Afghanistan: 4 civils tués dans une explosion dans le centre de Kaboul

Un soldat américain à Kaboul, le 12 juillet 2021. Photo AFP/WAKIL KOHSAR
Un soldat américain à Kaboul, le 12 juillet 2021. Photo AFP/WAKIL KOHSAR
Short Url
Publié le Mardi 13 juillet 2021

Afghanistan: 4 civils tués dans une explosion dans le centre de Kaboul

  • Cinq blessés sont également recensés
  • Le quartier où est survenue l'explosion, d'origine inconnue dans l'immédiat, est l'un des plus fréquentés de Kaboul

KABOUL : Quatre civils ont été tués et cinq blessés mardi dans une explosion dans la capitale afghane Kaboul, a annoncé la police, sans préciser l'origine de l'explosion. "L'explosion a eu lieu dans le centre de Kaboul" en début d'après-midi, a indiqué le porte-parole de la police de la capitale, Ferdaws Faramarz, sans autres détails.

Le quartier où est survenue l'explosion, d'origine inconnue dans l'immédiat, est l'un des plus fréquentés de Kaboul. Depuis que les forces étrangères ont commencé début mai leur retrait définitif d'Afghanistan, après 20 ans d'intervention militaire internationale, le nombre d'attentats contre les civils a considérablement baissé à Kaboul.

                

Les talibans appellent les citadins afghans à se rendre pour éviter les combats dans les villes

Les talibans ont appelé mardi les citadins afghans à se rendre pour éviter les combats dans les villes et mis en garde Ankara contre le maintien prévu de troupes turques après le départ des forces étrangères.

"Maintenant que les combats depuis les montagnes et les déserts ont atteint les portes des villes, les moudjahidines ne veulent pas de combats dans les villes. Il vaut mieux que nos compatriotes, les érudits et les oulémas utilisent tous les canaux pour entrer en contact" avec les talibans afin "de parvenir à un accord sensé pour éviter des dommages à leurs villes", a lancé un haut responsable des insurgés, Amir Khan Muttaqi.

Ancien ministre de l'Information et de la Culture de l'ex-régime taliban (1996-2001), Amir Khan Muttaqi dirige la "Commission d'invitation et de conseil" du mouvement taliban, à qui doivent s'adresser ceux - militaires, policiers, responsables gouvernementaux, fonctionnaires ou simples civils - qui veulent faire défection ou se rendre aux insurgés.

Les talibans "assurent tous les habitants (...) que l'Afghanistan sera leur patrie à tous et que personne ne cherchera à se venger", poursuit-il dans un message audio relayé sur Twitter par Zabihullah Mujahid, un porte-parole du mouvement.

Après s'être emparés ces deux derniers mois de vastes portions rurales de territoire lors d'une offensive lancée au commencement, début mai, du retrait définitif des forces étrangères du pays, les talibans encerclent plusieurs capitales provinciales.

Désormais privée ducrucial soutien aérien américain, l'armée afghane n'a offert que peu de résistance et ne contrôle plus essentiellement que les grandes villes et les axes majeurs.

Cet appel des talibans rappelle la stratégie utilisée durant leur conquête du pouvoir au milieu des années 1990: assiéger les localités et contraindre les chefs traditionnels à négocier une reddition.

Plusieurs districts de provinces voisines de Kaboul sont récemment tombés aux mains des talibans, faisant craindre qu'ils n'attaquent prochainement la capitale ou son aéroport, seule voie de sortie des ressortissants étrangers de la ville.

Avertissement à la Turquie

Mardi, les talibans ont fermement averti la Turquie contre le maintien annoncé de ses troupes en Afghanistan, pour protéger l'aéroport de Kaboul après la fin du retrait des forces étrangères, prévu d'ici fin août.

"La décision des dirigeants turcs n'est pas judicieuse, c'est une violation de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale", ont estimé les talibans dans un communiqué, quelques jours après l'annonce par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qu'Ankara et Washington étaient d'accord sur les "modalités" d'une future prise en charge de l'aéroport de la capitale afghane par les forces turques après le retrait américain.

