Pegasus: Macron a demandé un «renforcement» de la sécurité

«Le président prend ce sujet très au sérieux et suit de près les avancées de l’enquête», souligne l'Elysée. (Photo, AFP)
«Le président prend ce sujet très au sérieux et suit de près les avancées de l’enquête», souligne l'Elysée. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 23 juillet 2021

Pegasus: Macron a demandé un «renforcement» de la sécurité

  • Une source sécuritaire avait assuré mercredi que, pour les téléphones portables de M. Macron, «les paramètres de sécurité sont les plus restrictifs possibles»
  • L'affaire concerne une liste de 50 000 numéros de téléphone dans le monde sélectionnés depuis 2016 par les clients de l'entreprise israélienne qui commercialise Pegasus

PARIS : Emmanuel Macron a demandé jeudi, au cours d'un Conseil de défense exceptionnel dédié à l'affaire Pegasus, "un renforcement de tous les protocoles de sécurité" des moyens de communication sensibles, a indiqué l'Elysée.

"Le Président a exigé un renforcement de tous les protocoles de sécurité en parallèle des opérations techniques de détection et clarification en cours" sur l'affaire, a précisé la présidence après les révélations sur la présence des téléphones d'Emmanuel Macron parmi les cibles potentielles du logiciel espion.

Emmanuel Macron "a lui-même changé de téléphone et de numéro de téléphone pour certains échanges", a-t-elle ajouté, à l'issue de cette réunion organisée avant son départ pour le Japon afin d'assister à la cérémonie d'ouverture des JO de Tokyo.

Ce Conseil de défense avait été organisé à la suite des informations sorties par Le Monde et Radio France, qui font partie du consortium de 17 médias à l'origine des révélations sur un système d'espionnage de masse lié au logiciel Pegasus. Elles avaient révélé qu'un numéro du chef de l'Etat figurait "dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l'Etat marocain, utilisateur du logiciel espion Pegasus, pour un potentiel piratage". 

"Le président prend ce sujet très au sérieux et suit de près les avancées de l’enquête", souligne l'Elysée. 

Répétant que si les faits étaient "avérés", ils seraient "évidemment très graves", la présidence précise qu'"aucune certitude à ce stade n’est apparue, donc la prudence reste de mise dans les commentaires".

Un peu plus tôt, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a indiqué que le conseil de défense avait "permis d'avoir un point d'étape sur ce travail de vérification".

Avant la réunion, il avait précisé sur France Inter que cette enquête ne disait pas si les téléphones du président avaient "été tous effectivement infectés, si des données en ont été +retirées+".

Une source sécuritaire avait assuré mercredi que, pour les téléphones portables de M. Macron, "les paramètres de sécurité sont les plus restrictifs possibles et les installations d’applications et téléchargements sont bloquées."

"Les téléphones (du Président) sont changés régulièrement. Il y a un certain nombre de paramètres de sécurité qui protègent, qui sont changés très régulièrement. Il y a des protections qui sont faites", a assuré Gabriel Attal, rejetant les critiques sur une possible négligence au sommet de l'Etat.

Par ailleurs, l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) "a commencé à proposer aux personnes qui pourraient avoir été ciblées par une attaque un accompagnement technique", a-t-il ajouté.

Selon les révélations des médias, les numéros de l'ancien Premier ministre Edouard Philippe et de 14 membres du gouvernement figuraient "dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l'Etat marocain, utilisateur du logiciel espion Pegasus, pour un potentiel piratage".

Le royaume chérifien conteste son implication dans cette affaire d'espionnage destinée, selon lui, à "déstabiliser la relation diplomatique profonde entre le Maroc et la France" et a décidé d'attaquer en diffamation Amnesty et Forbidden Stories devant le tribunal correctionnel de Paris.

Selon ces associations, l'affaire concerne une liste de 50 000 numéros de téléphone dans le monde sélectionnés depuis 2016 par les clients de l'entreprise israélienne NSO, qui commercialise Pegasus. 

