Procès «Haurus»: l'ancien agent de la DGSI condamné à cinq ans de prison ferme

Haurus a déclaré ne pas avoir vendu d'informations tirées de la base de renseignement de la DGSI, "Cristina", et qu'il avait simplement utilisé des fichiers auxquels tous les policiers avaient accès (Photo, AFP).
Haurus a déclaré ne pas avoir vendu d'informations tirées de la base de renseignement de la DGSI, "Cristina", et qu'il avait simplement utilisé des fichiers auxquels tous les policiers avaient accès (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 23 juillet 2021

Procès «Haurus»: l'ancien agent de la DGSI condamné à cinq ans de prison ferme

  • La procureure Catherine Denis avait dénoncé un «individu dénué de sens moral et de scrupule »
  • Selon l'accusation, Haurus aurait effectué 382 recherches illégitimes et facturait ses services entre 100 et 300 euros

NANTERRE: "Haurus", l'ancien agent de la DGSI jugé pour avoir vendu sur le darknet des informations tirées de fichiers de police protégés, a été condamné jeudi à cinq ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Nanterre.

Le parquet avait requis sept ans de prison contre cet ancien brigadier de police de 35 ans, poursuivi pour une dizaine de chefs d'infraction dont "escroquerie" et "faux dans un document administratif".  Il avait reconnu la majorité des faits qui lui sont reprochés, déclarant avoir agi par appât du gain. 

Reconnu coupable de l'ensemble de ces faits, l'ex-agent, vêtu d'un polo bleu, est reparti menotté de la salle d'audience. Sa peine n'est pas aménageable "afin de prévenir" de nouveaux faits et il a l'interdiction définitive d'exercer dans la fonction publique, a déclaré la présidente lors du délibéré. Arrêté en septembre 2018, il a déjà passé un an de prison en détention provisoire.

Son avocat, Me Yassine Bouzrou n'a pas souhaité s'exprimer à l'issue du délibéré. Il a dix jours pour faire appel de cette décision. Lors de l'audience le mois dernier, "Haurus" avait déclaré avoir commencé ses activités illicites sur le darknet pour "mettre du beurre dans les épinards", puisqu'il était endetté.

La procureure Catherine Denis avait, de son côté, dénoncé un "individu dénué de sens moral et de scrupule" qui a "trahi la République" et fait preuve d'une "absence totale de remords".

Il vendait, contre une rémunération en bitcoins, des données confidentielles extraites de fichiers de police auxquels il avait accès: identités, adresses, géolocalisations téléphoniques.

Selon l'accusation, il aurait effectué 382 recherches illégitimes et facturait ses services entre 100 et 300 euros.

Il pouvait également fabriquer lui-même ou aider ses clients à confectionner des faux documents administratifs ou des faux chèques. A la barre, il avait expliqué ne plus être ce "voyou" qui a "sombré par facilité".

Perdre pied avec la réalité

"Je ne suis pas pourri à ce point-là. J'ai conscience du mal que j'ai fait, ça ne se reproduira plus jamais", avait-il dit au tribunal, décrivant une forme "d'addiction" qui lui avait fait "perdre pied avec la réalité". 

Il avait rappelé qu'il n'avait pas vendu d'informations tirées de la base de renseignement de la DGSI, "Cristina", et qu'il avait simplement utilisé des fichiers auxquels tous les policiers avaient accès.

Son compagnon, accusé d'être son complice, a lui été condamné à trois ans dont deux avec sursis mais relaxé du chef de complicité. Il est ressorti libre.

Son avocat Dylan Slama n'a pas souhaité faire de commentaire mais s'est félicité de sa relaxe pour complicité.

Un des clients d'"Haurus", jugé également à ses côtés - un homme connu dans le milieu du banditisme marseillais -, a, lui, été condamné à trois ans de prison avec mandat de dépôt "compte tenu de ses antécédents judiciaires". Il avait demandé à "Haurus" de lui donner des informations permettant de localiser plusieurs personnes, dont certaines ont été retrouvées mortes. Ce volet de l'affaire, toujours en cours d'instruction à Marseille, vaut à "Haurus" une autre mise en examen pour corruption passive et association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes en bande organisée.

 


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.