"Nous considérons le maintien de forces étrangères dans notre patrie, par quelque pays que ce soit et quel que soit le prétexte, comme de l'occupation et les envahisseurs seront traités comme tels", ont averti les insurgés. 

"Si les autorités turques ne reconsidèrent pas leur décision de continuer à occuper notre pays", les talibans "leur résisteront, comme ils ont résisté à 20 ans d'occupation" étrangère, ont-ils prévenu.

Ces dernières années, les talibans ont attaqué des villes importantes sans pouvoir en prendre durablement le contrôle. Ils se sont brièvement emparés à deux reprises - en 2015 et 2016 - de la ville septentrionale de Kunduz, et en 2018 de celle stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, avant d'en être finalement chassés.

En juillet, ils ont attaqué, pour la première fois depuis le début de leur actuelle offensive, une capitale provinciale, Qala-i-Naw (nord-ouest). Mardi, le ministère afghan de la Défense a annoncé que les forces afghanes avaient totalement nettoyé la ville, capitale de la province de Badghis, après plusieurs jours de combats.

Mais les insurgés se sont aussi emparés de deux districts dans la province de Bamyan (centre), après un "retrait tactique" des forces afghanes, a indiqué mardi à l'AFP un membre du conseil provincial, Mohammad Hassan Assadi.

La province est peuplée par la minorité chiite hazara, victime d'exactions massives de la part des talibans sunnites durant leur règne et qui leur est farouchement opposée. Depuis la chute de leur régime, les talibans n'avaient pas réussi à entrer dans cette province où ils avaient dynamité en mars 2001 des statues de bouddhas géants, déclenchant une condamnation mondiale.


Macron appelle Erdogan à lutter contre tout «contournement» des sanctions visant Moscou

Le président français Emmanuel Macron et le président turc Recep Tayyip Erdogan ( à droite ) participent à une réunion bilatérale en marge d'un sommet extraordinaire de l'OTAN au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 24 mars 2022. (AFP).
Le président français Emmanuel Macron et le président turc Recep Tayyip Erdogan ( à droite ) participent à une réunion bilatérale en marge d'un sommet extraordinaire de l'OTAN au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 24 mars 2022. (AFP).
Short Url
  • Macron «a souligné l’importance des régimes de sanctions européens pour mettre fin à l'escalade russe et a appelé à lutter contre toute stratégie de contournement», a indiqué l'Elysée à l'issue d'un échange entre les deux dirigeants
  • Très dépendante des gaz et pétrole russes, la Turquie a refusé de se joindre aux sanctions occidentales décrétées contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine, tout en proposant sans relâche sa médiation entre Moscou et Kiev

PRAGUE: Le président français Emmanuel Macron a insisté jeudi auprès de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan sur la nécessité de lutter contre tout "contournement" des sanctions contre la Russie.

"Il a souligné l’importance des régimes de sanctions européens pour mettre fin à l'escalade russe et a appelé à lutter contre toute stratégie de contournement", a indiqué l'Elysée à l'issue d'un échange entre les deux dirigeants, en marge de la première réunion de la Communauté politique européenne à Prague.

Très dépendante des gaz et pétrole russes, la Turquie a refusé de se joindre aux sanctions occidentales décrétées contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine, tout en proposant sans relâche sa médiation entre Moscou et Kiev.

Le pays, destination prisée des ressortissants russes, a vu arriver des milliers d'entre eux depuis le début de la guerre, touristes, réfugiés et hommes d'affaires qui sont devenus à partir de mai les premiers acquéreurs de biens immobiliers en Turquie.

M. Macron a par ailleurs exprimé son "inquiétude" concernant la situation en mer Egée, théâtre de tensions récurrentes entre la Grèce et la Turquie.

"Il a appelé à la reprise du dialogue entre les parties pour éviter l’escalade et préserver le respect du droit international", a précisé l'Elysée.


