L’industrie automobile mondiale sous la menace du «Chipaggedon»

Les semi-conducteurs sont des matériaux (l'un des plus connus est le silicium) et par extension, les composants électroniques fabriqués avec eux. Ces composants minuscules (les plus avancés font entre 5 et 7 nanomètres) sont indispensables à des pans entiers de l'industrie mondiale et intégrés à de nombreux objets du quotidien. (Photo, AFP)
Les semi-conducteurs sont des matériaux (l'un des plus connus est le silicium) et par extension, les composants électroniques fabriqués avec eux. Ces composants minuscules (les plus avancés font entre 5 et 7 nanomètres) sont indispensables à des pans entiers de l'industrie mondiale et intégrés à de nombreux objets du quotidien. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 31 juillet 2021

L’industrie automobile mondiale sous la menace du «Chipaggedon»

  • Les constructeurs souffrent d’une pénurie de semi-conducteurs (microchips en anglais) qui les obligent à réduire ou même suspendre la production
  • Indispensables pour assembler les voitures, de plus en plus informatisées, ces puces électroniques sont difficiles à trouver depuis la fin 2020

PARIS : L'industrie automobile subit la pénurie de semi-conducteurs de plein fouet cet été, avec une production ralentie et des usines en pause, mais voit le marché s'éclaircir fin 2021.

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Un employé de la firme allemande Bosch dans une salle "propre", complètement dépourvue de poussière, où sont fabriquées les fameuses "puces", essentiellement à partir du silicium. Les tailles des puces peuvent atteindre quelques nanomètres, bien plus petites qu'un grain de poussière. (Photo, AFP)

Les constructeurs et équipementiers du secteur ont présenté jusqu'ici des résultats semestriels meilleurs qu'attendu, mais freinés par la pénurie de puces électroniques.

Indispensables pour assembler les voitures, de plus en plus informatisées, ces puces sont difficiles à trouver depuis la fin 2020.

Alors que les acheteurs reviennent en concessions, Mercedes et BMW ont dû suspendre temporairement l'activité de plusieurs usines. Jaguar-Land Rover a prévenu de son côté que la pénurie pourrait entraîner une réduction de moitié de ses ventes au troisième trimestre.

Jeudi, Volkswagen a souligné que les risques de blocage et de perturbation dans l'approvisionnement en semi-conducteurs s'étaient "intensifiés dans le secteur".

"Nous avons réussi à limiter les conséquences de ces goulets d'étranglement jusqu'à maintenant", a souligné le directeur financier du groupe allemand, Arno Antlitz. "Mais nous anticipons des effets plus prononcés au troisième trimestre."

Volkswagen a abaissé son pronostic de ventes en conséquence.

«Chipaggedon»

Ford a aussi fermé temporairement certaines usines. Mais l'entreprise a parallèlement profité de la forte demande pour ses voitures, pick-up et camions pour "optimiser les revenus et les profits" en offrant moins de promotions et en se concentrant sur les véhicules les plus rentables. Leur prix moyen en Amérique du Nord a augmenté de 14% sur un an.

Nissan a repoussé la sortie de son nouveau crossover 100% électrique Ariya, faute de puces, mais n'a pas modifié son objectif annuel de ventes.

Tesla, qui se voit freiné par la pénurie au niveau des airbags et des ceintures notamment, a conçu des programmes pour utiliser des nouveaux composants, a souligné lundi son patron Elon Musk.

Cette pénurie de "chips" ("chiptastrophe" ou "chipaggedon" dans la presse anglophone) va-t-elle prendre fin dans quelques mois, ou pourrait-elle se prolonger?

"On a atteint le pic de la crise", décrypte pour l'AFP le directeur du Center Automotive Research, Ferdinand Dudenhöffer. "La situation va s'améliorer dès que les nouvelles capacités de production seront disponibles, mais le problème ne sera pas résolu à la fin 2021 et pourrait se prolonger jusqu'en 2023. Un risque pèsera en permanence sur la chaîne d'approvisionnement."

L'expert prévoit un total de 5,2 millions de véhicules "perdus" en 2021, et une forte baisse des immatriculations au second semestre, avec des délais d'attente plus longs et des prix plus hauts pour les acheteurs: les concessionnaires ont vendu leurs stocks et vont devoir les reconstituer petit à petit.

Cette pénurie a également des conséquences sur le marché des voitures d'occasions, dont les prix augmentent avec la demande.

L'équipementier Valeo, qui utilise 50 milliards de composants électroniques par an pour ses systèmes d'aide à la conduite ou d'éclairage notamment, a réussi pour le moment à ne pas interrompre sa production, en transférant par exemple des composants depuis ses usines les mieux équipées.

