Eté 2021: Des incendies d'une ampleur inédite font rage à travers le monde

Un avion de Canadair largue de l'eau sur un feu de forêt dans le parc Thessalonique Seih Sou, qui surplombe la ville de Thessalonique, le 13 juillet 2021. Le risque de nouveaux incendies était considéré comme élevé, après plusieurs jours de températures élevées dans la majeure partie de la Grèce. (AFP)
Un avion de Canadair largue de l'eau sur un feu de forêt dans le parc Thessalonique Seih Sou, qui surplombe la ville de Thessalonique, le 13 juillet 2021. Le risque de nouveaux incendies était considéré comme élevé, après plusieurs jours de températures élevées dans la majeure partie de la Grèce. (AFP)
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Publié le Lundi 02 août 2021

Eté 2021: Des incendies d'une ampleur inédite font rage à travers le monde

  • De la Californie au Montana en passant par l’Arizona, le Nevada, l’Utah ou le Colorado, le «dôme de chaleur» a fait suffoquer des dizaines de millions d’Américains pendant une semaine
  • Des feux de forêts ravagent également la Sibérie. 1,5 millions d’hectares de forêts sont partis en fumée, alors que le mercure affiche des températures inhabituellement chaudes

BEYROUTH: Des Américains trouvant refuge dans des centres de refroidissement pour fuir le dôme de chaleur, des Chinois cloués dans une rame de métro où des volumes d'eau sont accumulés, au Canada, une ville, Lyton, disparaît dans les flammes.... Le réchauffement ne frappera pas plus loin ou plus tard. Nombreux phénomènes météo puissants ont secoué la planète en l’espace d’un mois. Cet été 2021, le dérèglement climatique s’installe partout. Et aucun pays n'est épargné. Chaque année, l'exceptionnel se reproduit. Des pays jusqu’ici relativement épargnés par les pics de chaleur ont été touchés.

Sécheresse aux Etats-Unis

Dès la mi-juin, c’est l’ouest des Etats-Unis qui a envoyé les premières alertes. Les températures élevées combinées avec le manque de précipitations depuis deux ans ont généré une sécheresse inédite.

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Des pins brûlent à flanc de colline au Dixie Fire, à Twain, en Californie, le 26 juillet 2021. Le Dixie Fire a pris un chemin plus incertain depuis son apparition à la mi-juillet. Sa circonférence s'étend sur au moins 130 kilomètres et a brûlé plus de 197 000 acres. (Photo, AFP)

De la Californie au Montana en passant par l’Arizona, le Nevada, l’Utah ou le Colorado, le «dôme de chaleur» a fait suffoquer des dizaines de millions d’Américains pendant une semaine. Plus de 55% du territoire du grand Ouest (composé de neuf Etats) a alors plongé dans un état de sécheresse «extrême» ou «exceptionnel».

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Soldat du feu depuis 35 ans, David Tikkanen assure combattre des incendies de plus en plus gros, un phénomène qu'il attribue au changement climatique. (AFP)

 

Le long chemin des sciences climatiques

Que se passerait-il si l'atmosphère de la Terre était enrichie en CO2? En 1856, l'Américaine Eunice Foote expérimentait, presque par hasard, les bases du changement climatique, apportant une brique aux sciences qui tentent aujourd'hui d'anticiper les effets du réchauffement de la planète.


La scientifique avait rempli des cylindres de verre avec différents mélanges gazeux et constaté que celui contenant du dioxyde de carbone (CO2) retenait plus la chaleur que les autres. "Une atmosphère constituée de ce gaz donnerait à notre Terre une température élevée", concluait-elle dans son étude publiée dans The American Journal of Science and Arts.


Ses recherches coïncident avec la date, 1850, qui sert aujourd'hui de référence pour calculer l'évolution des températures par rapport à la période pré-industrielle comme le font les experts climat de l'ONU, le GIEC, réunis actuellement.


