D'anciens chefs militaires britanniques sonnent l'alarme pour les interprètes afghans «abandonnés à leur sort»

D'anciennes personnalités britanniques de la défense ont appelé à l'élargissement d'une initiative de transfert des interprètes afghans qui ont soutenu le rôle de la Grande-Bretagne dans le conflit. (Fichier/AFP)
D'anciennes personnalités britanniques de la défense ont appelé à l'élargissement d'une initiative de transfert des interprètes afghans qui ont soutenu le rôle de la Grande-Bretagne dans le conflit. (Fichier/AFP)
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Publié le Jeudi 29 juillet 2021

D'anciens chefs militaires britanniques sonnent l'alarme pour les interprètes afghans «abandonnés à leur sort»

  • Le programme de transfert pour amener en Grande-Bretagne d'anciens collègues qui ont risqué leur vie est «inadéquat», met en garde la lettre
  • Ces dernières années, plus de 2 200 Afghans et leurs familles sont arrivés en Grande-Bretagne

LONDRES: D'anciennes personnalités britanniques de la défense ont appelé à l'élargissement d'une initiative de transfert des interprètes afghans qui ont soutenu le rôle de la Grande-Bretagne dans le conflit du pays, après qu'il est apparu que des centaines de personnes se sont vu refuser le droit de vivre au Royaume-Uni.

Le groupe a fait part de ses «graves préoccupations» dans une lettre au journal The Times selon laquelle le plan britannique était inadéquat pour protéger les Afghans qui ont risqué leur vie pour aider les forces de la coalition dans le conflit avec les talibans.

La lettre, qui comprend les signatures de six anciens chefs des forces armées, a été signée au total par 45 anciens officiers et responsables militaires.

Elle a exhorté le Premier ministre britannique, Boris Johnson, à reconsidérer le plan, mettant en garde sur le fait qu’«il n'est pas mené avec l'esprit de générosité et d'urgence requis».

L'initiative, officiellement intitulée Afghan Relocations and Assistance Policy (Plan de transferts et d’aide aux Afghans), a été lancée cette année pour réinstaller d'urgence des Afghans – qui travaillaient auparavant pour les forces britanniques en tant qu'interprètes – au Royaume-Uni dans le cadre d'un retrait de l'Otan du pays déchiré par la guerre.

Ces dernières années, plus de 2 200 Afghans et leurs familles sont arrivés en Grande-Bretagne.

Cependant, à travers la lettre, les anciens responsables militaires ont exprimé leurs préoccupations pressantes quant au fait que trop de demandes de transfert avaient été «anormalement rejetées» par les responsables britanniques.

Elle disait: «Le Royaume-Uni devrait être aussi généreux et accueillant tel que nous le connaissons. Ces personnes nous ont étroitement épaulés. Nous devons maintenant agir de même avec elles.»

D'autres militants se sont également joints à la campagne pour exhorter le gouvernement à une révision du plan. L'alliance Sulha, qui a été fondée pour promouvoir le transfert des anciens interprètes afghans, a signalé le fait que la politique devrait être «plus généreuse».

Environ 450 Afghans qui ont travaillé pour les forces britanniques ont affirmé à l'alliance que leurs candidatures avaient été formellement rejetées, a déclaré Ed Aitken, ancien capitaine et co-fondateur du groupe.

Âgé de 30 ans, Mohammed, un ancien interprète dont la demande a été rejetée, a averti que «ce n'était qu'une question de temps avant que les talibans ne me trouvent et ne me tuent».

Il a affirmé qu'il avait été «abandonné à son sort» après s'être vu refuser l'asile au Royaume-Uni.

«Je suis sûr que je vais subir le même sort que les interprètes avant moi et être décapité.»