"Chaque fois que des composants électroniques se présentent, on a décidé de les acheter et de les stocker", a souligné le directeur financier de l'équipementier, Robert Charvier, devant des journalistes. Valeo voit aussi la crise s'atténuer mais se poursuivre jusqu'en 2022.

Dans cette industrie où la logistique est calculée à la minute près, "les équipementiers et les constructeurs sont en train de réévaluer leur chaîne d'approvisionnement pour mieux la contrôler, en diversifiant les sources si possible", analyse Nils Poel, du syndicat européen des équipementiers. "Certains constructeurs se coordonnent mieux avec leurs fournisseurs, d'autres leur mettent la pression", souligne-t-il.

Le secteur automobile pourrait "mieux s’en sortir" que d'autres et "ne pas être celui qui souffre le plus longtemps", prévient Mathilde Aubry, professeure d'économie à l'école de commerce EM Normandie.

Le gouvernement américain prévoit d'investir 52 milliards de dollars pour moins dépendre de l'Asie.

L'Europe essaie désormais de rapatrier les puces les plus miniaturisées, essentielles dans "des secteurs ultra-stratégiques en lien avec la santé et la sécurité", explique Mathilde Aubry.

L'automobile devra se méfier de son côté d'une autre pénurie, prévient M. Dudenhöffer: avec l'explosion imprévue des ventes de voitures électriques depuis 2020, les cellules de batteries pourraient commencer à manquer à partir de 2023.

Smartphones, consoles de jeux, appareils électroménagers, automobile...

Smartphones, consoles de jeux, appareils électroménagers, automobile... De nombreux secteurs rencontrent des difficultés depuis plusieurs mois pour s'approvisionner en semi-conducteurs. Le point sur cette pénurie qui déstabilise une part majeure de l'industrie mondiale.

dfv

 

Qu'est-ce qu'un semi-conducteur?

Les semi-conducteurs sont des matériaux (l'un des plus connus est le silicium) et par extension, les composants électroniques fabriqués avec eux: par exemple les puces permettant à des appareils de capter, traiter ou stocker des données.

Ces composants minuscules (les plus avancés font entre 5 et 7 nanomètres) sont indispensables à des pans entiers de l'industrie mondiale et intégrés à de nombreux objets du quotidien.

On en trouve dans les appareils électroniques ou connectés comme les smartphones, les ordinateurs ou les consoles de jeux vidéo, les automobiles (notamment les tableaux de bord), les avions, les réseaux informatiques ou téléphoniques...

Qui les fabrique?

Les principaux fabricants se situent à Taïwan (TSMC) et en Corée du Sud (Samsung et SK Hynix). Les Etats-Unis disposent d'autres acteurs majeurs comme Intel et Qualcomm.

En revanche, l'Europe a davantage misé sur la recherche et dispose de peu de capacités de production malgré quelques entreprises spécialisées.

Pour assurer sa souveraineté technologique face à la Chine et aux Etats-Unis sur ce marché estimé à 440 milliards d'euros, l'Union européenne ambitionne de produire 20% des semi-conducteurs dans le monde d'ici à 2030, le double de sa part actuelle.

Comment s'explique la pénurie?

Les fabricants de puces ont fait face à une hausse soudaine de la demande pour équiper des produits électroniques. Ordinateurs, tablettes ou consoles de jeux sont en effet très prisés dans le contexte de la pandémie de Covid-19, qui a accéléré l'essor du télétravail et des loisirs à la maison.

"La deuxième chose est que les semi-conducteurs font de plus en plus partie de notre vie, et de plus en plus d'appareils contiennent beaucoup de semi-conducteurs", explique à l'AFP Ondrej Burkacky, associé et expert du secteur au sein du cabinet McKinsey.

Or ce marché était déjà sous pression du fait de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Certains acteurs, comme le géant Huawei, ont fait des stocks importants l'an dernier pour limiter les effets des sanctions.

La demande actuelle de produits du fabricant franco-italien STMicroelectronics "est à peu près 30% supérieure aux capacités de production prévues pour cette année, et est déjà au-dessus des capacités de production prévues pour l'année prochaine", a par exemple expliqué jeudi son patron Jean-Marc Chéry.

Le géant américain Intel a estimé de son côté que la pénurie pourrait se prolonger jusqu'en 2023.

Quels secteurs sont affectés?

Outre l'automobile, l'un des secteurs les plus gourmands en semi-conducteurs, les équipements informatiques (ordinateurs, smartphones, consoles de jeux) sont les plus touchés, notamment en raison de l'envol de l'intelligence artificielle, ou encore de l'arrivée de la 5G.

