Eté 2021: Des incendies d'une ampleur inédite font rage à travers le monde

Un avion de Canadair largue de l'eau sur un feu de forêt dans le parc Thessalonique Seih Sou, qui surplombe la ville de Thessalonique, le 13 juillet 2021. Le risque de nouveaux incendies était considéré comme élevé, après plusieurs jours de températures élevées dans la majeure partie de la Grèce. (AFP)
Un avion de Canadair largue de l'eau sur un feu de forêt dans le parc Thessalonique Seih Sou, qui surplombe la ville de Thessalonique, le 13 juillet 2021. Le risque de nouveaux incendies était considéré comme élevé, après plusieurs jours de températures élevées dans la majeure partie de la Grèce. (AFP)
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Publié le Lundi 02 août 2021

Eté 2021: Des incendies d'une ampleur inédite font rage à travers le monde

  • De la Californie au Montana en passant par l’Arizona, le Nevada, l’Utah ou le Colorado, le «dôme de chaleur» a fait suffoquer des dizaines de millions d’Américains pendant une semaine
  • Des feux de forêts ravagent également la Sibérie. 1,5 millions d’hectares de forêts sont partis en fumée, alors que le mercure affiche des températures inhabituellement chaudes

BEYROUTH: Des Américains trouvant refuge dans des centres de refroidissement pour fuir le dôme de chaleur, des Chinois cloués dans une rame de métro où des volumes d'eau sont accumulés, au Canada, une ville, Lyton, disparaît dans les flammes.... Le réchauffement ne frappera pas plus loin ou plus tard. Nombreux phénomènes météo puissants ont secoué la planète en l’espace d’un mois. Cet été 2021, le dérèglement climatique s’installe partout. Et aucun pays n'est épargné. Chaque année, l'exceptionnel se reproduit. Des pays jusqu’ici relativement épargnés par les pics de chaleur ont été touchés.

Sécheresse aux Etats-Unis

Dès la mi-juin, c’est l’ouest des Etats-Unis qui a envoyé les premières alertes. Les températures élevées combinées avec le manque de précipitations depuis deux ans ont généré une sécheresse inédite.

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Des pins brûlent à flanc de colline au Dixie Fire, à Twain, en Californie, le 26 juillet 2021. Le Dixie Fire a pris un chemin plus incertain depuis son apparition à la mi-juillet. Sa circonférence s'étend sur au moins 130 kilomètres et a brûlé plus de 197 000 acres. (Photo, AFP)

De la Californie au Montana en passant par l’Arizona, le Nevada, l’Utah ou le Colorado, le «dôme de chaleur» a fait suffoquer des dizaines de millions d’Américains pendant une semaine. Plus de 55% du territoire du grand Ouest (composé de neuf Etats) a alors plongé dans un état de sécheresse «extrême» ou «exceptionnel».

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Soldat du feu depuis 35 ans, David Tikkanen assure combattre des incendies de plus en plus gros, un phénomène qu'il attribue au changement climatique. (AFP)

 

Le long chemin des sciences climatiques

Que se passerait-il si l'atmosphère de la Terre était enrichie en CO2? En 1856, l'Américaine Eunice Foote expérimentait, presque par hasard, les bases du changement climatique, apportant une brique aux sciences qui tentent aujourd'hui d'anticiper les effets du réchauffement de la planète.


La scientifique avait rempli des cylindres de verre avec différents mélanges gazeux et constaté que celui contenant du dioxyde de carbone (CO2) retenait plus la chaleur que les autres. "Une atmosphère constituée de ce gaz donnerait à notre Terre une température élevée", concluait-elle dans son étude publiée dans The American Journal of Science and Arts.


Ses recherches coïncident avec la date, 1850, qui sert aujourd'hui de référence pour calculer l'évolution des températures par rapport à la période pré-industrielle comme le font les experts climat de l'ONU, le GIEC, réunis actuellement.


Eunice Foote, dont les travaux ont été redécouverts récemment, s'inscrit dans la lignée des chercheurs ayant percé les mystères du climat et de l'influence humaine sur son évolution.


"Il n'y a pas eu de moment +Eureka+ avec une figure dominante, dans le domaine des sciences du changement climatique" mais une accumulation de savoirs, relève Alice Bell, une activiste climatique.