Toutefois, malgré ses avertissements et les recommandations personnelles des commandants britanniques, sa demande a été continuellement refusée par les autorités.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Un migrant rentre dans l'enclave de Melilla en parapente

Un migrant rentre dans l'enclave de Melilla en parapente
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  • «Vers 18h15 (17H15 GMT), deux personnes qui circulaient en voiture (à Melilla) ont vu une personne en parapente» survoler la haute barrière ultra-sécurisée séparant l'enclave du Maroc et rentrer à Melilla
  • Situées sur la côte nord du Maroc, les petites enclaves de Melilla et de Ceuta constituent les deux seules frontières de l'UE sur le continent africain

MADRID: Un migrant est parvenu à rentrer jeudi dans l'enclave espagnole de Melilla depuis le Maroc voisin en parapente, a-t-on appris vendredi auprès des autorités espagnoles.

"Vers 18h15 (17H15 GMT), deux personnes qui circulaient en voiture (à Melilla) ont vu une personne en parapente" survoler la haute barrière ultra-sécurisée séparant l'enclave du Maroc et rentrer à Melilla, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la préfecture de l'enclave.

Ces deux personnes ont "prévenu la Garde civile" mais ce "migrant n'a pas pu être localisé" pour le moment, a-t-il ajouté.

Selon ce porte-parole, c'est "la première fois" qu'un migrant entre à Melilla en parapente.

Situées sur la côte nord du Maroc, les petites enclaves de Melilla et de Ceuta constituent les deux seules frontières de l'UE sur le continent africain.

Les barrières grillagées de plusieurs mètres de haut, équipées de caméras et de miradors, qui marquent la frontière entre le Maroc et ces enclaves font régulièrement l'objet de tentatives de franchissement parfois mortelles.

Le 24 juin dernier, au moins 23 migrants ont péri en tentant de pénétrer à Melilla, le bilan humain le plus lourd jamais enregistré lors des tentatives d'intrusion de migrants dans l'une des deux enclaves espagnoles.

Cette tragédie avait provoqué l'indignation internationale, l'Onu dénonçant un "usage excessif de la force" de la part des autorités marocaines et espagnoles.

Des migrants tentent parfois aussi de rentrer à la nage dans ces enclaves depuis les localités marocaines voisines.


Mondial: derniers tickets pour les huitièmes!

Les joueurs allemands se tiennent sur le terrain à la fin du match de football du groupe E de la Coupe du monde 2022 du Qatar entre le Costa Rica et l'Allemagne au stade Al-Bayt à Al Khor, au nord de Doha, le 1er décembre 2022. (Photo de Ina Fassbender / AFP )
Les joueurs allemands se tiennent sur le terrain à la fin du match de football du groupe E de la Coupe du monde 2022 du Qatar entre le Costa Rica et l'Allemagne au stade Al-Bayt à Al Khor, au nord de Doha, le 1er décembre 2022. (Photo de Ina Fassbender / AFP )
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  • Dès samedi débuteront les matches couperet, avec Pays-Bas - Etats-Unis (16h00) puis Argentine - Australie (20h00)
  • La France, tenante du titre, affrontera dimanche la Pologne de Robert Lewandowsky (16h00)

DOHA: Au lendemain de l'élimination choc de l'Allemagne, il ne reste plus que deux places en jeu pour les huitièmes de finale du Mondial, qui seront attribuées vendredi, avec l'Uruguay en grand danger face à un Ghana séduisant et revanchard et la Suisse en ballottage favorable.

Dès samedi débuteront les matches couperet, avec Pays-Bas - Etats-Unis (16h00) puis Argentine - Australie (20h00). La France, tenante du titre, affrontera dimanche la Pologne de Robert Lewandowsky (16h00).

Le Brésil et le Portugal, qui disputent leur dernier match des phases de poule vendredi, ont déjà leur billet en poche.

Deux nations majeures du football manqueront en revanche à l'appel, la Belgique et surtout l'Allemagne.

