La présence d’une femme pompiste redonne un peu d’espoir dans un Liban en pénurie de carburant

Le nouvel emploi d’Amani Mneimneh attire l’attention à l’échelle nationale après la publication de Houssein Tabouche sur Facebook. (Facebook)
Le nouvel emploi d’Amani Mneimneh attire l’attention à l’échelle nationale après la publication de Houssein Tabouche sur Facebook. (Facebook)
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Publié le Vendredi 09 juillet 2021

La présence d’une femme pompiste redonne un peu d’espoir dans un Liban en pénurie de carburant

  • Amani Mneimneh, 21 ans, brave les tabous sociaux en retroussant ses manches tous les jours pour aider les conducteurs à remplir leurs réservoirs d’essence
  • Mneimneh a décidé de faire face à la pression sociale et au climat hostile qui règne sur les routes

BEYROUTH: Alors que le Liban fait face à une pénurie de carburant, une jeune femme apparaît comme un symbole d’espoir: c’est la seule femme pompiste du pays. 

Amani Mneimneh, 21 ans, brave en effet les tabous sociaux et se retrousse les manches tous les jours afin d’aider les conducteurs à remplir leurs réservoirs d’essence.

Le Liban est en pleine pénurie de carburant et il s’enfonce de plus en plus dans la crise économique.

Les files d’attente interminables devant les stations-services sont à l’origine de querelles, d’embouteillages, d’accidents et même, parfois, de coups de feu. 

La plupart des Libanais ne sont guère habitués à voir une femme faire le plein; ils considèrent cette tâche comme strictement réservée aux hommes.

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Amani Mneimneh, 21 ans, a reçu beaucoup d’encouragements après avoir accepté le poste de pompiste dans une station-service, alors que le Liban traverse une grave crise économique. (Fourne)

Il y a deux semaines, Mneimneh décide de faire face à la pression sociale et au climat hostile qui règne sur les routes et commence à travailler dans la station-service Queen de Sidon, dans le sud du pays.

«Je refuse d’être étiquetée par qui que ce soit», lance Amani à Arab News. «C’est un travail décent. Je l’aime et il me permet de gagner ma vie.»

Mneimneh a travaillé pour la première fois à la station-service Queen en 2017 pendant un an, après avoir décroché son diplôme national. À l’époque, Queen est la seule station du Liban à employer des femmes à la pompe. Toutefois, cette initiative révolutionnaire s’essouffle vite et le personnel féminin déserte petit à petit la station.

«En 2017, nous étions six jeunes femmes à y travailler. Contrairement à moi, les cinq autres n’ont pas réussi à se soumettre aux exigences et aux défis de ce métier. J’y suis restée un an avant de décider de reprendre les études», explique Mneimneh. 

Elle s’inscrit alors dans un établissement pour étudier la décoration d’intérieur mais ne peut suivre les cours jusqu’à la fin de l’année pour des raisons financières. Elle se tourne donc vers la coiffure et travaille dans un salon.

Elle affirme que la situation économique désastreuse du Liban l’a poussée à trouver du travail et c’est que c’est pour cette raison qu’elle a repris son poste à la station-service Queen.

Ses parents et ses cinq frères et sœurs lui accordent un «maximum» de soutien.

«Je suis fière d’eux et je leur suis reconnaissante. Je suis d’autant plus fière de pouvoir apporter un soutien financier à ma mère et à mon père», se réjouit-elle.

La semaine dernière, Houssein Tabouche, une connaissance d’Amani, a voulu faire le plein d’essence. Quand arrive son tour, il remarque Amani qui, par timidité, court d’abord se cacher à l’intérieur de la station. Houssein prend des photos de la jeune femme en plein travail et les publie sur Facebook, louant «son assiduité, son courage et son intégrité».

La publication de Tabouche a fait sensation: elle recueille 11 000 «J’aime», fait l’objet de 1 300 partages et suscite 1 700 commentaires.

«J’avais quelques milliers d’abonnés sur Facebook. Lorsque Houssein a publié la photo, je lui ai demandé, pour plaisanter, si j’allais devenir célèbre», raconte Amani.

Le lendemain, le nombre d’abonnés de la page d’Amani dépasse 10 800, et la jeune femme dit avoir reçu une multitude d’appels et de messages WhatsApp en réaction à la publication de Tabouche.

«Je n’en revenais pas. Plusieurs milliers de personnes ont aimé, partagé ou commenté ma publication. Beaucoup m’ont soutenue alors que d’autres m’avaient critiquée, considérant ce travail comme strictement masculin», indique Amani.

Mneimneh touche 700 000 livres libanaises par jour (l’équivalent de 42 dollars américains, soit 35,50 euros) et travaille six jours sur sept, de 8 heures à 15 heures.

Elle se rappelle un incident émouvant survenu pendant qu’elle travaillait: une femme pleurait, épuisée d’avoir attendu des heures dans la file. «Quand je lui ai gentiment dit de sourire et de prendre son mal en patience, elle est descendue de la voiture et m’a prise dans ses bras.» 

Et quand on lui demande si elle a déjà été victime de violence de la part de clients excédés, elle répond qu’elle se contente de sourire en leur demandant simplement de «se calmer et de se montrer patients».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.