L'idée "d'aménager l'environnement pour que le climat soit plus agréable existe depuis très longtemps", explique Marie-Hélène Pépin, de Météo-France. "Quand les Romains ont conquis la Gaule, ils ont coupé les forêts pour pouvoir planter des champs, cultiver la vigne".

Pluies torrentielles et disette 
De l'époque de Christophe Colomb jusqu'au Siècle des Lumières, les colons européens ont justifié les traitements brutaux à l'égard des autochtones, "vus comme des "sous-hommes" parce qu’ils ne savaient pas aménager leur environnement", poursuit-elle.


En 1821, après des pluies torrentielles, des vagues de froid et des disettes en France, une étude est menée pour savoir si la déforestation avait joué un rôle, sans parvenir à une conclusion nette.


Quelques années plus tard, le physicien français Joseph Fourier "a réalisé que l'atmosphère jouait un rôle pour empêcher la chaleur d'être immédiatement dispersée dans l'espace", indique Roland Jackson, historien.


Vers 1860, le physicien irlandais John Tyndall creuse le sillon dessiné par Eunice Foote et démontre le principe de l'effet de serre, quand des gaz piègent le rayonnement du sol réchauffé par le rayonnement solaire.


En décembre 1882, une lettre parue dans la revue scientifique Nature fait référence à ses travaux. "Nous pouvons en conclure que la pollution croissante dans l'atmosphère aura une influence notable sur le climat mondial", dit cette lettre signée H. A. Phillips, établissant le lien entre les émissions issues des activités humaines et le changement climatique.


Dès la fin du XIXe siècle, le chimiste suédois Svante Arrhenius, ancêtre de l'activiste Greta Thunberg, met en garde contre la consommation d'énergie fossile et son influence sur l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère. Mais à l'époque, les scientifiques s'intéressent plus aux périodes glaciaires.

«Un film de science-fiction»
Dans les années 1930, certains estiment même qu'un réchauffement climatique modéré pourrait être positif. "L'idée que cela modifie non seulement les températures, mais aussi d'autres aspects du climat ne leur est pas venue à l'esprit", selon Robbie Andrew, du centre CICERO pour la recherche internationale sur le climat.


En 1958, un programme télévisé américain, The Bell Telephone Science Hour, explique que le CO2 émis par les usines et les voitures pourrait réchauffer l'atmosphère et que cela touche "la vie elle-même". 


Mais les craintes d'un refroidissement du climat lié à une éventuelle guerre nucléaire et à la pollution aux aérosols occupent les esprits jusque dans les années 1980.


En 1975, le chercheur américain Wallace Broecker, dans un article paru dans la revue Science, "Changement climatique: sommes-nous au bord d'un réchauffement planétaire prononcé?", est le premier à utiliser ces termes passés dans le langage courant.


Au fil du temps, la science climatique est devenue plus pointue et a dû affronter le lobbying de l'industrie pour minimiser l'impact de la consommation d'énergies fossiles.


Avec des impacts du changement climatique de plus en plus visibles, les sociétés doivent agir, avertissent les scientifiques. "C'est comme si nous nous étions réveillés dans un film de science-fiction. Mais ce n'est pas de la science-fiction, c'est de la physique", résume l'historien Spencer Weart.

(AFP)

Dôme de chaleur au Canada

Fin juin, l’ouest du Canada est pris sous un «dôme de chaleur» provoqué par de fortes pressions emprisonnant l’air chaud. Le pays a battu plusieurs fois son record absolu de température, qui s’établit finalement à 49,6°C dans le village de Lytton, le 30 juin. Quelques jours après, la petite commune a été presque entièrement ravagée par les flammes. Les états américains de Washington et de l’Oregon ont aussi été touchés par les températures extrêmes.

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Cette photo fournie par le département des forêts de l'Oregon montre un camion-citerne de lutte contre l'incendie larguant un retardateur au-dessus de l'incendie de Grandview près de Sisters, dans l'Oregon, le 11 juillet 2021. (AFP)

Incendies en Amérique du Nord

Alimentée par une sécheresse alarmante, la saison des incendies ne fait que commencer dans l’Ouest américain et des milliers de pompiers combattent déjà près de 80 immenses brasiers. Ils avaient déjà consumé en début de semaine plus de 4 700 km² de végétation.

Le plus impressionnant est le «Bootleg Fire», dans l’Oregon, qui a brûlé en deux semaines l’équivalent de la ville de Los Angeles en végétation et forêts.

