Eté 2021: Des incendies d'une ampleur inédite font rage à travers le monde

Un avion de Canadair largue de l'eau sur un feu de forêt dans le parc Thessalonique Seih Sou, qui surplombe la ville de Thessalonique, le 13 juillet 2021. Le risque de nouveaux incendies était considéré comme élevé, après plusieurs jours de températures élevées dans la majeure partie de la Grèce. (AFP)
Un avion de Canadair largue de l'eau sur un feu de forêt dans le parc Thessalonique Seih Sou, qui surplombe la ville de Thessalonique, le 13 juillet 2021. Le risque de nouveaux incendies était considéré comme élevé, après plusieurs jours de températures élevées dans la majeure partie de la Grèce. (AFP)
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Publié le Lundi 02 août 2021

Eté 2021: Des incendies d'une ampleur inédite font rage à travers le monde

  • De la Californie au Montana en passant par l’Arizona, le Nevada, l’Utah ou le Colorado, le «dôme de chaleur» a fait suffoquer des dizaines de millions d’Américains pendant une semaine
  • Des feux de forêts ravagent également la Sibérie. 1,5 millions d’hectares de forêts sont partis en fumée, alors que le mercure affiche des températures inhabituellement chaudes

BEYROUTH: Des Américains trouvant refuge dans des centres de refroidissement pour fuir le dôme de chaleur, des Chinois cloués dans une rame de métro où des volumes d'eau sont accumulés, au Canada, une ville, Lyton, disparaît dans les flammes.... Le réchauffement ne frappera pas plus loin ou plus tard. Nombreux phénomènes météo puissants ont secoué la planète en l’espace d’un mois. Cet été 2021, le dérèglement climatique s’installe partout. Et aucun pays n'est épargné. Chaque année, l'exceptionnel se reproduit. Des pays jusqu’ici relativement épargnés par les pics de chaleur ont été touchés.

Sécheresse aux Etats-Unis

Dès la mi-juin, c’est l’ouest des Etats-Unis qui a envoyé les premières alertes. Les températures élevées combinées avec le manque de précipitations depuis deux ans ont généré une sécheresse inédite.

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Des pins brûlent à flanc de colline au Dixie Fire, à Twain, en Californie, le 26 juillet 2021. Le Dixie Fire a pris un chemin plus incertain depuis son apparition à la mi-juillet. Sa circonférence s'étend sur au moins 130 kilomètres et a brûlé plus de 197 000 acres. (Photo, AFP)

De la Californie au Montana en passant par l’Arizona, le Nevada, l’Utah ou le Colorado, le «dôme de chaleur» a fait suffoquer des dizaines de millions d’Américains pendant une semaine. Plus de 55% du territoire du grand Ouest (composé de neuf Etats) a alors plongé dans un état de sécheresse «extrême» ou «exceptionnel».

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Soldat du feu depuis 35 ans, David Tikkanen assure combattre des incendies de plus en plus gros, un phénomène qu'il attribue au changement climatique. (AFP)

 

Le long chemin des sciences climatiques

Que se passerait-il si l'atmosphère de la Terre était enrichie en CO2? En 1856, l'Américaine Eunice Foote expérimentait, presque par hasard, les bases du changement climatique, apportant une brique aux sciences qui tentent aujourd'hui d'anticiper les effets du réchauffement de la planète.


La scientifique avait rempli des cylindres de verre avec différents mélanges gazeux et constaté que celui contenant du dioxyde de carbone (CO2) retenait plus la chaleur que les autres. "Une atmosphère constituée de ce gaz donnerait à notre Terre une température élevée", concluait-elle dans son étude publiée dans The American Journal of Science and Arts.


Ses recherches coïncident avec la date, 1850, qui sert aujourd'hui de référence pour calculer l'évolution des températures par rapport à la période pré-industrielle comme le font les experts climat de l'ONU, le GIEC, réunis actuellement.


Eunice Foote, dont les travaux ont été redécouverts récemment, s'inscrit dans la lignée des chercheurs ayant percé les mystères du climat et de l'influence humaine sur son évolution.


"Il n'y a pas eu de moment +Eureka+ avec une figure dominante, dans le domaine des sciences du changement climatique" mais une accumulation de savoirs, relève Alice Bell, une activiste climatique.


L'idée "d'aménager l'environnement pour que le climat soit plus agréable existe depuis très longtemps", explique Marie-Hélène Pépin, de Météo-France. "Quand les Romains ont conquis la Gaule, ils ont coupé les forêts pour pouvoir planter des champs, cultiver la vigne".

Pluies torrentielles et disette 
De l'époque de Christophe Colomb jusqu'au Siècle des Lumières, les colons européens ont justifié les traitements brutaux à l'égard des autochtones, "vus comme des "sous-hommes" parce qu’ils ne savaient pas aménager leur environnement", poursuit-elle.


