La fabrique d'un procès filmé pour l'Histoire

Une photo prise à Paris, le 4 juin 2021, montre une vue de la salle d'audience provisoire installée au Palais de Justice de Paris avant le procès des attentats de Paris du 13 novembre 2015 qui se tiendra le 8 septembre 2021. Thomas SAMSON / AFP
Une photo prise à Paris, le 4 juin 2021, montre une vue de la salle d'audience provisoire installée au Palais de Justice de Paris avant le procès des attentats de Paris du 13 novembre 2015 qui se tiendra le 8 septembre 2021. Thomas SAMSON / AFP
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Publié le Mercredi 08 septembre 2021

La fabrique d'un procès filmé pour l'Histoire

  • Le procès des attentats du 13-Novembre sera le quinzième en France depuis celui de Klaus Barbie en 1987 à être intégralement filmé pour la constitution d'archives audiovisuelles de la justice
  • La régie vidéo est déjà installée au fond de la gigantesque et flambant neuve salle d'audience où se déroulera, à partir du 8 septembre et pour environ neuf mois, le procès des pires attentats jamais commis en France

PARIS : Le procès des attentats du 13-Novembre sera le quinzième en France depuis celui de Klaus Barbie en 1987 à être intégralement filmé pour la constitution d'archives audiovisuelles de la justice, lui conférant avant même qu'il ne débute une qualité historique.

La régie vidéo est déjà installée au fond de la gigantesque et flambant neuve salle d'audience où se déroulera, à partir du 8 septembre et pour environ neuf mois, dans le palais de justice historique de Paris, le procès des pires attentats jamais commis en France.

Elle permettra de piloter à distance les huit caméras qui enregistreront l’entièreté des débats, non pas pour les diffuser à la télévision mais pour graver un moment d'Histoire.

"L'enregistrement de ce procès permettra précisément de démontrer devant l'Histoire comment une démocratie a été conduite à juger des accusés pour des faits criminels terroristes", souligne le Premier président de la cour d'appel de Paris Jean-Michel Hayat dans son ordonnance autorisant le filmage.

Dérogation à l'interdiction stricte de photographier et filmer les procès édictée en 1954 après les couvertures sensationnalistes des procès de Marie Besnard et Gaston Dominici (accusés respectivement d'empoisonnement et d'un triple meutre), cette captation en direct et sans montage est permise par la loi de 1985 pour la constitution d'archives audiovisuelles de la justice.

La France s'apprête alors à juger pour crimes contre l'humanité Klaus Barbie, arrêté en 1983. Le garde des Sceaux Robert Badinter, à l'initiative de la loi, souhaite "garder une trace filmée des grands procès pour l'histoire", à l'image de ceux de 21 dignitaires nazis à Nuremberg (1945-46) et d'Adolf Eichmann à Jérusalem (1961). 

Cadre rigide

Le procès Barbie s'ouvre à Lyon le 11 mai 1987 et la récente loi est mise à l'épreuve: "tout le procès est émaillé d'exceptions" au cadre réglementaire qui impose notamment que "la caméra doit être fixe et toujours suivre la personne en train de parler", souligne Martine Sin Blima-Barru, co-commissaire de l'exposition "Filmer les procès, un enjeu social" aux Archives nationales.

L'exposition propose jusqu'au 18 décembre une plongée dans la fabrique de ces documents d'histoire en donnant à voir des extraits issus de huit des quatorze procès filmés pour l'Histoire, soit 2.600 heures de tournage conservées aux Archives nationales.

Dans le montage réalisé à partir des 185 heures d'enregistrement du procès Barbie, on voit la caméra du réalisateur "quitter un moment le visage du président d'assises pour filmer la tribune des parties civiles et le public", "ici un gros plan sur un scellé, là un espèce de fondu", décrit Martine Sin Blima-Barru, responsable du Département de l'archivage électronique et des archives audiovisuelles aux Archives nationales.

Un plan montre même l'entrée dans la salle de Klaus Barbie: une "souplesse" dans la réalisation qui ne se "verra plus par la suite", assure la conservatrice du patrimoine.

Accès restreint

En trente-cinq ans, les caméras n'entreront dans les prétoires qu'à seulement treize autres occasions. 

A l'automne 2020, le procès des attentats de janvier 2015 a été le premier filmé en matière de terrorisme. "Pour la première fois" aussi, et ce sera également le cas pour le 13-Novembre, l'enregistrement réalisé au titre des archives audiovisuelles de la justice était retransmis à l'identique dans les salles annexes du palais de justice.

Scolaires, journalistes, chercheurs "ont vu ce que le public verra dans 50 ans ou ce que les historiens verront dès que la décision sera définitive", souligne Martine Sin Blima-Barru.

Car la loi de 1985 n'a permis qu'un accès très restreint à ces archives filmées aux seuls spécialistes. Elles sont consultables à des fins de recherche historique et scientifique une fois que l'affaire a connu son épilogue judiciaire. Leur diffusion et réutilisation est en principe interdite pendant cinquante ans, sauf à avoir l'autorisation du tribunal judiciaire de Paris. 

La perspective de la loi Badinter était de "créer des documents d'histoire", explique la conservatrice du patrimoine. 

Tout autre est l'optique du projet de loi de l'actuel garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti qui souhaite filmer et diffuser "tous" les procès afin "que la justice s'invite dans les salons des Français".

Son texte doit être examiné au Sénat en septembre, à l'heure où sera reposée, avec l'ouverture du procès des attentats du 13-Novembre, la question d'une plus large diffusion de ces audiences historiques.  


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.