Les incendies se multiplient aussi au Canada depuis près d’un mois suite aux fortes chaleurs. Des milliers d’habitants ont été sommés d’évacuer la Colombie-Britannique et l’état d’urgence a été décrété dans cette province de l’ouest du pays.

Depuis plusieurs jours, le sud de l'Europe est en proie aux flammes. Des centaines de personnes sont contraintes d'évacuer leurs habitations, des milliers d'hectares sont partis en fumée.

 

Grèce: Les pompiers continuent de lutter contre deux incendies importants

Les pompiers grecs continuaient lundi de lutter contre deux incendies importants sur l'île de Rhodes et dans le nord-ouest du Péloponnèse, alors que les températures caniculaires devaient dépasser les 40 degrés dans la journée.


Plus de 3 000 hectares de pinèdes et d'oliveraies ont brûlé en Achaïe, près de Patras, sur la péninsule du Péloponnèse, selon les estimations de l'Observatoire national d'Athènes, qui s'est appuyé sur des images du satellite environnemental européen Sentinel-2.


Cette surface pourrait encore augmenter car l'incendie, qui s'est déclenché samedi, n'était pas totalement maîtrisé lundi matin, ont indiqué les services météo à l'agence grecque ANA.


La canicule qui s'est abattue sur la Grèce rend le travail des autorités encore plus difficile dans cette région où la végétation est asséchée par la chaleur. On attend lundi des températures de 44 à 45 degrés dans l'ouest du Péloponnèse, selon les services de météo. 


A Rhodes, cependant, les autorités étaient optimistes, estimant que l'incendie qui s'est déclaré dimanche au centre de l'île était en déclin lundi, sous l'effet d'un renfort important dans la nuit des effectifs et des moyens de lutte contre le feu. 


Quatre avions et hélicoptères bombardiers d'eau ont commencé leur ballet très tôt lundi matin dans la région de Pandanassa où s'est déclenché l'incendie, selon la protection civile.


"L'aube trouve Rhodes bien mieux que la veille. Les (différents) fronts (de l'incendie) sont en récession" et "quasiment sous contrôle", a déclaré le gouverneur de la mer Égée du Sud, George Chatzimarkos, dans un communiqué publié lundi matin.


"Le premier objectif: la protection de la vie humaine, a été atteint" et "les dégâts sur le réseau électrique ont été réparés", s'est-il félicité, selon l'ANA.


Les pompiers ont évacué par précaution dimanche la "vallée des papillons", une zone arborée du centre de l'île du Dodécannèse, qui attire traditionnellement les randonneurs et les touristes.  


"Nous poursuivons notre travail ce matin (lundi), avec des forces renforcées et une endurance inépuisable. Il n'y a aucune raison de paniquer", a ajouté le gouverneur. 


Dans le Péloponnèse, à Rhodes, comme dans toute la Grèce, les pompiers font face à une nouvelle vague de chaleur, qui doit atteindre son pic lundi et mardi. Les service météorologiques ont prévu des températures de 40 à 42 degrés sur les îles, et de 41 à 43 degrés sur le continent, avec des maximales de 44 à 45 degrés dans le Péloponnèse et en Thessalie (nord). 


Dans le même temps, les températures minimales seront dans plusieurs régions supérieures à 26 à 27 degrés, intensifiant "la sensation d'inconfort", selon la météo.

 En Catalogne, la situation est critique

La situation est plus critique en Catalogne où 1 300 hectares de forêts ont été dévastés par les flammes dans l'incendie qui s'est déclaré entre Barcelone et Tarragone. Plus de 600 hectares sont partis en fumée dans un incendie qui s'est déclaré à Villarrasa, dans l'extrême sud de la province espagnole de Huelva. Une zone forestière protégée a été touchée.

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Un Canadair survole un incendie de forêt à Arico, à cinq kilomètres du parc national du Teide sur l'île canarienne de Tenerife, le 20 mai 2021. (AFP)

En raison de son climat chaud et sec, l'Espagne, est régulièrement frappée en été par d'importants feux de forêt qui, selon les experts, menacent de devenir plus fréquents et plus violents en raison du réchauffement climatique.  

Un incendie a déjà ravagé au moins 400 hectares d'un parc naturel sur la côte catalane, près de la frontière franco-espagnole, où 350 personnes ont du être évacuées, ont annoncé samedi les pompiers.

