NSO ou l'émergence d'une industrie privée de l'arme informatique

Le siège de l'entreprise créatrice de Pegasus, NSO, à Herzliya, près de Tel Aviv. (Photo, AFP)
Le siège de l'entreprise créatrice de Pegasus, NSO, à Herzliya, près de Tel Aviv. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 23 juillet 2021

NSO ou l'émergence d'une industrie privée de l'arme informatique

  • Pour la chancelière allemande Angela Merkel «Il est important que de tels logiciels n'arrivent pas entre de mauvaises mains»
  • «Vous n'avez pas vos capacités maison? Grâce à des entreprises comme NSO, vous pouvez simplement aller les acheter!»

PARIS : La société israélienne NSO et son logiciel controversé Pegasus, au coeur d'un scandale mondial d'espionnage, incarnent l'émergence d'entreprises spécialisées dans la production d'armes informatiques, une tendance qui inquiète de nombreux experts et organisations internationales.

Pegasus permet "de s'acheter sa propre NSA", ironise, en référence à l'agence américaine de renseigments, Ron Deibert, directeur de Citizen Lab. Ce laboratoire de l'Université de Toronto a joué un rôle clef dans l'exposition au grand jour de Pegasus.

"Vous n'avez pas vos capacités maison? Grâce à des entreprises comme NSO, vous pouvez simplement aller les acheter!", insiste-t-il.

En mars dernier, le centre de réflexion américain Atlantic Council avait déjà tiré la sonnette d'alarme sur le rôle dangereux joué par NSO et d'autres sociétés spécialisées dans la vente d'outils d'intrusion dans les smartphones et autres systèmes informatiques.

Ces firmes "d'intrusion à la demande (AaaS, Access as a service) créent et vendent des capacités cyber offensives à un rythme alarmant", notait le rapport, décrivant en particulier le rôle joué par trois entreprises: NSO, une société russe dont Atlantic Council préférait taire le nom, et DarkMatter, basée aux Emirats Arabes Unis et créée avec le soutien d'experts américains.

Selon le rapport, l'émergence de ces sociétés "a contribué à la compromission d'infrastructures nationales critiques, et permis le développement de nouveaux outils offensifs par des Etats" qui auparavant étaient dans l'incapacité technique de le faire.

Pour les experts de l'Atlantic Council, il est temps que les Etats régulent de façon plus contraignante ces sociétés privées. Ils recommandent notamment de leur imposer des obligations de transparence sur leurs clients et leurs fournisseurs, mais aussi de restreindre leurs capacités à recruter des spécialistes ayant travaillé pour des agences étatiques.

La chancelière allemande Angela Merkel a tenu la même ligne mercredi, en demandant plus de restrictions sur la vente de logiciels type Pegasus. "Il est important" que de tels logiciels "n'arrivent pas entre de mauvaises mains", a-t-elle notamment déclaré.

Interrogé avant la déclaration de Mme Merkel, Ron Deibert ne cachait pas cependant son scepticisme sur la volonté des Etats d'agir réellement pour contrer la prolifération du cyber-espionnage.

"La réalité est que presque tous les gouvernements ont un intérêt à garder cette industrie comme elle est: secrète, non-régulée", a-t-il dit à l'AFP.

Pourtant, estime-t-il, "nous avons besoin d'une législation qui permettrait aux victimes de poursuivre les entreprises et les gouvernements responsables" de leur piratage.

L'affaire Pegasus met également en lumière un problème récurrent: comment déceler et réparer les failles et vulnérabilités dans les systèmes informatiques ?

Ces dernières sont le carburant dont se nourrissent les sociétés comme NSO pour construire leurs cyber-armes.

Un rapport de l'OCDE pointait en février les efforts insuffisants des Etats en la matière.

Il soulignait notamment le rôle parfois néfaste joué par des agences étatiques: les services de renseignement ou de police notamment achètent les informations sur ces vulnérabilités pour leurs propres outils d'espionnage, et entretiennent ainsi un véritable marché de la faille informatique.

L'OCDE préconisait "un effort collectif", suggérant notamment le développement et le partage à grande échelle de bases de données internationales sur les failles repérées.

Faute d'une telle approche coordonnée, certaines sociétés se sont fait une spécialité d'acheter des informations aux hackers qui découvrent des failles, et de les revendre à des services étatiques ou à des sociétés comme NSO.

L'américaine Zerodium, une des stars de ce marché du courtage, n'hésite pas à publier sur Twitter et sur son site internet le type de vulnérabilités qu'elle recherche, et le prix qu'elle est prête à les payer.

 

 

 


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".