En 1821, après des pluies torrentielles, des vagues de froid et des disettes en France, une étude est menée pour savoir si la déforestation avait joué un rôle, sans parvenir à une conclusion nette.


Quelques années plus tard, le physicien français Joseph Fourier "a réalisé que l'atmosphère jouait un rôle pour empêcher la chaleur d'être immédiatement dispersée dans l'espace", indique Roland Jackson, historien.


Vers 1860, le physicien irlandais John Tyndall creuse le sillon dessiné par Eunice Foote et démontre le principe de l'effet de serre, quand des gaz piègent le rayonnement du sol réchauffé par le rayonnement solaire.


En décembre 1882, une lettre parue dans la revue scientifique Nature fait référence à ses travaux. "Nous pouvons en conclure que la pollution croissante dans l'atmosphère aura une influence notable sur le climat mondial", dit cette lettre signée H. A. Phillips, établissant le lien entre les émissions issues des activités humaines et le changement climatique.


Dès la fin du XIXe siècle, le chimiste suédois Svante Arrhenius, ancêtre de l'activiste Greta Thunberg, met en garde contre la consommation d'énergie fossile et son influence sur l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère. Mais à l'époque, les scientifiques s'intéressent plus aux périodes glaciaires.

«Un film de science-fiction»
Dans les années 1930, certains estiment même qu'un réchauffement climatique modéré pourrait être positif. "L'idée que cela modifie non seulement les températures, mais aussi d'autres aspects du climat ne leur est pas venue à l'esprit", selon Robbie Andrew, du centre CICERO pour la recherche internationale sur le climat.


En 1958, un programme télévisé américain, The Bell Telephone Science Hour, explique que le CO2 émis par les usines et les voitures pourrait réchauffer l'atmosphère et que cela touche "la vie elle-même". 


Mais les craintes d'un refroidissement du climat lié à une éventuelle guerre nucléaire et à la pollution aux aérosols occupent les esprits jusque dans les années 1980.


En 1975, le chercheur américain Wallace Broecker, dans un article paru dans la revue Science, "Changement climatique: sommes-nous au bord d'un réchauffement planétaire prononcé?", est le premier à utiliser ces termes passés dans le langage courant.


Au fil du temps, la science climatique est devenue plus pointue et a dû affronter le lobbying de l'industrie pour minimiser l'impact de la consommation d'énergies fossiles.


Avec des impacts du changement climatique de plus en plus visibles, les sociétés doivent agir, avertissent les scientifiques. "C'est comme si nous nous étions réveillés dans un film de science-fiction. Mais ce n'est pas de la science-fiction, c'est de la physique", résume l'historien Spencer Weart.

(AFP)

Dôme de chaleur au Canada

Fin juin, l’ouest du Canada est pris sous un «dôme de chaleur» provoqué par de fortes pressions emprisonnant l’air chaud. Le pays a battu plusieurs fois son record absolu de température, qui s’établit finalement à 49,6°C dans le village de Lytton, le 30 juin. Quelques jours après, la petite commune a été presque entièrement ravagée par les flammes. Les états américains de Washington et de l’Oregon ont aussi été touchés par les températures extrêmes.

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Cette photo fournie par le département des forêts de l'Oregon montre un camion-citerne de lutte contre l'incendie larguant un retardateur au-dessus de l'incendie de Grandview près de Sisters, dans l'Oregon, le 11 juillet 2021. (AFP)

Incendies en Amérique du Nord

Alimentée par une sécheresse alarmante, la saison des incendies ne fait que commencer dans l’Ouest américain et des milliers de pompiers combattent déjà près de 80 immenses brasiers. Ils avaient déjà consumé en début de semaine plus de 4 700 km² de végétation.

Le plus impressionnant est le «Bootleg Fire», dans l’Oregon, qui a brûlé en deux semaines l’équivalent de la ville de Los Angeles en végétation et forêts.

Les incendies se multiplient aussi au Canada depuis près d’un mois suite aux fortes chaleurs. Des milliers d’habitants ont été sommés d’évacuer la Colombie-Britannique et l’état d’urgence a été décrété dans cette province de l’ouest du pays.

Depuis plusieurs jours, le sud de l'Europe est en proie aux flammes. Des centaines de personnes sont contraintes d'évacuer leurs habitations, des milliers d'hectares sont partis en fumée.

 

Grèce: Les pompiers continuent de lutter contre deux incendies importants

Les pompiers grecs continuaient lundi de lutter contre deux incendies importants sur l'île de Rhodes et dans le nord-ouest du Péloponnèse, alors que les températures caniculaires devaient dépasser les 40 degrés dans la journée.


Plus de 3 000 hectares de pinèdes et d'oliveraies ont brûlé en Achaïe, près de Patras, sur la péninsule du Péloponnèse, selon les estimations de l'Observatoire national d'Athènes, qui s'est appuyé sur des images du satellite environnemental européen Sentinel-2.