L'Italie demande de l'aide à ses pays voisins

L'Italie a demandé dimanche l'aide des pays européens voisins pour combattre les incendies qui dévastent une partie de la Sardaigne où des centaines d'habitants ont été obligés de quitter leur domicile.

Après des incendies dévastateurs en Sardaigne le week-dernier, l'Italie a enregistré en cette fin de semaine plus de 800 départs de feu, essentiellement dans le sud du pays, ont indiqué les pompiers sur Twitter.

 La Russie subit toujours les incendies

Les incendies sont toujours actifs dans le nord-ouest de la Russie dans la République de Carélie. Des hélicoptères militaires participent à cette lutte contre les feux de forêt, 26 tonnes d’eau ont été déversées sur les feux les plus actifs. 

Des feux de forêts ravagent également la Sibérie. 1,5 millions d’hectares de forêts sont partis en fumée, alors que le mercure affiche des températures inhabituellement chaudes.

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Ivan Fyodorov, 65 ans, aide les pompiers à contrôler une tranchée de cinq kilomètres de long pour empêcher un feu de forêt d'atteindre leurs terres dans la région sibérienne de Yakoutie, le 26 juillet 2021. (AFP)

Turquie, Grèce, Italie et Espagne: des incendies sévissent depuis plusieurs jours

Dans le sud de la Turquie, les feux ont déjà fait huit morts. De nombreux villageois et touristes ont été évacués.

Des dizaines de villages et hôtels ont été évacués, dimanche 1er août, dans le sud touristique de la Turquie, face à la progression des incendies qui sévissent depuis cinq jours et ont déjà fait huit morts, pendant que plusieurs régions de Grèce, d'Italie et d'Espagne étaient elles aussi ravagées par le feu.

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Cette photographie aérienne montre des maisons entourées par un incendie de forêt qui a englouti une région balnéaire méditerranéenne sur la côte sud de la Turquie, près de la ville de Manavgat, le 30 juillet 2021. (Photo, AFP)

Ces pays du pourtour méditerranéen, très dépendants des recettes touristiques dont ils ont été privés à cause de la pandémie, sont confrontés cet été à des températures caniculaires et à des feux de forêts plus nombreux que d'habitude.

La Turquie subit actuellement les pires incendies depuis au moins une décennie, avec près de 95 000 hectares brûlés depuis janvier, contre une moyenne de 13 516.

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Des dizaines de villages et hôtels ont été évacués dimanche dans le sud touristique de la Turquie (Photo, AFP).

Maisons brûlées en Grèce

En Grèce, les pompiers luttaient aussi dimanche contre un incendie qui s'est déclaré la veille, par des températures caniculaires, dans le nord-ouest de la péninsule du Péloponnèse, près de la ville de Patras.

La Grèce fait face à une nouvelle vague de chaleur depuis vendredi, avec des températures oscillant entre 42 et 44 degrés Celsius, selon les services météorologiques. 

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La Grèce fait face à une nouvelle vague de chaleur depuis vendredi, avec des températures oscillant entre 42 et 44 degrés Celsius, selon les services météorologiques. (Photo, AFP)

Asséchées par la chaleur, les forêts grecques connaissent chaque été des incendies. Il y a quelques jours, un incendie a ravagé le mont Penteli, à proximité d'Athènes. 

Un immense incendie au Liban-Nord

Un immense incendie s’est déclaré mercredi dans la région de Kobayat, au Liban-Nord, et s’est propagé si rapidement que de nombreuses familles sont restées bloquées dans leurs propriétés.

Un porte-parole de la Défense civile libanaise (DCL) a expliqué à Arab News que l’incendie était dû aux températures élevées, à l’humidité et aux vents, mais qu’il était «presque sous contrôle» après l’intervention de plus de 16 brigades de pompiers.

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Un hélicoptère de l'armée libanaise largue de l'eau sur un incendie de forêt dans la région de Qubayyat, dans la région reculée du Akkar, au nord du Liban, le 29 juillet 2021. (AFP)

Incendie dans l'Aude: 850 hectares et des coupures de courant jusqu'au Portugal

Un incendie, qui avait déjà parcouru samedi soir quelque 850 hectares de végétation dans la montagne d'Alaric (Aude), a entraîné des coupures de courant en France, en Espagne et au Portugal, a-t-on appris de sources concordantes.

