Polynésie: des victimes des essais nucléaires attendent une demande de pardon de Macron

Emmanuel Macron se rend le 25 juillet en Polynésie, alors que la France a récemment refermé deux jours d'une table ronde sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française. Archives/AFP)
Emmanuel Macron se rend le 25 juillet en Polynésie, alors que la France a récemment refermé deux jours d'une table ronde sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française. Archives/AFP)
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Publié le Dimanche 25 juillet 2021

Polynésie: des victimes des essais nucléaires attendent une demande de pardon de Macron

  • Les victimes des conséquences des essais nucléaires réalisés par la France en Polynésie française de 1966 à 1996 espèrent un geste du président Emmanuel Macron, lors de son déplacement dans cet archipel du Pacifique débuté samedi, pour retrouver la paix
  • «Nous attendons du président une demande de pardon. Tout comme il a reconnu comme crime la colonisation qui s'est déroulée en Algérie, nous attendons aussi qu'il déclare que c'était criminel et que c'est une forme de colonisation qui est liée au nucléaire

PAPEETE : Les victimes des conséquences des essais nucléaires réalisés par la France en Polynésie française de 1966 à 1996 espèrent un geste du président Emmanuel Macron, lors de son déplacement dans cet archipel du Pacifique débuté samedi, pour retrouver la paix.  

"Nous attendons du président une demande de pardon. Tout comme il a reconnu comme crime la colonisation qui s'est déroulée en Algérie, nous attendons aussi qu'il déclare que c'était criminel et que c'est une forme de colonisation qui est liée au nucléaire ici dans le Pacifique", a expliqué samedi à des journalistes le Père Auguste Uebe-Carlson, président de l'association de victimes des essais nucléaires "193", d'après le nombre d'essais réalisés en Polynésie française.

"Le muselage des associations ou des opposants face à une raison d'Etat est toujours une même logique. Et c'est cette même logique que l'on a vue depuis la première venue de De Gaulle ici", clame-t-il, en assurant que "les lieux de manifestation ont été interdits" par le Haut Commissariat pour la visite du chef de l'Etat.

Après 17 essais nucléaires au Sahara, la France a transféré en 1966 son champ de tir en Polynésie française, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, où elle a procédé à 193 nouveaux essais en trente ans.

Quand Tepairu Taaroa, qui travaillait pour le centre d'expérimentation du Pacifique (CEP), a assisté au premier essai nucléaire aérien en 1966 et a vu "ce feu qui sortait de la terre, qui se transformait en champignon grisâtre", elle a demandé à ses supérieurs: "est-ce que ce champignon grisâtre ne sera pas propagé dans toute la Polynésie française ?"

L'un d'eux lui a répondu: "tu verras dans les jours, dans les années à venir", se souvient-elle. Le Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) n'a pas reconnu que les retombées nucléaires avaient causé les cancers qui l'ont atteinte.

Pourtant, "le premier cancer que j'ai eu, tout de suite j'ai pensé à ça ! Et je sais que ça vient des essais nucléaires", explique-t-elle.

«Etre pacifié»

"Ce n'est pas une question de sous avant tout. Ils essaient de nous présenter comme des quémandeurs permanents, or ce pays a besoin d'être pacifié. D'être réconcilié avec lui-même et ses habitants. Il y a un coupable, c'est l'Etat français", assure le Père Auguste.

Pour Leonie Tetunu, le fait d'avoir été reconnue par le Civen victime d'une exposition in utero lors de l'essai Centaure en 1974, a été une étape importante. Elle raconte cependant que l'indemnisation ne changera rien au cancer qui la ronge et aux conséquences sur sa vie.  "C'est pas nous qui avons fait ça. C'est la France ! 193 (essais nucléaires), c'est beaucoup. Un pardon c'est suffisant, c'est énorme, demander pardon c'est tout", dit-elle.

L'Etat français a organisé début juillet une table ronde sur les conséquences des 193 essais nucléaires en Polynésie française au cours de laquelle il est notamment apparu qu'il fallait aider les demandeurs à monter leurs dossiers, alors que le Civen reçoit 140 à 150 demandes d'indemnisation par an.