Plus globalement, M. Attal a affirmé l'importance de "protéger les secteurs public et économique" du pays, rappelant qu'un plan de "100 millions d'euros" avait été lancé depuis un an pour "équiper nos hôpitaux et aider nos collectivités locales" à faire face aux cyberattaques.

Sur le plan politique, l'évocation jeudi à l'Assemblée nationale par la France insoumise de l'affaire Pegasus a provoqué un violent échange entre le député UDI Meyer Habib et le groupe LFI, accusé "d'antisémitisme".


Projet d'attaque contre Macron par un groupuscule en France: la défense dénonce un «fiasco judiciaire»

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une cérémonie avec des membres de la communauté asiatique en France pour marquer le Nouvel An lunaire à l'Elysée à Paris, le 27 janvier 2023 (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une cérémonie avec des membres de la communauté asiatique en France pour marquer le Nouvel An lunaire à l'Elysée à Paris, le 27 janvier 2023 (Photo, AFP).
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  • La défense s'est penchée sur le cas très particulier d'Antoine D., 26 ans et atteint de troubles psychiques
  • La parole a été donnée vendredi aux conseils des quatre prévenus soupçonnés d'avoir projeté l'assassinat d'Emmanuel Macron

PARIS: Au dernier jour en France du procès des Barjols, un groupuscule d'ultradroite soupçonné d'avoir fomenté l'assassinat d'Emmanuel Macron mais aussi des attaques contre des migrants et des mosquées, la défense a dénoncé vendredi un "fiasco judiciaire".

"La machine judiciaire s'est emballée", a estimé Me Lucile Collot, quand sa consoeur Olivia Ronen parlait d'un "voyage en absurdie" entrepris fin 2018 par l'antiterrorisme. Le tribunal rendra son jugement le 17 février.

La parole a été donnée vendredi aux conseils des quatre prévenus soupçonnés d'avoir projeté l'assassinat d'Emmanuel Macron et dont l'arrestation, le 6 novembre 2018 en Moselle, avait lancé l'enquête.

Les policiers antiterroristes avaient ce jour-là interpellé un "SDF édenté, un cancéreux et un handicapé mental", cingle Me Jennifer Madar, qui défend Mickaël Iber, un sans-domicile écroué cinquante mois dans ce dossier, contre lequel quatre ans ferme ont été requis.

"On trouve +ça+ alors il faut réinventer, construire une réalité, monter un dossier", ironise l'avocate. "C’est monsieur Macron quand même, on ne peut pas laisser passer ça".

Se met alors en branle, selon l'avocate, un "rouleau compresseur" qui va s'abattre sur "des personnes déjà fragilisées, pauvres, précaires", sur "13 hommes en colère" qui se préparent alors à la première grande mobilisation des "gilets jaunes", le 17 novembre 2018.

"L'accusation a fait fi de ce contexte social", renchérit Me Ronen, qui défend Jean-Pierre Bouyer, l'ex-numéro 2 des Barjols contre lequel a été requise la plus lourde peine en raison de son rôle "moteur" dans le projet d'attaque contre le chef de l'Etat.

"Monsieur Bouyer, c'est un +gilet jaune+ mais ce n'est pas un terroriste", a-t-elle poursuivi.

La défense s'est également penchée sur le cas très particulier d'Antoine D., 26 ans et atteint de troubles psychiques. En appelant à le condamner à un an de prison avec sursis, la procureure a reconnu la "fragilité particulière" de ce jeune homme qui a été au supplice lors de son interrogatoire devant le tribunal.

"Quelqu'un qui n'est pas en capacité de comprendre les questions les plus basiques peut-il être jugé ? Peut-il être condamné ?", a lancé un de ses avocats, Me Gabriel Dumenil.

Evoquant un "fiasco judiciaire", Me Dumenil a lui questionné le concept même d'ultradroite et minimisé la portée des virulents messages anti-migrants ou anti-l'islam échangés par les prévenus en 2017-2018 et collectés par les enquêteurs.