Eunice Foote, dont les travaux ont été redécouverts récemment, s'inscrit dans la lignée des chercheurs ayant percé les mystères du climat et de l'influence humaine sur son évolution.


"Il n'y a pas eu de moment +Eureka+ avec une figure dominante, dans le domaine des sciences du changement climatique" mais une accumulation de savoirs, relève Alice Bell, une activiste climatique.


L'idée "d'aménager l'environnement pour que le climat soit plus agréable existe depuis très longtemps", explique Marie-Hélène Pépin, de Météo-France. "Quand les Romains ont conquis la Gaule, ils ont coupé les forêts pour pouvoir planter des champs, cultiver la vigne".

Pluies torrentielles et disette 
De l'époque de Christophe Colomb jusqu'au Siècle des Lumières, les colons européens ont justifié les traitements brutaux à l'égard des autochtones, "vus comme des "sous-hommes" parce qu’ils ne savaient pas aménager leur environnement", poursuit-elle.


En 1821, après des pluies torrentielles, des vagues de froid et des disettes en France, une étude est menée pour savoir si la déforestation avait joué un rôle, sans parvenir à une conclusion nette.


Quelques années plus tard, le physicien français Joseph Fourier "a réalisé que l'atmosphère jouait un rôle pour empêcher la chaleur d'être immédiatement dispersée dans l'espace", indique Roland Jackson, historien.


Vers 1860, le physicien irlandais John Tyndall creuse le sillon dessiné par Eunice Foote et démontre le principe de l'effet de serre, quand des gaz piègent le rayonnement du sol réchauffé par le rayonnement solaire.


En décembre 1882, une lettre parue dans la revue scientifique Nature fait référence à ses travaux. "Nous pouvons en conclure que la pollution croissante dans l'atmosphère aura une influence notable sur le climat mondial", dit cette lettre signée H. A. Phillips, établissant le lien entre les émissions issues des activités humaines et le changement climatique.


Dès la fin du XIXe siècle, le chimiste suédois Svante Arrhenius, ancêtre de l'activiste Greta Thunberg, met en garde contre la consommation d'énergie fossile et son influence sur l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère. Mais à l'époque, les scientifiques s'intéressent plus aux périodes glaciaires.

«Un film de science-fiction»
Dans les années 1930, certains estiment même qu'un réchauffement climatique modéré pourrait être positif. "L'idée que cela modifie non seulement les températures, mais aussi d'autres aspects du climat ne leur est pas venue à l'esprit", selon Robbie Andrew, du centre CICERO pour la recherche internationale sur le climat.


En 1958, un programme télévisé américain, The Bell Telephone Science Hour, explique que le CO2 émis par les usines et les voitures pourrait réchauffer l'atmosphère et que cela touche "la vie elle-même". 


Mais les craintes d'un refroidissement du climat lié à une éventuelle guerre nucléaire et à la pollution aux aérosols occupent les esprits jusque dans les années 1980.


En 1975, le chercheur américain Wallace Broecker, dans un article paru dans la revue Science, "Changement climatique: sommes-nous au bord d'un réchauffement planétaire prononcé?", est le premier à utiliser ces termes passés dans le langage courant.


Au fil du temps, la science climatique est devenue plus pointue et a dû affronter le lobbying de l'industrie pour minimiser l'impact de la consommation d'énergies fossiles.


Avec des impacts du changement climatique de plus en plus visibles, les sociétés doivent agir, avertissent les scientifiques. "C'est comme si nous nous étions réveillés dans un film de science-fiction. Mais ce n'est pas de la science-fiction, c'est de la physique", résume l'historien Spencer Weart.

(AFP)

Dôme de chaleur au Canada

Fin juin, l’ouest du Canada est pris sous un «dôme de chaleur» provoqué par de fortes pressions emprisonnant l’air chaud. Le pays a battu plusieurs fois son record absolu de température, qui s’établit finalement à 49,6°C dans le village de Lytton, le 30 juin. Quelques jours après, la petite commune a été presque entièrement ravagée par les flammes. Les états américains de Washington et de l’Oregon ont aussi été touchés par les températures extrêmes.

