Israël: Netanyahu quitte sa résidence après avoir été écarté du pouvoir

L'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à une réunion de la Knesset (Parlement) à Jérusalem le 7 juillet 2021, au cours de laquelle le président élu israélien Yitzhak Herzog prêtera allégeance (AFP)
L'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à une réunion de la Knesset (Parlement) à Jérusalem le 7 juillet 2021, au cours de laquelle le président élu israélien Yitzhak Herzog prêtera allégeance (AFP)
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Publié le Dimanche 11 juillet 2021

Israël: Netanyahu quitte sa résidence après avoir été écarté du pouvoir

  • Des camions de déménagement ont été repérés à l'extérieur de la résidence et des voitures noires ont été filmées en train d'être remorquées depuis la propriété au cours du weekend
  • Fin juin, les bureaux de Naftali Bennett ont annoncé que le 10 juillet serait la date de départ définitive pour M. Netanyahu de la résidence officielle

JERUSALEM : L'ancien Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a finalement quitté dimanche sa résidence officielle à Jérusalem un mois après avoir été écarté du pouvoir par son rival Naftali Bennett.

«Peu après minuit, la famille a quitté la résidence de (la rue) Balfour», a écrit un porte-parole de la famille aux journalistes.

Des camions de déménagement ont été repérés à l'extérieur de la résidence et des voitures noires ont été filmées en train d'être remorquées depuis la propriété au cours du weekend.

Après douze ans de règne ininterrompu, M. Netanyahu a été évincé du pouvoir le 13 juin après un vote de confiance au Parlement à une nouvelle coalition hétéroclite menée par son ancien allié Naftali Bennett.

Cependant, M. Netanyahu n'a pas quitté la résidence officielle après cette date. Il a au contraire continué à accueillir des dignitaires, parmi lesquels l'ancienne ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU, Nikki Haley.

Fin juin, les bureaux de Naftali Bennett ont annoncé que le 10 juillet serait la date de départ définitive pour M. Netanyahu de la résidence officielle.

"Il a été convenu que le chef de l'opposition Netanyahu et sa famille mettront fin à leur présence à la résidence d'ici le samedi 10 juillet. Aucune réunion officielle n'aura lieu à la résidence d'ici là", a déclaré le bureau de presse du gouvernement dans un communiqué.

M. Netanyahu est en fait parti après minuit dans la nuit de samedi à dimanche, après la date limite qu'il avait acceptée.

Un groupe hostile à M. Netanyahu, "Crime Minister", qui a organisé depuis un an des manifestations hebdomadaires contre l'ex Premier ministre israélien s'est moqué de lui dimanche: "L'accusé et sa famille se sont enfuis la nuit comme des voleurs", a écrit le groupe sur Facebook.

L'ex-Premier ministre fait l'objet de poursuites judiciaires. Il est accusé d'avoir perçu des cadeaux (champagne, bijoux, cigares) de riches personnalités, d'avoir tenté de s'assurer une couverture médiatique favorable auprès du plus grand quotidien payant israélien, le Yediot Aharonot, et d'avoir favorisé un magnat des télécommunications dans un but similaire.


Des équipes d'aide saoudiennes s'envolent pour la Turquie

Des spécialistes du King Salman Humanitarian Aid and Relief Center, également connu sous le nom de «KSrelief», ont quitté l'aéroport international du roi Khaled dans la capitale saoudienne. (Ekhbariya)
Des spécialistes du King Salman Humanitarian Aid and Relief Center, également connu sous le nom de «KSrelief», ont quitté l'aéroport international du roi Khaled dans la capitale saoudienne. (Ekhbariya)
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  • KSrelief a initié une campagne de collecte de fonds, qui a recueilli près de 80 millions de riyals saoudiens à ce jour
  • L'équipe du Croissant-Rouge saoudien est composée d'une vingtaine de membres, dont des médecins et des spécialistes dans différents domaines cruciaux

RIYAD: Des équipes saoudiennes se sont envolées ce matin de Riyad pour participer aux opérations de secours en Turquie après les tremblements de terre qui ont frappé le pays en début de semaine, faisant des milliers de morts alors que des victimes sont encore piégées sous les décombres.

