Liban: l’impunité en guise d’identité?

Le 4 août 2020, ce n’est finalement rien de moins que le 11 Septembre des Libanais, avec cela en plus que la responsabilité de cette hécatombe n’impute à personne d’autre que les dirigeants du pays. (Photo ArabNews en français)
Le 4 août 2020, ce n’est finalement rien de moins que le 11 Septembre des Libanais, avec cela en plus que la responsabilité de cette hécatombe n’impute à personne d’autre que les dirigeants du pays. (Photo ArabNews en français)
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Publié le Mercredi 04 août 2021

Liban: l’impunité en guise d’identité?

  • «Tout le monde savait.» C’est ce qui se répète depuis le cataclysme qui a rayé le port de Beyrouth et la moitié de la capitale
  • «Tout le monde», en allusion aux responsables du gouvernement qui avaient été informés à plusieurs reprises que le nitrate d’ammonium était mal stocké dans le port

BEYROUTH: Ce n’est pas le nombre de victimes. Ce n’est pas non plus l’ampleur de la destruction. Le Liban, du haut de ses nombreuses années de guerre civile, en aura connu tellement d’autres. Ce qui prend à la gorge lorsqu’il faut aborder l’explosion du 4 août 2020, c’est l’énormité de la négligence qui a conduit à l’une des plus grandes explosions de l’histoire contemporaine, qui plus est en temps de paix.

Le 4 août 2020, ce n’est finalement rien de moins que le 11 Septembre des Libanais, avec cela en plus que la responsabilité de cette hécatombe n’impute à personne d’autre que les dirigeants du pays. L’explosion provoquée par la déflagration de 500 tonnes d’ammonium selon un rapport du FBI, cité quelques jours après le drame par le Premier ministre libanais de l’époque, Hassan Diab, est le fruit d’une négligence endémique qui sévit au Liban. Symbole s’il en est du degré d’intérêt des dirigeants locaux pour la chose publique.

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Photocollage réalisé par le collectif United Diaspora - Meghterbine Mejtmiin - avec les photos de tous les responsables qui avaient eu connaissance de l'existence du nitrate d'ammonium et de son mauvais stockage dans le port de Beyrouth. (Photo tirée du compte Instagram de United Diaspora).

«Tout le monde savait.» C’est ce qui se répète depuis le cataclysme qui a rayé le port de Beyrouth et la moitié de la capitale. «Tout le monde», en allusion aux responsables du gouvernement qui avaient été informés à plusieurs reprises et par différents interlocuteurs que le nitrate d’ammonium était mal stocké dans le port. Aucun d’entre eux n’a sourcillé, ni jugé utile d’entreprendre une quelconque action susceptible d’éviter une véritable catastrophe nationale.

 

L’explosion en quelques chiffres

L’explosion a tué 217 personnes et en a blessé 7 000 dont 150 souffrent à présent d’un handicap physique.

Cette explosion a également causé des préjudices psychologiques indicibles et endommagé 77 000 appartements, ce qui a entraîné le déplacement forcé de plus de 300 000 habitant(e)s.

Au moins trois enfants âgés de 2 à 15 ans en ont perdu la vie.

 

Si les Libanais ont toujours eu ce sentiment diffus que leurs gouvernants ne se souciaient pas vraiment des citoyens, l’hécatombe du 4 août leur en a apporté l’irréfutable preuve. Ils ont encore à l’esprit les images de leur président, les mains dans les poches, sur le lieu de la catastrophe.

Sur les réseaux sociaux, Michel Aoun avait alors essuyé des critiques au vitriol pour cette posture, jugée irrespectueuse pour les victimes et leurs proches, bien qu’ayant promis de faire toute la lumière sur le drame. «Nous sommes déterminés à mener l’enquête en toute transparence et à sanctionner lourdement les responsables impliqués dans l’explosion», avait-il affirmé le 5 août 2020 avant de rejeter deux jours plus tard toute «internationalisation de l’enquête», le 7 août 2020.

Déclaration qui a eu l’effet d’une douche froide pour les proches des victimes, car au Liban, l’impunité est presque devenue une… identité. Le nombre d’attentats et de crimes non élucidés se comptent par centaines et les coupables n’ont jamais été sanctionnés, même pour des crimes visant des présidents de la République en exercice. La perspective d’une internationalisation de l’enquête aurait au moins été de nature à offrir aux victimes et à leurs proches la perspective d’une certaine reddition de comptes.

