Eté 2021: Des incendies d'une ampleur inédite font rage à travers le monde

Un avion de Canadair largue de l'eau sur un feu de forêt dans le parc Thessalonique Seih Sou, qui surplombe la ville de Thessalonique, le 13 juillet 2021. Le risque de nouveaux incendies était considéré comme élevé, après plusieurs jours de températures élevées dans la majeure partie de la Grèce. (AFP)
Un avion de Canadair largue de l'eau sur un feu de forêt dans le parc Thessalonique Seih Sou, qui surplombe la ville de Thessalonique, le 13 juillet 2021. Le risque de nouveaux incendies était considéré comme élevé, après plusieurs jours de températures élevées dans la majeure partie de la Grèce. (AFP)
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Publié le Lundi 02 août 2021

Eté 2021: Des incendies d'une ampleur inédite font rage à travers le monde

  • De la Californie au Montana en passant par l’Arizona, le Nevada, l’Utah ou le Colorado, le «dôme de chaleur» a fait suffoquer des dizaines de millions d’Américains pendant une semaine
  • Des feux de forêts ravagent également la Sibérie. 1,5 millions d’hectares de forêts sont partis en fumée, alors que le mercure affiche des températures inhabituellement chaudes

BEYROUTH: Des Américains trouvant refuge dans des centres de refroidissement pour fuir le dôme de chaleur, des Chinois cloués dans une rame de métro où des volumes d'eau sont accumulés, au Canada, une ville, Lyton, disparaît dans les flammes.... Le réchauffement ne frappera pas plus loin ou plus tard. Nombreux phénomènes météo puissants ont secoué la planète en l’espace d’un mois. Cet été 2021, le dérèglement climatique s’installe partout. Et aucun pays n'est épargné. Chaque année, l'exceptionnel se reproduit. Des pays jusqu’ici relativement épargnés par les pics de chaleur ont été touchés.

Sécheresse aux Etats-Unis

Dès la mi-juin, c’est l’ouest des Etats-Unis qui a envoyé les premières alertes. Les températures élevées combinées avec le manque de précipitations depuis deux ans ont généré une sécheresse inédite.

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Des pins brûlent à flanc de colline au Dixie Fire, à Twain, en Californie, le 26 juillet 2021. Le Dixie Fire a pris un chemin plus incertain depuis son apparition à la mi-juillet. Sa circonférence s'étend sur au moins 130 kilomètres et a brûlé plus de 197 000 acres. (Photo, AFP)

De la Californie au Montana en passant par l’Arizona, le Nevada, l’Utah ou le Colorado, le «dôme de chaleur» a fait suffoquer des dizaines de millions d’Américains pendant une semaine. Plus de 55% du territoire du grand Ouest (composé de neuf Etats) a alors plongé dans un état de sécheresse «extrême» ou «exceptionnel».

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Soldat du feu depuis 35 ans, David Tikkanen assure combattre des incendies de plus en plus gros, un phénomène qu'il attribue au changement climatique. (AFP)

 

Le long chemin des sciences climatiques

Que se passerait-il si l'atmosphère de la Terre était enrichie en CO2? En 1856, l'Américaine Eunice Foote expérimentait, presque par hasard, les bases du changement climatique, apportant une brique aux sciences qui tentent aujourd'hui d'anticiper les effets du réchauffement de la planète.


La scientifique avait rempli des cylindres de verre avec différents mélanges gazeux et constaté que celui contenant du dioxyde de carbone (CO2) retenait plus la chaleur que les autres. "Une atmosphère constituée de ce gaz donnerait à notre Terre une température élevée", concluait-elle dans son étude publiée dans The American Journal of Science and Arts.


Ses recherches coïncident avec la date, 1850, qui sert aujourd'hui de référence pour calculer l'évolution des températures par rapport à la période pré-industrielle comme le font les experts climat de l'ONU, le GIEC, réunis actuellement.


Eunice Foote, dont les travaux ont été redécouverts récemment, s'inscrit dans la lignée des chercheurs ayant percé les mystères du climat et de l'influence humaine sur son évolution.


"Il n'y a pas eu de moment +Eureka+ avec une figure dominante, dans le domaine des sciences du changement climatique" mais une accumulation de savoirs, relève Alice Bell, une activiste climatique.


L'idée "d'aménager l'environnement pour que le climat soit plus agréable existe depuis très longtemps", explique Marie-Hélène Pépin, de Météo-France. "Quand les Romains ont conquis la Gaule, ils ont coupé les forêts pour pouvoir planter des champs, cultiver la vigne".

