Attaque d'un pétrolier au large d'Oman, Israël accuse l'Iran et veut porter l’affaire devant l’ONU

Combo d'images de cargos récemment attaqués par l'Iran (AFP)
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Publié le Dimanche 01 août 2021

Attaque d'un pétrolier au large d'Oman, Israël accuse l'Iran et veut porter l’affaire devant l’ONU

  • «L'Iran sème la violence et la destruction dans tous les coins de la région», a dénoncé un responsable du gouvernement israélien dans un communiqué, ajoutant que, «voulant cibler Israël», Téhéran s'était «incriminé en tuant des civils étrangers»
  • «J'ai donné des consignes aux ambassades à Washington, Londres et l'ONU pour qu'elles oeuvrent avec leurs interlocuteurs gouvernementaux et les délégations compétentes au siège de l'ONU à New York», a indiqué de son côté le ministres israélien des AE

PARIS: Suite à l'attaque d'un pétrolier en mer d'Oman qui a fait deux morts au sein de l'équipage, comme l'a annoncé vendredi son armateur Zodiac Maritime, détenu par un milliardaire israélien et alors que l'Etat hébreu accuse son ennemi juré, l'Iran, d'être à l'origine de l'incident, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, a dit vouloir porter cette affaire devant l'ONU.

« Répondre sévèrement »

"J'ai donné des consignes aux ambassades à Washington, Londres et l'ONU pour qu'elles oeuvrent avec leurs interlocuteurs gouvernementaux et les délégations compétentes au siège de l'ONU à New York", a indiqué M. Lapid vendredi sur Twitter. Il a dit avoir parlé avec son homologue britannique Dominic Raab, soulignant "le nécessité de répondre sévèrement à l'attaque contre le bateau dans laquelle un citoyen britannique a été tué".

"L'Iran sème la violence et la destruction dans tous les coins de la région", a dénoncé de son côté un responsable du gouvernement israélien dans un communiqué, ajoutant que, "voulant cibler Israël", Téhéran s'était "incriminé en tuant des civils étrangers".  "L'Iran n'est pas seulement le problème d'Israël, c'est un problème mondial, et son comportement met en danger la liberté de navigation et de commercer dans le monde", a-t-il ajouté.

L'armateur Zodiac Maritime, société internationale propriété de l'Israélien Eyal Ofer et dont le siège est situé à Londres, avait annoncé vendredi "la mort de deux membres de l'équipage: un ressortissant roumain et un ressortissant britannique" lors d'un incident à bord du M/T Mercer Street. 

L'attaque n'a pas été revendiquée mais Dryad Global, société spécialisée dans la sécurité maritime basée à Londres, a évoqué de nouvelles "représailles dans la guerre de l'ombre que se livrent les deux puissances" ennemies, en référence à l'Iran et Israël.

Des experts en sécurité ont aussi évoqué l'hypothèse d'une origine iranienne dans cette attaque, qui a eu lieu dans une zone stratégique où des bateaux israéliens ont déjà été visés. L'armée américaine a déclaré dans un communiqué que des forces de la marine américaine, répondant à un appel de détresse, étaient venues en aide à l'équipage et avaient pu voir des preuves d'une attaque. Les premières constatations "indiquent clairement" une attaque de type drone, poursuit l'armée, précisant que des bâtiments de l'US Navy escortaient le pétrolier, avec du personnel américain à bord.

Aux Etats-Unis, allié d'Israël et ennemi de l'Iran, l'administration de Joe Biden est restée prudente. "Nous surveillons la situation de près", s'est contentée de dire une porte-parole du département d'Etat, Jalina Porter. "Nous coopérons avec nos partenaires étrangers pour établir les faits."

 

«Incident de sécurité»

Selon le site des opérations maritimes UKMTO, un organisme de lutte contre la piraterie qui dépend de la marine britannique, l'attaque a été signalée jeudi à 18H00 GMT, alors qu'elle était en cours, à environ 152 miles nautiques (280 kilomètres) des côtes d'Oman.

Un responsable du centre de sécurité maritime d'Oman a indiqué vendredi que le centre avait reçu des informations sur un "incident hors des eaux territoriales" du sultanat et envoyé un navire ainsi que des avions militaires pour survoler la zone. Le ressortissant britannique décédé dans l'attaque travaillait pour la société de sécurité Ambrey, qui a confirmé via son porte-parole la mort "tragique" de son employé dans un "incident de sécurité".

