Pourquoi la restauration des écosystèmes devrait figurer parmi les priorités du monde arabe

Des bateaux amarrés le long du littoral de la mer Rouge, en Arabie saoudite, le 5 janvier 2020. (AFP/File Photo)
Des bateaux amarrés le long du littoral de la mer Rouge, en Arabie saoudite, le 5 janvier 2020. (AFP/File Photo)
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Publié le Samedi 31 juillet 2021

Pourquoi la restauration des écosystèmes devrait figurer parmi les priorités du monde arabe

  • Les experts souhaitent une approche régionale plus collaborative pour restaurer les écosystèmes ravagés par la guerre
  • La Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes a été lancée cette année pour la réhabilitation des habitats menacés

DUBAÏ : Trente ans se sont écoulés depuis que le Koweït a été envahi et occupé par l'Irak, puis libéré lors de la guerre du Golfe de 1991. Pourtant, l'environnement de l'Arabie saoudite continue de subir les effets de ces événements qui ont secoué ce pays voisin.

Des cicatrices profondes et persistantes ont été gravées dans le paysage de la région en raison des campements qui ont abrité des centaines de milliers de soldats alliés, des fortifications et des routes utilisées par les militaires, ainsi que des restes de munitions provenant des opérations militaires, dont l'uranium appauvri.

Plus dévastatrice encore a été la stratégie du dictateur irakien Saddam Hussein, qui a délibérément brûlé près de 700 puits de pétrole au Koweït au moment où ses forces battaient en retraite, et a déversé quelque 11 millions de barils de pétrole brut dans le Golfe - ce qui a engendré une des pires marées noires de l'histoire.

Cette gigantesque marée noire s'est en grande partie échouée sur la côte saoudienne où elle a détruit la faune et la flore et anéanti les communautés de pêcheurs le long des 800 km qui relient la frontière du Koweït à l'île d'Abou Ali à la zone industrielle de Jubaïl.

Un char T-62 irakien fabriqué par les Soviétiques a été abandonné dans le désert du Koweït le 2 avril 1991, au moment où un puits de pétrole du champ pétrolifère d'Al-Ahmadi brûle à l'arrière-plan. (AFP/File Photo)
Un char T-62 irakien fabriqué par les Soviétiques a été abandonné dans le désert du Koweït le 2 avril 1991, au moment où un puits de pétrole du champ pétrolifère d'Al-Ahmadi brûle à l'arrière-plan. (AFP/File Photo)

« Même si une grande partie du pétrole a été retirée et réutilisée, elle a fortement nui à la faune marine et entraîné une pollution de l’air », explique Samira Omar, directrice de l'Institut de recherche scientifique du Koweït (KISR), lors d'une conférence consacrée à la restauration des écosystèmes.

« Près de 3 milliards de dollars alloués par la Commission d'indemnisation des Nations unies ont été investis dans la restauration et la réhabilitation à la suite de la destruction des puits de pétrole et des incendies qui les ont ravagés pendant la guerre du Koweït ».

Sur cette somme, environ 1 milliard de dollars a été accordé à l'Arabie saoudite pour assainir et restaurer l'environnement, sous la supervision de l'Autorité générale de la Météorologie et de la Protection de l'environnement du Royaume.

Selon Mme Omar, l'Arabie saoudite et le Koweït servent de modèles aux pays de la région. « Nous avons la possibilité de collaborer avec le Royaume pour tirer des leçons de notre programme de restauration », déclare-t-elle à Arab News.

« Compte tenu de la similitude des problèmes et des contextes environnementaux auxquels nos deux pays sont confrontés, la collaboration des scientifiques du KISR avec l'Arabie saoudite dans le cadre d'un projet ou d'un programme régional - qu'il porte sur les écosystèmes marins ou terrestres - représente une opportunité formidable ».

Des agents de nettoyage pompent le pétrole d'un réservoir artificiel dans des camions stationnés sur place, le 18 mars 1991; le pétrole relâché par l'armée irakienne pendant la guerre du Golfe continue de flotter vers le sud du Golfe Arabique. (AFP/File Photo)
Des agents de nettoyage pompent le pétrole d'un réservoir artificiel dans des camions stationnés sur place, le 18 mars 1991; le pétrole relâché par l'armée irakienne pendant la guerre du Golfe continue de flotter vers le sud du Golfe Arabique. (AFP/File Photo)

En effet, comme ils partagent le même littoral, tout événement survenant au Koweït affecte également le Royaume. Dans le même sens, toute initiative de restauration de l'environnement lancée par l'Arabie saoudite bénéficierait assurément aux pays voisins, notamment l'Irak, le Koweït et la Jordanie.