Cette surface pourrait encore augmenter car l'incendie, qui s'est déclenché samedi, n'était pas totalement maîtrisé lundi matin, ont indiqué les services météo à l'agence grecque ANA.


La canicule qui s'est abattue sur la Grèce rend le travail des autorités encore plus difficile dans cette région où la végétation est asséchée par la chaleur. On attend lundi des températures de 44 à 45 degrés dans l'ouest du Péloponnèse, selon les services de météo. 


A Rhodes, cependant, les autorités étaient optimistes, estimant que l'incendie qui s'est déclaré dimanche au centre de l'île était en déclin lundi, sous l'effet d'un renfort important dans la nuit des effectifs et des moyens de lutte contre le feu. 


Quatre avions et hélicoptères bombardiers d'eau ont commencé leur ballet très tôt lundi matin dans la région de Pandanassa où s'est déclenché l'incendie, selon la protection civile.


"L'aube trouve Rhodes bien mieux que la veille. Les (différents) fronts (de l'incendie) sont en récession" et "quasiment sous contrôle", a déclaré le gouverneur de la mer Égée du Sud, George Chatzimarkos, dans un communiqué publié lundi matin.


"Le premier objectif: la protection de la vie humaine, a été atteint" et "les dégâts sur le réseau électrique ont été réparés", s'est-il félicité, selon l'ANA.


Les pompiers ont évacué par précaution dimanche la "vallée des papillons", une zone arborée du centre de l'île du Dodécannèse, qui attire traditionnellement les randonneurs et les touristes.  


"Nous poursuivons notre travail ce matin (lundi), avec des forces renforcées et une endurance inépuisable. Il n'y a aucune raison de paniquer", a ajouté le gouverneur. 


Dans le Péloponnèse, à Rhodes, comme dans toute la Grèce, les pompiers font face à une nouvelle vague de chaleur, qui doit atteindre son pic lundi et mardi. Les service météorologiques ont prévu des températures de 40 à 42 degrés sur les îles, et de 41 à 43 degrés sur le continent, avec des maximales de 44 à 45 degrés dans le Péloponnèse et en Thessalie (nord). 


Dans le même temps, les températures minimales seront dans plusieurs régions supérieures à 26 à 27 degrés, intensifiant "la sensation d'inconfort", selon la météo.

 En Catalogne, la situation est critique

La situation est plus critique en Catalogne où 1 300 hectares de forêts ont été dévastés par les flammes dans l'incendie qui s'est déclaré entre Barcelone et Tarragone. Plus de 600 hectares sont partis en fumée dans un incendie qui s'est déclaré à Villarrasa, dans l'extrême sud de la province espagnole de Huelva. Une zone forestière protégée a été touchée.

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Un Canadair survole un incendie de forêt à Arico, à cinq kilomètres du parc national du Teide sur l'île canarienne de Tenerife, le 20 mai 2021. (AFP)

En raison de son climat chaud et sec, l'Espagne, est régulièrement frappée en été par d'importants feux de forêt qui, selon les experts, menacent de devenir plus fréquents et plus violents en raison du réchauffement climatique.  

Un incendie a déjà ravagé au moins 400 hectares d'un parc naturel sur la côte catalane, près de la frontière franco-espagnole, où 350 personnes ont du être évacuées, ont annoncé samedi les pompiers.

L'Italie demande de l'aide à ses pays voisins

L'Italie a demandé dimanche l'aide des pays européens voisins pour combattre les incendies qui dévastent une partie de la Sardaigne où des centaines d'habitants ont été obligés de quitter leur domicile.

Après des incendies dévastateurs en Sardaigne le week-dernier, l'Italie a enregistré en cette fin de semaine plus de 800 départs de feu, essentiellement dans le sud du pays, ont indiqué les pompiers sur Twitter.

 La Russie subit toujours les incendies

Les incendies sont toujours actifs dans le nord-ouest de la Russie dans la République de Carélie. Des hélicoptères militaires participent à cette lutte contre les feux de forêt, 26 tonnes d’eau ont été déversées sur les feux les plus actifs. 

Des feux de forêts ravagent également la Sibérie. 1,5 millions d’hectares de forêts sont partis en fumée, alors que le mercure affiche des températures inhabituellement chaudes.

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Ivan Fyodorov, 65 ans, aide les pompiers à contrôler une tranchée de cinq kilomètres de long pour empêcher un feu de forêt d'atteindre leurs terres dans la région sibérienne de Yakoutie, le 26 juillet 2021. (AFP)

Turquie, Grèce, Italie et Espagne: des incendies sévissent depuis plusieurs jours

Dans le sud de la Turquie, les feux ont déjà fait huit morts. De nombreux villageois et touristes ont été évacués.

Des dizaines de villages et hôtels ont été évacués, dimanche 1er août, dans le sud touristique de la Turquie, face à la progression des incendies qui sévissent depuis cinq jours et ont déjà fait huit morts, pendant que plusieurs régions de Grèce, d'Italie et d'Espagne étaient elles aussi ravagées par le feu.

