Covid: le gouvernement adapte ses aides économiques pour les Outre-mer sous tension

Le Premier ministre Jean Castex a qualifié la situation de « dramatique » (Photo, AFP).
Le Premier ministre Jean Castex a qualifié la situation de « dramatique » (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 01 août 2021

Covid: le gouvernement adapte ses aides économiques pour les Outre-mer sous tension

  • La situation s'est dégradée depuis ces derniers jours au point d'être qualifiée de «dramatique» par le Premier ministre
  • Depuis mercredi, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy sont venus rejoindre La Réunion et la Martinique, déjà en état d'urgence sanitaire depuis le 13 juillet

PARIS: Le gouvernement adapte en août les mesures d'aide économique dans les territoires d'Outre-mer soumis à l'urgence sanitaire, alors que la situation s'est dégradée depuis ces derniers jours au point d'être qualifiée de « dramatique » par le Premier ministre.

Afin de tenir compte de la situation, « le gouvernement décide d'adapter en août les mesures d'aide économique d'urgence mises en place pour protéger les entreprises ultramarines des effets de la crise du Covid-19 », selon un communiqué diffusé dimanche.

Les entreprises fermées administrativement plus de 21 jours par mois (contre 30 jours jusqu'à présent) et accusant plus de 20% de perte de chiffre d'affaires (CA) pourront bénéficier du fonds de solidarité « renforcé » (20% du chiffre d'affaires à hauteur de 200 000 euros).

Les entreprises des secteurs dit « protégés » (tourisme, événementiel, culture, sports et loisirs, hôtellerie-restauration, transports... et les activités qui en dépendent), soumises à l'état d'urgence plus de 21 jours en août bénéficieront du fonds de solidarité « renforcé » dans les mêmes conditions que le mois de juin, c'est-à-dire à hauteur de 40% de leur perte de chiffre d'affaires (contre 20% dans les autres territoires) dans la limite de 20% du CA et de 200 000 euros.

Elles pourront par ailleurs bénéficier de l'exonération de charge patronales et d'un régime plus favorable d'aide au paiement des charges sociales (20% au lieu des 15% actuels).

Pour les secteurs non protégés, les entreprises de moins de 50 salariés réalisant plus de 20% de perte de chiffre d'affaires soumises à un confinement de plus de huit jours mensuels bénéficieront d'une compensation de leur perte de chiffre d'affaires jusqu'à 1.500 euros.

L'activité partielle sans reste à charge reste accessible aux entreprises fermées administrativement ou partiellement (couvre-feu) et à celles qui connaissent une perte de chiffres d'affaires supérieure à 60% « dès lors que leur territoire d'implantation connaît des mesures de restriction ». Les autres entreprises peuvent bénéficier de l'activité partielle avec 15% de reste à charge grâce à l'activité partielle longue durée ou de 25% de reste à charge pour les secteurs protégés.

La situation s'est dégradée ces derniers jours dans nombre de territoires français d'outre-mer, qualifiée jeudi de « dramatique » par le Premier ministre, Jean Castex. Depuis mercredi, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy sont venus rejoindre La Réunion et la Martinique, déjà en état d'urgence sanitaire depuis le 13 juillet.


Pour le patron du Medef, Attal, Retailleau et Bardella sont plus «conscients des périls» économiques

Le patron du Medef Patrick Martin a estimé vendredi que parmi les chefs de partis qui s'étaient rendus à l'université d'été de l'organisation patronale, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et "dans une certaine mesure" Jordan Bardella se sont montrés "plus conscients des périls" économiques. (AFP)
Le patron du Medef Patrick Martin a estimé vendredi que parmi les chefs de partis qui s'étaient rendus à l'université d'été de l'organisation patronale, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et "dans une certaine mesure" Jordan Bardella se sont montrés "plus conscients des périls" économiques. (AFP)
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  • "Certains" des responsables politiques conviés à l'université d'été du Medef jeudi "n'ont absolument pas fait référence aux Etats-Unis, au prix de l'énergie, au durcissement de la concurrence incroyable"
  • Le président de la première organisation patronale de France a toutefois avancé qu'il n'entendait pas "distribuer les bons et les mauvais points, ce qui nous importait, c'était d'abord de passer nos messages"

PARIS: Le patron du Medef Patrick Martin a estimé vendredi que parmi les chefs de partis qui s'étaient rendus à l'université d'été de l'organisation patronale, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et "dans une certaine mesure" Jordan Bardella se sont montrés "plus conscients des périls" économiques.

"Certains" des responsables politiques conviés à l'université d'été du Medef jeudi "n'ont absolument pas fait référence aux Etats-Unis, au prix de l'énergie, au durcissement de la concurrence incroyable" ou encore "à une Europe qui n'a pas été à la hauteur de la situation dans les négociations avec les Etats-Unis", a affirmé Patrick Martin sur Radio Classique.