Un porte-parole du ministère britannique de la Défense a indiqué que ses quartiers généraux dans la région menaient actuellement des investigations. Au moment de l'incident, le pétrolier naviguait sans cargaison de Dar es Salaam en Tanzanie à Fujaïrah, ville côtière des Emirats arabes unis, selon l'armateur, qui exploite ce navire japonais.

La mer d'Oman est située entre l'Iran et Oman, à la sortie du stratégique détroit d'Ormuz par lequel transite une grande partie du pétrole mondial et où opère une coalition dirigée par les Etats-Unis.

La navigation dans la zone était la cible de fréquents actes de piraterie il y a une décennie, mais les incidents ont nettement diminué ces dernières années après l'intensification des patrouilles menées par les forces maritimes de plusieurs pays.

«Escalade significative»

Des analystes ont rapproché l'attaque d'incidents antérieurs. Deux navires exploités par la société israélienne Ray Shipping avaient ainsi été attaqués plus tôt cette année. Meir Javedanfar, un expert en sécurité à l'université israélienne IDC Herzliya, a estimé que l'Iran était "très probablement" derrière cette attaque.

Selon lui, les Iraniens "se sentent désavantagés quand il s'agit de répondre à des attaques ayant eu lieu en Iran et associées à Israël", dont l'explosion du 11 avril au complexe nucléaire de Natanz, imputée par Téhéran à l'Etat hébreu. "L'attaque du MT Mercer Street est maintenant considérée comme la cinquième attaque contre un navire connecté à Israël", ont relevé les analystes de Dryad Global.

En Iran, la chaîne en arabe de la télévision d'Etat a cité des "sources informées dans la région" qui affirment que l'attaque était une réponse à une "récente attaque israélienne" en Syrie -où Téhéran soutient le régime-, sans donner plus de détails. La mort de deux membres de l'équipage représente cependant "une escalade significative des événements", a jugé Dryad Global, informant ses clients que le risque pour les navires commerciaux associés à Israël et à l'Iran dans la voie navigable du Golfe était désormais "accru".

 Les Etats-Unis acceptent de participer à une enquête

Les Etats-Unis ont accepté de participer à une enquête sur l'attaque meurtrière menée au large d'Oman sur un pétrolier géré par un milliardaire israélien, a affirmé le département d'Etat américain samedi.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et le ministre des Affaires étrangères israélien Yair Lapid se sont entretenus au sujet de cette attaque et "ont convenu de travailler avec le Royaume-Uni, la Roumanie, et d'autres partenaires internationaux pour enquêter sur les faits, apporter leur soutien et envisager de prochaines étapes appropriées", a déclaré le porte-parole du département d'Etat américain Ned Price dans un communiqué.

Vendredi, M. Lapid a appelé à une action internationale contre le "terrorisme iranien".

"J'ai donné des consignes aux ambassades à Washington, Londres et l'ONU pour qu'elles oeuvrent auprès de leurs interlocuteurs gouvernementaux et les délégations compétentes au siège de l'ONU à New York", a-t-il indiqué sur Twitter.

Des analystes ont affirmé que l'attaque du Mercer Street était caractéristique de la "guerre de l'ombre" que se livrent les deux puissances ennemies, plusieurs navires liés à chacune d'elles ayant été ciblés dans les eaux du Golfe.


Un "projectile inconnu" frappe un cargo dans le détroit d'Ormuz, selon l'UKMTO

Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Un cargo a été touché par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO
  • Aucun blessé ni dégât n'a été signalé à ce stade

DUBAI: Un "projectile inconnu" a frappé un cargo dans le détroit d'Ormuz, a alerté l'agence maritime britannique UKMTO dans la nuit de lundi à mardi, sans faire mention d'éventuels blessés ou dégâts.

Un cargo, dont le nom n'a pas été précisé, a signalé à l'UKMTO avoir été "touché par un projectile inconnu", selon le communiqué de l'organisation. Les faits sont survenus à quelque 20 milles nautiques (37 kilomètres) au nord-est de la ville omanaise d'Al Khasab, de même source.