Car si le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) – mis en place à La Haye au lendemain de l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri par la Cour internationale de justice – a offert une promesse d’équité, les faits ont montré avec l’arrêt du financement du TSL, que «lorsque la volonté politique fait défaut, la recherche de la vérité en prend un coup également», comme aime à le noter le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Beyrouth, Melhem Khalaf. Le TSL encourt actuellement le risque de fermer faute de financements nécessaires, le Liban – État techniquement en faillite – finançant le budget de ce tribunal international à hauteur de 49%.

melhem khalaf
Le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Beyrouth, Melhem Khalaf. (Photo fournie).

Or, «un crime impuni est un crime récompensé», rappelle à cet égard Me Khalaf. Pour lui, «après le 4 août, il n’est tout simplement plus possible de récompenser des crimes». La population a selon lui pris conscience que l’État est délaissé par «des responsables irresponsables».

Le 4 août est-il un tournant dans l’histoire politique du Liban? Réussira-t-il à venir à bout du système féodal? Ce système-carcan dans lequel est figé le pays depuis des décennies et au nom duquel toutes les atrocités sont passées sous silence par des gouvernants qui s’arrogent, entre eux, un blanc-seing afin de continuer à s’accrocher à la chose publique.

Pour Me Khalaf, toute personne qui se veut «publique» devrait véhiculer un retour aux valeurs. «Les valeurs devraient être la boussole, le phare de toute personnalité publique et non pas, à la manière d’Iznogoud, pour être simplement calife à la place du calife et perpétuer la même façon de faire. Il faut instaurer une nouvelle mentalité dont la pierre angulaire ne peut être que la justice.»

«Sans justice, pas de lendemain»

«Sans justice pas de lendemain. Impossible de faire croire aux gens qu’il y a une possibilité de bâtir une nouvelle patrie. La justice doit être arrachée. Les juges doivent démontrer qu’ils ont revu leur mission et qu’ils veulent à présent établir cette confiance tant réclamée par les proches des victimes.» Pour l’heure, l’enquête piétine. Seuls ont été mis sous les verrous les employés du port de Beyrouth qui avaient, avant le drame, signalé l’existence du nitrate d’ammonium et sa dangerosité.

Tarek Bitar, le juge actuellement en charge du dossier, a demandé courant juillet la levée de l’immunité et la permission d’interroger, au sujet de l’explosion, des parlementaires et autres responsables hauts placés des services de sécurité, notamment le député et ancien ministre des Finances, Ali Hasan Khalil; le député et ancien ministre des Travaux publics, Ghazi Zeaiter; le député et ancien ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk; le directeur général de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim; et le directeur général de la Sécurité de l'État, le général Tony Saliba.

Le 2 juillet dernier, le ministre libanais de l'Intérieur, Mohammed Fahmi, déclarait sur la chaîne de télévision LBCI qu’il allait autoriser le juge d’instruction à engager des poursuites contre Abbas Ibrahim, mais il est par la suite revenu sur ses déclarations et a rejeté la demande du juge. Depuis, les familles des victimes manifestent pour réclamer une enquête impartiale et efficace.

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Une action du collectif United Diaspora à Paris. Les portraits des principaux responsables que le juge Bitar a demandé d'interroger dans l'affaire de l'explosion du port de Beyrouth, assortis de la mention "Wanted", comprendre "Avis de recherche". (Photo tirée du compte Instagram de United Diaspora).

Dans un rapport, Amnesty International met l’accent sur la nécessité de lever l’immunité politique des responsables. «Amnesty International soutient les victimes de l’explosion du port de Beyrouth dans leur combat pour la justice. Depuis la fin du conflit, le pays est marqué par une impunité solidement ancrée qui touche tous les aspects de la vie des personnes au Liban, a déclaré Lynn Maalouf, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

«Il est absolument essentiel qu’une enquête véritablement impartiale et indépendante soit menée sur l’explosion du port de Beyrouth, afin de bâtir un avenir meilleur pour le Liban, où les droits de l’homme seront protégés et où la justice prévaudra», poursuit Maalouf dans le rapport publié par Amnesty le 14 juillet dernier.

 

En Bref

Au Liban, il n’existe pas de précédent à proprement parler en ce qui concerne la levée de l’immunité politique.

La demande formulée par le juge d’instruction Tarek Bitar constitue une première, même si celle-ci est faite uniquement dans le cadre de l’instruction, qui ne constitue que la première étape du cheminement juridique, souligne à cet égard Melhem Khalaf.

