Pourquoi la restauration des écosystèmes devrait figurer parmi les priorités du monde arabe

Des bateaux amarrés le long du littoral de la mer Rouge, en Arabie saoudite, le 5 janvier 2020. (AFP/File Photo)
Des bateaux amarrés le long du littoral de la mer Rouge, en Arabie saoudite, le 5 janvier 2020. (AFP/File Photo)
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Publié le Samedi 31 juillet 2021

Pourquoi la restauration des écosystèmes devrait figurer parmi les priorités du monde arabe

  • Les experts souhaitent une approche régionale plus collaborative pour restaurer les écosystèmes ravagés par la guerre
  • La Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes a été lancée cette année pour la réhabilitation des habitats menacés

DUBAÏ : Trente ans se sont écoulés depuis que le Koweït a été envahi et occupé par l'Irak, puis libéré lors de la guerre du Golfe de 1991. Pourtant, l'environnement de l'Arabie saoudite continue de subir les effets de ces événements qui ont secoué ce pays voisin.

Des cicatrices profondes et persistantes ont été gravées dans le paysage de la région en raison des campements qui ont abrité des centaines de milliers de soldats alliés, des fortifications et des routes utilisées par les militaires, ainsi que des restes de munitions provenant des opérations militaires, dont l'uranium appauvri.

Plus dévastatrice encore a été la stratégie du dictateur irakien Saddam Hussein, qui a délibérément brûlé près de 700 puits de pétrole au Koweït au moment où ses forces battaient en retraite, et a déversé quelque 11 millions de barils de pétrole brut dans le Golfe - ce qui a engendré une des pires marées noires de l'histoire.

Cette gigantesque marée noire s'est en grande partie échouée sur la côte saoudienne où elle a détruit la faune et la flore et anéanti les communautés de pêcheurs le long des 800 km qui relient la frontière du Koweït à l'île d'Abou Ali à la zone industrielle de Jubaïl.

Un char T-62 irakien fabriqué par les Soviétiques a été abandonné dans le désert du Koweït le 2 avril 1991, au moment où un puits de pétrole du champ pétrolifère d'Al-Ahmadi brûle à l'arrière-plan. (AFP/File Photo)
Un char T-62 irakien fabriqué par les Soviétiques a été abandonné dans le désert du Koweït le 2 avril 1991, au moment où un puits de pétrole du champ pétrolifère d'Al-Ahmadi brûle à l'arrière-plan. (AFP/File Photo)

« Même si une grande partie du pétrole a été retirée et réutilisée, elle a fortement nui à la faune marine et entraîné une pollution de l’air », explique Samira Omar, directrice de l'Institut de recherche scientifique du Koweït (KISR), lors d'une conférence consacrée à la restauration des écosystèmes.

« Près de 3 milliards de dollars alloués par la Commission d'indemnisation des Nations unies ont été investis dans la restauration et la réhabilitation à la suite de la destruction des puits de pétrole et des incendies qui les ont ravagés pendant la guerre du Koweït ».

Sur cette somme, environ 1 milliard de dollars a été accordé à l'Arabie saoudite pour assainir et restaurer l'environnement, sous la supervision de l'Autorité générale de la Météorologie et de la Protection de l'environnement du Royaume.

Selon Mme Omar, l'Arabie saoudite et le Koweït servent de modèles aux pays de la région. « Nous avons la possibilité de collaborer avec le Royaume pour tirer des leçons de notre programme de restauration », déclare-t-elle à Arab News.

« Compte tenu de la similitude des problèmes et des contextes environnementaux auxquels nos deux pays sont confrontés, la collaboration des scientifiques du KISR avec l'Arabie saoudite dans le cadre d'un projet ou d'un programme régional - qu'il porte sur les écosystèmes marins ou terrestres - représente une opportunité formidable ».