Trump assure que les discussions avec Téhéran ont repris, malgré le démenti iranien

Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que des négociations avec l’Iran étaient en cours malgré les démentis de Téhéran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que des négociations avec l’Iran étaient en cours malgré les démentis de Téhéran. (Reuters)
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  • Trump affirme que des négociations sont en cours avec l’Iran et les présente comme une « dernière chance » pour parvenir à un accord, notamment sur le détroit d’Ormuz. Téhéran dément
  • Les tensions restent fortes dans la région, avec des discussions entre l’Iran et Oman sur Ormuz et un incident visant un cargo dans le détroit

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que des négociations avec l'Iran avaient lieu "en ce moment même", malgré le démenti de Téhéran peu auparavant, le président américain affirmant que ces discussions représentaient "la dernière chance" pour le pays d'obtenir un bon accord.

Dans un échange avec des journalistes à la Maison Blanche, le président américain a assuré que ces pourparlers se déroulaient "à la demande" de Téhéran, et avec le "soutien" de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis ainsi que du Qatar.

"C'est la dernière chance qu'ont les Iraniens de signer un bon document", a-t-il déclaré.

Selon Donald Trump, ces discussions portent en particulier sur une réouverture, possible selon lui "dès demain", du détroit d'Ormuz.

Auparavant, il avait fustigé dans un message sur son réseau Truth Social la "duplicité incroyable" des dirigeants iraniens.

"Ils demandent une rencontre (...), les discussions commencent, d'autres sont prévues dans un futur immédiat, et ils disent, publiquement et fièrement, qu'ils n'ont aucune discussion", a-t-il écrit sur sa plateforme.

Le président américain avait menacé il y a quelques jours de "frapper fort" la République islamique, avant d'annoncer suspendre ses plans de bombardements massifs dans une nouvelle volte-face, alternant à plusieurs reprises ces dernières semaines menaces et annonces de pourparlers.

- Situation tendue -

La réponse de l'Iran est arrivée lors du point presse hebdomadaire de sa diplomatie: "nous ne négocions pas avec les Etats-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d'Ormuz", a affirmé Esmaïl Baghaï.

La veille déjà, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères avait parlé d'un accord proche avec Oman pour rouvrir cette voie cruciale pour le commerce mondial d'hydrocarbures, de nouveau verrouillée depuis que le protocole d'accord américano-iranien a volé en éclats début juillet.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes.

Le sultanat omanais, qui avait déclenché la colère de Téhéran en juin en ouvrant une route alternative dans le détroit, n'a pas fait de déclaration pour l'instant.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", avait assuré dimanche Esmaïl Baghaï.

Vers 00H30 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain gagnait 0,49% à 80,73 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, progressait de 0,60% à 84,27 dollars. Les prix tentaient un timide sursaut après avoir lourdement chuté la veille sur fond d'espoirs de négociations entre Iran et Etats-Unis.

Le Brent avait brièvement dépassé 100 dollars le baril fin juillet.

En attendant, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue. L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté dans la nuit de lundi à mardi qu'un cargo y avait été frappé par un "projectile inconnu", sans faire état dans l'immédiat d'éventuels blessés ou dégâts.

- "Nouveau mensonge" -

Donald Trump avait conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur le détroit.

Il a avancé lundi que celui-ci était "totalement contrôlé" par la marine américaine, et averti que le blocus américain des ports iraniens ne serait levé qu'en cas d'"accord" ou de "capitulation totale".

Les hostilités, déclenchées fin février par une offensive américano-israélienne sur Téhéran, ont globalement cessé en avril avant de reprendre début juillet.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end, notamment contre des infrastructures énergétiques.

Donald Trump a dit avoir renoncé à cette nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord".

Il a affirmé que la requête provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même, ce que Téhéran a également démenti, évoquant un "nouveau mensonge" du président américain.

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux navires saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.