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Cette photo fournie par le département des forêts de l'Oregon montre un camion-citerne de lutte contre l'incendie larguant un retardateur au-dessus de l'incendie de Grandview près de Sisters, dans l'Oregon, le 11 juillet 2021. (AFP)

Incendies en Amérique du Nord

Alimentée par une sécheresse alarmante, la saison des incendies ne fait que commencer dans l’Ouest américain et des milliers de pompiers combattent déjà près de 80 immenses brasiers. Ils avaient déjà consumé en début de semaine plus de 4 700 km² de végétation.

Le plus impressionnant est le «Bootleg Fire», dans l’Oregon, qui a brûlé en deux semaines l’équivalent de la ville de Los Angeles en végétation et forêts.

Les incendies se multiplient aussi au Canada depuis près d’un mois suite aux fortes chaleurs. Des milliers d’habitants ont été sommés d’évacuer la Colombie-Britannique et l’état d’urgence a été décrété dans cette province de l’ouest du pays.

Depuis plusieurs jours, le sud de l'Europe est en proie aux flammes. Des centaines de personnes sont contraintes d'évacuer leurs habitations, des milliers d'hectares sont partis en fumée.

 

Grèce: Les pompiers continuent de lutter contre deux incendies importants

Les pompiers grecs continuaient lundi de lutter contre deux incendies importants sur l'île de Rhodes et dans le nord-ouest du Péloponnèse, alors que les températures caniculaires devaient dépasser les 40 degrés dans la journée.


Plus de 3 000 hectares de pinèdes et d'oliveraies ont brûlé en Achaïe, près de Patras, sur la péninsule du Péloponnèse, selon les estimations de l'Observatoire national d'Athènes, qui s'est appuyé sur des images du satellite environnemental européen Sentinel-2.


Cette surface pourrait encore augmenter car l'incendie, qui s'est déclenché samedi, n'était pas totalement maîtrisé lundi matin, ont indiqué les services météo à l'agence grecque ANA.


La canicule qui s'est abattue sur la Grèce rend le travail des autorités encore plus difficile dans cette région où la végétation est asséchée par la chaleur. On attend lundi des températures de 44 à 45 degrés dans l'ouest du Péloponnèse, selon les services de météo. 


A Rhodes, cependant, les autorités étaient optimistes, estimant que l'incendie qui s'est déclaré dimanche au centre de l'île était en déclin lundi, sous l'effet d'un renfort important dans la nuit des effectifs et des moyens de lutte contre le feu. 


Quatre avions et hélicoptères bombardiers d'eau ont commencé leur ballet très tôt lundi matin dans la région de Pandanassa où s'est déclenché l'incendie, selon la protection civile.


"L'aube trouve Rhodes bien mieux que la veille. Les (différents) fronts (de l'incendie) sont en récession" et "quasiment sous contrôle", a déclaré le gouverneur de la mer Égée du Sud, George Chatzimarkos, dans un communiqué publié lundi matin.


"Le premier objectif: la protection de la vie humaine, a été atteint" et "les dégâts sur le réseau électrique ont été réparés", s'est-il félicité, selon l'ANA.


Les pompiers ont évacué par précaution dimanche la "vallée des papillons", une zone arborée du centre de l'île du Dodécannèse, qui attire traditionnellement les randonneurs et les touristes.  


"Nous poursuivons notre travail ce matin (lundi), avec des forces renforcées et une endurance inépuisable. Il n'y a aucune raison de paniquer", a ajouté le gouverneur. 


Dans le Péloponnèse, à Rhodes, comme dans toute la Grèce, les pompiers font face à une nouvelle vague de chaleur, qui doit atteindre son pic lundi et mardi. Les service météorologiques ont prévu des températures de 40 à 42 degrés sur les îles, et de 41 à 43 degrés sur le continent, avec des maximales de 44 à 45 degrés dans le Péloponnèse et en Thessalie (nord). 