Un nouveau plan Famille de 750 M EUR pour les militaires et leurs proches

Les militaires français sont absents de leur foyer «entre 100 et 150 jours par an» en moyenne, et connaissent entre 4 et 10 mutations au cours de leur carrière, selon l'entourage du ministre Sébastien Lecornu (Photo, AFP).
Les militaires français sont absents de leur foyer «entre 100 et 150 jours par an» en moyenne, et connaissent entre 4 et 10 mutations au cours de leur carrière, selon l'entourage du ministre Sébastien Lecornu (Photo, AFP).
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  • Le ministère entend ainsi poursuivre le chantier entrepris par la précédente ministre des Armées, Florence Parly, qui avait lancé en 2017 une première série de mesures pour compenser les contraintes de la vie militaire
  • Pour les 125 000 conjoints de militaires, dont 84% de femmes, l'accompagnement à l'emploi sera renforcé

PARIS: Le ministère des Armées va consacrer 750 millions d'euros dans la prochaine Loi de programmation militaire 2024-2030 au financement d'un deuxième "Plan Famille" destiné à améliorer les conditions de vie des militaires et de leurs proches, a-t-il annoncé vendredi.

Le ministère entend ainsi poursuivre le chantier entrepris par la précédente ministre des Armées, Florence Parly, qui avait lancé en 2017 une première série de mesures pour compenser les contraintes de la vie militaire, entre mutations et absences prolongées, parfois vécues durement par les conjoints et les enfants.

Les militaires français sont absents de leur foyer "entre 100 et 150 jours par an" en moyenne, et connaissent entre 4 et 10 mutations au cours de leur carrière, selon l'entourage du ministre Sébastien Lecornu.

Des mesures d'accompagnement seront mises en place pour ces mutations régulières, qui posent un problème de fidélisation. "Nous n'avons pas de difficultés à recruter mais bien à fidéliser. Cela va être le nerf de la guerre en période de plein emploi", commente un responsable du ministère.

Les collectivités locales seront associées au maximum pour faciliter l'accueil des familles, et le commandement local se verra attribuer des moyens budgétaires pour adapter les actions à la sociologie des territoires, détaille le ministère.

Quelque 600 places en crèche supplémentaires seront proposées d'ici fin 2027, et priorité sera donnée aux enfants de militaires très souvent absents.

Pour les 125 000 conjoints de militaires, dont 84% de femmes, l'accompagnement à l'emploi sera renforcé.

Une appli réservée aux familles donnera accès aux informations sur l'action sociale du ministère. Les absences longues du militaire deviendront un critère pour obtenir des prestations sociales, qui ne seront plus seulement conditionnées au revenu.

Le premier Plan Famille prévoyait la création de places en crèche, la construction et la rénovation de logements, l'accès généralisé au wifi gratuit dans les bases militaires ou encore l'allongement du préavis de mutation à 5 mois.


Quelles prochaines étapes dans la réforme des retraites en France ?

Des manifestants se rassemblent sur la place d'Italie pour un rassemblement lors d'une deuxième journée de grèves et de manifestations nationales contre le projet de réforme des retraites du gouvernement, à Paris le 31 janvier 2023. (Photo, AFP)
Des manifestants se rassemblent sur la place d'Italie pour un rassemblement lors d'une deuxième journée de grèves et de manifestations nationales contre le projet de réforme des retraites du gouvernement, à Paris le 31 janvier 2023. (Photo, AFP)
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  • Emmanuel Macron a fait de la réforme des retraites un emblème de son second mandat, que les syndicats et des millions de manifestants sont déterminés à bloquer
  • Après deux journées de grèves nationales et de manifestations, voici ce qu'il pourrait se passer dans la rue, au Parlement, au sein du gouvernement et dans l'opinion publique française dans les prochaines semaines

PARIS: Le président français Emmanuel Macron est confronté au plus gros bras de fer avec les syndicats depuis son arrivée au pouvoir en 2017, l'issue d'une série de grèves et manifestations contre le projet de réforme des retraites étant considérée comme décisive par les deux parties.

Le dirigeant de 45 ans a fait de la réforme des retraites un emblème de son second mandat, que les syndicats et des millions de manifestants sont déterminés à bloquer.

Après deux journées de grèves nationales et de manifestations, voici ce qu'il pourrait se passer dans la rue, au Parlement, au sein du gouvernement et dans l'opinion publique française dans les prochaines semaines.