Les ventes globales de smartphones dans le monde ont ainsi été pénalisées au deuxième trimestre par ces pénuries, selon une étude publiée jeudi par le cabinet d'études spécialisé Canalys. Avec des ventes en repli de 9% par rapport au trimestre précédent, les fabricants ont "peiné à sécuriser des composants clés pour répondre à la demande", souligne Ben Stanton, analyste de Canalys.

Même le géant américain Apple a dit s'attendre cette semaine à ce que les "contraintes d'approvisionnement soient plus importantes" sur le trimestre en cours.

La pénurie de semi-conducteurs pourrait néanmoins frapper plus durement les petits fabricants comme les chinois Lenovo et TCL, ou encore le finlandais HMD Global, qui produit les nouveaux smartphones Nokia, selon les analystes. "Nous pourrions voir un certain déséquilibre sur le marché", a déclaré à CNBC Florian Seiche, PDG de HMD, alors que la demande de modèles bas de gamme est assez élevée.

Les fabricants de consoles de jeux comme Microsoft et Sony sont aussi confrontés au problème similaire.

Le groupe japonais a ainsi dépassé les dix millions PlayStation 5 vendues depuis sa sortie en novembre dernier, mais la demande "continue de dépasser l'offre" selon l'un de ses dirigeants. Conséquence: des milliers de "gamers" attendent plusieurs semaines avant pouvoir mettre la main sur la console de nouvelle génération.

Des acteurs de l'électroménager, déjà victimes du manque de matières premières disponibles, ont également fait part de difficultés d'approvisionnement en puces. Le groupe français SEB a notamment prévenu que les prix de certains produits allaient augmenter cette année en raison des pénuries.


Ameublement: Roche Bobois souffre d'un marché morose

 La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
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  • Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne
  • La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

PARIS: La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée.

Le chiffre d'affaires de l'enseigne d'ameublement haut de gamme résiste mieux mais s'affiche en repli de 2,8%, à 402,5 millions d'euros, selon un communiqué publié jeudi.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) - un indicateur de la rentabilité - diminue de 4,3%, à 71,2 millions d'euros, dans la fourchette annoncée par le groupe.

Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne.

La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

La France a également beaucoup souffert avec un Ebitda en baisse de 9,3%, à 16,8 millions d'euros, "en lien avec la baisse des volumes" des ventes.

Ces résultats en baisse sont compensés par la bonne tenue de la marque de canapés Cuir Center, également propriété du groupe, qui affiche une croissance de son Ebitda de 25%, à 7,7 millions d'euros, "grâce à sa bonne performance commerciale et à la fermeture de magasins non rentables en 2024".

Après ce nouvel exercice difficile, Roche Bobois proposera de verser un dividende de 0,80 euro par action lors de sa prochaine assemblée générale, contre 1,25 euros l'an dernier.

Le groupe dit aborder 2026 avec "prudence compte tenu du contexte géopolitique actuel qui pèse sur la vigueur de la consommation et des effets de change toujours peu favorables".

Roche Bobois détient actuellement un réseau de 339 magasins en propre ou franchisé dans 54 pays, ses principaux marchés étant l'Amérique du Nord, la France et le reste de l'Europe.

 


L'UE choisit Lille pour le siège de la future Autorité douanière européenne

Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
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  • Lille a été choisie pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne (EUCA) en 2028, après avoir battu Rome et huit autres villes, renforçant le rôle stratégique de la France dans le commerce et la logistique européens
  • La ville bénéficiera d’une implantation à Euralille, au cœur des axes logistiques européens, avec environ 250 emplois prévus d’ici 2034, dans le cadre de la réforme du système douanier de l’UE

BRUXELLES: Lille a été choisie mercredi pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, face à huit autres villes candidates, prenant ainsi sa revanche après avoir vu lui échapper l'Autorité européenne du médicament en 2017.

La métropole du nord de la France, chef lieu de la région des Hauts-de-France, était en concurrence avec Rome, finaliste, ainsi que Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège, Porto et Malaga.

"C'est le choix d'une métropole ouverte et pleinement européenne, une fierté pour la France. Nous serons au rendez-vous", a salué le président français Emmanuel Macron, sur le réseau X.

La décision a été prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l'UE, l'instance qui représente les 27 États membres, via une procédure spéciale.

Le Conseil et le Parlement européen avaient chacun présélectionnés Lille et Rome, sans se concerter. Il a fallu ensuite trois tours de scrutin pour les départager.

L'Autorité douanière de l'Union européenne (également connue sous son acronyme anglais EUCA) doit voir le jour en 2028. Sa création est l'un des principaux éléments de la réforme du système douanier européen, avec une nouvelle plateforme des données douanières, qui centralisera les informations des 27 États membres.

