rwanda et on agit avant qu'il ne soit trop tard »

BRUXELLES : Les députés belges ont voté jeudi soir une résolution avertissant d'"un risque sérieux de génocide" pesant sur les Ouïghours en Chine, rejoignant le gouvernement américain et une poignée de Parlements occidentaux qui ont déjà qualifié ainsi le traitement réservé par Pékin à cette minorité.

Le texte, qualifié d'"historique" par son initiateur, le député écologiste Samuel Cogolati, a été adopté par 125 voix pour et aucune contre. Les douze élus communistes du Parti du travail de Belgique (PTB/PVDA) se sont abstenus.

Ce vote en séance plénière confirme celui intervenu le 15 juin dans la commission parlementaire chargée des Relations extérieures de la Belgique, qui avait valu dès le lendemain des protestations de la Chine.

"Nous appelons la Belgique à rectifier immédiatement son erreur afin d'éviter une dégradation des relations sino-belges", avait déclaré devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

Par ce vote, la Belgique devient le sixième pays dont les parlementaires ont dénoncé dans des termes similaires ce que subissent les minorités musulmanes en Chine - principalement les Ouïghours au Xinjiang.

Les députés du Canada, des Pays-Bas puis du Royaume-Uni ont déjà voté au premier semestre des motions fustigeant "un génocide" en cours. Il y a eu des initiatives identiques des parlements lituanien et tchèque, d'après les initiateurs du texte belge.

"C'est un vote historique, c'est la toute première fois que le Parlement belge tire les leçons des massacres de Srebenica (pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine, en 1995) ou du Rwanda et agit avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'une juridiction internationale n'ait définitivement statué", a déclaré à l'AFP Samuel Cogolati.

Ce dernier compte parmi les élus européens sanctionnés par la Chine depuis fin mars.

Le 22 mars, l'Union européenne avait imposé des sanctions à quatre dirigeants passés ou actuels de la région du Xinjiang en raison du traitement réservé à la minorité ouïghoure (violences, travail forcé, détentions arbitraires).

Pékin avait répliqué en sanctionnant 10 personnalités européennes toutes accusées de "propager des mensonges" en s'appuyant sur des études que la Chine juge biaisées.

Selon des experts étrangers, plus d'un million de Ouïghours sont ou ont été détenus dans des camps de rééducation politique du Xinjiang. Pékin affirme qu'il s'agit de "centres de formation professionnelle", destinés à les éloigner de l'extrémisme après des attentats meurtriers attribués à des séparatistes et des islamistes ouïghours.

Quelques heures avant le débat au Parlement belge, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté à proximité du quartier des bâtiment officiels, à Bruxelles, aux cris de "Chine fasciste !", "on veut la liberté !". Elles répondaient à l'appel d'une association de réfugiés ouïghours en Belgique.

"Never again, right now" ("Plus jamais ça, dès maintenant"), proclamait une banderole de l'Union des étudiants juifs de Belgique, présente pour manifester son soutien.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Short Url
  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.