Une start-up d’Arabie saoudite veut rendre l’intelligence artificielle plus accessible

Pour Nour Alnahhas, qui a cofondé nybl à Khobar, dans l’est de l’Arabie saoudite, les possibilités sont infinies. (Fourni)
Pour Nour Alnahhas, qui a cofondé nybl à Khobar, dans l’est de l’Arabie saoudite, les possibilités sont infinies. (Fourni)
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Publié le Vendredi 23 juillet 2021

Une start-up d’Arabie saoudite veut rendre l’intelligence artificielle plus accessible

  • Nybl est une plate-forme d’analyse visuelle des données et d’apprentissage automatique utilisée dans différents secteurs, notamment ceux du pétrole et du gaz, de la santé et de la sécurité
  • Les entreprises technologiques comme nybl sont de plus en plus adoptées et reçoivent le soutien d’entités publiques et privées

DUBAÏ: Un entrepreneur syro-libanais veut démocratiser l’intelligence artificielle (IA) et ses applications dans tous les domaines, de l’industrie à la santé publique. Pour Nour Alnahhas, qui a cofondé nybl à Khobar, dans l’est de l’Arabie saoudite, les possibilités sont infinies.

Nybl est une plate-forme d’analyse visuelle des données et d’apprentissage automatique utilisée dans différents secteurs, notamment ceux du pétrole et du gaz, de la santé et de la sécurité, dans plusieurs pays du Golfe.

Alnahhas, le Saoudien Mohammed Shono et trois autres personnes ont créé nybl avec trois autres personnes en 2019 afin de favoriser l’homogénéité et l’efficacité des institutions publiques et privées de la région.

Fort d’une expérience d’une quinzaine d’années dans le secteur du pétrole et celui du gaz, Alnahhas est un multi-entrepreneur qui a fait ses preuves dans la création d’entreprises et qui possède un solide réseau dans le Golfe. Il a également occupé le poste de conseiller auprès d’autres start-up du Moyen-Orient et des États-Unis.

 

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Nour Alnahhas, le Saoudien Mohammed Shono et trois autres personnes ont créé nybl avec trois autres personnes en 2019. (Fourni).

Après avoir obtenu une licence en marketing et en entrepreneuriat à l’université de Houston, il suit une formation complémentaire à la Wharton School (l’école de commerce de Wharton) et à l’Institut européen d’administration des affaires (Insead), une grande école de commerce qui possède des campus en Europe, en Asie et au Moyen-Orient.

Nybl voit le jour lorsque Alnahhas décide de créer une entreprise technologique capable de rendre l’intelligence artificielle plus accessible et d’être utile à tous.

«L’idée est de centrer cette vision sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique. Nous voulions créer une entreprise qui ne soit pas uniquement axée sur le profit. Le but est d’apporter une valeur ajoutée et de rendre le monde meilleur. On peut donc parler de capitalisme conscient», explique l’entrepreneur de 37 ans.

L’objectif de l’équipe est de permettre à quiconque de transformer une idée en solution d’intelligence artificielle sans maîtriser nécessairement les règles de codage et la science des données.

«En démocratisant la technologie, nybl devient une sorte de Shopify de l’intelligence artificielle», souligne Alnahhas, faisant ici allusion à la fameuse plate-forme canadienne de commerce électronique qui propose aux commerçants d’externaliser tous leurs besoins complexes en matière de marketing en ligne, de paiement et d’expédition.

 

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L’équipe est formée de trente-deux personnes et le siège de l’entreprise se situe à Khobar et dispose de bureaux au Koweït, aux Émirats arabes unis, en Amérique du Nord et en Inde. L’entreprise se concentre actuellement sur la constitution de l’équipe d’Arabie saoudite, où Alnahhas a lancé un projet pilote avec Saudi Aramco. (AFP)

 

Les cofondateurs ont voulu tester le modèle économique au cours de l’année qui a suivi la création de l’entreprise pour s’assurer qu’il fonctionne vraiment.

«Nous avions l’intention de prouver que d’autres entreprises seraient prêtes à se tourner vers une partie tierce par l’intermédiaire d’une plate-forme qui ne leur appartient pas», indique Alnahhas.