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Un pompier tente d'éteindre un feu de forêt à Vale da Cuba près du village d'Isna, Castelo Branco, le 26 juillet 2020. (AFP)

Les réseaux espagnol et portugais d'électricité ont été touchés. "La péninsule ibérique a été déconnectée du réseau électrique européen", a indiqué dans un communiqué le réseau de transport d'électricité (RTE).


Les Etats-Unis affirment avoir les moyens de repartir en guerre contre l'Iran

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, prend la parole alors qu’il est assis à côté de Bastian Giegerich, directeur général de l’International Institute for Strategic Studies (IISS), lors du sommet sur la sécurité IISS Shangri-La Dialogue à Singapore, le 30 mai 2026. (Reuters)
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, prend la parole alors qu’il est assis à côté de Bastian Giegerich, directeur général de l’International Institute for Strategic Studies (IISS), lors du sommet sur la sécurité IISS Shangri-La Dialogue à Singapore, le 30 mai 2026. (Reuters)
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  • Les États-Unis excluent tout accord avec l’Iran sans garanties sur le nucléaire et la réouverture du détroit d’Ormuz
  • Washington affirme être prêt à reprendre les hostilités si les négociations échouent

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont affirmé samedi qu'ils avaient les moyens de repartir en guerre contre l'Iran, après avoir assuré qu'un accord de paix ne sera possible que si leurs "lignes rouges sont satisfaites".

L'incertitude règne quant à l'issue des discussions entre Téhéran et Washington, après les affrontements les plus graves cette semaine depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 8 avril.

Des sources à Washington avaient évoqué jeudi un cadre d'accord prévoyant une extension de 60 jours du cessez-le-feu, et une réunion de deux heures vendredi à la Maison Blanche, consacrée à ce sujet, n'a débouché sur aucune annonce dans l'immédiat.

"L'Iran doit accepter qu'ils n'auront jamais d'arme nucléaire. Le détroit d'Ormuz doit être ouvert immédiatement" et Téhéran doit s'engager à le déminer, a énuméré avant cette réunion le président Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Il a également demandé, tout en lettres capitales, à ce que le stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran soit "DETRUIT".

Dans la soirée, un responsable de la Maison Blanche a affirmé à l'AFP que "le président Trump ne signera un accord que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".

"L'Iran ne peut pas avoir d'arme nucléaire", a répété ce responsable.

"Les échanges se poursuivent mais aucun accord final n'a encore été conclu", avait affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, en réaction aux propos de M. Trump.

Il a par ailleurs démenti toute discussion à ce stade sur la question nucléaire et a défendu "la situation spéciale" du détroit stratégique d'Ormuz, en raison de sa localisation géographique dans les eaux territoriales de l'Iran et d'Oman.

A Téhéran, les habitants suivent désabusés ces tractations diplomatiques. "Les deux camps tiennent des propos destinés à satisfaire leurs partisans. Il est difficile de savoir qui dit la vérité", commente Ali, un Iranien de 49 ans originaire de Tonekabon, sur la mer Caspienne.

- Hegseth prêt à reprendre le combat -

Dans ce contexte, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a affirmé que les Etats-Unis étaient "tout à fait capables" de reprendre les hostilités contre l'Iran "si nécessaire".

"Nos stocks sont largement adaptés à cet objectif, tant sur place que dans le reste du monde, compte tenu de la manière dont nous équilibrons des munitions de haute technologie et d'autres produites en plus grande quantité", a-t-il déclaré pendant le Dialogue de Shangri-La, un forum sur la défense à Singapour.

La guerre, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, a fait des milliers de morts, et ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz s'est accéléré ces derniers jours, mais "cela ne signifie pas un retour à la situation d'avant-guerre", selon la télévision d'Etat iranienne, l'accès restant d'après elle interdit aux navires des pays "hostiles".

Téhéran réclame la fin des combats sur tous les fronts, en particulier au Liban où s'affrontent son allié, le Hezbollah, et Israël. Une trêve en vigueur depuis le 17 avril n'a jamais été respectée.

L'armée israélienne a encore étendu vendredi sa "zone de combat" dans le sud du Liban, tout en poursuivant ses frappes. Le ministère de la Santé libanais a fait état vendredi de 11 morts dans le sud du pays. Le mouvement pro-iranien a pour sa part revendiqué une nouvelle série d'attaques contre des cibles militaires dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Pendant ce temps, des responsables militaires libanais et israéliens ont tenu une réunion à Washington qualifiée de "constructive" par le gouvernement américain. Selon le Pentagone, ces discussions militaires serviront de base à une nouvelle séance de négociations politiques entre représentants des deux pays pour parvenir à un accord de sécurité, les 2 et 3 juin à Washington.