La Mannschaft a certes battu le Costa Rica (4-2) mais elle a payé son revers initial contre les Japonais (2-1), qui ont arraché la première place du groupe E en s'offrant l'Espagne sur le même score. La Roja ne sauve sa place en 1/8 qu'à la faveur d'une différence de buts supérieure à celle des Allemands (+6 contre +1).

"Le monde du foot tremblait devant nous. Nous étions loués comme une équipe de grand tournoi. Maintenant, l'Allemagne est juste un nain du foot", a cinglé le quotidien Bild, qui s'interroge tout de même sur la validité du deuxième but du Japon face à l'Espagne -celui qui a précipité l'élimination allemande. La Belgique est elle piteusement sortie du tournoi jeudi après son nul contre les Croates (0-0) mais peu se risquaient à accoler l'étiquette de postulant au sacre sur le dos des héros fatigués et vieillissants du Mondial-2018, dont le sélectionneur Roberto Martinez a annoncé qu'il quittait son poste.


Attentats de Bruxelles: les vies brisées du 22 mars 2016

Prévenus, avocats et tribunal assistent à l'ouverture du procès contre les neuf djihadistes présumés accusés d'avoir participé aux attentats-suicides de mars 2016, au bâtiment Justitia à Bruxelles le 30 novembre 2022. (AFP)
Prévenus, avocats et tribunal assistent à l'ouverture du procès contre les neuf djihadistes présumés accusés d'avoir participé aux attentats-suicides de mars 2016, au bâtiment Justitia à Bruxelles le 30 novembre 2022. (AFP)
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  • Rescapés et témoins des attentats jihadistes de 2016 à Bruxelles se disent marqués à vie par les «scènes de guerre» qu'ils ont vécues
  • «L'aéroport on l'a reconstruit en six mois, et les vies des gens ça fait six ans qu'on attend», dit Danielle Iwens, qui a perdu une collègue de travail ce jour-là

BRUXELLES: Séquelles physiques mais aussi troubles du sommeil, crises de panique, peur du bruit et de la foule: rescapés et témoins des attentats jihadistes de 2016 à Bruxelles se disent marqués à vie par les "scènes de guerre" qu'ils ont vécues.

Un millier de personnes réclament au procès la réparation d'un préjudice, soit bien au-delà des proches des 32 tués dans ces attaques suicides à l'aéroport et dans le métro le 22 mars 2016. Trois de ces parties civiles ont accepté de se confier à l'AFP.

«Vie détruite»

Philippe Vandenberghe, 51 ans, travaillait dans les bureaux de l'aéroport de Zaventem au moment où deux kamikazes se sont fait exploser dans le terminal. L'informaticien, titulaire d'un brevet de secouriste, se précipite auprès des victimes.

"Sauver des personnes c'est la chose la plus importante qui puisse vous arriver", dit-il. "Je suis intervenu sur 18 personnes différentes, je suis sûr d'en avoir sauvé une, probablement deux ou trois".

Le plafond s'est effondré, des débris jonchent le sol et la fumée est encore dense. Le secouriste progresse difficilement. Certaines personnes ont des membres arrachés. Il voit deux enfants à côté d'un corps sans vie, "probablement leur mère", et "tente une réanimation".

Un garrot d'un côté, plusieurs évacuations sur des chariots à bagages vers le poste médical avancé: il se démène pendant une heure. "J'étais couvert de sang", raconte-t-il.

Un collègue le raccompagne chez lui "en état de choc", et il se fait prescrire des calmants par un médecin. Ses troubles dits de "stress post-traumatique" (TSPT) ne seront diagnostiqués que bien plus tard, après des mois de nuits sans sommeil.

Après avoir été soigné dans une clinique spécialisée, il rompt en 2019 avec son employeur, Brussels Airport, avec lequel il est en conflit à propos de la prise en charge des frais médicaux.

"Ma vie a été complètement détruite, j'ai perdu mes amis, mes hobbies, mon emploi", lâche ce célibataire, aujourd'hui bénévole à la Croix-Rouge et qui veut devenir ambulancier.