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Cette photographie aérienne montre des maisons entourées par un incendie de forêt qui a englouti une région balnéaire méditerranéenne sur la côte sud de la Turquie, près de la ville de Manavgat, le 30 juillet 2021. (Photo, AFP)

Ces pays du pourtour méditerranéen, très dépendants des recettes touristiques dont ils ont été privés à cause de la pandémie, sont confrontés cet été à des températures caniculaires et à des feux de forêts plus nombreux que d'habitude.

La Turquie subit actuellement les pires incendies depuis au moins une décennie, avec près de 95 000 hectares brûlés depuis janvier, contre une moyenne de 13 516.

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Des dizaines de villages et hôtels ont été évacués dimanche dans le sud touristique de la Turquie (Photo, AFP).

Maisons brûlées en Grèce

En Grèce, les pompiers luttaient aussi dimanche contre un incendie qui s'est déclaré la veille, par des températures caniculaires, dans le nord-ouest de la péninsule du Péloponnèse, près de la ville de Patras.

La Grèce fait face à une nouvelle vague de chaleur depuis vendredi, avec des températures oscillant entre 42 et 44 degrés Celsius, selon les services météorologiques. 

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La Grèce fait face à une nouvelle vague de chaleur depuis vendredi, avec des températures oscillant entre 42 et 44 degrés Celsius, selon les services météorologiques. (Photo, AFP)

Asséchées par la chaleur, les forêts grecques connaissent chaque été des incendies. Il y a quelques jours, un incendie a ravagé le mont Penteli, à proximité d'Athènes. 

Un immense incendie au Liban-Nord

Un immense incendie s’est déclaré mercredi dans la région de Kobayat, au Liban-Nord, et s’est propagé si rapidement que de nombreuses familles sont restées bloquées dans leurs propriétés.

Un porte-parole de la Défense civile libanaise (DCL) a expliqué à Arab News que l’incendie était dû aux températures élevées, à l’humidité et aux vents, mais qu’il était «presque sous contrôle» après l’intervention de plus de 16 brigades de pompiers.

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Un hélicoptère de l'armée libanaise largue de l'eau sur un incendie de forêt dans la région de Qubayyat, dans la région reculée du Akkar, au nord du Liban, le 29 juillet 2021. (AFP)

Incendie dans l'Aude: 850 hectares et des coupures de courant jusqu'au Portugal

Un incendie, qui avait déjà parcouru samedi soir quelque 850 hectares de végétation dans la montagne d'Alaric (Aude), a entraîné des coupures de courant en France, en Espagne et au Portugal, a-t-on appris de sources concordantes.

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Un pompier tente d'éteindre un feu de forêt à Vale da Cuba près du village d'Isna, Castelo Branco, le 26 juillet 2020. (AFP)

Les réseaux espagnol et portugais d'électricité ont été touchés. "La péninsule ibérique a été déconnectée du réseau électrique européen", a indiqué dans un communiqué le réseau de transport d'électricité (RTE).


Le détroit d'Ormuz «complètement ouvert» vendredi, annonce Trump après l'accord avec l'Iran

Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain
  • "Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

TEHERAN: Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

"Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par Donald Trump, son vice-président JD Vance, et le président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le texte n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations.

Ce document "apportera la paix dans la région", a promis lundi Donald Trump. Il a laissé entendre que le texte pourrait être publié vendredi, après sa signature à Genève, qui marquera l'ouverture d'une période de soixante jours pour conclure un accord final.

"Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit", dans le processus de négociation et de mise en place de l'accord, a déclaré, plus circonspect, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"En même temps, nous faisons tout ce qui est possible pour créer à travers ce processus des opportunités économiques pour notre pays", a-t-il ajouté.

Fin "définitive" de la guerre 

Les premières informations sur le contenu de l'accord sont principalement venues d'Iran. Selon sa diplomatie, il prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban".

Dans le très stratégique détroit d'Ormuz, l'Iran devrait facturer des frais liés aux services aux navires, plutôt qu'instaurer un péage dont les Etats-Unis ne voulaient pas, selon la même source.

"Nous nous attendons à ce que le détroit soit rouvert sans péage à long terme", a dit le vice-président américain JD Vance à CNBC lundi.

La diplomatie iranienne a aussi assuré que "la partie américaine s'était engagée" à débloquer des fonds iraniens gelés à l'étranger et à verser des réparations pour les dégâts provoqués par la guerre.

"Ils ne recevront jamais le moindre dollar du contribuable américain. Jamais", a toutefois insisté JD Vance sur Fox News.

Aucun avoir sous sanction américaine n'a été débloqué pour l'instant, selon un haut responsable américain.

Les Etats-Unis doivent également garantir qu'Israël mette fin à la guerre au Liban, a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï.

Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban semblaient avoir cessé, mais une frappe israélienne a tué une personne dans le sud lundi à la mi-journée. Puis le Hezbollah a annoncé y avoir "repoussé", au moyen de roquettes et de drones, une force israélienne qui tentait d'avancer.