Pluies torrentielles et disette 
De l'époque de Christophe Colomb jusqu'au Siècle des Lumières, les colons européens ont justifié les traitements brutaux à l'égard des autochtones, "vus comme des "sous-hommes" parce qu’ils ne savaient pas aménager leur environnement", poursuit-elle.


En 1821, après des pluies torrentielles, des vagues de froid et des disettes en France, une étude est menée pour savoir si la déforestation avait joué un rôle, sans parvenir à une conclusion nette.


Quelques années plus tard, le physicien français Joseph Fourier "a réalisé que l'atmosphère jouait un rôle pour empêcher la chaleur d'être immédiatement dispersée dans l'espace", indique Roland Jackson, historien.


Vers 1860, le physicien irlandais John Tyndall creuse le sillon dessiné par Eunice Foote et démontre le principe de l'effet de serre, quand des gaz piègent le rayonnement du sol réchauffé par le rayonnement solaire.


En décembre 1882, une lettre parue dans la revue scientifique Nature fait référence à ses travaux. "Nous pouvons en conclure que la pollution croissante dans l'atmosphère aura une influence notable sur le climat mondial", dit cette lettre signée H. A. Phillips, établissant le lien entre les émissions issues des activités humaines et le changement climatique.


Dès la fin du XIXe siècle, le chimiste suédois Svante Arrhenius, ancêtre de l'activiste Greta Thunberg, met en garde contre la consommation d'énergie fossile et son influence sur l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère. Mais à l'époque, les scientifiques s'intéressent plus aux périodes glaciaires.

«Un film de science-fiction»
Dans les années 1930, certains estiment même qu'un réchauffement climatique modéré pourrait être positif. "L'idée que cela modifie non seulement les températures, mais aussi d'autres aspects du climat ne leur est pas venue à l'esprit", selon Robbie Andrew, du centre CICERO pour la recherche internationale sur le climat.


En 1958, un programme télévisé américain, The Bell Telephone Science Hour, explique que le CO2 émis par les usines et les voitures pourrait réchauffer l'atmosphère et que cela touche "la vie elle-même". 


Mais les craintes d'un refroidissement du climat lié à une éventuelle guerre nucléaire et à la pollution aux aérosols occupent les esprits jusque dans les années 1980.


En 1975, le chercheur américain Wallace Broecker, dans un article paru dans la revue Science, "Changement climatique: sommes-nous au bord d'un réchauffement planétaire prononcé?", est le premier à utiliser ces termes passés dans le langage courant.


Au fil du temps, la science climatique est devenue plus pointue et a dû affronter le lobbying de l'industrie pour minimiser l'impact de la consommation d'énergies fossiles.


Avec des impacts du changement climatique de plus en plus visibles, les sociétés doivent agir, avertissent les scientifiques. "C'est comme si nous nous étions réveillés dans un film de science-fiction. Mais ce n'est pas de la science-fiction, c'est de la physique", résume l'historien Spencer Weart.

(AFP)

Dôme de chaleur au Canada

Fin juin, l’ouest du Canada est pris sous un «dôme de chaleur» provoqué par de fortes pressions emprisonnant l’air chaud. Le pays a battu plusieurs fois son record absolu de température, qui s’établit finalement à 49,6°C dans le village de Lytton, le 30 juin. Quelques jours après, la petite commune a été presque entièrement ravagée par les flammes. Les états américains de Washington et de l’Oregon ont aussi été touchés par les températures extrêmes.

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Cette photo fournie par le département des forêts de l'Oregon montre un camion-citerne de lutte contre l'incendie larguant un retardateur au-dessus de l'incendie de Grandview près de Sisters, dans l'Oregon, le 11 juillet 2021. (AFP)

Incendies en Amérique du Nord

Alimentée par une sécheresse alarmante, la saison des incendies ne fait que commencer dans l’Ouest américain et des milliers de pompiers combattent déjà près de 80 immenses brasiers. Ils avaient déjà consumé en début de semaine plus de 4 700 km² de végétation.

Le plus impressionnant est le «Bootleg Fire», dans l’Oregon, qui a brûlé en deux semaines l’équivalent de la ville de Los Angeles en végétation et forêts.

Les incendies se multiplient aussi au Canada depuis près d’un mois suite aux fortes chaleurs. Des milliers d’habitants ont été sommés d’évacuer la Colombie-Britannique et l’état d’urgence a été décrété dans cette province de l’ouest du pays.

