L'ONU sollicitée contre le "terrorisme iranien" après l’attaque d’un pétrolier

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett (c) et le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid (g) assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem le 25 juillet 2021. (Fichier/AFP)
Le Premier ministre israélien Naftali Bennett (c) et le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid (g) assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem le 25 juillet 2021. (Fichier/AFP)
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Publié le Dimanche 01 août 2021

L'ONU sollicitée contre le "terrorisme iranien" après l’attaque d’un pétrolier

  • Le pétrolier Mercer Street a été attaqué jeudi en mer d'Oman et Israël a accusé l'Iran d'être à l'origine de l'incident qui a fait deux morts au sein de l'équipage

WASHINGTON : Les États-Unis ont accepté de participer à une enquête sur l'attaque meurtrière menée au large d'Oman sur un pétrolier géré par un milliardaire israélien, a affirmé le département d'État américain samedi.

Le pétrolier Mercer Street a été attaqué jeudi en mer d'Oman et Israël a accusé l'Iran d'être à l'origine de l'incident qui a fait deux morts au sein de l'équipage. Selon l'armée américaine et l'opérateur du navire, il s'agirait d'un tir de drone.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le ministre des Affaires étrangères israélien Yair Lapid se sont entretenus au sujet de cette attaque et "ont convenu de travailler avec le Royaume-Uni, la Roumanie, et d'autres partenaires internationaux pour enquêter sur les faits, apporter leur soutien et envisager de prochaines étapes appropriées", a déclaré le porte-parole du département d'État américain Ned Price dans un communiqué.

Les deux personnes tuées dans l'incident étaient un ressortissant britannique, qui travaillait pour la société de sécurité Ambrey, et un membre d'équipage roumain, a précisé l'armateur, Zodiac Maritime, une société internationale dont le siège est situé à Londres et qui appartient à l'homme d'affaires et milliardaire israélien Eyal Ofer.

Vendredi, M. Lapid a appelé à une action internationale contre le "terrorisme iranien".

"J'ai donné des consignes aux ambassades à Washington, Londres et l'ONU pour qu'elles œuvrent auprès de leurs interlocuteurs gouvernementaux et les délégations compétentes au siège de l'ONU à New York", a-t-il indiqué sur Twitter.

La télévision d'État iranienne a déclaré que la frappe de drones a été menée en représailles à «une récente attaque israélienne» contre des cibles iraniennes dans un aéroport du centre de la Syrie.
Plusieurs drones iraniens sans pilote semblent avoir perpétré l'attaque, s'écrasant sur des quartiers d'habitation sous le centre de commandement du navire, a rapporté le New York Times citant des responsables israéliens anonymes.
Un responsable américain a déclaré au quotidien que des Américains étaient montés à bord du navire pour enquêter sur l'attaque.
Vendredi après-midi, Zodiac Maritime a déclaré que le navire « naviguait sous le contrôle de son équipage » vers un lieu sûr sous la protection d'une escorte navale américaine.

FAIT MARQUANT


Plusieurs drones iraniens semblent avoir été utilisés dans l'attaque, s'écrasant sur des quartiers d'habitation situés sous le poste de commandement du navire.

"Drones kamikazes"

La frappe sur le pétrolier intervient alors que les puissances européennes rencontrent l'Iran dans le but de consolider un accord de 2015 visant à réduire le programme nucléaire de la République islamique en échange de la levée des sanctions.

L'accord a été suspendu lorsqu'en 2018, l'ancien président américain Donald Trump en a retiré unilatéralement les États-Unis et réimposé les sanctions.

Les négociations à Vienne, auxquelles les États-Unis participent indirectement, sont au point mort en attendant l'investiture, la semaine prochaine, du nouveau président iranien ultra-conservateur Ebrahim Raisi.

Le brigadier israélien à la retraite, le général Shlomo Brom, chercheur principal à l'Institut israélien d'études sur la sécurité nationale, a déclaré que l'attaque semblait copier des éléments d'une frappe israélienne de drone explosif sur un site de fabrication de centrifugeuses en Iran, en juin dernier.

Israël « a commencé à développer des drones et a été parmi les premiers à développer le concept de drone kamikaze », a déclaré le général Brom.

« Les Iraniens nous imitent et adoptent les mêmes techniques. » La frappe de l'Iran représentait "une certaine escalade mais visait à éviter une guerre à grande échelle", a-t-il déclaré. "Ils ne sont pas intéressés par une escalade plus large, tout comme nous ne sommes pas nous-même intéressés par une escalade à plus grande échelle."

En juin, l'Iran a déclaré avoir déjoué une attaque de sabotage contre un bâtiment de l'agence de l'énergie atomique près de la ville de Karaj, à l'ouest de Téhéran.

Mais des photographies aériennes obtenues par la société de renseignement privée israélienne The Intel Lab ont révélé des dommages sur le site.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.