L'armée israélienne restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire", comme en Syrie et à Gaza, a déclaré lundi soir le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Alors que l'accord irano-américain est largement perçu comme un échec pour Israël par la société et une grande partie de la classe politique, le Premier ministre israélien a affirmé que la guerre avait sauvé son pays de la menace d'une "destruction nucléaire".

Et annoncé qu'il comptait se présenter aux élections législatives d'ici la fin de l'année, malgré les critiques et son procès pour corruption. Âgé de 76 ans, il a gouverné le pays plus longtemps qu'aucun autre Premier ministre: plus de 18 années cumulées depuis 1996.

Négociations sur l'uranium iranien 

L'annonce d'un accord pour mettre fin à la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes et qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, a fait chuter les prix du pétrole de près de 5% lundi. Ils se stabilisent mardi.

Les habitants de la région semblaient eux mitigés. "Le peuple iranien n'a rien gagné avec cet accord", réagit Arya, 38 ans, professeur d'anglais à Téhéran. "Les gens ne vont pas revenir à leur vie d'avant."

Au Liban, certains déplacés envisageaient timidement un retour vers le sud dans des zones non occupées par Israël. "Même s'il ne reste que des ruines, nous y planterons une tente et nous y resterons", assure Hana al-Jamma.

Les 60 jours de négociations qui doivent s'ouvrir porteront sur quatre sujets, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères: la levée des sanctions contre l'Iran, le nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris.

L'Iran cherchera "à ce que l'accord final soit soutenu par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies", a précisé sa diplomatie.

Dans des déclarations au New York Times, Donald Trump a indiqué qu'un volet des négociations concernerait l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de vingt ans sur l'enrichissement d'uranium, laissant entendre qu'il pourrait transiger sur quinze ans.

En vertu du protocole d'accord, des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) seront par ailleurs autorisés à se rendre en Iran pour aider Téhéran à "détruire son stock d'uranium hautement enrichi", a annoncé JD Vance sur NBC News.

 


Frankly Speaking: Quelle sera la prochaine étape des relations entre l'Arabie saoudite et l'Inde?

L’ambassadeur sortant de l’Inde en Arabie saoudite, Suhel Ajaz Khan, a souligné la résilience d’un partenariat qui, selon lui, continue de se développer malgré les turbulences régionales. (Photo AN)
L’ambassadeur sortant de l’Inde en Arabie saoudite, Suhel Ajaz Khan, a souligné la résilience d’un partenariat qui, selon lui, continue de se développer malgré les turbulences régionales. (Photo AN)
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  • L'ambassadeur indien sortant affirme que les conflits régionaux ont renforcé la coordination en matière de sécurité, de routes maritimes et d'approvisionnement énergétique
  • Suhel Ajaz Khan souligne le développement des échanges commerciaux, des investissements et des liens entre les peuples alors que le partenariat entre l'Arabie saoudite et l'Inde entre dans une nouvelle phase

RIYAD : Alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran se répercute à travers le Moyen-Orient et le monde, peu de pays ont autant d’enjeux que l’Inde. Fortement dépendante des approvisionnements énergétiques régionaux, de plus en plus investie dans les routes commerciales maritimes et comptant des millions de citoyens vivant dans les États du Golfe, New Delhi a observé le conflit avec inquiétude.

Cependant, la crise a également mis en évidence l’importance du renforcement des relations entre l’Inde et l’Arabie saoudite — un partenariat qui a considérablement évolué au cours de la dernière décennie, passant d’une relation centrée principalement sur le pétrole à une relation stratégique globale englobant la sécurité, l’investissement, la culture et la diplomatie.

Invité de l’émission d’actualité « Frankly Speaking » sur Arab News, l’ambassadeur sortant de l’Inde en Arabie saoudite, Suhel Ajaz Khan, a expliqué comment le conflit a intensifié le dialogue entre New Delhi et Riyad.
Dans le même temps, cela a mis en évidence la résilience d’un partenariat qui continue de se développer malgré les turbulences régionales. Pour l’Inde, a-t-il déclaré à Katie Jensen, animatrice de « Frankly Speaking », les développements dans le Golfe restent impossibles à ignorer.

« Le conflit dans la région est certainement une source de grande préoccupation pour nous », a déclaré M. Khan. « Cette région fait partie de notre voisinage élargi. »

Avec près de 10 millions d’Indiens vivant à travers le Moyen-Orient, dont quelque 2,7 millions rien qu’en Arabie saoudite, l’ambassadeur a déclaré que la sécurité de la région était directement liée aux intérêts nationaux de l’Inde.