Dans le même temps, les températures minimales seront dans plusieurs régions supérieures à 26 à 27 degrés, intensifiant "la sensation d'inconfort", selon la météo.

 En Catalogne, la situation est critique

La situation est plus critique en Catalogne où 1 300 hectares de forêts ont été dévastés par les flammes dans l'incendie qui s'est déclaré entre Barcelone et Tarragone. Plus de 600 hectares sont partis en fumée dans un incendie qui s'est déclaré à Villarrasa, dans l'extrême sud de la province espagnole de Huelva. Une zone forestière protégée a été touchée.

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Un Canadair survole un incendie de forêt à Arico, à cinq kilomètres du parc national du Teide sur l'île canarienne de Tenerife, le 20 mai 2021. (AFP)

En raison de son climat chaud et sec, l'Espagne, est régulièrement frappée en été par d'importants feux de forêt qui, selon les experts, menacent de devenir plus fréquents et plus violents en raison du réchauffement climatique.  

Un incendie a déjà ravagé au moins 400 hectares d'un parc naturel sur la côte catalane, près de la frontière franco-espagnole, où 350 personnes ont du être évacuées, ont annoncé samedi les pompiers.

L'Italie demande de l'aide à ses pays voisins

L'Italie a demandé dimanche l'aide des pays européens voisins pour combattre les incendies qui dévastent une partie de la Sardaigne où des centaines d'habitants ont été obligés de quitter leur domicile.

Après des incendies dévastateurs en Sardaigne le week-dernier, l'Italie a enregistré en cette fin de semaine plus de 800 départs de feu, essentiellement dans le sud du pays, ont indiqué les pompiers sur Twitter.

 La Russie subit toujours les incendies

Les incendies sont toujours actifs dans le nord-ouest de la Russie dans la République de Carélie. Des hélicoptères militaires participent à cette lutte contre les feux de forêt, 26 tonnes d’eau ont été déversées sur les feux les plus actifs. 

Des feux de forêts ravagent également la Sibérie. 1,5 millions d’hectares de forêts sont partis en fumée, alors que le mercure affiche des températures inhabituellement chaudes.

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Ivan Fyodorov, 65 ans, aide les pompiers à contrôler une tranchée de cinq kilomètres de long pour empêcher un feu de forêt d'atteindre leurs terres dans la région sibérienne de Yakoutie, le 26 juillet 2021. (AFP)

Turquie, Grèce, Italie et Espagne: des incendies sévissent depuis plusieurs jours

Dans le sud de la Turquie, les feux ont déjà fait huit morts. De nombreux villageois et touristes ont été évacués.

Des dizaines de villages et hôtels ont été évacués, dimanche 1er août, dans le sud touristique de la Turquie, face à la progression des incendies qui sévissent depuis cinq jours et ont déjà fait huit morts, pendant que plusieurs régions de Grèce, d'Italie et d'Espagne étaient elles aussi ravagées par le feu.

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Cette photographie aérienne montre des maisons entourées par un incendie de forêt qui a englouti une région balnéaire méditerranéenne sur la côte sud de la Turquie, près de la ville de Manavgat, le 30 juillet 2021. (Photo, AFP)

Ces pays du pourtour méditerranéen, très dépendants des recettes touristiques dont ils ont été privés à cause de la pandémie, sont confrontés cet été à des températures caniculaires et à des feux de forêts plus nombreux que d'habitude.

La Turquie subit actuellement les pires incendies depuis au moins une décennie, avec près de 95 000 hectares brûlés depuis janvier, contre une moyenne de 13 516.

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Des dizaines de villages et hôtels ont été évacués dimanche dans le sud touristique de la Turquie (Photo, AFP).