Des spécialistes du King Salman Humanitarian Aid and Relief Center, également connu sous le nom de «KSrelief», ont quitté l'aéroport international du roi Khaled dans la capitale saoudienne pour rejoindre la mission internationale d'assistance à la Turquie après le tremblement de terre de magnitude 7,8 survenu lundi, qui a frappé des parties du sud-est de la Turquie, du nord-ouest de la Syrie et des régions voisines.

KSrelief a également initié une campagne de collecte de fonds, qui a permis de réunir près de 80 millions de riyals saoudiens (21 millions de dollars: 1 dollar = 0,93 euro) à ce jour.

Le vice-président du Croissant-Rouge saoudien chargé des affaires opérationnelles, Fahad al-Hajjaj, a déclaré à Ekhbariya TV que l'objectif était d'évaluer les besoins actuels afin d'avoir une vision globale de la situation dans les zones touchées.

Il a également indiqué que l'équipe du Croissant-Rouge était composée d'une vingtaine de membres, dont des médecins et des spécialistes dans différents domaines cruciaux.

Le pont aérien se compose de quatre vols, dont le premier a décollé à 6 heures du matin.


Fraîchement arrivé en Irak, un variant de la fièvre aphteuse ravage le bétail

Le fermier irakien Saadoun Roumi injecte une dose de vaccin contre la fièvre aphteuse à son buffle malade dans sa ferme du village de Badouch, au nord-ouest de la ville de Mossoul, le 7 février 2023. (Photo de Zaid AL-OBEIDI / AFP)
Le fermier irakien Saadoun Roumi injecte une dose de vaccin contre la fièvre aphteuse à son buffle malade dans sa ferme du village de Badouch, au nord-ouest de la ville de Mossoul, le 7 février 2023. (Photo de Zaid AL-OBEIDI / AFP)
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  • Etroitement surveillée pour sa transmission fulgurante et son impact économique dévastateur, la fièvre aphteuse sévit en Irak depuis des décennies.
  • Mais cette année l'intensité de la maladie est inédite, de l'aveu même des autorités vétérinaires. Notamment dans la province de Ninive.

BADOUCH: Saadoun Roumi a fait vacciner son bétail pour le protéger de la fièvre aphteuse et garantir sa production laitière, mais en vain: un variant de la maladie virale, découvert pour la première fois en Irak a déjà emporté cinq de ses quinze buffles.

Etroitement surveillée pour sa transmission fulgurante et son impact économique dévastateur, la fièvre aphteuse sévit en Irak depuis des décennies.

Mais cette année l'intensité de la maladie est inédite, de l'aveu même des autorités vétérinaires. Notamment dans la province de Ninive, où se trouve le village de M. Roumi, Badouch, près de Mossoul (nord).

"Les contaminations sont plus importantes", déplore l'éleveur âgé de 26 ans, selon qui "chaque jour, il y a entre 20 à 25 cas au village".

Dans sa cour, il s'occupe d'un buffle agenouillé, arrivant à peine à mâcher du fourrage déposé dans une bassine. L'animal est malade, comme les cinq autres buffles emportés cette saison. Pourtant, ils avaient tous été vaccinés en 2021 lors d'une campagne menée par les autorités.

"Les vaccins administrés ne sont pas efficaces", accuse Saadoun Roumi. "La fièvre aphteuse a ravagé le bétail."

La FAO, l'agence onusienne pour l'agriculture, a confirmé que des analyses ont permis d'identifier une souche jamais recensée à ce jour en Irak. Une souche contre laquelle les vaccins locaux restent impuissants, et qui exige la diffusion d'un nouvel antidote.

Entre la maladie et le prix exorbitant du fourrage, qui pousse les éleveurs à se montrer parcimonieux, la production de lait de l'exploitation de M. Roumi a chuté de moitié. "Avant, je produisais un baril de 50 kg de lait (par jour), maintenant à peine 25 kilos", soupire ce père de quatre enfants .

