Cyberattaque géante: Kaseya retarde de nouveau le redémarrage de ses serveurs

L'une des victimes de la cyberattaque est la chaîne de supermarchés suédoise Coop, qui a dû fermer tous ses magasins pendant plusieurs jours faute de pouvoir faire fonctionner ses caisses. L'entreprise prévoyait mercredi un retour à la normale avant la fin de la semaine. (Photo, AFP)
L'une des victimes de la cyberattaque est la chaîne de supermarchés suédoise Coop, qui a dû fermer tous ses magasins pendant plusieurs jours faute de pouvoir faire fonctionner ses caisses. L'entreprise prévoyait mercredi un retour à la normale avant la fin de la semaine. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 09 juillet 2021

Cyberattaque géante: Kaseya retarde de nouveau le redémarrage de ses serveurs

  • « Certains informaticiens ont suggéré d'ajouter des couches supplémentaires de protection pour des éléments que nous ne sommes peut-être pas en mesure de prévoir »
  • Un groupe de hackers russophones connu sous le nom de REvil avait revendiqué l'intrusion et réclamé 70 millions de dollars de rançon

La société informatique américaine Kaseya, victime d'une cyberattaque au "rançongiciel" qui a affecté des organisations un peu partout dans le monde, ne remettra pas ses serveurs en route avant dimanche pour renforcer encore plus la sécurité, a annoncé son patron.

Kaseya envisageait initialement de redémarrer ses machines lundi mais a depuis retardé ce moment à plusieurs reprises.

"Nous sommes parvenus à bloquer toutes les failles qui ont été exploitées durant l'attaque" lancée vendredi dernier "et nous étions à l'aise" avec l'idée de relancer le logiciel en cause dès mercredi, a expliqué Fred Voccola dans un message vidéo posté dans la nuit de mercredi à jeudi.

"Mais certains des ingénieurs externes et cabinets d'ingénieurs avec qui nous travaillons ainsi que certains de nos propres informaticiens ont suggéré d'ajouter des couches supplémentaires de protection pour des éléments que nous ne sommes peut-être pas en mesure de prévoir", a-t-il ajouté.

L'entreprise, qui fournit des services informatiques à quelque 40 000 sociétés dans vingt pays, assure que l'attaque dont elle a été victime vendredi a touché environ 50 clients directs.

Nombre d'entre eux sont des fournisseurs de services informatiques pour des petites entreprises comme des cabinets dentaires, des comptables ou des restaurants.

Au total, selon Kaseya, ils travaillent avec environ 800 000 à 1 million d'entreprises et organisations mais seulement 800 à 1 500 d'entre elles ont été compromises par cette attaque au "rançongiciel".

Ce type de fraude consiste à s'introduire dans les réseaux d'une entité pour crypter ses données, puis à réclamer une rançon, le plus souvent en bitcoins, en échange de la clé de déchiffrement.

Un groupe de hackers russophones connu sous le nom de REvil a revendiqué l'intrusion et a réclamé 70 millions de dollars de rançon.

L'une de ces victimes est la chaîne de supermarchés suédoise Coop, qui a dû fermer tous ses magasins pendant plusieurs jours faute de pouvoir faire fonctionner ses caisses. L'entreprise prévoyait mercredi un retour à la normale avant la fin de la semaine.

Parmi les autres victimes figurent deux écoles en Nouvelle-Zélande et la ville de North Beach (Maryland), sur la côte est des Etats-Unis.

Cette dernière a souligné mardi dans un communiqué qu'aucune donnée n'avait a priori été volée et que l'attaque n'avait pas affecté son système de distribution d'eau, de téléphones ou son site internet. 

Le président américain a réuni mercredi plusieurs hauts responsables du renseignement, de la diplomatie, de la justice et de la sécurité intérieure, pour discuter de la stratégie de son administration face aux cyberattaques liées à la Russie.

 

 


Pour la directrice du think thank Rusi, les critiques sur la partialité de l’Occident sont «justes»

La directrice générale du Royal United Services Institute (Rusi), Karin von Hippel, prenant la parole lors du Forum économique mondial. (Photo fournie, WEF)
La directrice générale du Royal United Services Institute (Rusi), Karin von Hippel, prenant la parole lors du Forum économique mondial. (Photo fournie, WEF)
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  • Les réfugiés syriens et afghans «n’ont clairement pas été traités de la même manière que ceux qui fuyaient le conflit en Ukraine», affirme Karin von Hippel
  • «La dimension supplémentaire en Ukraine est la possession par la Russie d’armes nucléaires et d’une forte quantité de carburants dont dépendent de nombreux pays», précise-t-elle

DAVOS: Les accusations de partialité dans l’approche occidentale du conflit ukrainien et de l’afflux de réfugiés qui en résulte, en comparaison avec d’autres conflits dans le monde, sont justifiées, estime la directrice générale du Royal United Services Institute (Rusi), un groupe de réflexion britannique spécialisé dans la défense et la sécurité.