Depuis plusieurs jours, le sud de l'Europe est en proie aux flammes. Des centaines de personnes sont contraintes d'évacuer leurs habitations, des milliers d'hectares sont partis en fumée.

 

Grèce: Les pompiers continuent de lutter contre deux incendies importants

Les pompiers grecs continuaient lundi de lutter contre deux incendies importants sur l'île de Rhodes et dans le nord-ouest du Péloponnèse, alors que les températures caniculaires devaient dépasser les 40 degrés dans la journée.


Plus de 3 000 hectares de pinèdes et d'oliveraies ont brûlé en Achaïe, près de Patras, sur la péninsule du Péloponnèse, selon les estimations de l'Observatoire national d'Athènes, qui s'est appuyé sur des images du satellite environnemental européen Sentinel-2.


Cette surface pourrait encore augmenter car l'incendie, qui s'est déclenché samedi, n'était pas totalement maîtrisé lundi matin, ont indiqué les services météo à l'agence grecque ANA.


La canicule qui s'est abattue sur la Grèce rend le travail des autorités encore plus difficile dans cette région où la végétation est asséchée par la chaleur. On attend lundi des températures de 44 à 45 degrés dans l'ouest du Péloponnèse, selon les services de météo. 


A Rhodes, cependant, les autorités étaient optimistes, estimant que l'incendie qui s'est déclaré dimanche au centre de l'île était en déclin lundi, sous l'effet d'un renfort important dans la nuit des effectifs et des moyens de lutte contre le feu. 


Quatre avions et hélicoptères bombardiers d'eau ont commencé leur ballet très tôt lundi matin dans la région de Pandanassa où s'est déclenché l'incendie, selon la protection civile.


"L'aube trouve Rhodes bien mieux que la veille. Les (différents) fronts (de l'incendie) sont en récession" et "quasiment sous contrôle", a déclaré le gouverneur de la mer Égée du Sud, George Chatzimarkos, dans un communiqué publié lundi matin.


"Le premier objectif: la protection de la vie humaine, a été atteint" et "les dégâts sur le réseau électrique ont été réparés", s'est-il félicité, selon l'ANA.


Les pompiers ont évacué par précaution dimanche la "vallée des papillons", une zone arborée du centre de l'île du Dodécannèse, qui attire traditionnellement les randonneurs et les touristes.  


"Nous poursuivons notre travail ce matin (lundi), avec des forces renforcées et une endurance inépuisable. Il n'y a aucune raison de paniquer", a ajouté le gouverneur. 


Dans le Péloponnèse, à Rhodes, comme dans toute la Grèce, les pompiers font face à une nouvelle vague de chaleur, qui doit atteindre son pic lundi et mardi. Les service météorologiques ont prévu des températures de 40 à 42 degrés sur les îles, et de 41 à 43 degrés sur le continent, avec des maximales de 44 à 45 degrés dans le Péloponnèse et en Thessalie (nord). 


Dans le même temps, les températures minimales seront dans plusieurs régions supérieures à 26 à 27 degrés, intensifiant "la sensation d'inconfort", selon la météo.

 En Catalogne, la situation est critique

La situation est plus critique en Catalogne où 1 300 hectares de forêts ont été dévastés par les flammes dans l'incendie qui s'est déclaré entre Barcelone et Tarragone. Plus de 600 hectares sont partis en fumée dans un incendie qui s'est déclaré à Villarrasa, dans l'extrême sud de la province espagnole de Huelva. Une zone forestière protégée a été touchée.

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Un Canadair survole un incendie de forêt à Arico, à cinq kilomètres du parc national du Teide sur l'île canarienne de Tenerife, le 20 mai 2021. (AFP)

En raison de son climat chaud et sec, l'Espagne, est régulièrement frappée en été par d'importants feux de forêt qui, selon les experts, menacent de devenir plus fréquents et plus violents en raison du réchauffement climatique.  

Un incendie a déjà ravagé au moins 400 hectares d'un parc naturel sur la côte catalane, près de la frontière franco-espagnole, où 350 personnes ont du être évacuées, ont annoncé samedi les pompiers.

L'Italie demande de l'aide à ses pays voisins

L'Italie a demandé dimanche l'aide des pays européens voisins pour combattre les incendies qui dévastent une partie de la Sardaigne où des centaines d'habitants ont été obligés de quitter leur domicile.