Après l'afflux migratoire à Ceuta, mesures sécuritaires en France et Italie

Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
Des migrants marchent le long du littoral de Ceuta après avoir franchi la frontière vers l'enclave espagnole, vus depuis les abords de la ville marocaine de Fnideq, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • L'Italie et la France renforcent leurs contrôles aux frontières avec l'Espagne après l'entrée illégale d'environ 60.000 migrants à Ceuta
  • Cette crise ravive les tensions au sein de l'UE, tandis que Madrid appelle à l'unité et renforce les moyens de sécurité à Ceuta

CEUTA: L'Italie et la France durcissent samedi leurs contrôles frontaliers avec l'Espagne après l'entrée illégale cette semaine de quelque 60.000 migrants en provenance du Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta, ouvrant une crise au sein de l'Union européenne.

Dès jeudi, l'Italie avait annoncé vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une mesure pour laquelle Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Mais la proposition a été qualifiée de "démagogique" par l'Espagne.

La portée de cette proposition reste incertaine, des juristes consultés par l'AFP assurant qu'il est impossible de l'appliquer dans le cadre légal actuel.

Par ailleurs, à compter de samedi selon le ministère italien de l'Intérieur, des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne sont établis sur les ressortissants non européens arrivant d'Espagne.

En France, le nombre de policiers et gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole est multiplié par cinq à compter de samedi, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Cette annonce faisait suite à la demande du président Emmanuel Macron de "renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne".

De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré sur X: "ce n'est pas le moment de se diviser. C'est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie".

Les images de cette crise ont déclenché une montée au créneau de la droite et de l'extrême droite européenne autour des contrôles aux frontières de l'espace Schengen.

- "Pas de futur" -

"Environ 60.000 personnes sont entrées dans notre ville", a déclaré le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas lors d'une conférence de presse vendredi, soit "70% de la population de Ceuta", et déplorant la mort de 34 migrants, dont beaucoup par noyades.

La plupart de ces migrants - en très grande majorité des Marocains, et principalement des jeunes hommes et des adolescents - seraient cependant retournés au Maroc, selon les autorités espagnoles.

Ceuta, petit territoire de 84.000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le Détroit de Gibraltar, forme l'une des deux frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe (avec l'autre enclave espagnole de Melilla).

Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes de jeunes erraient dans les rues et le long de la plage de Ceuta, où sont déployés de nombreux militaires, notamment autour du port d'où partent les ferries pour le continent européen.

Vendredi soir, de nombreux policiers patrouillaient dans les rues de la ville, certains à moto poursuivant des groupes de jeunes hommes pour les disperser, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur une plage, des dizaines d'hommes dormaient dans le sable, et certains ont allumé des feux, à quelques mètres d'un véhicule de police.

"Ils viennent car ils n'ont pas de futur au Maroc, ils tentent le rêve européen", selon Mohamed, 35 ans chauffeur de taxi à Ceuta qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Au poste-frontière aux alentours de minuit, devant un important déploiement policier et militaire, de nombreux jeunes rebroussaient chemin. Certains saluent les militaires qui leur indiquent la porte d'un "adiós!", ou "good bye!" avant de retraverser la frontière.

"La prochaine fois, je viens avec le passeport!", lance Oussam aux militaires, en se dirigeant vers la frontière. Le jeune homme de 25 ans, qui tient un salon de coiffure, dit avoir voulu quitter son pays car "c'est la misère au Maroc, on n'a pas de futur". Il est venu en nageant "trois kilomètres" : il rêve lui aussi de l'Europe mais en attendant, il rentre chez lui "pour prendre une douche et manger", car comme beaucoup, il n'a rien avalé depuis deux jours.

- Crise migratoire -

Arrivé vendredi matin avec son ministre de l'Intérieur, Pedro Sánchez a évoqué "une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne" et accusé des "mafias" d'être à l'origine de la rumeur d'ouverture de la frontière.

Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé l'envoi immédiat de plusieurs dizaines de membres de la Garde civile et policiers, parmi lesquels huit plongeurs, ainsi qu'un bateau et des drones.

A Washington, le président américain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale une de ses priorités, a jugé que les images de l'enclave espagnole de Ceuta ressemblaient à "l'invasion d'un pays", accusant sur X l'Espagne de mener des "efforts délibérés" ayant favorisé cette immigration clandestine.

Cette crise migratoire à Ceuta rappelle la précédente de 2021, lorsque des milliers de personnes avaient traversé la frontière à la faveur d'un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un différend diplomatique avec l'Espagne.

Plus de 10.000 migrants avaient alors atteint Ceuta depuis le Maroc en deux jours.