Cependant, la différence fondamentale dans le conflit ukrainien est qu’il implique la Russie, une puissance nucléaire et l’un des plus grands fournisseurs d’énergie au monde, ajoute Karin von Hippel.

«Je pense que c’est une critique juste (de l’Occident). Les nombreux réfugiés afghans et syriens  n’ont clairement pas été traités de la même manière», affirme-t-elle à Arab News lors du Forum économique mondial. «Le Liban, la Jordanie et la Turquie ont accueilli des réfugiés syriens, mais maintenant, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie font de même avec les Ukrainiens. C’est le cours normal des choses, mais la dimension supplémentaire dans le conflit ukrainien est la possession par la Russie d’armes nucléaires et d’une grande quantité de carburants dont dépendent de nombreux pays», poursuit-elle.

«Les armes nucléaires pourraient causer d’énormes dégâts. C’est donc un conflit pour l’Europe, et l’Europe y fait face du mieux qu’elle peut.» Bien que l’UE, les États-Unis et le Canada aient activement soutenu et armé l’Ukraine, Mme von Hippel souligne qu’une pression mondiale plus forte devrait être exercée sur le Kremlin pour qu’il cesse les hostilités.

«Je pense que la communauté internationale devrait, comme elle l’a fait pour la Syrie, déployer davantage d’efforts pour faire pression sur la Russie, notamment sur les pays du Moyen-Orient qui ont une influence sur la Russie, afin de mettre un terme à cette guerre et de faire savoir aux Russes que tuer des civils de cette manière n’est pas un comportement acceptable au XXIe siècle», indique-t-elle. «Les pays ont exercé une pression très forte sur Bachar al-Assad. Cela n’a pas fonctionné avec lui, mais ils ont réussi à l’isoler.»

«Ce qui m’inquiète après ce conflit, c’est de savoir comment Poutine va être réintégré dans le concert des nations. J’espère qu’il pourra rester un paria international et qu’il se retrouvera dans une position similaire à celle d’Assad. Il est allé trop loin, tout comme le président syrien a dépassé les limites», assure-t-elle.

Mme Von Hippel a établi des similitudes entre l’éventuelle reconstruction en Ukraine et le cycle de reconstruction au Liban. Elle a également exprimé l’espoir que les niveaux de corruption observés dans les efforts de reconstruction de l’Afghanistan puissent être évités en Ukraine. «Si nous regardons le Liban, j’y étais en 2007 lorsque les Israéliens ont bombardé les zones du Hezbollah, une grande partie de ce pays a déjà été reconstruite. Le Liban a été reconstruit plusieurs fois», rappelle-t-elle.

«Les fonds pour la reconstruction seront une injection saine dans l’économie ukrainienne. La question de la corruption se pose, surtout si l’on se précipite pour faire entrer des flux d’argent», précise-t-elle. «Le monde entier sera aux aguets, mais ce ne sont pas seulement les gouvernements qui dépensent l’argent. Toutes sortes d’entreprises obtiennent des contrats. Nous l’avons vu en Afghanistan: toutes ces compagnies américaines ont dépensé beaucoup plus d’argent que prévu sans que cela n’aboutisse vraiment à des résultats.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Brésil: le bilan de l'opération policière à Rio s'alourdit à 21 morts

La police patrouille devant un hôpital après une descente dans une favela de Rio de Janeiro. (Photo, AFP)
La police patrouille devant un hôpital après une descente dans une favela de Rio de Janeiro. (Photo, AFP)
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  • Une opération policière dans une favela du nord de Rio de Janeiro (Brésil) a fait 21 morts mardi
  • La police militaire assure avoir été accueillie par des tirs alors qu'elle entamait une opération destinée à «localiser et capturer» des narcotrafiquants

RIO DE JANEIRO: Une opération policière dans une favela du nord de Rio de Janeiro (Brésil) a fait 21 morts mardi, selon un nouveau bilan des autorités sanitaires qui a pratiquement doublé en quelques heures, de nombreux corps ayant été retrouvés dans l'après-midi. 

La police militaire assure avoir été accueillie par des tirs alors qu'elle entamait une opération destinée à "localiser et capturer" des narcotrafiquants présumés dans la favela de Vila Cruzeiro. 