Le Hezbollah est opposé à ces pourparlers et son bloc parlementaire a à nouveau appelé jeudi le Liban à s'en retirer.

Selon le dernier bilan officiel, les frappes israéliennes ont tué au Liban 3.355 personnes depuis le début de la guerre.


Iran et Etats-Unis ont établi un cadre d'accord, en attente de validation par Trump

Les Etats-Unis et l'Iran ont établi un cadre d'accord qui prévoit une extension du cessez-le-feu de soixante jours mais qui n'a pas encore été validé par Donald Trump, ont indiqué jeudi à l'AFP des sources américaines. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont établi un cadre d'accord qui prévoit une extension du cessez-le-feu de soixante jours mais qui n'a pas encore été validé par Donald Trump, ont indiqué jeudi à l'AFP des sources américaines. (AFP)
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  • Prudent, le ministre des Finances américain Scott Bessent n'a pas confirmé fermement l'existence d'un tel protocole d'accord pendant une conférence de presse à la Maison Blanche, en déclarant: "Nous avons peut-être l'ébauche d'un accord"
  • "Ce sera totalement la décision du président", a encore dit Scott Bessent, qui a été assailli de questions sur ces révélations d'Axios

WASHINGTON: Les Etats-Unis et l'Iran ont établi un cadre d'accord qui prévoit une extension du cessez-le-feu de soixante jours mais qui n'a pas encore été validé par Donald Trump, ont indiqué jeudi à l'AFP des sources américaines.

L'information a d'abord été révélée par Axios, selon qui cet accord préalable ne règle pas la question du programme nucléaire iranien mais ouvre la voie à des négociations plus poussées à ce sujet.

Prudent, le ministre des Finances américain Scott Bessent n'a pas confirmé fermement l'existence d'un tel protocole d'accord pendant une conférence de presse à la Maison Blanche, en déclarant: "Nous avons peut-être l'ébauche d'un accord."

"Les équipes ont eu plusieurs échanges", a-t-il dit, ajoutant que le président américain avait "plusieurs lignes rouges", à savoir que l'Iran devait "livrer son stock d'uranium enrichi. Ils ne peuvent pas avoir d'arme nucléaire et il doit y avoir une libre circulation dans le détroit d'Ormuz".

"Ce sera totalement la décision du président", a encore dit Scott Bessent, qui a été assailli de questions sur ces révélations d'Axios.

Selon le site d'informations, le cadre d'accord soumis au président américain prévoit que l'accès au détroit d'Ormuz soit "illimité" pendant la période de soixante jours, ce qui implique notamment que l'Iran retire toutes les mines dans la zone.

Toujours selon la même source, le blocus américain des ports iraniens serait levé en proportion du rétablissement de la circulation maritime, et Téhéran serait autorisé à vendre du pétrole grâce à une suspension des sanctions américaines.

Ces dernières annonces ont suivi de peu un échange de frappes qui a conduit les Etats-Unis et l'Iran à s'accuser mutuellement de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les Etats-Unis ont abattu quatre drones d'attaque iraniens qui représentaient une "menace autour du détroit d'Ormuz" et ont frappé "une station de contrôle au sol à Bandar Abbas qui menaçait de lancer un cinquième drone", selon un responsable américain.

En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir visé une base américaine, sans préciser laquelle. De leur côté, le Koweït et l'armée américaine ont fait état de frappes, attribuées à l'Iran, sur le territoire de cette monarchie du Golfe.


Les Etats-Unis frappent l'Iran qui réplique en visant une base américaine

Les Etats-Unis ont abattu quatre drones iraniens et mené des frappes sur une base au sol dans le sud du pays dans la nuit de mercredi à jeudi, entraînant des représailles de Téhéran qui a visé une base américaine, dans ce qui constitue les affrontements les plus graves depuis le début du cessez-le-feu. (AFP)
Les Etats-Unis ont abattu quatre drones iraniens et mené des frappes sur une base au sol dans le sud du pays dans la nuit de mercredi à jeudi, entraînant des représailles de Téhéran qui a visé une base américaine, dans ce qui constitue les affrontements les plus graves depuis le début du cessez-le-feu. (AFP)
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  • Les forces iraniennes ont par ailleurs effectué des tirs de semonce à l'intention de quatre navires qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz, a indiqué jeudi la télévision d'Etat (Irib)
  • Ces incidents sont les plus sérieux depuis la trêve entrée en vigueur depuis le 8 avril, après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts

TEHERAN: Les Etats-Unis ont abattu quatre drones iraniens et mené des frappes sur une base au sol dans le sud du pays dans la nuit de mercredi à jeudi, entraînant des représailles de Téhéran qui a visé une base américaine, dans ce qui constitue les affrontements les plus graves depuis le début du cessez-le-feu.