Très vite, l’entreprise connaît un succès remarquable: elle signe des contrats avec l’Abu Dhabi National Oil Company, la Dubai Health Authority – qui recourt à l’expertise de nybl pour gérer son inventaire – ainsi qu’avec une entreprise de Charjah qui utilise l’intelligence artificielle de nybl pour mettre en place l’un des systèmes de sécurité les plus développés du monde.

«Nous comptons lancer “anything.ai” et “cnshield” au Gitex [Salon des technologies de l’information du Golfe, NDLR] d’ici à la fin de l’année dans le but de permettre à chacun de gérer la science des données même sans rien connaître au codage», annonce Alnahhas.

Nybl a pour but d’optimiser les processus en essayant de prédire les pannes avant qu’elles n’aient lieu plutôt que de se contenter de signaler les défaillances après coup.

«Auparavant, l’une de mes entreprises vendait des technologies aux secteurs du pétrole et du gaz. Je trouvais absurde de vendre des solutions logicielles d’une valeur d’un million de dollars, et parfois même jusqu’à vingt millions [1 dollar = 0,85 euro, NDLR], pour signaler une panne», confie Alnahhas.

«La technologie et les données dont nous disposons aujourd’hui nous permettent au moins de faire tout notre possible pour éviter les pannes, et pas seulement de les signaler.»

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Selon Alnahhas, de nombreuses grandes organisations sont réticentes à l’idée de travailler avec les petites start-up. Les membres de son équipe ont donc eu à déployer beaucoup d’efforts pour faire leurs preuves. (AFP)

 

Il évoque l’exemple de l’incendie provoqué par la fuite de gaz d’un pipeline sous-marin au large de la péninsule du Yucatan, au Mexique.

S’ils avaient été en possession de la technologie qui permet de prédire ce genre d’incident, ils auraient pris les contre-mesures nécessaires, auraient pu éviter le pire et limiter les effets négatifs sur l’environnement.

«Bien sûr, la démarche est capitaliste; mais nous ressentons une grande responsabilité sociale. Nous avons la possibilité de prendre soin du monde dans lequel nous vivons en empêchant deux millions de barils de pétrole de s’écouler dans l’océan. J’ai constaté qu’il existait un réel besoin en la matière.»

L’équipe est formée de trente-deux personnes et le siège de l’entreprise se trouve à Khobar; elle dispose également de bureaux au Koweït, aux Émirats arabes unis, en Amérique du Nord et en Inde. L’entreprise se concentre actuellement sur la constitution de l’équipe en Arabie saoudite, où Alnahhas a lancé un projet pilote avec Saudi Aramco.

«Nous collaborons ici avec de nombreux secteurs comme le papier, le système CVC [chauffage, ventilation, climatisation] et la fabrication d’acier afin d’optimiser leur chaîne d’approvisionnement. Nous avons signé de nombreux contrats de soutien technologique et changeons désormais d’approche», confie Alnahhas.

Selon lui, de nombreuses grandes organisations sont réticentes à l’idée de travailler avec les petites start-up. Les membres de son équipe ont donc eu à déployer beaucoup d’efforts pour faire leurs preuves.

«Nous avons reçu beaucoup de soutien aux Émirats arabes unis et avons décidé d’y retourner parce que nous avons fait nos preuves. Nous voulons en faire autant en Arabie saoudite», affirme Alnahhas.

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L’adoption des technologies d’intelligence artificielle par l’Arabie saoudite s’inscrit dans le cadre du projet Vision 2030, qui a pour but de diversifier l’économie du pays au-delà de l’industrie pétrolière, de développer le secteur privé et de créer des possibilités d’emploi.
(AFP)

 

Le moment est bien choisi: l’année dernière, l’Arabie saoudite a signé plusieurs accords de partenariat avec des entreprises technologiques internationales afin d’explorer les avantages de l’intelligence artificielle, conformément à la Stratégie nationale du Royaume pour les données et l’IA.

Le Centre national saoudien pour l’intelligence artificielle (NCAI) a également signé un accord avec l’entreprise chinoise Huawei dans la perspective d’une coopération stratégique sur le Programme national de développement des capacités d’intelligence artificielle du Royaume. C’est dans ce cadre que les ingénieurs en intelligence artificielle d’Arabie saoudite sont formés. Par ailleurs, une plate-forme de capacités d’intelligence artificielle a été mise en place pour localiser les solutions technologiques.