Géorgie, acte II: Trump redescend dans l'arène pour des primaires cruciales

Donald Trump a investi une grande partie de son propre capital politique dans la course et joue gros: une défaite de son candidat soulèverait de sérieux doutes sur la mainmise qu'il a encore sur son parti. (AFP)
Donald Trump a investi une grande partie de son propre capital politique dans la course et joue gros: une défaite de son candidat soulèverait de sérieux doutes sur la mainmise qu'il a encore sur son parti. (AFP)
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  • Donald Trump remet une nouvelle fois en jeu son influence sur le parti républicain lors d'importantes élections primaires en Géorgie
  • C'est dans cet Etat américain de 10 millions d'habitants que Trump concentre depuis un an et demi ses efforts pour tenter de prouver que l'élection présidentielle lui a été «volée»

ATLANTA: Il tente de prendre sa revanche sur ceux qui lui avaient résisté: Donald Trump remet une nouvelle fois en jeu son influence sur le parti républicain lors d'importantes élections primaires en Géorgie.

C'est dans cet Etat américain de 10 millions d'habitants, remporté d'un cheveu par Joe Biden en novembre 2020, que le milliardaire républicain concentre depuis un an et demi ses efforts pour tenter de prouver que l'élection présidentielle lui a été "volée" en raison de supposées "fraudes massives", jamais prouvées.

Dans ce feuilleton électoral, Donald Trump fustige sans cesse le rôle du républicain Brian Kemp, qui a refusé de renverser les résultats du scrutin de 2020, et tente mardi de le déloger de son poste de gouverneur.

«Laissé tomber»
"Brian Kemp a laissé tomber la Géorgie", dénonçait-il encore dans un communiqué mardi matin appelant les "militants Trump" de cet Etat du sud-est des Etats-Unis à s'opposer en nombre à sa candidature. 

A la place, l'ex-locataire de la Maison Blanche a offert son parrainage à l'ancien sénateur David Perdue, bien plus friand des théories "d'irrégularités électorales", à laquelle croient encore des millions d'Américains.

"David Perdue a mon soutien le plus complet", a assuré mardi l'ex-président, qui a injecté plus de 2,5 millions de dollars de ses propres fonds de campagne dans la candidature de ce septuagénaire.

Le pari de Donald Trump sera-t-il gagnant? 

Cela est loin d'être sûr.

Plusieurs experts assurent qu'une certaine forme de lassitude a commencé à gagner ceux qui se battent encore pour refaire le match de 2020, plus de 18 mois après le scrutin.

Ils citent un sondage réalisé en avril par l'université de Géorgie, selon lequel près de 60% des électeurs républicains se disent confiants dans le fait que les élections de mi-mandat de novembre prochain seront justes.

Donald Trump a investi une grande partie de son propre capital politique dans la course et joue gros: une défaite de son candidat soulèverait de sérieux doutes sur la mainmise qu'il a encore sur son parti.

«Avant que ce soit cool»
Mike Pence, l'ancien vice-président de Donald Trump à qui l'on prête des ambitions présidentielles, l'a bien compris. 

Le sexagénaire, qui a refusé comme Brian Kemp de bloquer la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle, s'est rendu cette semaine en Géorgie pour faire personnellement campagne pour le gouverneur-candidat. 

"Je soutenais Brian Kemp avant que ce soit cool", a-t-il lancé depuis un petit aéroport de la banlieue d'Atlanta.

En plus de choisir un candidat au poste de gouverneur, les électeurs de Géorgie sont aussi appelés à se prononcer sur toute une série de sièges locaux. Et à chaque fois, c'est une version du match opposant ces deux types de candidats -- ceux qui ont empêché de renverser l'élection de 2020 à ceux qui crient à la fraude -- qui se rejoue. 

Au coeur de toutes les convoitises, le poste de secrétaire d'Etat de Géorgie, la personne chargée de superviser le bon déroulé des élections et dont bon nombre d'Américains ignoraient probablement l'existence avant la dernière présidentielle.

Et pour cause, Brad Raffensperger, l'homme qui avait refusé de "trouver" près de 12 000 bulletins de vote au nom de Donald Trump malgré un coup de fil stupéfiant du milliardaire, risque son poste. 

Selon les dernières enquêtes d'opinion, il est au coude-à-coude face à Jody Hice, un homme soutenu par l'ancien président qui -- comme des dizaines d'autres à travers le pays -- promettent de "rétablir l'intégrité" des scrutins aux Etats-Unis.