Maisons brûlées en Grèce

En Grèce, les pompiers luttaient aussi dimanche contre un incendie qui s'est déclaré la veille, par des températures caniculaires, dans le nord-ouest de la péninsule du Péloponnèse, près de la ville de Patras.

La Grèce fait face à une nouvelle vague de chaleur depuis vendredi, avec des températures oscillant entre 42 et 44 degrés Celsius, selon les services météorologiques. 

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La Grèce fait face à une nouvelle vague de chaleur depuis vendredi, avec des températures oscillant entre 42 et 44 degrés Celsius, selon les services météorologiques. (Photo, AFP)

Asséchées par la chaleur, les forêts grecques connaissent chaque été des incendies. Il y a quelques jours, un incendie a ravagé le mont Penteli, à proximité d'Athènes. 

Un immense incendie au Liban-Nord

Un immense incendie s’est déclaré mercredi dans la région de Kobayat, au Liban-Nord, et s’est propagé si rapidement que de nombreuses familles sont restées bloquées dans leurs propriétés.

Un porte-parole de la Défense civile libanaise (DCL) a expliqué à Arab News que l’incendie était dû aux températures élevées, à l’humidité et aux vents, mais qu’il était «presque sous contrôle» après l’intervention de plus de 16 brigades de pompiers.

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Un hélicoptère de l'armée libanaise largue de l'eau sur un incendie de forêt dans la région de Qubayyat, dans la région reculée du Akkar, au nord du Liban, le 29 juillet 2021. (AFP)

Incendie dans l'Aude: 850 hectares et des coupures de courant jusqu'au Portugal

Un incendie, qui avait déjà parcouru samedi soir quelque 850 hectares de végétation dans la montagne d'Alaric (Aude), a entraîné des coupures de courant en France, en Espagne et au Portugal, a-t-on appris de sources concordantes.

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Un pompier tente d'éteindre un feu de forêt à Vale da Cuba près du village d'Isna, Castelo Branco, le 26 juillet 2020. (AFP)

Les réseaux espagnol et portugais d'électricité ont été touchés. "La péninsule ibérique a été déconnectée du réseau électrique européen", a indiqué dans un communiqué le réseau de transport d'électricité (RTE).


Un nouveau pétrolier appartenant à une compagnie japonaise a franchi le détroit d'Ormuz

Une compagnie maritime japonaise a déclaré lundi qu'un pétrolier battant pavillon indien et appartenant à sa filiale avait franchi le détroit d'Ormuz, faisant route vers l'Inde, devenant le troisième navire lié au Japon à transiter par le détroit. (AFP)
Une compagnie maritime japonaise a déclaré lundi qu'un pétrolier battant pavillon indien et appartenant à sa filiale avait franchi le détroit d'Ormuz, faisant route vers l'Inde, devenant le troisième navire lié au Japon à transiter par le détroit. (AFP)
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  • Le blocage de facto de ce passage maritime du Golfe en raison de la riposte iranienne aux frappes américaines et israéliennes empêche le transit de pétrole, affectant de nombreuses économies en Asie
  • Le Japon qui dépend fortement du brut importé du Moyen-Orient

TOKYO: Une compagnie maritime japonaise a déclaré lundi qu'un pétrolier battant pavillon indien et appartenant à sa filiale avait franchi le détroit d'Ormuz, faisant route vers l'Inde, devenant le troisième navire lié au Japon à transiter par le détroit.

Le blocage de facto de ce passage maritime du Golfe en raison de la riposte iranienne aux frappes américaines et israéliennes empêche le transit de pétrole, affectant de nombreuses économies en Asie, dont le Japon qui dépend fortement du brut importé du Moyen-Orient.

Cette quasi-fermeture a entraîné des pénuries de carburant et une flambée des prix de l'énergie à travers le monde.

Une porte-parole de l'armateur nippon Mitsui OSK Lines a indiqué à l'AFP que le méthanier GPL Green Asha avait traversé le détroit. "Le personnel à bord comme la cargaison sont en sécurité", a-t-elle déclaré.