« Les politiques adoptées par ces gouvernements pour limiter les incidences du surpâturage par exemple, ou encore les changements démographiques liés à l'exploitation des terres, sont très utiles pour la région », poursuit Mme Omar.

À l'instar des autres pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l'Arabie saoudite multiplie les initiatives visant à atteindre les objectifs de l'accord de Paris et de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, en amont du sommet COP26 qui se tiendra à Glasgow en novembre prochain.

En outre le Royaume a annoncé un programme de gestion des énergies renouvelables, qui prévoit de couvrir 50 % des besoins du pays en énergie à partir de sources renouvelables d'ici à 2030. Il a également lancé l'Initiative verte de l'Arabie saoudite, dont l'objectif est de planter 10 milliards d'arbres dans le pays pour réduire les émissions de CO2.

Par ailleurs, Riyad a lancé l'initiative verte pour le Moyen-Orient, qui prévoit de coopérer avec d'autres États arabes en vue de planter 40 milliards d'arbres supplémentaires dans la région ; il s'agit du programme de reboisement le plus étendu au monde.

EN CHIFFRES

* Plus de 700 puits de pétrole koweïtiens ont été brûlés durant la guerre du Golfe.

* 3 milliards de dollars - Valeur des titres des dommages de guerre affectés à la restauration de l'environnement au Koweït.

* L’Arabie saoudite générera plus de 50 % de sa consommation en énergie à partir d'énergie renouvelable d'ici à 2030.

Par ailleurs, le Royaume a été le premier à adopter l' «économie circulaire du carbone », une stratégie de lutte contre les émissions de CO2 qui favorise la croissance économique. Elle a été avalisée par les dirigeants du Groupe des Vingt (G20) présidé par l'Arabie saoudite l'année dernière.

Mme Omar faisait partie des nombreux experts qui ont participé à une session virtuelle de la SER2021, la 9e Conférence mondiale sur la restauration de l'environnement, qui s'est tenue au mois de juin. Les participants ont prévenu que l'environnement ne cessera de se dégrader si les gouvernements régionaux, les entreprises et les groupes de la société civile n'adhèrent pas à une approche concertée.

La conférence a coïncidé avec le lancement de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes. Cette initiative porte sur la période allant de 2021 à 2030. En effet cette période correspond également à la date limite prévue pour les objectifs de développement durable et est également considérée par les scientifiques comme la dernière chance pour éviter que le changement climatique ne bouleverse notre planète.

Barak al-Hindi, journaliste koweïtien, se tient sur un sol calciné, le 12 mars 2003, devant un réservoir de pétrole endommagé, lors de sa visite dans le centre pétrolier d'al-Ahmadi, aux abords de la ville de Koweït, détruit par les troupes irakiennes lorsqu'elles ont fui le Koweït au terme de la guerre du Golfe en 1991. (AFP/File Photo)
Barak al-Hindi, journaliste koweïtien, se tient sur un sol calciné, le 12 mars 2003, devant un réservoir de pétrole endommagé, lors de sa visite dans le centre pétrolier d'al-Ahmadi, aux abords de la ville de Koweït, détruit par les troupes irakiennes lorsqu'elles ont fui le Koweït au terme de la guerre du Golfe en 1991. (AFP/File Photo)

À l'initiative de 70 pays, l'Assemblée générale des Nati ons Unies a adopté la résolution proclamant la Décennie pour la restauration des écosystèmes. Il s'agit d'un appel en faveur de la sauvegarde et de la restauration des écosystèmes à travers le monde, pour le bien de l'homme et de la nature. Son objectif est de freiner la dégradation des écosystèmes et de les restaurer pour atteindre les objectifs de durabilité à l'échelle mondiale.

Le changement climatique et la surexploitation agricole, associés a une série d'autres catastrophes provoquées par l'homme ont déjà porté un coup dévastateur aux écosystèmes dans le Moyen-Orient ; cela a dégradé la qualité des sols, pollué les cours d'eau, détruit la biodiversité et contraint les communautés rurales et côtières à se déplacer.

Un grand nombre de poissons -  représentant une source principale de nourriture pour les pays du Golfe - a été éliminé en raison de la pollution qui a bouleversé la composition chimique des océans, de la hausse des températures ainsi que de la nitrification découlant de l'utilisation excessive d'engrais.