- "Au carrefour de l'Europe" -

"Fier de cette victoire collective: élus, entreprises, universités, une mobilisation exemplaire de tout le territoire", s'est félicité le maire de Lille, Arnaud Deslandes, dans un message sur X.

"Ça montre aussi que la France n'est pas isolée en Europe, contrairement à ce que beaucoup disent ou souhaiteraient", a assuré à l'AFP Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France.

Ce dernier y voit la preuve de "l'attractivité" de la région et des "atouts techniques clairs" de la candidature lilloise, laquelle avait tiré les leçons de 2017, lorsque la ville avait vu lui échapper l'Agence européenne du médicament, autrefois installée à Londres et transférée à Amsterdam après le Brexit.

Il salue aussi "un réel travail collectif" qui montre "l'influence et le rayonnement des Hauts-de-France".

"C'est un choix judicieux", a estimé aussi l'eurodéputé néerlandais Dirk Gotlink (PPE, droite), l'un des représentants du Parlement dans cette procédure.

"La France est l'un des principaux pays douaniers d'Europe, un colis sur trois entrant dans l'UE transite par son territoire. La situation stratégique de Lille, au carrefour de l'Europe, en fait le centre névralgique de cette autorité. Ce choix envoie un signal clair: la France jouera un rôle central dans l'avenir de notre union douanière", a-t-il souligné dans un communiqué.

Selon les propositions de la Commission européenne, la future agence devrait employer 250 personnes en équivalent temps plein d'ici 2034.

Elle aidera à moderniser les procédures de contrôle et de taxation des biens importés dans l'UE, alors que les services douaniers européens sont de plus en plus engorgés par l'afflux de colis de faible valeur en provenance de Chine.

Des auditions s'étaient déroulées fin janvier au Parlement européen pour aider à départager les candidatures.

Celle de Lille avait été défendue à cette occasion par l'ex-ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et Xavier Bertrand.

L'Autorité sera installée dans un bâtiment du quartier d'affaires d'Euralille, à deux pas des gares de Lille-Flandres et Lille-Europe.

La France avait fait valoir la situation géographique privilégiée de la capitale des Hauts-de-France, située "au carrefour des grandes routes de la logistique et du commerce international européen", et à une demi-heure de Bruxelles, des institutions européennes et de l'Organisation mondiale des douanes.


Le dollar remonte avec la perspective de troupes américaines au Moyen-Orient

Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026.  (AFP)
Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz
  • Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies

LONDRES: Le dollar profite mardi de la remontée des cours de l'énergie, après des informations de presse selon lesquelles l'armée américaine va déployer des troupes supplémentaires au Moyen-Orient, douchant les espoirs de négociations évoquées la veille par Donald Trump.

Vers 10H30 GMT (11H30 à Paris), la devise américaine prenait 0,22% à l'euro, à 1,1587 dollar.

"L'optimisme prudent des marchés financiers, suscité par le report des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes par le président Trump, s'est dissipé durant la séance asiatique après la publication d'informations pessimistes", et "le dollar s'est apprécié", résume Carol Kong, analyste chez CBA.

Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz.

Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies.

Par ailleurs, deux infrastructures énergétiques iraniennes ont finalement été visées par des frappes israélo-américaines, a affirmé tôt mardi l'agence de presse Fars, tandis que le ministère iranien des Affaires étrangères a nié lundi être en pourparlers avec les Etats-Unis.

Lundi, la livre sterling avait gagné jusqu'à 1% face au dollar, et le rendement obligataire britannique à 10 ans a connu un nouveau sommet depuis 2008, à 5,12%, avant de retomber de concert.

Depuis, la devise britannique relâchait mardi 0,26% au billet vert, à 1,3396 dollar, et les taux d'emprunt se sont apaisés.

Les marchés, qui anticipaient la veille quatre hausses de taux de la Banque d'Angleterre cette année, tablent désormais sur entre deux et trois, d'après Bloomberg.

"Les conditions sont exceptionnellement difficiles à remplir pour que la Banque d'Angleterre relève son taux directeur, déjà en territoire restrictif", et au vu de données économiques faibles, estime en effet Chris Turner, analyste chez ING.

L'indice d'activité PMI au Royaume-Uni a faiblit en mars, à 51, contre 53,7 en février, et moins que les 52,8 projetés par le consensus des analystes sondés par Bloomberg, selon les chiffres publiés mardi par S&P Global.

Mercredi, sera dévoilée l'inflation en février dans le pays, qui ne capturera cependant pas les effets de la guerre.

Le prix d'une once d'or progressait aussi de 0,27%, à 4.419,40 dollars.

La veille, les cours des métaux précieux s'étaient brièvement effondrés, les investisseurs préférant engranger leurs bénéfices sur l'or et l'argent pour récupérer des liquidités, plus facilement mobilisables et accessibles.