« C’est l’un de nos plus grands partenaires commerciaux. C’est l’un de nos plus grands partenaires pour l’énergie et les engrais. Il est donc évident que tout ce qui se passe dans cette région revêt une grande importance pour nous. »

M. Khan a indiqué que la communication entre les dirigeants indiens et saoudiens s’était intensifiée tout au long de la crise. Le Premier ministre Narendra Modi et le prince héritier Mohammed ben Salmane se sont entretenus à deux reprises pendant le conflit, tandis que les ministres et les hauts responsables restent en contact fréquent.

« Nos dirigeants se sont consultés et ont entretenu des échanges très intenses », a-t-il déclaré.

L’Inde a condamné à plusieurs reprises les attaques iraniennes contre l’Arabie saoudite et les pays du Conseil de coopération du Golfe, tout en réitérant son appel de longue date au dialogue et à la désescalade. « Notre position sur le conflit lui-même est très claire », a déclaré M. Khan.

Il a ajouté que New Delhi restait profondément préoccupée par la sécurité des voies maritimes et la fluidité du commerce à travers l’une des voies navigables les plus stratégiques au monde.

« Nous pensons également que le détroit d’Ormuz doit rester ouvert », a-t-il déclaré. « La navigation, la navigation libre et sans entrave, ainsi que les routes commerciales libres sont très importantes pour nos pays, pour l’ensemble de la région et pour le monde entier. »

Cette préoccupation est devenue de plus en plus pressante face aux attaques contre des navires marchands opérant dans les eaux du Golfe. Le conflit a déjà coûté la vie à des marins indiens servant à bord de navires commerciaux près d’Oman, suscitant des protestations de la part de New Delhi et soulevant de nouvelles questions sur la sécurité maritime.
L’Inde a convoqué vendredi le chef de mission adjoint américain Jason Meeks pour la deuxième fois en deux jours, à la suite des frappes américaines contre trois navires marchands dont l’équipage était majoritairement indien. M. Meeks avait déjà été convoqué au ministère des Affaires étrangères mercredi, à la suite d’une frappe américaine contre le MT Settebello, battant pavillon des Palaos, au large des côtes d’Oman, au cours de laquelle trois marins indiens ont été tués.

Cette frappe faisait suite à celle du 8 juin contre le MT Marivex, un autre pétrolier battant pavillon des Palaos. Les autorités omanaises ont évacué par avion 24 marins indiens du navire touché. Jeudi, un pétrolier battant pavillon de Guinée-Bissau a été touché lors d’une frappe américaine. New Delhi a déclaré que son équipage, qui comprenait 20 marins indiens, avait été secouru.

M. Khan a qualifié ces attaques de profondément préoccupantes et a réitéré l’appel de l’Inde à la retenue. « Il est très regrettable que les attaques contre les infrastructures civiles, y compris les compagnies maritimes, se poursuivent », a-t-il déclaré.

Qualifiant les récents développements de « regrettables », il a souligné que la diplomatie restait la seule voie viable pour aller de l’avant : « Nous avons constamment appelé au dialogue et à la diplomatie. Nous pensons que c’est la seule façon de résoudre ces problèmes. »

Il a ajouté : « Nous appelons toutes les parties concernées à respecter le cessez-le-feu, à ne pas attaquer les infrastructures civiles, y compris les lignes maritimes, et à conclure au plus vite les négociations diplomatiques en cours. »

La menace maritime a été l’un des nombreux sujets abordés lors des récents échanges de haut niveau entre l’Inde et l’Arabie saoudite.

M. Khan a révélé que le conseiller indien à la sécurité nationale, Ajit Doval, avait mené de vastes consultations à Riyad lors d’une visite en avril, s’appuyant sur les contacts réguliers entre les deux pays en matière de sécurité. « Notre conseiller à la sécurité nationale est en contact permanent avec son homologue saoudien », a-t-il déclaré.

Au cours de sa visite, M. Doval a rencontré de hauts responsables saoudiens, notamment le ministre d’État Musaad Al-Aiban, le ministre de l’Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, et le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan.

« Ils ont passé en revue l’ensemble des relations bilatérales ainsi que l’évolution de la dynamique dans la région, la sécurité de la région et les implications du conflit », a déclaré M. Khan. Les discussions ont également porté sur des questions vitales pour l’économie indienne, notamment l’approvisionnement en énergie et en engrais.

Ces discussions ont pris une importance croissante, l’incertitude entourant le détroit d’Ormuz ayant suscité des inquiétudes quant aux marchés énergétiques mondiaux. L’Inde importe une part importante de son pétrole brut auprès des producteurs du Golfe, ce qui fait des perturbations d’approvisionnement une préoccupation stratégique majeure.

Selon M. Khan, la mise en service par l’Arabie saoudite d’installations d’exportation sur la côte de la mer Rouge a contribué à atténuer l’impact de l’instabilité régionale. « L’Arabie saoudite a pu nous fournir du pétrole brut via le port de Yanbu », a-t-il déclaré.

L’ambassadeur s’est récemment rendu lui-même à Yanbu, où il a pu constater que les exportations de pétrole brut et les expéditions d’engrais sont désormais acheminées via des installations moins exposées aux perturbations dans le Golfe.