Quatre drones d'attaque qui représentaient une "menace autour du détroit d'Ormuz" ont été abattus, a affirmé un responsable américain sous couvert d'anonymat, ajoutant que l'armée américaine avait aussi frappé "une station de contrôle au sol à Bandar Abbas qui menaçait de lancer un cinquième drone."

"Ces actions étaient mesurées, uniquement défensives et menées avec l'intention de maintenir le cessez-le-feu", a-t-il affirmé.

Les médias iraniens avaient auparavant rapporté trois fortes explosions près de Bandar Abbas, ville portuaire sur le détroit stratégique d'Ormuz, vers 01h30 jeudi (22h00 GMT mercredi).

En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé jeudi avoir visé une base américaine. Ils n'ont pas précisé laquelle, mais de son côté, l'armée koweïtienne a annoncé jeudi faire face à "des attaques menées par des missiles et des drones".

Les forces iraniennes ont par ailleurs effectué des tirs de semonce à l'intention de quatre navires qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz, a indiqué jeudi la télévision d'Etat (Irib), sans fournir de détails sur le type de navires ni sur leur nationalité.

Ces incidents sont les plus sérieux depuis la trêve entrée en vigueur depuis le 8 avril, après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts.

Frappes au Liban 

Bombardements et combats se poursuivent par ailleurs au Liban, malgré un autre cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé des cibles du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah à Tyr, dans le sud du pays, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres au nord de la frontière entre Israël et le Liban.

Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre un terme au conflit sont laborieuses, et le détroit d'Ormuz reste verrouillé par l'Iran, ce qui a renchéri l'or noir et fait vaciller l'économie mondiale.

Mercredi, le président américain Donald Trump a une nouvelle fois agité la menace d'une reprise des hostilités.

L'Iran "veut vraiment conclure un accord. Ils n'y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits mais nous finirons par l'être (...). Ou alors nous devrons simplement finir le travail", a-t-il dit.

Dans les échanges matinaux jeudi en Asie, le baril de Brent de la mer du Nord, principale référence internationale, progressait de près de 2% pour s'établir à 96,13 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine du pétrole brut, gagnait 1,75 % à 90,23 dollars le baril.

Passer "du pire au mauvais" 

En Iran, l'accès à internet a été en partie rétabli après une coupure de près de trois mois. Les connexions restent erratiques, les données mobiles étant encore largement coupées, de nombreux sites filtrés et des services de messagerie difficilement accessibles.

"Ce n'est pas du bonheur ou de la joie (que je ressens, NDLR), j'ai juste l'impression qu'on est passé du pire au mauvais", a réagi auprès de l'AFP Bahareh, 32 ans, nutritionniste à Téhéran.

"On se demande tous les jours: +Y aura-t-il des frappes de missiles ce soir?+", décrit Amir, un développeur de logiciel de 27 ans, également depuis la capitale iranienne.

L'Iran a affirmé être en train de finaliser un accord-cadre en 14 points avec les Etats-Unis, donnant la priorité à la fin de la guerre "sur tous les fronts", y compris au Liban.

"Le projet d'accord-cadre (...) est une totale invention", a réagi la Maison Blanche.

Selon la télévision iranienne, le protocole en discussion prévoit notamment un engagement des Etats-Unis à lever leur blocus des ports iraniens en contrepartie du rétablissement du trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Mercredi, le Trésor américain a annoncé des sanctions à l'encontre de l'Autorité iranienne du détroit du golfe Persique, la nouvelle agence de Téhéran chargée de percevoir les droits de passage à Ormuz.

Téhéran cherche aussi à obtenir le déblocage de 24 milliards d'avoirs gelés à l'étranger, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon l'agence iranienne Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps.

Les Etats-Unis réclament la destruction de son stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain. Téhéran dément de son côté vouloir se doter de la bombe atomique.