Dans la rue

Les leaders syndicaux se sont félicités de la deuxième journée de protestations de mardi, qui, selon eux, a réuni 2,5 millions de personnes dans la rue.

Le décompte du ministère de l'Intérieur a fait état d'1,27 million de manifestants contre 1,1 million lors de la première journée de mobilisation le 19 janvier.

L'élan est du côté des syndicats qui ont annoncé deux nouvelles journée de protestations et de grèves mardi et samedi prochain.

"La mobilisation est toujours plus forte, et elle est étendue sur l'ensemble du territoire," a déclaré le patron du syndicat CGT Philippe Martinez.

Cependant les syndicats n'ont plus la capacité de paralyser le pays et la plupart des salariés du tertiaire peuvent facilement s'adapter à la pénurie de transports grâce au télétravail.

La plus grande crainte des autorités est une répétition des manifestations des "gilets jaunes". En 2018, ce mouvement spontané, issu principalement de la campagne et de petites villes françaises, avait conduit à de violents affrontements  avec la police.

"Le traumatisme était si grand et la violence si importante, que je ne vois pas comment cela pourrait se reproduire pour le moment", a expliqué le politologue Bruno Cautrès à l'AFP.

Au gouvernement

Le gouvernement s'attendait à une réaction massive. Rares sont les changements politiques majeurs sans protestations en France.

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy s'était heurté à une résistance similaire avec sa réforme des retraites en 2010.

Macron a fait face à plusieurs mouvements syndicaux depuis 2017 et il a toujours réussi a faire passer ses réformes. La seule exception concerne sa première tentative de réformes des retraites, déjà très controversée, qui avait été retirée en 2020 pendant la pandémie de Covid-19.

La Première ministre Élisabeth Borne est en première ligne pour défendre la réforme, mais alors que les rangs de la contestations se durcissent, le président pourrait être contraint d'entrer dans la mêlée.

"Je pense que le président s'exprimera, mais il n'a pas d'intérêt de le faire maintenant," a déclaré à l'AFP un ministre sous couvert d'anonymat. "S'il le faisait, ce serait un peu vu comme: Panique à bord."

Au Parlement

Le projet de loi sera débattu pour la première fois entre les 577 députés de l'Assemblée nationale lundi.

Les alliés d'Emmanuel Macron constituent le groupe le plus important avec 170 députés, mais ils ne détiennent plus la majorité absolue depuis les élections législatives de juin.

Le soutien des 62 députés du parti de droite Les Républicains (LR), qui milite depuis longtemps pour le relèvement de l'âge de la retraite, sera essentiel pour adopter la réforme.

"Je souhaite que le régime de répartition permette de payer les retraites de demain", a déclaré jeudi Éric Ciotti, président du parti LR. "Si on ne le réforme pas, nous n’y arriverons pas."

Mais le soutien de l'ensemble des députés LR reste incertain.

Le débat à l'Assemblée nationale s'achèvera le 17 février au plus tard, pour que le texte passe ensuite au Sénat. Le gouvernement pourrait également faire passer la loi grâce à des pouvoirs exécutifs controversés qui le dispenseraient du vote du Parlement.

Dans l'opinion publique

Les derniers sondages montrent que plus que deux tiers des Français s'opposent à la réforme et une majorité de la population soutient les manifestations.

Les ministres s'efforcent de trouver des arguments en faveur de leur projet, arguant que les changements sont nécessaires pour réduire les dépenses publiques et qu'ils rendront le système de retraite plus équitable.

Mais "le gouvernement n'a pas réussi à convaincre de la nécessité de sa réforme", a déclaré à l'AFP Bernard Sananes, responsable du groupe de sondage Elabe.

En privé, les alliés du président Macron expliquent que leur meilleur espoir est l'adoption rapide d'un projet qui ne sera jamais populaire, mais qui pourrait être accepté à contrecœur comme nécessaire.

"La question est de savoir le degré de mobilisation et la durée de tout cela," a déclaré à l'AFP un ministre sous couvert d'anonymat.