L’Arabie saoudite reste l’un des partenaires énergétiques les plus importants de l’Inde, fournissant environ 15 % des besoins en pétrole brut du pays. « L’Arabie saoudite a toujours été un fournisseur très fiable et constant pour nos besoins en pétrole brut », a déclaré M. Khan.

Il a noté que l’utilisation de Yanbu a contribué à réduire la dépendance vis-à-vis des routes liées à Ormuz. « Après la mise en service du port de Yanbu, cela a atténué l’impact sur les approvisionnements transitant par Ormuz », a-t-il ajouté.

Tout en reconnaissant la persistance de perturbations ailleurs dans la région, M. Khan a déclaré que l’Inde et l’Arabie saoudite partageaient un intérêt commun à maintenir ouvertes les routes commerciales maritimes.

« Notre position est très similaire à celle de l’Arabie saoudite, très similaire à celle des autres pays du Golfe », a-t-il déclaré. « Le détroit d’Ormuz et les routes commerciales doivent rester ouverts, ils ne doivent en aucun cas être entravés. »

Le conflit a également mis à l’épreuve la capacité du Golfe à soutenir les communautés d’expatriés prises dans l’instabilité régionale. À cet égard, M. Khan a particulièrement salué le rôle joué par l’Arabie saoudite pour aider les citoyens indiens à rentrer chez eux pendant la crise. « Ce fut un immense soulagement que l’espace aérien saoudien soit resté ouvert tout au long du conflit », a-t-il déclaré.

Selon l’ambassadeur, les autorités saoudiennes ont délivré près de 15 000 visas de transit à des ressortissants indiens bloqués dans les pays voisins. « L’Arabie saoudite a aidé nos compatriotes, non seulement ceux qui se trouvaient en Arabie saoudite mais aussi ceux de toute la région, à rentrer au pays si tel était leur souhait », a-t-il déclaré.

La décision du Royaume de maintenir les aéroports en activité et de faciliter le trafic aérien régional s’est avérée cruciale pour les milliers de personnes cherchant à quitter les zones touchées par le conflit. « Nous remercions sincèrement l’Arabie saoudite et saluons ses efforts pour maintenir la connectivité aérienne et fournir des facilités de transit à notre peuple », a ajouté M. Khan.

Cette coopération en temps de guerre reflète une transformation plus large des relations saoudo-indiennes qui, selon M. Khan, s’est considérablement accélérée au cours de la dernière décennie. « Nos relations se sont véritablement épanouies au cours des 10 à 12 dernières années », a-t-il déclaré.

Au cœur de cette évolution se trouve la relation personnelle entre le Premier ministre Modi et le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon M. Khan, ces deux dirigeants ont donné l’élan politique nécessaire pour renforcer les liens bilatéraux.

« Je pense que cela a été vraiment important et que les deux dirigeants entretiennent d’excellentes relations, fondées sur la confiance et le respect mutuels », a déclaré l’ambassadeur, qualifiant leur engagement direct de « véritable moteur de nos relations au cours de la dernière décennie ».

M. Khan a pu observer de près le leadership du prince héritier lors de plusieurs réunions et a déclaré qu’un aspect ressortait systématiquement. « Ce que je constate, c’est qu’il a une grande vision pour son pays et qu’il a un grand respect pour l’Inde », a-t-il déclaré.

Ce respect s’étend à la communauté indienne elle-même. M. Khan a rappelé les propos tenus par le prince héritier lors d’une visite en Inde en 2023. « Il a déclaré que la communauté indienne faisait partie intégrante de la société saoudienne. »

L’ambassadeur estime que de tels sentiments ont contribué à renforcer les liens entre les deux pays tout en renforçant le sentiment d’appartenance des Indiens vivant dans le Royaume. « Ce genre d’affection, de respect et d’attention envers la communauté indienne fait également une grande différence. »


Sur le plan institutionnel, l’un des développements les plus significatifs a été la création et l’expansion du Conseil de partenariat stratégique. Créé en 2019, ce conseil est devenu le principal cadre guidant la coopération entre les deux pays. « C’est une manière très systématique de renforcer notre engagement », a déclaré M. Khan.

Ce qui a commencé avec des comités politiques et économiques s’est depuis élargi pour inclure la défense, la culture et le tourisme. « C’est un dispositif très complet dont nous disposons et qui guide notre engagement. »

L’intensité de cet engagement s’est considérablement accrue. Au cours des trois années de son mandat, a indiqué M. Khan, il y a eu environ 30 visites au niveau ministériel dans chaque sens.

La coopération économique s’est développée parallèlement aux liens politiques. Les échanges bilatéraux dépassent désormais les 42 milliards de dollars, tandis que les exportations indiennes vers l’Arabie saoudite ont connu une croissance rapide. « Nos échanges commerciaux progressent dans les deux sens », a déclaré M. Khan.