Des agents de nettoyage pompent le pétrole d'un réservoir artificiel dans des camions stationnés sur place, le 18 mars 1991; le pétrole relâché par l'armée irakienne pendant la guerre du Golfe continue de flotter vers le sud du Golfe Arabique. (AFP/File Photo)
Des agents de nettoyage pompent le pétrole d'un réservoir artificiel dans des camions stationnés sur place, le 18 mars 1991; le pétrole relâché par l'armée irakienne pendant la guerre du Golfe continue de flotter vers le sud du Golfe Arabique. (AFP/File Photo)

En effet, comme ils partagent le même littoral, tout événement survenant au Koweït affecte également le Royaume. Dans le même sens, toute initiative de restauration de l'environnement lancée par l'Arabie saoudite bénéficierait assurément aux pays voisins, notamment l'Irak, le Koweït et la Jordanie.

« Les politiques adoptées par ces gouvernements pour limiter les incidences du surpâturage par exemple, ou encore les changements démographiques liés à l'exploitation des terres, sont très utiles pour la région », poursuit Mme Omar.

À l'instar des autres pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l'Arabie saoudite multiplie les initiatives visant à atteindre les objectifs de l'accord de Paris et de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, en amont du sommet COP26 qui se tiendra à Glasgow en novembre prochain.

En outre le Royaume a annoncé un programme de gestion des énergies renouvelables, qui prévoit de couvrir 50 % des besoins du pays en énergie à partir de sources renouvelables d'ici à 2030. Il a également lancé l'Initiative verte de l'Arabie saoudite, dont l'objectif est de planter 10 milliards d'arbres dans le pays pour réduire les émissions de CO2.

Par ailleurs, Riyad a lancé l'initiative verte pour le Moyen-Orient, qui prévoit de coopérer avec d'autres États arabes en vue de planter 40 milliards d'arbres supplémentaires dans la région ; il s'agit du programme de reboisement le plus étendu au monde.

EN CHIFFRES

* Plus de 700 puits de pétrole koweïtiens ont été brûlés durant la guerre du Golfe.

* 3 milliards de dollars - Valeur des titres des dommages de guerre affectés à la restauration de l'environnement au Koweït.

* L’Arabie saoudite générera plus de 50 % de sa consommation en énergie à partir d'énergie renouvelable d'ici à 2030.

Par ailleurs, le Royaume a été le premier à adopter l' «économie circulaire du carbone », une stratégie de lutte contre les émissions de CO2 qui favorise la croissance économique. Elle a été avalisée par les dirigeants du Groupe des Vingt (G20) présidé par l'Arabie saoudite l'année dernière.

Mme Omar faisait partie des nombreux experts qui ont participé à une session virtuelle de la SER2021, la 9e Conférence mondiale sur la restauration de l'environnement, qui s'est tenue au mois de juin. Les participants ont prévenu que l'environnement ne cessera de se dégrader si les gouvernements régionaux, les entreprises et les groupes de la société civile n'adhèrent pas à une approche concertée.

La conférence a coïncidé avec le lancement de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes. Cette initiative porte sur la période allant de 2021 à 2030. En effet cette période correspond également à la date limite prévue pour les objectifs de développement durable et est également considérée par les scientifiques comme la dernière chance pour éviter que le changement climatique ne bouleverse notre planète.

Barak al-Hindi, journaliste koweïtien, se tient sur un sol calciné, le 12 mars 2003, devant un réservoir de pétrole endommagé, lors de sa visite dans le centre pétrolier d'al-Ahmadi, aux abords de la ville de Koweït, détruit par les troupes irakiennes lorsqu'elles ont fui le Koweït au terme de la guerre du Golfe en 1991. (AFP/File Photo)
Barak al-Hindi, journaliste koweïtien, se tient sur un sol calciné, le 12 mars 2003, devant un réservoir de pétrole endommagé, lors de sa visite dans le centre pétrolier d'al-Ahmadi, aux abords de la ville de Koweït, détruit par les troupes irakiennes lorsqu'elles ont fui le Koweït au terme de la guerre du Golfe en 1991. (AFP/File Photo)

À l'initiative de 70 pays, l'Assemblée générale des Nati ons Unies a adopté la résolution proclamant la Décennie pour la restauration des écosystèmes. Il s'agit d'un appel en faveur de la sauvegarde et de la restauration des écosystèmes à travers le monde, pour le bien de l'homme et de la nature. Son objectif est de freiner la dégradation des écosystèmes et de les restaurer pour atteindre les objectifs de durabilité à l'échelle mondiale.