Après la polémique, Liz Truss estime désormais qu'Emmanuel Macron est un «ami»

Le président français Emmanuel Macron et la première ministre britannique Liz Truss se rencontrent au château de Prague, en République tchèque, le 6 octobre 2022. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron et la première ministre britannique Liz Truss se rencontrent au château de Prague, en République tchèque, le 6 octobre 2022. (Photo, AFP)
Short Url
  • «Il est un ami», a affirmé aux journalistes la cheffe du gouvernement britannique, depuis Prague où se tient le premier sommet de la communauté politique européenne
  • Fin août, la conservatrice Liz Truss -alors cheffe de la diplomatie et candidate à Downing Street- avait créé la polémique en refusant de dire si Emmanuel Macron était un «ami» ou un «ennemi»

PRAGUE: La Première ministre britannique Liz Truss a estimé jeudi que le président français Emmanuel Macron était un "ami" du Royaume-Uni, après avoir botté en touche cet été sur la question. 

"Il est un ami", a affirmé aux journalistes la cheffe du gouvernement britannique, depuis Prague où se tient le premier sommet de la communauté politique européenne. 

"Je travaille très, très étroitement avec le président Macron et le gouvernement français. Nous parlons de la façon dont le Royaume-Uni et la France peuvent travailler plus étroitement ensemble pour construire plus de centrales nucléaires et s'assurer que les deux pays ont une sécurité énergétique à l'avenir", a affirmé Mme Truss. 

"Nous sommes tous deux très clairs sur le fait que l'ennemi est Vladimir Poutine, qui, par sa guerre effroyable en Ukraine, a menacé la liberté et la démocratie en Europe et a fait grimper les prix de l'énergie auxquels nous devons tous faire face aujourd'hui", a-t-elle ajouté. 

Fin août, la conservatrice Liz Truss -alors cheffe de la diplomatie et candidate à Downing Street- avait créé la polémique en refusant de dire si Emmanuel Macron était un "ami" ou un "ennemi". "Le jury est toujours en train de délibérer", avait-elle lancé. 

Le président français avait réagi en déclarant que le Royaume-Uni était "une nation amie, forte et alliée, quels que soient ses dirigeants". 

Depuis, le Royaume-Uni a tenté de calmer le jeu alors que de nombreux contentieux opposent les deux pays, notamment la gestion des dossiers de l'après-Brexit, comme la pêche ou l'Irlande du Nord. 

Les deux dirigeants se sont vus lors de l'Assemblée générale des Nations unies mi-septembre. 

Et mardi, le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly a affirmé qu'il n'avait "aucun doute" que le Royaume-Uni travaillerait "merveilleusement" avec la France, malgré les frictions récurrentes entre les deux pays. 


L'Ukraine chiffre ses gains dans le Sud, Moscou dit tenir bon

Des soldats ukrainiens se préparent à tirer un lance-roquettes multiple BM-21 «Grad» vers des positions russes dans la région de Kharkiv, le 4 octobre 2022. (Photo, AFP)
Des soldats ukrainiens se préparent à tirer un lance-roquettes multiple BM-21 «Grad» vers des positions russes dans la région de Kharkiv, le 4 octobre 2022. (Photo, AFP)
Short Url
  • Les troupes ukrainiennes sont à l'offensive sur tous les fronts depuis début septembre et ont déjà repris l'essentiel de la région de Kharkiv, dans le Nord-Est, et d'importants noeuds logistiques tels qu'Izioum, Koupiansk et Lyman
  • Face aux revers de l'armée russe en Ukraine et à une mobilisation chaotique en Russie qui a poussé des centaines de milliers de Russes à l'exil, le président russe Vladimir Poutine a assuré mercredi que la situation militaire se «stabilisera»

KIEV: L'Ukraine a pour la première fois chiffré jeudi ses gains territoriaux dans le Sud, disant avoir repris 400 kilomètres carrés en deux semaines face à des troupes russes en difficulté, mais qui ont assuré tenir leur défense. 

Les troupes ukrainiennes sont à l'offensive sur tous les fronts depuis début septembre et ont déjà repris l'essentiel de la région de Kharkiv, dans le Nord-Est, et d'importants noeuds logistiques tels qu'Izioum, Koupiansk et Lyman. Dans ce dernier, dans l'Est, les troupes de Moscou, alors quasi encerclées, ont frôlé la catastrophe. 

