Vaccin russe : une publication confirme des résultats préliminaires encourageants

L’usine pharmaceutique Binnofarme dans la banlieue de Moscou, où la Russie a lancé la production d’un vaccin anti-coronavirus. (Alexander Nemenov/AFP)
L’usine pharmaceutique Binnofarme dans la banlieue de Moscou, où la Russie a lancé la production d’un vaccin anti-coronavirus. (Alexander Nemenov/AFP)
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Publié le Vendredi 04 septembre 2020

Vaccin russe : une publication confirme des résultats préliminaires encourageants

  • « Le vaccin en cours de développement par le gouvernement russe et l'institut de recherche Gamaleïa déclenche une réponse immunitaire et n'a pas entraîné d'effets indésirables graves », conclut un article publié dans le prestigieux The Lancet
  • Selon l'OMS, un total de 176 candidats vaccins sont en cours de développement dans le monde, dont 34 sont au stade des tests sur des humains

PARIS : Près d'un mois après une annonce en grande pompe des autorités russes, les chercheurs du pays ont publié une première étude qui montre que leur candidat-vaccin contre le coronavirus, Spoutnik V, donne des résultats préliminaires encourageants.

Le vaccin en cours de développement par le gouvernement russe et l'institut de recherche Gamaleïa déclenche une réponse immunitaire et n'a pas entraîné d'effets indésirables graves, conclut l'article, publié par la prestigieuse revue britannique The Lancet, après évaluation par un comité de scientifiques indépendants.

Ces résultats ne prouvent pas encore que le vaccin protège efficacement contre une infection par le nouveau coronavirus, ce que devront montrer des études de plus grande ampleur, soulignent toutefois des experts.

Le 11 août, les autorités russes avaient annoncé l'entrée de Spoutnik V dans la 3e et dernière phase d'essais cliniques, mais sans rendre publics les résultats des essais déjà menés.

Elles avaient par ailleurs affirmé leur volonté de l'homologuer dès septembre, sans attendre les résultats de cette 3e phase d'essais, puis de démarrer les campagnes de vaccination en janvier.

Après cette annonce, de nombreux chercheurs et certains pays comme l'Allemagne et les États-Unis avaient émis des doutes sur l'efficacité et la sécurité du vaccin, pointant notamment l'absence de données publiques sur les essais menés.

Vaccins à "vecteur viral"

"La publication dans The Lancet (...) constitue une réponse puissante aux sceptiques qui ont critiqué de manière déraisonnable le vaccin russe", a jugé vendredi Kirill Dmitriev, directeur du fonds souverain russe, associé au financement du vaccin, au cours d'un point presse à Moscou par visioconférence.

Le Spoutnik V est constitué de deux vaccins différents, administrés en deux injections successives, détaille l'article publié vendredi.

Il s'agit de vaccins à "vecteur viral": ils utilisent comme support deux adénovirus (virus très courants, responsables notamment de rhumes), transformés pour y ajouter une partie du virus responsable du Covid-19.

Lorsque l'adénovirus modifié pénètre dans les cellules des personnes vaccinées, ces dernières vont fabriquer une protéine typique du Sars-Cov-2, apprenant ainsi à leur système immunitaire à le reconnaître et à le combattre, explique l'auteur principal de l'article, Denis Logounov, de l'Institut Gamaleïa.

Deux études de petite taille ont été menées sur 76 adultes volontaires en bonne santé, âgés de 18 à 60 ans.

Elles concluent "qu'aucun effet indésirable grave n'a été détecté" et observent "la production d'anticorps" chez "tous les participants", y compris des "anticorps neutralisants".

La quantité d'anticorps retrouvée "chez les volontaires vaccinés est largement supérieure à celle chez les malades", mesurée à partir du plasma de patients guéris du Covid-19, a souligné Inna Dolgikova, l'une des auteurs de la publication, lors du point presse.

Le vaccin déclenche également l'autre volet de la réponse immunitaire qui passe par les lymphocytes T.

Ces études, financées par le ministère russe de la Santé, ont été menées entre le 18 juin et le 3 août.

"Des essais de grande taille, avec un suivi plus long et incluant la comparaison avec un placebo" sont désormais "nécessaires pour établir dans la durée l'innocuité et l'efficacité du vaccin", soulignent leurs auteurs.

Ce sera le rôle de l'essai de phase 3, démarré fin août, qui doit inclure 40.000 participants "de différents âges et avec des niveaux de risque différents".

La production du vaccin "ne sera destinée dans un premier temps qu'au marché russe mais (...) nous espérons avoir la possibilité de fournir ce vaccin sur le marché international dès novembre", a précisé Kirill Dmitriev, mentionnant des marques d'intérêt d'"une quarantaine de pays".

"La sécurité est primordiale"

Ces résultats, "de bon augure", ne disent pas si le vaccin provoquera une réponse immunitaire chez les personnes âgées, plus à risque face au coronavirus, tempère Naor Bar-Zeev, spécialiste des vaccins à l'École de santé publique Johns Hopkins Bloomberg (Baltimore).

"Les vaccins étant administrés à des gens en bonne santé et, dans le cas de la pandémie de Covid-19, potentiellement à l'ensemble de la population (...), la sécurité est primordiale", ajoute-t-il, dans un commentaire publié par The Lancet.

La pandémie de Covid-19 a entraîné une mobilisation sans précédent de nombreux pays pour développer le plus vite possible un vaccin susceptible de protéger contre cette maladie.

Selon l'OMS, un total de 176 candidats vaccins sont en cours de développement dans le monde, dont 34 sont au stade des essais cliniques, ce qui signifie qu'ils ont commencé à être testés sur des humains. Parmi ceux-ci, huit sont en phase 3, la plus avancée.

"En termes de calendrier réaliste, nous ne nous attendons vraiment pas à voir une vaccination généralisée avant le milieu de l'année prochaine", a toutefois prévenu vendredi une porte-parole de l'OMS, Margaret Harris, rappelant que cette étape de tests massifs sur des volontaires prenait du temps.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.