"On peut partir de l'idée effectivement qu'il y a beaucoup plus de personnes, notamment de résidents polynésiens, qui pourraient déposer un dossier", constate le nouveau président du Civen, Gilles Hermitte. Il faut "faire en sorte que l'information parvienne déjà jusqu'à ces personnes", mais également "les accompagner tout au long des démarches qu'elle doivent faire pour essayer d'obtenir les documents qui seront nécessaires à la constitution de ce dossier, notamment les pièces médicales", ajoute-t-il.

Selon l'Elysée, "le président de la République aura à coeur, lors de ce déplacement, de promouvoir ce dialogue étroit et transparent en encourageant la mise en place rapide et concrète de plusieurs actions, tant sur la question de la mémoire avec l'ouverture des archives que sur les questions d'indemnisations individuelles".


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.


Macron a parlé à Trump et Netanyahu, appelle au respect de l'intégrité territoriale du Liban

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a appelé Benjamin Netanyahu à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à éviter une offensive terrestre, tout en exigeant que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël
  • Il a également échangé avec Donald Trump sur la situation régionale, promis une aide humanitaire aux déplacés libanais et réaffirmé le soutien français aux forces armées libanaises

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est entretenu mercredi avec son homoloque américain Donald Trump et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu'il a appelé "à préserver l'intégrité territoriale du Liban et à s'abstenir d'une offensive terrestre".

Dans un message sur X, relatant ses conversations avec Benjamin Netanyahu ainsi qu'avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, Emmanuel Macron dit également avoir "réaffirmé la nécessité que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël et au-delà".

"Cette stratégie d'escalade constitue une faute majeure qui met en péril l'ensemble de la région", a jugé le chef de l’État français.

Son entourage a fait savoir qu'il avait également échangé avec Donald Trump mercredi soir et avait "alerté" le président américain "sur la situation au Liban à laquelle la France demeure très attentive".

"Le président Trump a contacté le président de la République ce soir pour l'informer de l'état des opérations militaires menées par les États-Unis en Iran", a indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron.

À ses interlocuteurs libanais, le président français a promis que "la France prendra des initiatives immédiates pour soutenir les populations libanaises déplacées" face à "l'urgence humanitaire dans le sud du Liban" depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par Israël et les États-Unis.

Il a assuré que la France poursuivrait également "son soutien aux efforts des Forces armées libanaises, afin qu'elles puissent assumer pleinement leurs missions de souveraineté et mettent un terme à la menace posée par le Hezbollah".

La discussion entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu était la première depuis le début de l'été 2025. Leurs relations ont connu une brouille au mois d'août lorsque la France a annoncé son intention de reconnaître l’État de Palestine.

Le chef du gouvernement israélien avait alors accusé Emmanuel Macron "d'alimenter le feu antisémite" en France.

Dans un échange de lettres acerbe, Emmanuel Macron lui avait alors reproché d'"offenser la France toute entière" et l'avait appelé "solennellement" à sortir de sa "fuite en avant meurtrière" dans la guerre à Gaza.

Dans son message sur X, le président français se limite à évoquer la situation au Liban qu'il juge "très préoccupante". Il ne dit pas s'il a discuté avec Benjamin Netanyahu de l'Iran où Israël et les États-Unis ont déclenché depuis dimanche une offensive militaire massive.

L'armée israélienne a indiqué dans un communiqué mercredi avoir déployé "sur plusieurs positions" du sud du Liban des soldats, avec des unités "de l'infanterie, des blindés et du génie".

Le Hezbollah a affirmé de son côté que ses combattants étaient engagés dans des affrontements "directs" avec des soldats israéliens entrés dans la ville libanaise de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël

Mardi, lors d'une allocation solennelle, Emmanuel Macron avait dénoncé la "responsabilité première" de l'Iran dans la guerre, notamment à cause de son "programme nucléaire dangereux", mais estimé que les opérations militaires américano-israélienne se déroulaient "en dehors du droit international".