Le changement climatique et la surexploitation agricole, associés a une série d'autres catastrophes provoquées par l'homme ont déjà porté un coup dévastateur aux écosystèmes dans le Moyen-Orient ; cela a dégradé la qualité des sols, pollué les cours d'eau, détruit la biodiversité et contraint les communautés rurales et côtières à se déplacer.

Un grand nombre de poissons -  représentant une source principale de nourriture pour les pays du Golfe - a été éliminé en raison de la pollution qui a bouleversé la composition chimique des océans, de la hausse des températures ainsi que de la nitrification découlant de l'utilisation excessive d'engrais.

« Au niveau régional, il est nécessaire de déployer un effort collectif en imposant des règles et des réglementations pour gérer la pêche, la pollution et les déchets », souligne Mme Omar.

« En raison de la hausse du niveau des mers, les nombreuses îles qui se trouvent au large des côtes de pays comme le Koweït et l'Arabie saoudite sont en danger et les importantes richesses qu'elles recèlent ont besoin d'être préservées pour le bien des générations », selon Mme Omar.

Des bateaux amarrés le long du littoral de la mer Rouge, en Arabie saoudite, le 5 janvier 2020. (AFP/File Photo)
Des bateaux amarrés le long du littoral de la mer Rouge, en Arabie saoudite, le 5 janvier 2020. (AFP/File Photo)

« Cette montée du niveau des eaux peut également affecter la biodiversité dans ces îles. Il convient donc d’engager un bon programme de restauration de l’environnement de ces îles mais aussi celui du littoral ».

Parmi les enjeux qui pèsent sur les écosystèmes de la région figurent notamment l'urbanisation, le surpâturage, la déforestation, l'érosion des sols, la désertification et la pollution. Ces phénomènes sont particulièrement prononcés en Jordanie.

En outre, les conflits qui se poursuivent dans la région et l'afflux de réfugiés au cours des dernières années, auxquels s'ajoute la pandémie de la Covid-19, ont lourdement compromis la qualité des sols, les pâturages et les systèmes alimentaires.

Le même scénario se produit au Liban. Ce pays qui a vécu des années de conflit peine à fournir les services élémentaires de ramassage des déchets.

Pour remédier aux contraintes qui pèsent sur l'environnement, tout en œuvrant à résoudre les conflits intercommunautaires, l'Initiative de reboisement du Liban (LRI) a lancé une série de programmes éducatifs et a constitué des groupes de jeunes réunissant Libanais et réfugiés syriens autour d'un objectif commun.

« La méthode utilisée par la LRI représente un instrument idéal en faveur de la restauration de l'environnement dans la région », explique Maya Nehme, directrice de la LRI, lors de la Conférence mondiale sur la restauration écologique.

« Au Liban, un pays en proie à des troubles politiques, la stabilité et la continuité font défaut. Il n'est donc pas facile de faire accepter la restauration des écosystèmes à une population qui, comme les habitants de Beyrouth, tente de réparer ses fenêtres dans le sillage de l'explosion qui a déchiré la capitale ».

