Nucléaire: l'Iran « retarde » la reprise des discussions, déplore Berlin

Le Grand Hôtel de Wien le 20 juin dernier où se déroulaient les pourparlers sur le nucléaire iranien. (AFP).
Le Grand Hôtel de Wien le 20 juin dernier où se déroulaient les pourparlers sur le nucléaire iranien. (AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 30 juillet 2021

Nucléaire: l'Iran « retarde » la reprise des discussions, déplore Berlin

  • Des discussions ont repris en avril à Vienne pour relancer l'accord, dont l'ex-président américain Donald Trump a retiré les Etats-Unis
  • Mais celles-ci, auxquelles Washington participe indirectement, semblent bloquées jusqu'à l'entrée en fonction du nouveau président iranien, l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi, début août

BERLIN: L'Iran "retarde" la reprise des négociations engagées avec les grandes puissances pour sauver l'accord nucléaire de 2015, a déploré vendredi le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, selon lequel l'option de relancer le texte "ne sera pas ouverte éternellement".


"Je constate avec un malaise croissant que l'Iran retarde la reprise des négociations nucléaires de Vienne d'une part, tout en s'éloignant de plus en plus des éléments essentiels de l'accord", a déclaré le chef de la diplomatie dans un entretien à l'hebdomadaire Spiegel.


"Nous souhaitons un retour au JCPOA (acronyme de l'accord, ndlr) et sommes fermement convaincus que c'est dans l'intérêt de tous", a affirmé M. Maas. 


"Ce qui est clair, cependant, c'est que cette option ne nous sera pas ouverte éternellement", a-t-il ajouté.


Des discussions ont repris en avril à Vienne pour relancer l'accord, dont l'ex-président américain Donald Trump a retiré les Etats-Unis et dont l'Iran a commencé à se désengager en guise de représailles.


Mais ces discussions, auxquelles Washington participe indirectement, semblent bloquées jusqu'à l'entrée en fonction du nouveau président iranien, l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi, début août.


Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a prévenu jeudi que les négociations pour sauver le JCPOA - dont France, Allemagne, Royaume-uni, Russie et Chine restent cosignataires - ne peuvent durer "indéfiniment" et que "la balle reste dans le camp de l'Iran".


Iran: Manifestation à New York pour les femmes et contre le New York Times

Des personnes, à travers le monde manifestent contre le régime iranien (Photo, AFP).
Des personnes, à travers le monde manifestent contre le régime iranien (Photo, AFP).
Short Url
  • Le prestigieux quotidien américain à la renommée internationale n'a «pas une position neutre»
  • Les activistes ont surtout visé une journaliste du NYT, Farnaz Fassihi, particulièrement chevronnée sur le Moyen-Orient

NEW YORK: Une centaine d'Iraniens et d'Américains ont manifesté mardi devant le siège du New York Times, à Manhattan, officiellement pour défendre les femmes en Iran, mais aussi pour accuser le journal et une de ses reporters d'articles "biaisés".

En signe de colère après le décès mi-septembre d'une Iranienne de 22 ans, Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs, l'activiste Forouzan Farahani s'est agenouillée sur le trottoir au pied de l'immense immeuble du New York Times et s'est rasé la chevelure devant la presse.

"Nous sommes ici pour protester contre le meurtre de Masha Amini en Iran et pour le soulèvement qui se déroule dans tout le pays", a déclaré à l'AFP Mme Farahani, une "féministe iranienne" de 31 ans entrée aux États-Unis grâce à un visa d'étudiante.

Elle a aussi rapidement expliqué qu'elle et ses camarades activistes en voulaient au New York Times (NYT) car "ces dernières années, leur récit a été biaisé et leur approche sélective dans la manière de rapporter l'actualité iranienne ici" aux États-Unis.

Le prestigieux quotidien américain à la renommée internationale n'a "pas une position neutre" face aux troubles qui secouent la République islamique, a accusé Forouzan Farahani, dont les chutes de cheveux ont été disposées sur des copies d'articles et des affichettes posées sur la chaussée et piétinées par des manifestants.

Les pancartes brandies par les protestataires s'en prenaient directement au NYT, en demandant "pourquoi (il était) si silencieux" face aux manifestations en Iran depuis le 16 septembre.

Les activistes ont surtout visé une journaliste du NYT basée à New York, Farnaz Fassihi, particulièrement chevronnée sur le Moyen-Orient depuis deux décennies et qui couvre actuellement la crise en Iran.

Ils l'accusent de partialité.

"Nous soutenons notre couverture des troubles en Iran, conduite par Farnaz Fassihi, une journaliste expérimentée qui couvre le Moyen-Orient depuis 25 ans", a défendu auprès de l'AFP une porte-parole du New York Times.

"Comme on en a eu la démonstration aujourd'hui, Farnaz est régulièrement et injustement harcelée et menacée pour sa couverture indépendante et très bien sourcée, qui tient pour responsable le régime autoritaire iranien", a-t-elle poursuivi.

La porte-parole a assuré que le NYT "continuerait de le faire au moment où (ses) journalistes couvrent des manifestations nationales antigouvernementales".