Par conséquent, les entreprises technologiques telles que nybl sont de plus en plus adoptées et elles reçoivent le soutien d’entités publiques et privées. «La pandémie a joué un rôle catalyseur», renchérit Alnahhas.

«Les entreprises doivent faire beaucoup plus avec nettement moins de personnes, tout en étant rentables. Comment cela est-il possible? Avec les progrès technologiques réalisés, même les grands conglomérats familiaux évoluent pour devenir plus efficaces et gagner de l’argent grâce à l’intelligence artificielle.»

L’adoption des technologies d’intelligence artificielle par l’Arabie saoudite s’inscrit dans le cadre du projet Vision 2030, qui a pour but de diversifier l’économie du pays au-delà de l’industrie pétrolière, de développer le secteur privé et de créer des possibilités d’emploi. Alnahhas affirme que les objectifs de son entreprise sont en harmonie avec le programme de réforme du Royaume.

«Il est vraiment passionnant d’être en Arabie alors que nos objectifs sont conformes à ceux du Royaume et que nous recevons tout ce soutien», confie celui qui se dit également reconnaissant d’avoir eu la chance d’étudier à l’étranger. Cette opportunité lui a en effet apporté les compétences nécessaires pour lancer son entreprise et rendre au pays ce qui lui devait.

«Il y a dix ans, l’Arabie saoudite a permis à des centaines de milliers d’étudiants de poursuivre leurs études à l’étranger. Le roi Abdallah a lancé un programme de parrainage de près d’un demi-million d’étudiants en peu de temps. Aujourd’hui, nous en récoltons les fruits», se réjouit Alnahhas.

En conséquence, explique-t-il, il est facile de trouver des chercheurs et des développeur talentueux dans le Royaume, qu’il s’agisse de femmes ou d’hommes. En réalité, deux des meilleurs développeurs de nybl sont des femmes saoudiennes qui possèdent un master en robotique et en développement de logiciels.

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Nybl est une plate-forme d’analyse visuelle des données et d’apprentissage automatique utilisée dans différents secteurs, notamment ceux du pétrole et du gaz, de la santé et de la sécurité, dans plusieurs pays du Golfe. (Fourni)

 

«Il y a trois ans, cela semblait presque impossible, et nous disposons aujourd’hui d’un vivier de talents qui ne cesse de croître», souligne Alnahhas.

«Certaines femmes sont entièrement voilées, d’autres non. Nous avons mis en place un environnement de travail très respectueux, qui incite à travailler ensemble.»

Toutefois, les employeurs du Royaume doivent offrir davantage d’opportunités à ces jeunes employés pour éviter qu’ils ne partent vers d’autres pays, met en garde Alnahhas.

«Il faut absolument tout faire pour mettre fin à la fuite des cerveaux», conclut-il.

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Twitter: @CalineMalek

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.


L'Iran vise les infrastructures pétrolières du Golfe et fait à nouveau flamber les cours

L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
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  • Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché
  • Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement

TEHERAN: L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques.

Ce conflit qui a débuté le 28 février avec des attaques américano-israéliennes contre l'Iran a pris une échelle régionale et menace l'approvisionnement en pétrole de l'économie mondiale, le trafic étant paralysé dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique.

Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché.

Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement.

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a précisé que 172 millions de barils allaient être libérés "à partir de la semaine prochaine".

Mais au treizième jour du conflit, les dégâts dans les infrastructures pétrolières s'étendent. Bahreïn a dénoncé une attaque iranienne contre des réservoirs d'hydrocarbures, appelant les habitants à rester chez eux en raison des fumées provoquées par l'installation en feu.

A Oman, des réservoirs de carburant du port de Salalah étaient aussi en feu la veille après une attaque de drone, selon une vidéo publiée par l'AFP, tandis que l'Arabie saoudite a rapporté une nouvelle attaque de drone contre le champ pétrolier de Shaybah, dans l'est du pays, déjà visé à plusieurs reprises ces derniers jours

Boules de feu 

Une attaque jeudi contre deux pétroliers dans le Golfe au large de l'Irak, dont l'origine est encore inconnue, a fait au moins un mort, tandis les sauveteurs recherchent plusieurs disparus, selon l'autorité portuaire.

La télévision étatique irakienne a diffusé des images d'un navire en mer d'où s'élèvent d'impressionnantes boules de feu et des volutes de fumée.

