Birmanie: sous le joug de la junte, la lutte désespérée contre le Covid-19

Des volontaires portant des équipements de protection individuelle (EPI) prient devant les corps de personnes décédées du coronavirus Covid-19 lors de leurs funérailles dans un cimetière de Mandalay le 14 juillet 2021.(STR / AFP)
Des volontaires portant des équipements de protection individuelle (EPI) prient devant les corps de personnes décédées du coronavirus Covid-19 lors de leurs funérailles dans un cimetière de Mandalay le 14 juillet 2021.(STR / AFP)
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Publié le Vendredi 16 juillet 2021

Birmanie: sous le joug de la junte, la lutte désespérée contre le Covid-19

Des volontaires portant des équipements de protection individuelle (EPI) prient devant les corps de personnes décédées du coronavirus Covid-19 lors de leurs funérailles dans un cimetière de Mandalay le 14 juillet 2021.(STR / AFP)
  • Jeudi, plus de 4.000 cas de Covid-19 ont été enregistrés en Birmanie, contre moins de 50 par jour début mai
  • Face à une répression sanglante qui a fait plus de 900 morts, beaucoup de soignants ont pris la fuite et sont entrés en clandestinité

KALAY, Birmanie : Dans les rues de Kalay en Birmanie, des dizaines de bouteilles d'oxygène sont alignées, vides, et les rares médecins qui n'ont pas déserté après le coup d'Etat luttent comme ils peuvent contre la flambée épidémique de Covid-19.

Lits d'hôpital, personnel médical, bouteilles d'oxygène, tests, vaccins: rien de tout cela n'est disponible en nombre suffisant dans cette ville reculée du Nord-Ouest de la Birmanie, en proie au chaos - comme l'ensemble du pays - depuis le putsch militaire du 1er février contre le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi.

Jeudi, plus de 4.000 cas de Covid-19 ont été enregistrés en Birmanie, contre moins de 50 par jour début mai. Le pays totalise officiellement plus de 4.300 décès, un chiffre certainement largement sous-évalué.

"Les problèmes d'oxygène sont notre plus grande préoccupation", explique à l'AFP Than Bil Luai, directeur de l'hôpital de Wesley.

Son établissement dispose d'environ 70 bouteilles, un nombre trop faible d'autant qu'il faut aussi porter secours aux malades soignés à domicile, souligne-t-il.

Autre difficulté, "il n'y a pas assez de personnels médicaux (...) Le service aux patients s'est effondré".

Des centaines de médecins et d'infirmières se sont mis en grève à travers tout le pays pour protester contre le coup d'Etat.

La junte leur a lancé cette semaine un appel pour qu'ils se portent volontaires, admettant qu'elle rencontrait des "difficultés" pour contrôler la recrudescence de l'épidémie.

Clandestinité

Mais, face à une répression sanglante qui a fait plus de 900 morts, beaucoup de soignants ont pris la fuite et sont entrés en clandestinité.

De nombreux Birmans évitent aussi les hôpitaux publics, désormais sous contrôle de l'armée, et n'ont pas les moyens de se faire soigner dans le privé.

"Nous avons entendu dire que des patients positifs (au Covid-19 ,ndlr) étaient morts à l'hôpital (...) On a préféré appeler un médecin pour qu'il vienne chez nous", raconte Ca Meng, dont la mère infectée est depuis décédée.

Avant le coup d'État, "la prévention contre l'épidémie était bonne et le gouvernement diffusait souvent des avis et des annonces".

Depuis le putsch, les autorités ne font rien pour tenter d'améliorer la situation, estime-t-elle.

Pire, des dizaines de soignants grévistes sont visés par des mandats d'arrêt et présentés comme des "ennemis d'État" par les médias officiels.

Et moins de 2 millions de personnes ont été vaccinées dans le pays de 54 millions d'habitants.

La Birmanie doit recevoir six millions de doses de Chine d'ici le mois prochain, mais beaucoup d'observateurs estiment que cela sera trop tard.

Dans le petit cimetière chrétien en bordure de Kalay, des hommes en combinaison de protection déchargent un nouveau cercueil. "Nous devons prendre soin de nous-mêmes et de nos familles", soupire Ca Meng. "Sinon, ce sera l'extermination de notre peuple".


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.