Après des incendies dévastateurs en Sardaigne le week-dernier, l'Italie a enregistré en cette fin de semaine plus de 800 départs de feu, essentiellement dans le sud du pays, ont indiqué les pompiers sur Twitter.

 La Russie subit toujours les incendies

Les incendies sont toujours actifs dans le nord-ouest de la Russie dans la République de Carélie. Des hélicoptères militaires participent à cette lutte contre les feux de forêt, 26 tonnes d’eau ont été déversées sur les feux les plus actifs. 

Des feux de forêts ravagent également la Sibérie. 1,5 millions d’hectares de forêts sont partis en fumée, alors que le mercure affiche des températures inhabituellement chaudes.

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Ivan Fyodorov, 65 ans, aide les pompiers à contrôler une tranchée de cinq kilomètres de long pour empêcher un feu de forêt d'atteindre leurs terres dans la région sibérienne de Yakoutie, le 26 juillet 2021. (AFP)

Turquie, Grèce, Italie et Espagne: des incendies sévissent depuis plusieurs jours

Dans le sud de la Turquie, les feux ont déjà fait huit morts. De nombreux villageois et touristes ont été évacués.

Des dizaines de villages et hôtels ont été évacués, dimanche 1er août, dans le sud touristique de la Turquie, face à la progression des incendies qui sévissent depuis cinq jours et ont déjà fait huit morts, pendant que plusieurs régions de Grèce, d'Italie et d'Espagne étaient elles aussi ravagées par le feu.

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Cette photographie aérienne montre des maisons entourées par un incendie de forêt qui a englouti une région balnéaire méditerranéenne sur la côte sud de la Turquie, près de la ville de Manavgat, le 30 juillet 2021. (Photo, AFP)

Ces pays du pourtour méditerranéen, très dépendants des recettes touristiques dont ils ont été privés à cause de la pandémie, sont confrontés cet été à des températures caniculaires et à des feux de forêts plus nombreux que d'habitude.

La Turquie subit actuellement les pires incendies depuis au moins une décennie, avec près de 95 000 hectares brûlés depuis janvier, contre une moyenne de 13 516.

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Des dizaines de villages et hôtels ont été évacués dimanche dans le sud touristique de la Turquie (Photo, AFP).

Maisons brûlées en Grèce

En Grèce, les pompiers luttaient aussi dimanche contre un incendie qui s'est déclaré la veille, par des températures caniculaires, dans le nord-ouest de la péninsule du Péloponnèse, près de la ville de Patras.

La Grèce fait face à une nouvelle vague de chaleur depuis vendredi, avec des températures oscillant entre 42 et 44 degrés Celsius, selon les services météorologiques. 

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La Grèce fait face à une nouvelle vague de chaleur depuis vendredi, avec des températures oscillant entre 42 et 44 degrés Celsius, selon les services météorologiques. (Photo, AFP)

Asséchées par la chaleur, les forêts grecques connaissent chaque été des incendies. Il y a quelques jours, un incendie a ravagé le mont Penteli, à proximité d'Athènes. 

Un immense incendie au Liban-Nord

Un immense incendie s’est déclaré mercredi dans la région de Kobayat, au Liban-Nord, et s’est propagé si rapidement que de nombreuses familles sont restées bloquées dans leurs propriétés.

Un porte-parole de la Défense civile libanaise (DCL) a expliqué à Arab News que l’incendie était dû aux températures élevées, à l’humidité et aux vents, mais qu’il était «presque sous contrôle» après l’intervention de plus de 16 brigades de pompiers.

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Un hélicoptère de l'armée libanaise largue de l'eau sur un incendie de forêt dans la région de Qubayyat, dans la région reculée du Akkar, au nord du Liban, le 29 juillet 2021. (AFP)

Incendie dans l'Aude: 850 hectares et des coupures de courant jusqu'au Portugal

Un incendie, qui avait déjà parcouru samedi soir quelque 850 hectares de végétation dans la montagne d'Alaric (Aude), a entraîné des coupures de courant en France, en Espagne et au Portugal, a-t-on appris de sources concordantes.

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Un pompier tente d'éteindre un feu de forêt à Vale da Cuba près du village d'Isna, Castelo Branco, le 26 juillet 2020. (AFP)

Les réseaux espagnol et portugais d'électricité ont été touchés. "La péninsule ibérique a été déconnectée du réseau électrique européen", a indiqué dans un communiqué le réseau de transport d'électricité (RTE).


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.