Un porte-conteneurs a été à nouveau touché jeudi par un "projectile inconnu" au large des Emirats arabes unis, provoquant un "petit incendie" à bord, selon l'agence maritime britannique (UKMTO), après au moins trois bateaux touchés la veille.

Donald Trump a promis qu'une "grande sécurité" régnerait bientôt dans ce goulot d'étranglement qui voit d'ordinaire passer un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Il a aussi assuré que "28 navires poseurs de mines" avaient été frappés, une crainte majeure de la communauté internationale étant de voir le détroit miné.

Signaux contradictoires 

"L'Iran est "proche de la défaite", a estimé le président américain mercredi soir, à la fin d'une journée de signaux contradictoires sur ses intentions.

Il a d'abord répété que la guerre allait se terminer "bientôt", jugé qu'il ne restait "pratiquement rien à frapper" en Iran et que l'"excursion" militaire américaine était "très en avance" sur le calendrier prévu.

La première semaine de guerre a coûté aux Etats-Unis plus de 11 milliards de dollars, rapporte le New York Times en s'appuyant sur des sources parlementaires.

L'allié israélien de Washington, qui ne s'est fixé "aucune limite dans le temps", assure disposer encore d'un "vaste réservoir de cibles".

En face, les Gardiens de la Révolution iraniens se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en pilonnant les intérêts occidentaux.

Ali Fadavi, un représentant de cette armée idéologique, a brandi la menace d'une "guerre d'usure" à même de "détruire l'économie américaine entière" et "l'économie mondiale".

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, tandis que l'agence iranienne Tasnim a cité les géants américains de la tech comme de "futures cibles" de Téhéran, parmi lesquels Amazon, Google, Microsoft, IBM Oracle ou encore Nvidia.

Le géant bancaire américain Citi et les cabinets de conseil britanniques Deloitte et PwC ont évacué ou fermé mercredi leurs bureaux à Dubaï après des menaces.

Les ports pourraient devenir une cible dans le conflit: l'armée américaine a appelé mercredi les civils iraniens à s'éloigner de ceux dans la région du détroit d'Ormuz, car s'ils sont "utilisés à des fins militaires, (ils) perdent leur statut protégé".

L'armée iranienne a répliqué qu'en cas d'attaque, "tous les ports et quais de la région deviendraient des cibles légitimes".

Frappes conjointes 

Israël poursuit ses attaques au Liban visant le Hezbollah pro-iranien. De lourdes frappes ont touché mercredi soir le sud de Beyrouth, selon des journalistes de l'AFP.

Les autorités libanaises, qui ont recensé plus de 800.000 déplacés, ont fait état jeudi matin d'au moins sept morts supplémentaires dans la capitale.

L'armée israélienne a également lancé une nouvelle vague de frappes "à grande échelle" sur Téhéran après que l'Iran a indiqué avoir mené une opération "conjointe" avec le Hezbollah contre une cinquantaine de cibles sur son territoire, décrite comme "un feu continu pendant cinq heures" de missiles et de drones.

Le Hezbollah dit avoir tiré des missiles vers une base des renseignements militaires israéliens.

Le président français Emmanuel Macron a appelé sur X Israël à "renoncer à une offensive terrestre" au Liban.

A Téhéran, la vie s'organise malgré les bombardements.

"Nous avons mis notre foi en Dieu. Pour l'instant, il y a de la nourriture dans les magasins", a confié Mahvash, un habitant de 70 ans.

Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, désigné dimanche pour succéder à son père tué au premier jour de la guerre, n'est toujours pas apparu publiquement.

 

 


Flambée historique du pétrole, la guerre au Moyen-Orient fait s'envoler les cours de 30%

Le baril de pétrole a flambé lundi de 30% en quelques heures et tutoyé brièvement 120 dollars. (Reuters)
Le baril de pétrole a flambé lundi de 30% en quelques heures et tutoyé brièvement 120 dollars. (Reuters)
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  • Vers 06H30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI, référence du marché américain), s'envolait de 15,51%, à 104,96 dollars
  • Plus tôt dans les échanges asiatiques, il avait flambé de plus de 30% à 119,48 dollars

NEW YORK: Le baril de pétrole a flambé lundi de 30% en quelques heures et tutoyé brièvement 120 dollars, envolée historique dans un marché paniqué par la prolongation du conflit au Moyen-Orient, le blocage du détroit d'Ormuz et les dommages aux infrastructures énergétiques.