Samedi, le gouvernement indien avait déjà annoncé que le méthanier GPL Green Sanvi, également détenu par une filiale de Mitsui OSK, avait franchi le détroit en toute sécurité.

Et la veille, trois pétroliers, dont un codétenu par le groupe nippon, avaient traversé le détroit. Le navire Sohar LNG, également codétenu par Mistui OSK, était le premier méthanier de gaz naturel liquéfié à franchir le détroit depuis le 1er mars.

Les rares navires qui ont franchi ce point d'étranglement depuis le début de la guerre au Moyen-Orient ont emprunté un itinéraire approuvé par l'Iran à travers ses eaux près de l'île de Larak, surnommé le "péage de Téhéran" par la société de données maritime Lloyd's List Intelligence.

 


Ce que l'on sait de l'opération de sauvetage d'un aviateur américain en Iran

Donald Trump a annoncé dimanche le sauvetage spectaculaire d'un aviateur américain dont l'appareil a été abattu en Iran et qui a été "gravement blessé", tandis que Téhéran entretient le doute sur le succès de l'opération menée par Washington. (AFP)
Donald Trump a annoncé dimanche le sauvetage spectaculaire d'un aviateur américain dont l'appareil a été abattu en Iran et qui a été "gravement blessé", tandis que Téhéran entretient le doute sur le succès de l'opération menée par Washington. (AFP)
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  • L'avion a été abattu vendredi dans le sud-ouest de l'Iran, selon des médias américains et iraniens - ce que l'administration Trump n'a pas officiellement confirmé
  • Les deux hommes se sont alors éjectés de l'appareil

PARIS: Donald Trump a annoncé dimanche le sauvetage spectaculaire d'un aviateur américain dont l'appareil a été abattu en Iran et qui a été "gravement blessé", tandis que Téhéran entretient le doute sur le succès de l'opération menée par Washington.

Voici ce que l'on sait, sur la base de déclarations officielles et de médias:

Que sait-on de l'aviateur ?

Il a été qualifié d'"officier membre d'équipage" par le président Donald Trump, ce qui signifie qu'il était opérateur des systèmes d'armes à bord du chasseur-bombardier F-15E.

L'avion a été abattu vendredi dans le sud-ouest de l'Iran, selon des médias américains et iraniens - ce que l'administration Trump n'a pas officiellement confirmé.

Les deux hommes se sont alors éjectés de l'appareil.

Le pilote avait été exfiltré peu après le crash lors d'une opération en plein jour des forces spéciales américaines dans la province accidentée de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (sud-ouest de l'Iran).

Le sort du second occupant était lui incertain. D'après le site Axios et le New York Times, il a pu échapper à une capture dans les montagnes pendant plus d'une journée, en gravissant une crête de 2.100 mètres.

Donald Trump a déclaré dimanche qu'il était "gravement blessé", alors qu'il l'avait présenté dans un premier temps comme simplement "blessé" et "sain et sauf".

Les aviateurs américains suivent une formation dite SERE  - Survival, Evasion, Resistance and Escape (survie, évasion, résistance et fuite) - en cas d'atterrissage en territoire hostile.

Leurs gilets de combat contiennent une balise radio/GPS sécurisée pour transmettre leur position, un appareil de communication, ainsi que de l'eau, de la nourriture, du matériel de premiers secours et un pistolet.

Le président américain fournira des détails lors d'une conférence de presse annoncée pour lundi "avec l'armée" dans le Bureau ovale.

Selon CBS, l'aviateur blessé a été transporté au Koweït.

Comment s'est déroulée la mission de sauvetage ?

Les autorités iraniennes ont appelé la population à participer aux recherches du pilote, conscientes de l'intérêt politique et militaire que présenterait sa capture vivant, proposant une récompense.

Une course s'est alors engagée dans un terrain montagneux tout au long du week-end, avec des images circulant sur les réseaux sociaux montrant des avions et hélicoptères américains volant à basse altitude.