« Au niveau régional, il est nécessaire de déployer un effort collectif en imposant des règles et des réglementations pour gérer la pêche, la pollution et les déchets », souligne Mme Omar.

« En raison de la hausse du niveau des mers, les nombreuses îles qui se trouvent au large des côtes de pays comme le Koweït et l'Arabie saoudite sont en danger et les importantes richesses qu'elles recèlent ont besoin d'être préservées pour le bien des générations », selon Mme Omar.

Des bateaux amarrés le long du littoral de la mer Rouge, en Arabie saoudite, le 5 janvier 2020. (AFP/File Photo)
Des bateaux amarrés le long du littoral de la mer Rouge, en Arabie saoudite, le 5 janvier 2020. (AFP/File Photo)

« Cette montée du niveau des eaux peut également affecter la biodiversité dans ces îles. Il convient donc d’engager un bon programme de restauration de l’environnement de ces îles mais aussi celui du littoral ».

Parmi les enjeux qui pèsent sur les écosystèmes de la région figurent notamment l'urbanisation, le surpâturage, la déforestation, l'érosion des sols, la désertification et la pollution. Ces phénomènes sont particulièrement prononcés en Jordanie.

En outre, les conflits qui se poursuivent dans la région et l'afflux de réfugiés au cours des dernières années, auxquels s'ajoute la pandémie de la Covid-19, ont lourdement compromis la qualité des sols, les pâturages et les systèmes alimentaires.

Le même scénario se produit au Liban. Ce pays qui a vécu des années de conflit peine à fournir les services élémentaires de ramassage des déchets.

Pour remédier aux contraintes qui pèsent sur l'environnement, tout en œuvrant à résoudre les conflits intercommunautaires, l'Initiative de reboisement du Liban (LRI) a lancé une série de programmes éducatifs et a constitué des groupes de jeunes réunissant Libanais et réfugiés syriens autour d'un objectif commun.

« La méthode utilisée par la LRI représente un instrument idéal en faveur de la restauration de l'environnement dans la région », explique Maya Nehme, directrice de la LRI, lors de la Conférence mondiale sur la restauration écologique.

« Au Liban, un pays en proie à des troubles politiques, la stabilité et la continuité font défaut. Il n'est donc pas facile de faire accepter la restauration des écosystèmes à une population qui, comme les habitants de Beyrouth, tente de réparer ses fenêtres dans le sillage de l'explosion qui a déchiré la capitale ».

L’Initiative de reboisement du Liban (LRI) a lancé une série de programmes éducatifs et a constitué des groupes de jeunes réunissant Libanais et réfugiés syriens autour d'un objectif commun. (Fourni)
L’Initiative de reboisement du Liban (LRI) a lancé une série de programmes éducatifs et a constitué des groupes de jeunes réunissant Libanais et réfugiés syriens autour d'un objectif commun. (Fourni)

L'un des programmes lancés par la LRI vise à prévenir le surpâturage et à empêcher que les pâtures ne soient réduites à des broussailles sèches. Pour ce faire, la LRI collabore avec les bergers du pays afin de déterminer les parcelles où leurs animaux peuvent paître, tout en laissant d'autres terres en friche pour leur permettre de se reconstituer. « Les nouvelles méthodes de pâturage aident à prévenir les incendies », affirme Mme Nehme.

« Les bergers sont désormais les gardiens des lieux ». Par ailleurs, la LRI déploie d'importantes initiatives de reboisement communautaire, qui rencontrent un franc succès. Elle couvre ainsi un large éventail d'écosystèmes au Liban dans le but de préserver et de restaurer la biodiversité.

Ces activités locales aideront le Moyen-Orient à restaurer ses écosystèmes. Mais, selon la princesse Basma bent Ali de Jordanie, fondatrice du Jardin royal botanique de Jordanie, il est impératif d’élaborer une stratégie unifiée au niveau régional, si l'on souhaite freiner la dégradation des écosystèmes.

« Bon nombre de ces problèmes peuvent être résolus par la restauration des écosystèmes ; c'est un outil vital. Nos écosystèmes ont le droit de vivre et d'exister », a-t-elle lancé lors de la conférence.

« En notre qualité de gardiens de la Terre, il nous incombe de la gérer de façon à la transmettre à la prochaine génération, sans pour autant l'exploiter à des fins strictement utilitaires. La Terre ne nous appartient pas ».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

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Twitter: @CalineMalek

 

 


L’Arabie saoudite intercepte des drones et des missiles à Al-Kharj, dans la province orientale et à Riyad

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  • Le ministère de la Défense indique que trois missiles balistiques ont été lancés en direction de la base aérienne Prince Sultan

RIYAD : Les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté et détruit quatre missiles et cinq drones visant différentes cibles dans le Royaume tôt vendredi, a annoncé le ministère de la Défense dans plusieurs publications sur X (formerly Twitter).