L’Initiative de reboisement du Liban (LRI) a lancé une série de programmes éducatifs et a constitué des groupes de jeunes réunissant Libanais et réfugiés syriens autour d'un objectif commun. (Fourni)
L’Initiative de reboisement du Liban (LRI) a lancé une série de programmes éducatifs et a constitué des groupes de jeunes réunissant Libanais et réfugiés syriens autour d'un objectif commun. (Fourni)

L'un des programmes lancés par la LRI vise à prévenir le surpâturage et à empêcher que les pâtures ne soient réduites à des broussailles sèches. Pour ce faire, la LRI collabore avec les bergers du pays afin de déterminer les parcelles où leurs animaux peuvent paître, tout en laissant d'autres terres en friche pour leur permettre de se reconstituer. « Les nouvelles méthodes de pâturage aident à prévenir les incendies », affirme Mme Nehme.

« Les bergers sont désormais les gardiens des lieux ». Par ailleurs, la LRI déploie d'importantes initiatives de reboisement communautaire, qui rencontrent un franc succès. Elle couvre ainsi un large éventail d'écosystèmes au Liban dans le but de préserver et de restaurer la biodiversité.

Ces activités locales aideront le Moyen-Orient à restaurer ses écosystèmes. Mais, selon la princesse Basma bent Ali de Jordanie, fondatrice du Jardin royal botanique de Jordanie, il est impératif d’élaborer une stratégie unifiée au niveau régional, si l'on souhaite freiner la dégradation des écosystèmes.

« Bon nombre de ces problèmes peuvent être résolus par la restauration des écosystèmes ; c'est un outil vital. Nos écosystèmes ont le droit de vivre et d'exister », a-t-elle lancé lors de la conférence.

« En notre qualité de gardiens de la Terre, il nous incombe de la gérer de façon à la transmettre à la prochaine génération, sans pour autant l'exploiter à des fins strictement utilitaires. La Terre ne nous appartient pas ».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

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Twitter: @CalineMalek

 

 


En pleines discussions à Rome, Israël se dit prêt à avancer sur deux «zones pilotes» au Liban

Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington
  • Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais

ROME: Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient.

Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington.

Mais le Hezbollah, armé et financé par Téhéran, rejette ce texte dont l'application doit commencer par le retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud du Liban.

Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais.

"J'espère et j'ai bon espoir que cette série de discussions à Rome y contribuera", a-t-il déclaré depuis Jérusalem.

Aucune information n'a filtré à ce stade des pourparlers dans la capitale italienne.

Des journalistes de l'AFP ont vu les voitures des délégations entrer dans l'enceinte de l'ambassade américaine sous haute sécurité mardi matin, tandis que l'ambassade, sollicitée, s'est refusée à tout commentaire.

"Se retirer progressivement" 

La délégation libanaise "a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion", avait fait savoir la présidence libanaise lundi soir.

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, "l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait".

"Israël est disposé à se retirer progressivement, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise dispose des capacités nécessaires pour maintenir ces secteurs démilitarisés et empêcher tout retour du mouvement", explique l'analyste israélienne Orna Mizrahi.

Une délégation militaire américaine a d'ailleurs entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces "zones pilotes".

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté début mars entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans le conflit en bombardant Israël en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

L'armée israélienne poursuit cependant des frappes limitées dans le sud, où un drone a visé mardi la localité de Nabatiyé al-Fawqa et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

"Réfléchir à deux fois" 

Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4.300 morts, d'après les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

"Les chances d'une percée à Rome sont assez limitées", estime Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris, qui voit plutôt dans cette réunion "l'opportunité de montrer que le processus est encore en place (...), qu'il y a des négociations qui perdurent malgré les oppositions et les obstacles qui commencent à apparaître".

Téhéran avait exigé l'arrêt des hostilités au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin.

Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril.

"Les Iraniens veulent établir un lien entre les deux dossiers, tandis que nous souhaitons les dissocier", relève Orna Mizrahi.

"Chaque fois qu'ils en auront l'occasion, ils (les Iraniens) chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise", ajoute cette chercheuse spécialiste du Liban à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv. Même si Téhéran a actuellement d'autres priorités, notamment le contrôle du détroit d'Ormuz.