"Les forces armées ukrainiennes ont libéré plus de 400 km2 de la région de Kherson depuis le début du mois d'octobre", a indiqué jeudi la porte-parole du commandement militaire dans le Sud, Natalia Goumeniouk, chiffrant pour la première fois les avancées ukrainiennes. 

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait annoncé mercredi soir la reprise de trois nouveaux villages par ses troupes dans cette zone, tout en confirmant que la contre-offensive de Kiev, forte des livraisons d'armes occidentales, se poursuivait. 

Les forces ukrainiennes affirment avoir repris 29 localités aux Russes depuis le 1er octobre. 

L'armée de Moscou a elle assuré dans son rapport quotidien jeudi que "l'ennemi [avait] été repoussé de la ligne de défense des troupes russes" dans cette même région de Kherson. 

Selon elle, les forces ukrainiennes ont déployé quatre bataillons tactiques sur ce front, soit plusieurs centaines d'hommes, et a "tenté à plusieurs reprises de percer les défenses" russes près de Doudtchany, Soukhanové, Sadok et Brouskinskoïé. 

Face aux revers de l'armée russe en Ukraine et à une mobilisation chaotique en Russie qui a poussé des centaines de milliers de Russes à l'exil, le président russe Vladimir Poutine a assuré mercredi que la situation militaire se "stabilisera". 

Alors même que Moscou que Moscou ne contrôle que partiellement ces zones et y est en difficulté au plan militaire, M. Poutine avait signé mercredi une loi consacrant l'annexion par la Russie de quatre régions ukrainiennes après la tenue de "référendums" d'autodétermination sans "aucune valeure légale" aux yeux du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, et dénoncés comme des "simulacres" par Kiev et ses alliés. 

Le porte-parole de M. Poutine, Dmitri Peskov a assuré que les territoires perdus seraient "repris". Le président russe avait lui évoqué en septembre la menace du recours à l'arme nucléaire. 

« Ca va mieux » 

Sur le théâtre des opérations, les soldats ukrainiens interrogés par l'AFP ont assuré voir enfin "la lumière au bout du tunnel", grâce à leurs récents succès, après plus de sept mois d'une guerre éreintante. 

"Maintenant, ça va mieux", a expliqué Bogdan, 29 ans. "Nous voyons leurs succès et cela nous inspire. Si certains pensaient que nous n'allions pas assez vite, maintenant ce n'est plus le cas !" 

Sur le front, les bombardements se poursuivaient avec notamment une frappe qui a fait trois morts et sept blessés à Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, l'une des régions que Moscou affirme avoir annexé. 

L'AFP a vu deux sites dans le centre de la ville ravagés par les bombes. Du premier, tout ce qui était au-dessus du rez-de-chaussée s'est écroulé, faisant craindre un bilan plus élevé. A quelques centaines de mètres de là, un cratère de plusieurs mètres de profondeur est visible devant un immeuble d'habitation, au toit soufflé, tout comme la plupart des fenêtres. 

Dans l'Est, dans la région de Donetsk, autre territoire annexé par Moscou, au moins 14 personnes ont été tuées et 3 blessées ces dernières 24 heures dans les zones sous contrôle de Kiev, selon la présidence ukrainienne. 

Kiev reçoit également jeudi la visite du directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, qui doit aussi se rendre à Moscou prochainement. 

Il souhaite notamment discuter l'établissement "d'une zone de protection" autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, visée régulièrement par des tirs dont Russes et Ukrainiens se renvoient mutuellement la responsabilité. 

A la veille de cette visite, la Russie s'est appropriée via un décret signé par Vladimir Poutine cette centrale, la plus grande d'Europe, qu'elle contrôle depuis mars, provoquant l'indignation de Kiev. 

Sur le front diplomatique, 44 dirigeants du continent européen se sont retrouvés jeudi à Prague dans un format inédit, destiné à souligner l'isolement de Moscou. 

Mercredi, l'UE a approuvé une huitième série de sanctions contre Moscou. L'Opep+ a lui décidé d'une coupe drastique des quotas de production de pétrole pour soutenir les prix, alors que les hydrocarbures restent le revenu principal de la Russie.