Mortalité élevée

Si elle ne menace pas l'homme, la fièvre aphteuse est extrêmement contagieuse pour les bovins, ovins, caprins, porcins et autres ongulés, selon la FAO.

Elle se caractérise par l'apparition d'aphtes et de lésions sur les muqueuses buccales, nasales et mammaires, et sur les onglons.

La maladie peut provoquer une mortalité élevée chez les animaux nouveau-nés ou jeunes, des pertes de poids et une réduction des rendements laitiers, d'après l'agence onusienne.

Selon la FAO, "les animaux infectés sont si affaiblis par la maladie qu'ils ne peuvent plus servir aux labours ou aux récoltes, et les agriculteurs ne peuvent vendre leur lait, ce qui peut entraîner de graves répercussions sur la sécurité alimentaire des ménages".

Directeur de l'hôpital vétérinaire de Ninive, Odaï al-Abadi affirme que la maladie "ressurgit par vagues intermittentes" en Irak. Mais cette année "les contaminations sont élevées et se comptent par centaines" dans la province, contre des dizaines habituellement.

"Plus d'une centaine de têtes de bétail sont décédées", ajoute le vétérinaire, rappelant que le dernier pic de contamination remonte à 1998.

Il assure avoir réclamé à Bagdad l'envoi "en urgence" de vaccins pour Ninive. La région n'en a pas reçu en 2022 de la part des autorités, dit-il, même si des vaccins peuvent être achetés localement dans le privé.

Empêcher l'épidémie

A 90 ans, Balou Roumi, le père de Saadoun, affirme avoir perdu de son côté, un veau sur son cheptel de 20 buffles. "Quand la fièvre aphteuse touche la bête, son lait est inutilisable et ses pattes peuvent à peine le porter", explique-t-il.

Des analyses sur douze échantillons prélevés à Ninive, Bagdad et dans la province de Diyala (centre), ont permis d'identifier la souche coupable: le SAT2 pour "South African Territories", explique à l'AFP Khaled Shlash, adjoint du représentant de la FAO en Irak.

Pour juguler les contaminations, les autorités mènent des campagnes de désinfection et imposent des restrictions sur les mouvements des bêtes, indique le responsable, précisant que des experts de la FAO fourniront leur expertise pour épauler les efforts gouvernementaux.

L'Irak attend maintenant qu'un laboratoire partenaire de la FAO en Grande-Bretagne identifie le vaccin le plus approprié, pour trouver ensuite un producteur capable de lui fournir plus de neuf millions de doses, explique M. Shlash.

"D'où et comment est arrivé ce virus en Irak? C'est la question que tentent d'élucider les services vétérinaires", confie l'expert.


Séisme en Turquie et en Syrie: dernière ligne droite pour retrouver des survivants

Un secouriste creuse pour atteindre des enfants sous les décombres d'un immeuble effondré dans la ville rebelle de Jindayris le 8 février 2023, deux jours après un tremblement de terre meurtrier qui a frappé la Turquie et la Syrie. (Photo de Bakr ALKASEM / AFP)
Un secouriste creuse pour atteindre des enfants sous les décombres d'un immeuble effondré dans la ville rebelle de Jindayris le 8 février 2023, deux jours après un tremblement de terre meurtrier qui a frappé la Turquie et la Syrie. (Photo de Bakr ALKASEM / AFP)
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  • Alors que les excavatrices s'affairent jour et nuit, la nouvelle chute des températures rend les conditions de vie infernales pour ceux des rescapés qui n'ont nulle part où aller
  • Depuis le tremblement de terre de lundi, la police turque a arrêté une douzaine de personnes pour des publications, sur les réseaux sociaux, critiquant la manière dont le gouvernement a géré la catastrophe

ANTAKYA: Les secours en Turquie et en Syrie poursuivent jeudi leurs efforts dans un froid glacial pour rechercher des rescapés dans les décombres, les chances de survie s'amenuisant trois jours après le séisme qui a déjà fait plus de 16.000 morts.

