Deux morts dans l'attaque d'un pétrolier au large d'Oman, désormais sous contrôle de l'équipage

Les responsables israéliens n'ont pas immédiatement reconnu cet incident qui survient dans un contexte de tensions accrues avec l'Iran. (AFP)
Les responsables israéliens n'ont pas immédiatement reconnu cet incident qui survient dans un contexte de tensions accrues avec l'Iran. (AFP)
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Publié le Vendredi 30 juillet 2021

Deux morts dans l'attaque d'un pétrolier au large d'Oman, désormais sous contrôle de l'équipage

  • Des experts en sécurité ont évoqué l'hypothèse d'une origine iranienne dans cette attaque, qui a eu lieu dans une zone stratégique où des bateaux israéliens ont déjà été visés
  • « Avec une grande tristesse, nous avons appris que l'incident à bord du M/T Mercer Street s'est soldé par la mort de deux membres de l'équipage: un ressortissant roumain et un ressortissant britannique », a annoncé sur Twitter Zodiac Maritime

LONDRES: L'attaque d'un pétrolier sans cargaison en mer d'Oman a fait deux morts au sein de l'équipage, a annoncé vendredi son armateur Zodiac Maritime, détenu par un milliardaire israélien, précisant que le navire naviguait désormais sous escorte américaine.

Des experts en sécurité ont évoqué l'hypothèse d'une origine iranienne dans cette attaque, qui a eu lieu dans une zone stratégique où des bateaux israéliens ont déjà été visés. 

"Avec une grande tristesse, nous avons appris que l'incident à bord du M/T Mercer Street s'est soldé par la mort de deux membres de l'équipage: un ressortissant roumain et un ressortissant britannique", a annoncé sur Twitter Zodiac Maritime, société internationale dont le siège est situé à Londres.

"Nous pouvons désormais confirmer que le M/T Mercer Street navigue sous contrôle de son équipage vers un lieu sûr, avec une escorte navale américaine", a ajouté plus tard la firme qui appartient à l'homme d'affaires israélien Eyal Ofer.

Selon le site des opérations maritimes UKMTO, un organisme de lutte contre la piraterie qui dépend de la marine britannique, l'attaque a été signalée jeudi à 18H00 GMT, alors qu'elle était en cours, à environ 152 miles nautiques (280 kilomètres) des côtes d'Oman.

Le ressortissant britannique décédé dans l'attaque travaillait pour la société de sécurité Ambrey, qui a confirmé avec via son porte-parole la mort "tragique" de son employé dans un "incident de sécurité".

Un porte-parole du ministère britannique de la Défense a également indiqué que ses quartiers généraux dans la région "mènent actuellement des investigations".

"Au moment de l'incident, le navire se trouvait dans le nord de l'Océan Indien" et naviguait sans cargaison de Dar es Salaam en Tanzanie à Fujaïrah, ville côtière des Émirats Arabes Unis, selon l'armateur, qui exploite ce navire japonais.

« Escalade significative »

La mer d'Oman est située entre l'Iran et Oman, à la sortie du stratégique détroit d'Ormuz par lequel transite une grande partie du pétrole mondial et où opère une coalition dirigée par les Etats-Unis.

La navigation dans la zone était la cible de fréquents actes de piraterie il y a une décennie, mais les incidents ont nettement diminué ces dernières années après l'intensification des patrouilles menées par les forces maritimes de plusieurs pays.

Des analystes ont rapproché l'attaque d'incidents antérieurs. Deux navires exploités par la société israélienne Ray Shipping avaient ainsi été attaqués plus tôt cette année.

Interrogé par l'AFP, Meir Javedanfar, un expert en sécurité à l'université israélienne IDC Herzliya, a estimé que l'Iran était "très probablement" derrière cette attaque.

Selon lui, les Iraniens "se sent désavantagés quand il s'agit de répondre à des attaques ayant eu lieu en Iran et associées à Israël", dont l'explosion du 11 avril au complexe nucléaire de Natanz, imputée par Téhéran à l'Etat hébreu.

Le M/T Mercer Street est géré par la société Zodiac Maritime, qui appartient à l'homme d'affaires israélien Eyal Ofer, classé 197e personne la plus riche par Forbes, avec une fortune estimée à 11,3 milliards de dollars.

"L'attaque du MT Mercer Street est maintenant considérée comme la cinquième attaque contre un navire connecté à Israël", ont relevé dans un communiqué les analystes de Dryad Global, société spécialisée dans la sécurité maritime basée à Londres, évoquant de nouvelles "représailles dans "la guerre de l'ombre que se livrent les deux puissances".

La mort de deux membres de l'équipage représente cependant "une escalade significative des événements", a jugé Dryad Global, informant ses clients que le risque pour les navires commerciaux associés à Israël et à l'Iran dans la voie navigable du Golfe était désormais "accru".


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.

 


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.


Netanyahu affirme depuis le sud du Liban que son armée restera tant que le Hezbollah «nous menace»

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
  • Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place
  • "Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici"

JERUSALEM: Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace".

"Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici", a-t-il affirmé à des troupes israéliennes sur place selon une vidéo diffusée par son bureau.