Karim Bitar souligne pour sa part que le risque d'une reprise des violences au Liban en raison du contexte régional "n'est bien évidemment pas négligeable".

"Mais je pense que l'Iran aujourd'hui y réfléchira à deux fois avant de demander au Hezbollah de lancer de nouvelles frappes contre Israël", dit-il.

Selon lui, Téhéran "souhaite maintenir le Hezbollah comme instrument de dissuasion à long terme et ne veut pas l'utiliser immédiatement pour ouvrir un nouveau front".


Netanyahu avertit les dirigeants iraniens qu'Israël ripostera en cas d'attaque

Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque
  • "Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue"

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque, alors que les frappes américaines et iraniennes ont repris avec une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu d'avril.

"Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue", a déclaré M. Netanyahu lors d'une conférence, selon une vidéo diffusée par son cabinet.


Le Liban et Israël négocient à Rome sur fond de reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis

De la fumée s'élève du site d'une explosion contrôlée par l'armée israélienne dans le village de Kfar Tibnit, vue depuis la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, avec la forteresse de Beaufort visible au loin, le 13 juillet 2026. (AFP)
De la fumée s'élève du site d'une explosion contrôlée par l'armée israélienne dans le village de Kfar Tibnit, vue depuis la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, avec la forteresse de Beaufort visible au loin, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban et Israël reprennent les négociations à Rome, Beyrouth exigeant un retrait israélien de deux zones pilotes avant toute avancée
  • Les analystes estiment qu'une percée est peu probable, les tensions entre Washington et Téhéran risquant de compliquer le processus

BEYROUTH: Le Liban et Israël entament mardi à Rome de nouvelles négociations sous l’égide des États-Unis, sur fond de reprise des hostilités dans la région entre Washington et Téhéran qui pourrait les impacter selon des analystes.

Les deux pays, en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington.

Mais le Hezbollah, armé et financé par Téhéran, rejette cet accord dont l'application doit commencer par le retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud du Liban.

"La délégation libanaise a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion", a annoncé lundi soir la présidence libanaise.

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, "l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait".

"Israël est disposé à se retirer progressivement, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise dispose des capacités nécessaires pour maintenir ces secteurs démilitarisés et empêcher tout retour du mouvement", explique l'analyste israélienne Orna Mizrahi.

Une délégation militaire américaine a d'ailleurs entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces "zones pilotes".

- "Chances limitées" -

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée un vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite pro-iranien avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël pour soutenir l'Iran.

L'armée israélienne poursuit cependant des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe selon les médias officiels libanais.

Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

"Les chances d'une percée à Rome sont assez limitées (..) Ce à quoi nous pourrions assister, c'est plutôt une sorte d'opportunité de montrer que le processus est encore en place (..) qu'il y a des négociations qui perdurent malgré les oppositions et les obstacles qui commencent à apparaître", estime Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris.

Téhéran avait exigé le cessez-le-feu au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin.

Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril. Dans la nuit de lundi à mardi, les Etats-Unis ont mené pour la troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens.

"Les Iraniens veulent établir un lien entre les deux dossiers, tandis que nous souhaitons les dissocier", affirme Orna Mizrahi.

"Chaque fois qu'ils en auront l'occasion, ils (les Iraniens) chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise", ajoute cette chercheuse spécialiste du Liban à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv. Mais l'analyste israélienne estime que les priorités de Téhéran aujourd'hui sont le détroit d'Ormuz et le dossier nucléaire.

Karim Bitar affirme pour sa part, que le risque d'une reprise des violences au Liban en raison du contexte régional "n'est bien évidemment pas négligeable".

"Mais je pense que l'Iran aujourd'hui y réfléchira à deux fois avant de demander au Hezbollah de lancer de nouvelles frappes contre Israël", dit-il.

Selon lui, Téhéran "souhaite maintenir le Hezbollah comme instrument de dissuasion à long terme et ne veut pas l'utiliser immédiatement pour ouvrir un nouveau front".