"D'autres, manifestement, sont plus conscients" des "périls économiques", a-t-il estimé. "Ce n'est pas un parti pris de ma part, mais c'est plutôt Gabriel Attal (Renaissance, NDLR), Bruno Retailleau (LR), dans une certaine mesure Jordan Bardella (Rassemblement national)".

Parmi les autres chefs de parti et responsables politiques invités à l'université du Medef - la REF - figuraient Manuel Bompard (LFI), Marine Tondelier (Les Ecologistes) et Fabien Roussel (PCF).

D'autres étaient absents pour des raisons d'agenda, comme Olivier Faure (PS) et Edouard Philippe (Horizons).

Le président de la première organisation patronale de France a toutefois avancé qu'il n'entendait pas "distribuer les bons et les mauvais points, ce qui nous importait, c'était d'abord de passer nos messages."

"On est assez inquiets, abasourdis de voir qu'il y a un débat politique qui est assez picrocholin", a estimé Patrick Martin, dénonçant "un très court-termisme qui ne prend pas suffisamment en compte la réalité des choses".

Concernant le discours du Premier ministre François Bayrou jeudi à la REF, "il y a quand même un certain nombre de points positifs", a ajouté Patrick Martin.

"Le Premier ministre a dit que rien dans le prochain budget, pour autant que ce soit lui qui le porte, ne sera fait au détriment de la croissance et de la compétitivité des entreprises et c'est évidemment cela notre gros souci", a-t-il relevé.


A Blois, Olivier Faure tente de proposer une alternative à François Bayrou

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  • Proposer une alternative crédible à François Bayrou et montrer que la gauche peut gouverner. Le patron du Parti socialiste Olivier Faure est très attendu vendredi à Blois où il entend faire "la démonstration qu'il existe un autre chemin"
  • Pendant ce temps, François Bayrou inaugure la Foire de Châlons-en-Champagne, où il tentera à nouveau de convaincre de sa démarche, à 10 jours du vote de confiance

BLOIS: Proposer une alternative crédible à François Bayrou et montrer que la gauche peut gouverner. Le patron du Parti socialiste Olivier Faure est très attendu vendredi à Blois où il entend faire "la démonstration qu'il existe un autre chemin" que le budget "inacceptable" du Premier ministre.

Pendant ce temps, François Bayrou inaugure la Foire de Châlons-en-Champagne, où il tentera à nouveau de convaincre de sa démarche, à 10 jours du vote de confiance qu'il a convoqué à l'Assemblée nationale sur l'état des finances publiques et l'ampleur de l'effort à accomplir dans le budget 2026.

Comme les autres partis de gauche et le Rassemblement national, le PS a déjà annoncé qu'il voterait contre la confiance. Et il réclame qu'Emmanuel Macron laisse la possibilité de gouverner à la gauche, arrivée en tête des législatives anticipées de 2024.

Si le parti n'exclut pas de se rendre à l'invitation du Premier ministre la semaine prochaine, "ce n'est pas pour négocier", mais "réexpliquer qu'on ne votera pas la confiance", affirme son secrétaire général Pierre Jouvet.

La France insoumise et les Ecologistes ont refusé de se rendre à ces consultations de la dernière chance que François Bayrou veut entamer lundi.

Le chef des socialistes aura à cœur, lors de son discours en fin de journée, de rappeler que François Bayrou est, avec Emmanuel Macron, "comptable et co-responsable" de la situation budgétaire du pays, précise Johanna Rolland, la maire de Nantes.

"Nous, quand on était aux responsabilités, on avait laissé les toilettes propres", lance le chef des députés socialistes, Boris Vallaud.

Il s'agit aussi de démonter le discours "du camp de la raison", qu'essaye d'installer François Bayrou en invitant à choisir entre "le chaos" et "la responsabilité", remarque Pierre Jouvet.

Pour cela, Olivier Faure veut "dire aux Français qu'un autre chemin est possible", en proposant une autre trajectoire budgétaire et de réduction des déficits, insiste Mme Rolland.

"Copie la plus crédible" 

Des propositions "concrètes" seront présentées samedi pour faire "la démonstration qu'il est possible de désendetter le pays", a développé Olivier Faure dans La Nouvelle République.

Il s'agit de détailler "la copie la plus crédible possible", avec "des recettes, de vraies économies et un plan de relance pour l'industrie", esquisse le député Philippe Brun.

L'effort budgétaire, qui reposera d'abord sur les plus riches et les grandes entreprises, sera bien inférieur aux 44 milliards défendus par M. Bayrou pour 2026 et sera étalé sur plusieurs années, précisent plusieurs sources.