La CIA a participé à sa localisation et a mené une "campagne de désinformation" visant à convaincre les autorités iraniennes qu'il avait déjà été retrouvé, ont relaté le New York Times (NYT) et le Financial Times.

Selon Axios, citant un responsable, l'aviateur - un croyant fervent qui a hurlé "Dieu est bon" sur sa radio après s'être éjecté - se trouvait "dans une cavité rocheuse, invisible sauf pour les capacités de la CIA".

L'opération de sauvetage lancée dans la nuit de samedi à dimanche a mobilisé "des dizaines d'appareils", a affirmé Donald Trump.

Selon le NYT, citant un responsable sous couvert de l'anonymat, c'est l'unité spéciale de la marine américaine SEAL Team 6 - connue pour avoir participé à l'opération contre Oussama Ben Laden en 2011 - qui a été chargée de cette difficile mission, pendant que des avions d'attaque américains assuraient la couverture.

Deux des avions censés ramener l'aviateur et ses sauveteurs en lieu sûr sont restés bloqués sur une base isolée en Iran et ont dû être détruits pour les soustraire aux forces iraniennes, d'après des médias américains. Les forces américaines ont ensuite utilisé trois autres appareils.

Trump a affirmé qu'aucun Américain n'avait perdu la vie.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué lundi, sans détails, qu'Israël avait contribué à l'opération de sauvetage. "Je suis profondément fier que notre coopération (avec les Etats-Unis, ndlr), sur et en dehors du champ de bataille, soit sans précédent et qu'Israël ait pu contribuer à sauver un brave soldat américain", a-t-il écrit sur le réseau X.

Que dit l'Iran ?

L'armée iranienne assure sans plus de détails que l'opération américaine a été "déjouée". Dans la soirée, les Gardiens de la Révolution ont diffusé une photo présentée par l'agence Isna comme étant celle du "crâne d'un soldat américain au milieu des débris d'un avion détruit".

Les Gardiens n'ont donné aucune information, diffusant seulement ce message sibyllin: "une preuve supplémentaire de la défaite humiliante du menteur Trump".

Selon le porte-parole des forces armées, Ebrahim Zolfaghari, "deux hélicoptères Black Hawk et deux avions de transport militaire C-130" américains ont "été détruits".

Cinq Iraniens ont été tués lors de l'opération américaine, a annoncé l'agence de presse Tasnim.

Les médias d'Etat ont diffusé des images de débris et de moteurs calcinés éparpillés dans une zone désertique. Elles ont été prises à environ 50 kilomètres au sud de la ville d'Ispahan, selon des spécialistes de la géolocalisation.

 


Trump semble repousser à nouveau son ultimatum à l'Iran, désormais pour «mardi 20H00»

onald Trump a semblé dimanche à nouveau repousser de 24 heures son ultimatum à l'Iran, fixé à présent à "mardi 20H00" heure de Washington (00H00 GMT mercredi). (AFP)
onald Trump a semblé dimanche à nouveau repousser de 24 heures son ultimatum à l'Iran, fixé à présent à "mardi 20H00" heure de Washington (00H00 GMT mercredi). (AFP)
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  • Fin mars, le président américain - qui exige notamment de Téhéran la réouverture du détroit d'Ormuz - avait déjà repoussé de 10 jours son ultimatum, qui devait expirer lundi
  • Plus tôt dimanche, il a également estimé auprès de Fox News qu'il existait de "bonnes chances" de parvenir à un accord avec l'Iran lundi

WASHINGTON: Donald Trump a semblé dimanche à nouveau repousser de 24 heures son ultimatum à l'Iran, fixé à présent à "mardi 20H00" heure de Washington (00H00 GMT mercredi).

"Mardi, 20H00 heure de la côte Est!", a-t-il simplement écrit sur sa plateforme Truth Social.