Envolée du brut, "petit prix à payer" selon Trump

Vers 06H30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI, référence du marché américain), s'envolait de 15,51%, à 104,96 dollars. Plus tôt dans les échanges asiatiques, il avait flambé de plus de 30% à 119,48 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, gonflait de 17,42% à 108,82 dollars, après avoir dépassé dépassé 119 dollars.

Depuis le début de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, le WTI s'est apprécié de quelque 60%, du jamais vu sur une période aussi courte.

Même l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui avait vu le baril grimper jusqu'à 130,50 dollars début mars 2022, n'avait pas provoqué de mouvements aussi violents.

Au dixième jour du conflit, les marchés de l'énergie restent suspendus aux développements au Moyen-Orient, où le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de l'offre mondiale de pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL), reste quasi-paralysé.

Alors que la flambée sans précédent des cours pénalise déjà les consommateurs américains, Donald Trump a rapidement réagi sur son réseau Truth Social, déclarant que ce coup de chaud était un "tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des Etats-Unis et du monde".

Ormuz bloqué, production en berne

Certes, vendredi, l'Agence américaine de développement DFC a annoncé la mise en place d'un mécanisme de réassurance pour faciliter la couverture des risques liés au passage du détroit d'Ormuz, jusqu'à 20 milliards de dollars.

Les Etats-Unis collaborent actuellement avec des armateurs qui souhaitent faire sortir leurs tankers du Golfe persique, a insisté dimanche le ministre américain de l'Energie Chris Wright.

"Dans les premiers temps, ces navires seront probablement sous protection militaire américaine", a-t-il ajouté, prévoyant un retour du trafic à la normale "dans un avenir relativement proche".

Mais ces signaux n'ont pas suffi à rassurer: par peur d'attaques, la circulation reste quasi-paralysée dans le détroit --des informations de presse mentionnant seulement le passage de quelques navires s'identifiant comme chinois.

"Les perturbations de l'approvisionnement s'intensifient, les données de suivi des navires confirmant l'arrêt du trafic maritime", observe Lloyd Chan, de la banque MUFG, parlant de "choc pétrolier".

Surtout, l'extension du conflit exacerbe les inquiétudes sur la production d'hydrocarbures.

L'Arabie saoudite a notamment encore intercepté lundi plusieurs drones qui se dirigeaient vers le gisement de pétrole de Shaybah, dans le sud-est du pays, déjà attaqué la veille.

"Les Émirats arabes unis, le Koweït et l'Irak ont réduit leur production de pétrole, l'Irak annonçant une baisse d'environ 3 millions de barils/jour" et "les frappes israéliennes ciblant des installations de stockage de carburant clés en Iran renforcent les risques", souligne M. Chan.

Crainte d'un choc économique

En Asie, très dépendante des hydrocarbures du Moyen-Orient, la flambée du pétrole a fait dévisser lundi les places boursières, de Tokyo à Taipei en passant par Séoul.

Particulièrement exposée, la Corée du Sud est le quatrième plus gros importateur de brut, et son économie repose sur une industrie tech très énergivore. le Japon est le cinquième plus gros pays importateur.

"Le Japon et la Corée sont des moteurs industriels géants qui fonctionnent au pétrole importé. Lorsque le prix du brut flambe, il se répercute directement sur les entreprises: les coûts des intrants explosent, les anticipations d'inflation grimpent", note Stephen Innes, de SPI Asset Management.

Des signes de tensions apparaissent: la Chine a demandé la semaine dernière à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence, selon Bloomberg. Et la presse nippone indique que Tokyo réfléchit à ouvrir ses réserves pétrolières stratégiques.

Les Etats-Unis pourraient également élargir la levée temporaire des sanctions sur le pétrole russe pour soulager le marché, après avoir accordé une première autorisation à l'Inde, jeudi.

Les ministres des Finances du G7 doivent par ailleurs se réunir en visioconférence lundi, et selon le Financial Times, ils pourraient discuter d'un possible recours coordonnée à leurs réserves pétrolières stratégiques respectives.

L'information contribuait à la modération de l'envolée du brut en fin d'échanges asiatiques.