Les 72 premières heures sont cruciales pour retrouver des survivants, plus de 90% des rescapés étant secourus au cours de cette fenêtre, rappelle Ilan Kelman, chercheur en catastrophes naturelles à l'University College de Londres (UCL).

Alors que les excavatrices s'affairent jour et nuit, la nouvelle chute des températures rend les conditions de vie infernales pour ceux des rescapés qui n'ont nulle part où aller.

Dans la ville turque de Gaziantep, les températures ont chuté jeudi à -5°C tôt dans la matinée.

Des gymnases, des mosquées, des écoles et des magasins ont accueillis des rescapés pour la nuit. Mais les lits restent rares, et des milliers de personnes passent leurs nuits blotties à l'intérieur d'une voiture ou dans des abris de fortune.

"Nos enfants sont gelés", s'indigne Ahmet Huseyin, père de cinq enfants, qui a été obligé de construire un tel abri près de sa maison détruite à Gaziantep, ville turque proche de l'épicentre du séisme de 7,8 qui a frappé la région.

«Brûler des bancs»

"Nous avons dû brûler les bancs du parc et même certains vêtements des enfants. Il n'y avait rien d'autre", ajouté ce père de famille. "Ils auraient pu au moins nous donner des tentes", maugrée-t-il en désignant les autorités turques.

En visite dans la région, le président Recep Tayyip Erdogan a esquissé mercredi un mea culpa face à la montée des critiques."Bien sûr qu'il y a des lacunes, il est impossible d'être préparé à un désastre pareil", a-t-il estimé.

Depuis le tremblement de terre de lundi, la police turque a arrêté une douzaine de personnes pour des publications, sur les réseaux sociaux, critiquant la manière dont le gouvernement a géré la catastrophe.

A Antaya, dans la province d'Hatay, Rania Zaboubi slalome entre les corps déposés sur le bitume. Dans l'obscurité et le froid, elle ouvre un à un les sacs mortuaires à la recherche de son oncle, disparu dans le puissant séisme qui a fait lundi d'Antakya une ville martyre.

"Nous avons retrouvé ma tante, mais pas mon oncle", lâche-t-elle d'une voix étranglée.

Cette réfugiée syrienne, voile sombre et sabots aux pieds, a perdu huit membres de sa famille dans la tragédie.

Sur le parking du principal hôpital de la ville, d'autres rescapés vérifient aussi les corps alignés, de dépouilles en dépouilles, parfois à la limite de l'évanouissement.

Au moins 3.356 personnes sont mortes dans la province d'Hatay, soit plus du tiers des morts en Turquie retrouvés à ce stade, où le séisme a fait 12.873 morts, selon les derniers bilans.

Pour la Turquie, il s'agit du pire bilan depuis le séisme de 1999, d'une magnitude de 7,4 et qui avait fait 17.000 morts dont un millier à Istanbul.

Lenteur de l'aide en Syrie

Au total, en comptant la Syrie, 23 millions de personnes sont "potentiellement exposées, dont environ cinq millions de personnes vulnérables", a mis en garde l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

En Syrie, 3.162 corps ont pour le moment été extraits des décombres, selon les autorités ainsi que les secouristes dans les zones rebelles.

Dans les zones où l'aide tarde à arriver, des survivants se sentent bien seuls. A Jandairis, en zone rebelle en Syrie, "même les immeubles qui ne se sont pas effondrés ont été très endommagés", explique Hassan un de ses habitants qui veut rester anonyme.

"Il y a environ 400 à 500 personnes piégées sous chaque immeuble effondré avec seulement dix personnes qui tentent de les sortir. Et il n'y a pas de machines", ajoute-t-il.

Dans le village de Besnaya, à la frontière avec la Turquie, Malik Ibrahim déblaie sans relâche les décombres, à la recherche de trente membres de sa famille, tous ensevelis sous les ruines. Dix corps sans vie en ont déjà été retirés.

"Il reste vingt personnes sous les décombres. Je n'ai pas de mots, c'est une catastrophe. Nos souvenirs sont enterrés avec eux. Nous sommes un peuple sinistré dans tous les sens du terme", confie cet homme de 40 ans.