Le nombre d’entreprises indiennes opérant en Arabie saoudite a également bondi : « En 2019, on comptait environ 490 entreprises. Aujourd’hui, plus de 5 000 entreprises sont enregistrées ici. »

Pourtant, M. Khan estime que les plus grandes opportunités restent à venir, notamment en matière d’investissement : « Je pense que c’est un domaine où nous pouvons certainement faire davantage. »

Parmi les initiatives les plus importantes actuellement à l’étude figurent des projets de création de deux raffineries de pétrole en joint-venture en Inde, impliquant le géant saoudien de l’énergie Aramco et des partenaires indiens.

Au-delà des industries traditionnelles, les deux pays se tournent de plus en plus vers la technologie et l’intelligence artificielle. « Il existe d’énormes opportunités dans les nouveaux secteurs, l’IA et tous les nouveaux secteurs informatiques », a déclaré M. Khan.

Des entreprises indiennes participent déjà à d’importants projets numériques saoudiens et collaborent à des initiatives émergentes en matière d’IA : « Nos entreprises travaillent, par exemple, avec des sociétés comme HUMAIN et ALLAM, qui sont les moteurs de la révolution de l’IA en Arabie saoudite. »

L’ambassadeur a également mis en avant l’écosystème croissant des start-ups en Inde, qui compte désormais plus de 100 entreprises « licornes ».

Malgré l’accent mis sur le commerce et la technologie, les personnes restent au cœur de cette relation. La communauté indienne en Arabie saoudite s’est développée de manière constante pendant le mandat de M. Khan, reflétant à la fois les opportunités économiques et un sentiment d’intégration sociale.

« Nos communautés se sentent à l’aise ici, elles se sentent respectées ici, elles sont bien intégrées dans la société saoudienne », a-t-il déclaré.

Il a décrit les expatriés indiens comme « le pont vivant entre nos deux pays », contribuant à renforcer la compréhension culturelle à travers la cuisine, le cinéma, les affaires et les interactions quotidiennes.

Alors que son mandat en Arabie saoudite touche à sa fin, M. Khan a également évoqué une expérience plus personnelle : avoir accompli le hadj cette année tout en exerçant ses fonctions d’ambassadeur.

Pour quelqu’un qui a passé des décennies à s’occuper de l’administration du hadj, ce pèlerinage revêtait une importance à la fois professionnelle et spirituelle.

« Le hadj est toujours une expérience spirituelle très, très profonde », a-t-il déclaré.

En même temps, cela lui a donné l’occasion de soutenir les pèlerins indiens et de constater les améliorations apportées par l’Arabie saoudite pour gérer l’un des plus grands rassemblements annuels au monde.

« C’est donc assurément une source de grande satisfaction spirituelle, mais cela me procure également la satisfaction de servir notre communauté », a-t-il déclaré.

Cette expérience, a-t-il ajouté, a couronné un mandat marqué par la chaleur humaine, la coopération et l’optimisme quant à l’avenir. « Je vois un grand potentiel entre l’Inde et l’Arabie saoudite », a déclaré M. Khan.

Résumant cette relation en trois mots, il a ajouté : « Paix, progrès et prospérité. » Pour les deux pays, dans un contexte régional turbulent, ces aspirations pourraient s’avérer plus importantes que jamais.


L'Iran affirme que les discussions sur un accord final avec les Etats-Unis devraient débuter vendredi

Donald Trump a assuré lundi, peu après son arrivée à Evian (France) pour le sommet du G7, que le détroit d'Ormuz, artère essentielle pour le commerce mondial de brut, serait "complètement ouvert" vendredi. (AFP)
Donald Trump a assuré lundi, peu après son arrivée à Evian (France) pour le sommet du G7, que le détroit d'Ormuz, artère essentielle pour le commerce mondial de brut, serait "complètement ouvert" vendredi. (AFP)
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  • Le cadre d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran a été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf
  • Donald Trump a assuré lundi, peu après son arrivée à Evian (France) pour le sommet du G7, que le détroit d'Ormuz, artère essentielle pour le commerce mondial de brut, serait "complètement ouvert" vendredi

WASHINGTON: Le cadre d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran a été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf, a annoncé lundi un haut responsable américain.

"Le président voulait le signer personnellement, car il voulait montrer son (...) abnégation à trouver une issue favorable", a déclaré ce haut responsable à la presse, sous couvert d'anonymat.

Les discussions sur un accord final avec les Etats-Unis devraient débuter vendredi

Pour sa part, le chef de la diplomatie iranienne a annoncé le probable début de discussions approfondies avec les Etats-Unis vendredi, jour prévu de la cérémonie de signature du protocole d'accord trouvé entre les deux pays après plus de trois mois de guerre.

"Vraisemblablement vendredi, dans un lieu qui reste à déterminer (...) un nouveau cycle de négociations entre l'Iran et les Etats-Unis visant à parvenir à un accord final va débuter", a déclaré le ministre Abbas Araghchi lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.