Afghanistan: les autorités veulent reprendre un poste-frontière avec l'Iran

Des milices afghanes se rassemblent avec leurs armes pour soutenir les forces de sécurité afghanes contre les talibans, dans la maison du chef de guerre afghan et ancien chef des moudjahidines Ismail Khan à Herat le 9 juillet 2021.(Hoshang Hashimi/AFP)
Des milices afghanes se rassemblent avec leurs armes pour soutenir les forces de sécurité afghanes contre les talibans, dans la maison du chef de guerre afghan et ancien chef des moudjahidines Ismail Khan à Herat le 9 juillet 2021.(Hoshang Hashimi/AFP)
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Publié le Samedi 10 juillet 2021

Afghanistan: les autorités veulent reprendre un poste-frontière avec l'Iran

  • Le porte-parole du gouverneur de la province afghane d'Hérat (ouest) Jilani Farhad, a indiqué samedi que des troupes allaient être envoyées pour reprendre le poste-frontière d'Islam Qala, principal point de passage avec l'Iran
  • L'affaiblissement de l'armée renforce la position des chefs de guerre, alimentant la crainte que l'Afghanistan sombre dans une nouvelle guerre civile

KABOUL, Afghanistan : Les autorités afghanes ont affirmé samedi se préparer à lancer une offensive pour reprendre le plus important poste-frontière avec l'Iran, dont les talibans se sont emparés la veille, nouvelle débâcle de l'armée afghane face aux insurgés qui affirment désormais contrôler 85% du territoire.

Le porte-parole du gouverneur de la province afghane d'Hérat (ouest) Jilani Farhad, a indiqué samedi que des troupes allaient être envoyées pour reprendre le poste-frontière d'Islam Qala, principal point de passage entre l'Afghanistan et l'Iran, démentant implicitement sa reconquête par les forces afghanes, annoncée par le ministère de l'Intérieur.

"Les renforts n'ont pas encore été envoyés à Islam Qala. Ils le seront bientôt", a affirmé Jilani Farhad à l'AFP.

Outre Islam Qala, les talibans ont affirmé vendredi s'être emparés du poste-frontière de Torghundi avec le Turkménistan, également situé dans la province d'Hérat.

Samedi, plusieurs centaines de combattants de la milice d'Ismail Khan, figure de la guerre contre l'occupation soviétique et chef de guerre antitalibans, se sont déployés à travers la ville d'Hérat, la capitale provinciale, dont ils contrôlent les entrées, a rapporté un correspondant de l'AFP sur place.

Vendredi à Hérat, Ismail Khan a annoncé qu'il allait reprendre les armes contre les talibans, qui l'avaient capturé dans les années 1990 et dont il a aidé les forces américaines à renverser le régime en 2001: "Nous irons bientôt sur le front et avec l'aide de Dieu, nous changerons la donne".

Des frontières iraniennes aux frontières chinoises

L'affaiblissement de l'armée renforce la position des chefs de guerre, alimentant la crainte que l'Afghanistan sombre dans une nouvelle guerre civile comme celle dans laquelle fut précipité le pays après le départ en 1989 de l'Armée rouge, intervenue dix ans plus tôt pour soutenir le régime communiste afghan face à une insurrection islamique.

A la faveur d'une offensive tous azimuts déclenchée en mai, parallèlement au début du retrait définitif de l'armée américaine d'Afghanistan, les talibans se sont emparés de vastes portions du territoire, sans véritable résistance de la part d'une armée afghane désormais privée du crucial soutien aérien américain et largement démoralisée.

Samedi, le gouverneur de la province de Badghis, Hessamuddin Shams, a indiqué que les talibans avaient à nouveau attaqué la capitale provinciale Qala-i-Naw, mais avaient été repoussés. Qala-i-Naw est la première capitale provinciale dans laquelle les talibans avaient réussi à pénétrer depuis le début de leur offensive, s'emparant jeudi de plusieurs bâtiments officiels, avant d'en être chassés le lendemain.

Les talibans ont également affirmé s'être emparés samedi d'un district de la province du Laghman, voisine de Kaboul.

Les insurgés, qui ont conquis avec une certaine facilité de larges parts du nord du pays, des zones où ils ont eu historiquement du mal à prendre pied, ont affirmé vendredi contrôler désormais 85% du territoire afghan, un chiffre contesté par le gouvernement et impossible à vérifier de façon indépendante.

Quoiqu'il en soit, les talibans tiennent désormais un arc de territoires s'étendant de la frontière iranienne, dans l'ouest, à celle avec la Chine, dans le nord-est. Les forces gouvernementales ne tiennent plus essentiellement que les principaux axes routiers et les capitales provinciales, dont certaines sont ravitaillées par voie aérienne.

Chinois évacués

Malgré l'avancée inexorable des talibans, Washington a poursuivi tambour battant le retrait de ses troupes, qui mettra un terme définitif à 20 ans d'une intervention militaire internationale meurtrière et coûteuse, déclenchée dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

En annonçant jeudi que la mission militaire américaine prendrait fin le 31 août, le président américain Joe Biden a estimé "très improbable" qu'un "gouvernement unifié (...) contrôle l'ensemble du pays".

Washington appelle à "un accord politique pour mettre fin au conflit", mais les négociations sont au point mort entre gouvernement afghan et talibans, et le président afghan Ashraf Ghani a accusé samedi ces derniers - qui ont affirmé jeudi vouloir un "accord négocié" - de ne pas vouloir réellement discuter.

"Quand un camp veut négocier, mais que l'autre ne le veut pas, est-ce juste?", a-t-il demandé lors d'un discours.

Pékin, qui a critiqué "le retrait précipité et chaotique" des Etats-Unis d'Afghanistan, a récemment rapatrié 210 de ses ressortissants.

"De façon à assurer la sécurité des citoyens chinois en Afghanistan, le gouvernement chinois leur a conseillé de quitter le pays dès que possible, et a fourni l'assistance nécessaire", a annoncé le département chinois des affaires consulaires, sans préciser s'il reste des Chinois dans le pays.

Un vol de Xiamen Airlines a quitté Kaboul pour la ville chinoise de Wuhan le 2 juillet, a annoncé la compagnie aérienne.

"Les Etats-Unis négligent leurs responsabilités et leurs devoirs en retirant leurs troupes précipitamment, laissant le désordre et la guerre au peuple afghan et aux pays de la région", a déclaré vendredi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

 


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
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  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.