Une fois n'est pas coutume, l'opposition interne d'Olivier Faure valide la démarche:  cette "feuille de route pour la France" permet de sortir de "l'opposition binaire Bayrou ou la dissolution", insiste Hélène Geoffroy, la maire de Vaulx-en-Velin.

"Nous sommes la solution", a assuré jeudi Olivier Faure, qui semble se poser en potentiel Premier ministre, poste qu'il avait déjà revendiqué il y a un an, en vain, auprès de ses partenaires du Nouveau Front populaire (NFP).

Mais pas question de proposer un nom pour Matignon, assurent les socialistes, peu disposés à se déchirer sur une personnalité.

Même si beaucoup doutent de la volonté du chef de l'Etat de nommer une personnalité issue de leurs rangs, les socialistes échafaudent le scénario d'un "gouvernement de gauche minoritaire" qui négocierait un accord de non-censure et de non-utilisation du 49.3 avec le bloc central, mais sur "une base politique de gauche".

Le PS espère bien "embarquer" avec lui ses partenaires: Ecologistes, communistes, ex-insoumis, Générations, qui seront tous rassemblés à Blois pour un meeting commun.

Emmanuel Macron "n'a pas d'autre choix que de nous nommer", a répété vendredi la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier sur France 2.

Un gouvernement "de Ruffin et Roussel à Glucksmann", espère Pierre Jouvet, même si le patron de Place publique Raphaël Glucksmann, qui sera présent à Blois, semble vouloir jouer sa partition seul pour 2027.

Quant aux Insoumis, avec qui les relations sont exécrables, les plus optimistes les voient en "soutien sans participation".

Ce qui n'est pas garanti. "Si ce n'est pas" pour appliquer le programme du NFP, "ne croyez pas qu'on va faire un chèque en blanc à des gens dont on ne sait pas quelle politique ils vont adopter", a prévenu l'Insoumis Eric Coquerel sur TF1 vendredi.


Macron se félicite de l'extension du mandat des Casques bleus au Liban

 Le président français Emmanuel Macron a salué vendredi l'extension jusqu'en 2027 du mandat de la force de maintien de la paix dans le sud du Liban (Finul), insistant sur l'importance d'un retrait des troupes israélienne (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a salué vendredi l'extension jusqu'en 2027 du mandat de la force de maintien de la paix dans le sud du Liban (Finul), insistant sur l'importance d'un retrait des troupes israélienne (AFP)
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  • L'émissaire spécial français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, "se rendra au Liban pour travailler main dans la main avec les autorités sur nos priorités dès son adoption", a-t-il précisé
  • Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé jeudi de prolonger une dernière fois la mission des Casques bleus au Liban et, sous pression des Etats-Unis et d'Israël, de programmer dans 16 mois leur retrait que certains estiment prématuré

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a salué vendredi l'extension jusqu'en 2027 du mandat de la force de maintien de la paix dans le sud du Liban (Finul), insistant sur l'importance d'un retrait des troupes israéliennes.

"J'ai salué les décisions courageuses de l'exécutif libanais vers le rétablissement du monopole de la force. J'encourage le gouvernement libanais à adopter le plan qui sera présenté au cabinet à cette fin", a indiqué M. Macron tôt vendredi sur X après s'être entretenu avec le Président du Liban, Joseph Aoun, et son Premier ministre, Nawaf Salam.

L'émissaire spécial français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, "se rendra au Liban pour travailler main dans la main avec les autorités sur nos priorités dès son adoption", a-t-il précisé.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé jeudi de prolonger une dernière fois la mission des Casques bleus au Liban et, sous pression des Etats-Unis et d'Israël, de programmer dans 16 mois leur retrait que certains estiment prématuré.

"Le retrait complet des forces israéliennes du Sud-Liban et la fin de toute violation de la souveraineté libanaise sont des conditions essentielles à la mise en œuvre de ce plan", a également écrit Emmanuel Macron sur X.

"La France a toujours indiqué être prête à jouer un rôle dans le transfert des points encore occupés par Israël", a-t-il souligné.

Quelque 10.800 Casques bleus font tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978, mais le renouvellement habituel de leur mandat, qui expire dimanche, se heurtait cette année à l'hostilité d'Israël et de son allié américain qui souhaitent leur départ.

Soutenue par Beyrouth, la France, chargée de ce dossier au Conseil de sécurité, avait dans un premier temps envisagé une extension d'un an, évoquant simplement l'"intention" de travailler à un retrait de la Finul.

Mais face au risque d'un veto américain, après plusieurs versions et un report du vote, la résolution adoptée jeudi à l'unanimité programme sans équivoque la fin de la mission en 2027.