Fin mars, le président américain - qui exige notamment de Téhéran la réouverture du détroit d'Ormuz - avait déjà repoussé de 10 jours son ultimatum, qui devait expirer lundi.

Plus tôt dimanche, il a également estimé auprès de Fox News qu'il existait de "bonnes chances" de parvenir à un accord avec l'Iran lundi.

"Je pense qu'il y a de bonnes chances demain" d'avoir un accord, a déclaré le président américain lors d'un entretien par téléphone avec un journaliste de la chaîne. Sans accord, "vous allez voir des ponts et des centrales électriques s'effondrer à travers tout le pays", a-t-il de nouveau menacé.

Lors du même entretien, Donald Trump a affirmé avoir garanti "l'immunité" aux négociateurs iraniens, afin qu'ils ne soient pas visés par des frappes américano-israéliennes.

Selon le président, les négociations ne portent pas sur la possibilité pour l'Iran de développer une arme nucléaire, puisque Téhéran aurait abandonné cette idée.

"Le point important, c'est qu'ils n'auront pas d'arme nucléaire. Ils ne négocient même pas sur cette question, c'est tellement facile. Ça a déjà été concédé. La plupart des sujets ont été concédés", a-t-il assuré, selon le journaliste Trey Yingst de Fox News.

Détroit d'Ormuz 

Donald Trump, qui a fait une tournée des médias américains par téléphone dimanche matin, a également exhorté à nouveau Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz dans une interview au Wall Street Journal.

"S'ils veulent le garder fermé, ils vont perdre toute centrale électrique et toute autre centrale qu'ils ont dans le pays", a-t-il déclaré.

Interrogé sur quand il envisageait une fin au conflit, Donald Trump a répondu: "Je vous le ferai savoir bientôt."

"Mais nous sommes dans une position qui est très forte et ce pays aura besoin de 20 ans pour se reconstruire, s'ils ont de la chance, s'ils ont encore un pays", a-t-il ajouté.

"Et s'ils ne font pas quelque chose d'ici mardi soir, ils n'auront pas de centrales électriques, et ils n'auront plus de ponts encore debout."

Dans un entretien à ABC, le président américain a aussi affirmé que la fin de la guerre était une question de jours et non de semaines, mais qu'en l'absence d'accord, il procéderait à une vaste campagne de frappes.

Interrogé pour savoir s'il se fixait des limites pour ces frappes, Donald Trump a répondu: "Très peu".

Kurdes 

Dans une brève interview par téléphone au média The Hill, le milliardaire républicain n'a pas non plus exclu l'envoi de troupes au sol en Iran. Interrogé pour savoir s'il excluait cette possibilité, Donald Trump a répondu "Non". Et ajouté: "Des gens normaux concluraient un accord, des gens intelligents concluraient un accord. S'ils étaient intelligents ils concluraient un accord".

Auprès de Fox News, il a également affirmé que les Etats-Unis avaient tenté - à une date non précisée - d'envoyer des armes aux manifestants en Iran contre le pouvoir en place, par l'intermédiaire des groupes kurdes dans la région.

Un mouvement de contestation avait éclaté fin décembre en Iran en raison de la hausse du coût de la vie, avant de se propager et d'évoluer en rassemblements antigouvernementaux. En janvier, Donald Trump avait promis aux protestataires: "l'aide est en route".

"On a envoyé des armes aux manifestants, beaucoup", a-t-il déclaré dimanche, avant d'ajouter: "Je pense que les Kurdes ont pris les armes".

Fin mars, un haut responsable du Kurdistan d'Irak avait assuré dans un entretien à l'AFP que Washington n'armait pas les groupes kurdes iraniens exilés dans la région.

"Nous n'avons vu aucune tentative des Etats-Unis, d'une quelconque branche des Etats-Unis, d'armer les groupes de l'opposition iranienne au Kurdistan, absolument pas", avait déclaré Qubad Talabani, Premier ministre adjoint du Kurdistan autonome.