Le pouvoir dans la République islamique reste ferme face aux manifestants protestant contre la mort de Mahsa Amini détenue par la police des mœurs, malgré les appels de la communauté internationale à cesser la répression qui a fait des dizaines de morts.


L'armée américaine admet avoir tué 12 civils en 2021 dans le monde

Les ONG publient régulièrement des bilans bien supérieurs des frappes américaines sur les théâtres de guerre (Photo, AFP).
Les ONG publient régulièrement des bilans bien supérieurs des frappes américaines sur les théâtres de guerre (Photo, AFP).
Short Url
  • La totalité des victimes civiles ont été tuées en Afghanistan
  • Le Pentagone a déjà reconnu sa responsabilité dans les décès de 10 membres d'une même famille, dont sept enfants

WASHINGTON: L'armée américaine reconnaît sa responsabilité dans la mort de 12 civils en 2021, tous en Afghanistan, selon un rapport du Pentagone publié mardi.

"Le ministère de la Défense estime que 12 civils ont été tués et 5 autres blessés en 2021 dans des opérations militaires américaines", indique ce rapport annuel exigé par le Congrès depuis 2018, dont une partie reste secret défense.

La totalité des victimes civiles ont été tuées en Afghanistan, selon la partie publique du rapport.

Le Pentagone a déjà reconnu sa responsabilité dans les décès de 10 membres d'une même famille, dont sept enfants, lors des opérations de retrait chaotique des Etats-Unis fin août 2021 à Kaboul.

Le document public précise qu'un civil a été tué lors d'une frappe américaine le 8 janvier 2021 à Herat, et un autre la 11 août à Kandahar. Deux civils ont en outre été blessés le 18 janvier à Kandahar.

Par ailleurs, l'armée américaine reconnaît avoir blessé trois civils le 1er janvier 2021 dans une frappe à Qunyo Barrow, en Somalie.

En outre, le Pentagone a réévalué ses comptages des années 2018 à 2020, pour reconnaître 10 morts et 18 blessés de plus, tous en Syrie.

Les ONG publient régulièrement des bilans bien supérieurs des frappes américaines sur les théâtres de guerre.

L'organisation Airwars, qui recense les victimes civiles de bombardements aériens dans le monde, estimait dans son rapport annuel publié en mai entre 15 et 27 le nombre de civils tués dans des opérations américaines en Syrie seule.

En janvier 2022, le ministre américain de la Défense Lloyd Austin a sommé les militaires de faire plus d'efforts pour éviter les victimes civiles lors de frappes aériennes, après plusieurs bavures meurtrières ayant entaché la réputation de l'armée américaine.

La protection des civils est un "impératif stratégique et moral", a noté M. Austin dans un mémo destiné à la chaîne de commandement militaire.


Blinken défend les ventes d'armes au Pakistan malgré la colère de l'Inde

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar lors d'une conférence de presse au département d'État à Washington, le 27 septembre 2022 (Photo, AFP).
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar lors d'une conférence de presse au département d'État à Washington, le 27 septembre 2022 (Photo, AFP).
Short Url
  • Il a insisté sur le fait que ces armements servaient «à combattre les menaces terroristes au Pakistan»
  • Le dialogue entre le Pakistan et l'Inde est à l'arrêt depuis des frappes indiennes en février 2019

WASHINGTON: Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a défendu mardi l'aide militaire et les ventes d'armements de son pays au Pakistan, évoquant notamment un programme de maintenance d'avions F-16, malgré de virulentes critiques de la part de l'Inde.

S'exprimant aux côtés de son homologue indien Subrahmanyam Jaishankar, avec qui il venait de s'entretenir, M. Blinken a assuré qu'il ne s'agissait ni "de nouveaux avions ni de nouveaux systèmes d'armement ou de nouvelles armes. Il s'agit de maintenance" des F-16, faisant référence à un contrat de 450 millions de dollars en faveur du Pakistan et approuvé plus tôt ce mois-ci.

Il a insisté sur le fait que ces armements servaient "à combattre les menaces terroristes au Pakistan ou dans la région. Ce n'est dans l'intérêt de personne que ces menaces puissent rester sans impunité".

Le ministre indien n'a pas publiquement critiqué mardi son homologue américain, mais dimanche, en recevant aux États-Unis des membres de la communauté indienne, il avait lancé à l'adresse de Washington: "Vous ne trompez personne."

"Dire que vous faites cela pour combattre le terrorisme, quand vous parlez d'un appareil comme le F-16, tout le monde sait où ils sont déployés", a-t-il dit. New Delhi considère que ces chasseurs ultra-performants sont positionnés de façon à cibler l'Inde.

La veille, M. Blinken avait reçu à Washington le chef de la diplomatie pakistanaise Bilawal Bhutto Zardari.

Pour le ministre indien, "très honnêtement, ce n'est pas une relation qui a bien servi le Pakistan ou les intérêts américains" dans la région.

Le dialogue entre le Pakistan et l'Inde est à l'arrêt depuis des frappes indiennes en février 2019 à la suite d'une attaque meurtrière attribuée à des combattants soutenus par le Pakistan.