Dans un premier message publié peu après minuit, le ministère a indiqué que trois missiles balistiques avaient été lancés en direction de la Prince Sultan Air Base dans le gouvernorat d’Al‑Kharj. Dans des messages ultérieurs, il a précisé qu’un drone avait été abattu dans la Eastern Province (Saudi Arabia) et un autre à Al-Kharj. Tôt dans la matinée, le ministère a annoncé qu’un missile de croisière avait également été intercepté à Al-Kharj, suivi de trois drones dans la région orientale de Riyadh.

Le barrage de vendredi fait suite à la neutralisation de trois missiles de croisière visant Al-Kharj, quelques heures seulement après l’interception d’une attaque de drone au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura Refinery dans la province orientale. Al-Kharj est une zone industrielle majeure située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

Le 3 mars, les défenses saoudiennes ont également intercepté huit drones près de Riyad et d’Al-Kharj. L’U.S. Embassy in Riyadh a été touchée par des drones le même jour, provoquant un incendie limité et des dégâts structurels mineurs. Malgré cette attaque, l’ambassadeur d’Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement nié toute implication de son pays dans une déclaration jeudi.

Cette nouvelle escalade intervient après une vaste campagne aérienne lancée samedi dernier par Israel et les United States contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Tehran contre des actifs régionaux.

Le conflit, qui s’est intensifié de manière spectaculaire le 28 février 2026, s’est étendu bien au-delà des frontières du Royaume. Tous les États membres du Gulf Cooperation Council ont signalé des agressions, les frappes iraniennes dans la région du Golfe ayant fait au moins neuf morts.

Le secteur maritime a été sévèrement paralysé : une frappe de missile contre un navire commercial au large d’Oman a contribué à un embouteillage de 150 pétroliers près du Strait of Hormuz, où le trafic pétrolier aurait chuté de 86 %.

Par ailleurs, l’Arabie saoudite a condamné fermement jeudi les attaques iraniennes de drones et de missiles contre Azerbaijan et l’espace aérien turc protégé par l’NATO, qualifiant ces actes de « flagrants et lâches ».

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le GCC a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre ce qu’il a qualifié d’« agression iranienne perfide ».

À l’issue d’une réunion du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed bin Salman le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré qu’elle se réservait le « plein droit » de répondre. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran dément avoir visé l'ambassade américaine à Ryad 

L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
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  • L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles
  • Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti

RYAD: L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad.

"Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des Etats-Unis à Ryad", a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité", a-t-il assuré.

L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, disant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël, prélude à une guerre qui déborde en dehors de la région.

L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles.

Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti.

De la même manière, l'Iran n'a "aucun rôle dans l'attaque (de drone, NDLR) qui a ciblé l'ambassade américaine" et provoqué un incendie, a affirmé Alireza Enayati.

Guerre "imposée" 

Le diplomate a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, ni de son territoire, pendant la guerre.

"Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite: qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran", a-t-il dit.

Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.

Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine.

Ryad avait rompu en 2016 ses relations diplomatiques avec la République islamique après que son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad, dans le nord-ouest du pays, avaient été attaqués lors de manifestations. Celles-ci avaient suivi l'exécution par l'Arabie saoudite du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Depuis que la guerre lancée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran embrase le Moyen-Orient, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils.

"Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région", a regretté Alireza Enayati.

 

 


Le ministre saoudien de la Défense s'entretient avec son homologue des Émirats arabes unis et condamne les attaques iraniennes

 Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
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  • Les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres pays
  • Ils ont déclaré que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités

RIYAD: Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, s'est entretenu jeudi avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum.

Au cours de cet entretien, les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres nations, a écrit le prince Khalid sur X.

Les attaques iraniennes ont été décrites comme une "violation claire des conventions internationales, ainsi que de la souveraineté, de la sécurité et de la sûreté des nations", a déclaré le Dubai Media Office.

"Les deux parties ont souligné que de tels actes ont de graves implications pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales", a ajouté le bureau.

Les deux ministres ont également affirmé leur entière solidarité et leur engagement à soutenir toutes les mesures prises en réponse à ces actes, a déclaré le prince Khalid.

Ils ont ajouté que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités et assurer la sécurité de tous ceux qui vivent dans les deux pays.