Covid-19: semaine décisive en France pour faire barrage à une 4e vague

Pas question en revanche de rendre obligatoire la vaccination de tous les Français de plus de 12 ans: le ministre de la Santé Olivier Véran n'y est «pas favorable». (Photo, AFP)
Pas question en revanche de rendre obligatoire la vaccination de tous les Français de plus de 12 ans: le ministre de la Santé Olivier Véran n'y est «pas favorable». (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 12 juillet 2021

Covid-19: semaine décisive en France pour faire barrage à une 4e vague

  • Macron, qui s'adressera aux Français à 20H00, devrait détailler les mesures décidées dans la matinée à l'Élysée lors d'un conseil de défense sanitaire exceptionnel
  • Outre l'intensification de la vaccination, Macron pourrait annoncer un durcissement des restrictions, via une possible extension du pass sanitaire

PARIS: Vaccination obligatoire des soignants, élargissement du pass sanitaire? Face à une recrudescence des contaminations à la Covid-19, le président Macron annoncera lundi de nouvelles mesures pour éviter qu'une 4e vague ne déferle sur les hôpitaux.

Le chef de l'État, qui s'adressera aux Français à 20H00, devrait détailler les mesures décidées dans la matinée à l'Élysée lors d'un conseil de défense sanitaire exceptionnel. Il "parlera de la situation sanitaire et de son évolution, à la lumière des données de l'épidémie dans les autres pays et de l'importance de la vaccination", indique-t-on dans son entourage.

Objet de nombreuses concertations depuis plusieurs jours, la vaccination obligatoire des soignants devrait être à l'agenda. C'est "une hypothèse très probable et légitime", a affirmé dimanche le secrétaire d'État aux Affaires européennes Clément Beaune lors du "Grand Rendez-vous" Europe 1/CNews/Les Echos.

Pas question en revanche de rendre obligatoire la vaccination de tous les Français de plus de 12 ans: le ministre de la Santé Olivier Véran n'y est "pas favorable", a-t-il expliqué sur Radio J, contrairement à l'Académie de médecine et à Michel Barnier, potentiel candidat LR à la présidentielle.

L'allocution présidentielle intervient moins de 15 jours après la troisième et dernière phase du déconfinement. En cause: la diffusion du variant Delta, plus contagieux, qui a fait rapidement remonter les contaminations. Dimanche, 4 256 contaminations étaient enregistrées, contre moins de 3 000 il y a une semaine.

Elles pourraient s'élever à "6 000 dans une semaine, 10 000 dans 15 jours et monter au-dessus de 20 000 début août si nous n'agissons pas", a estimé le ministre de la Santé.

Jauge abaissée

Pour l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, la variable qui pourrait "tout changer" "c'est la vaccination" qui protège à 95% des formes graves du variant Delta.

L'instance, qui guide le gouvernement depuis le début de la pandémie, préconise donc de resserrer les boulons pour empêcher un tsunami à l'hôpital où, pour l'instant, la décrue continue.

Dans un avis rendu vendredi, elle recommande l'"obligation vaccinale des soignants" et "d'autres catégories, comme les 'aidants', le personnel des services à la personne ou l'ensemble des professionnels (non sanitaires) exposés et exposant à un risque pour autrui".

"La charge hospitalière pour l'instant n'augmente pas, mais il va se passer la même chose que l'été dernier, c'est-à-dire que les jeunes vont contaminer les moins jeunes, et, parce que tout le monde n'est pas vacciné, vous allez avoir une augmentation de la pression sanitaire, une augmentation des cas graves et des hospitalisations", estime Olivier Véran.

Dimanche, le nombre de malades de la Covid-19 était stable dans les hôpitaux.

Pour faciliter la vaccination des fonctionnaires, la ministre Amélie de Montchalin veut favoriser l'ouverture de "barnums" devant les préfectures, directions départementales et régionales, a indiqué son entourage, confirmant une information du JDD.

Outre l'intensification de la vaccination, Emmanuel Macron pourrait annoncer un durcissement des restrictions, via une possible extension du pass sanitaire.

Sur ce terrain, le Conseil scientifique prône un abaissement de la jauge (actuellement fixée à 1 000 personnes) pour les événements soumis à ce pass, ainsi que des "mesures partielles de restrictions" dans les zones géographiques les plus touchées, "y compris en juillet et août".

Mieux déployer

"Il faut sans doute revenir sur un certain nombre des mesures qui ont été levées le 30 juin pour espérer revenir dans une zone plus calme, le temps qu'on puisse mieux déployer la vaccination", a avancé l'épidémiologiste Dominique Costagliola, au micro d'Europe 1.

Alors que la finale de l'Euro (Italie-Angleterre) pourrait donner lieu dimanche soir à des rassemblements et à un relâchement des gestes barrière, les mesures sanitaires sont diversement suivies dans les festivals qui battent leur plein. 

À Cannes, s'il est impossible d'échapper au contrôle du pass sanitaire, le respect du port du masque, pendant les projections notamment, et de la distanciation physique créent la polémique.

"Il n'y a pas de cluster cannois", assure néanmoins le délégué général du festival de cinéma, Thierry Frémaux.

À Avignon, où les températures dépassent les 30 degrés, le port du masque à l'extérieur (exceptionnellement obligatoire en raison de l'affluence) est largement ignoré. En revanche, il est globalement bien respecté dans les salles de théâtre, fermées ou en plein air.

En revanche, dans les festivals de musiques actuelles, les gestes barrière sont plutôt respectés car les rendez-vous qui se tiennent ont choisi des formats inhabituels. Aux Vieilles Charrues, en Bretagne, la jauge en plein air a été limitée à 5 000 personnes, au lieu de 70 000. 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.