 

Si le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Beyrouth reconnaît la lenteur dans le traitement du dossier, il estime cependant que «le jour où le juge prend des mesures concrètes, il ne faut pas lui faire de procès d’intention. Il ne faut pas minimiser les efforts fournis pour parvenir à la reddition de comptes». La levée des immunités est un vrai défi, reconnaît l’avocat, «mais si le juge fait son travail, il faut savoir dire oui et l’encourager, lui dire de persévérer dans cette voie. Car seule cette démarche pourra restaurer la confiance de la population dans le système judiciaire national». Pour lui, la volonté de reddition de compte reste la pierre angulaire de la justice, quel que soit l’organe chargé de rendre justice.

À l’heure où familles et victimes s’apprêtent à commémorer ce jour funeste, des voix s’élèvent au Liban pour dénoncer ce silence assourdissant des autorités. Dans un souci de se protéger, certains responsables ont choisi de sortir de leur mutisme en faisant des déclarations totalement en décalage avec la soif de justice qui sévit actuellement à Beyrouth. Ainsi, l’ancien commandant en chef de l’armée Jean Kahwagi a dit «ne pas se rappeler» d’avoir signé le document autorisant l’entrée du bateau chargé de nitrate d’ammonium au port de Beyrouth, sous prétexte qu’il signe «des tas de papiers tous les jours». De son côté, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nouhad Machnouk, est allé jusqu’à affirmer qu’il ignorait «ce qu’est le nitrate» au moment où il a signé lesdits documents…

Pour les proches des victimes, ce premier anniversaire ne peut être qu’amer.


Dans une rare visite en Egypte, Xi appelle à combattre «les ingérences» au Moyen-Orient

L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières. (AFP)
L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières. (AFP)
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  • Pékin, partenaire majeur de Téhéran, est en première ligne et cherche l'appui du Caire, dont les banques sont aussi ciblées
  • La semaine dernière, le Trésor américain a en effet annoncé des sanctions contre la branche émiratie de la deuxième plus grande banque égyptienne, Banque Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec Téhéran

LE CAIRE: Le président chinois Xi Jinping, à l'occasion de sa première visite en Egypte en dix ans, a mis en garde mercredi contre les "ingérences extérieures" au Moyen-Orient, au moment où la région s'enfonce de nouveau dans la guerre.

Le conflit était au coeur des discussions au palais d'Al-Ittihadiya au Caire, Xi et son homogue égyptien Abdel Fattah al-Sissi appelant à des "solutions diplomatiques" pour mettre durablement fin aux hostilités.

"Nous devons défendre le principe selon lequel les peuples du Moyen-Orient sont maîtres de leurs propres affaires, nous opposer aux ingérences extérieures (...)", a déclaré M. Xi, dont les propos ont été rapportés par l'agence de presse officielle Chine Nouvelle.

Il s'est aussi dit prêt à travailler avec les pays de la région pour assurer la sécurité de la navigation, ébranlée par les attaques régulières de navires dans le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Canal de Suez 

L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières.

Les deux pays ont notamment signé un accord lançant la troisième phase de la zone industrielle égypto-chinoise, qui accueille déjà 200 entreprises et représente environ quatre milliards de dollars d'investissements, selon les autorités.

Cette annonce, dont les détails financiers n'ont pas été dévoilés, permettra à Pékin de renforcer davantage sa présence dans la zone du canal de Suez, alors que la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran menace le commerce maritime mondial.

Une série d'accords supplémentaires ont été signés, sans que les autorités égyptiennes en précisent la teneur.

La venue du président chinois intervient au moment où Washington accroît sa pression sur les partenaires commerciaux de l'Iran.

Pékin, partenaire majeur de Téhéran, est en première ligne et cherche l'appui du Caire, dont les banques sont aussi ciblées.

La semaine dernière, le Trésor américain a en effet annoncé des sanctions contre la branche émiratie de la deuxième plus grande banque égyptienne, Banque Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec Téhéran.

Autonomie stratégique 

Dans le cadre de son offensive contre l'Iran lancée avec Israël fin février, Washington a juré le mois dernier d'asphyxier l'économie iranienne, menaçant d'élargir ses sanctions, qui pourraient également frapper des banques chinoises.

La Chine, grand acheteur de pétrole iranien, a de son côté promis de défendre ses intérêts.

A l'approche d'une rencontre annoncée entre Xi Jinping et le président américain Donald Trump plus tard en septembre, Pékin cherche également à renforcer ses liens avec les pays de la région proches de Washington.

Or l'Egypte est l'un des plus gros bénéficiaires de l'aide militaire américaine et un médiateur historique clé au Moyen-Orient.

Selon des analystes, Le Caire compte utiliser cette visite pour mettre en avant son autonomie stratégique, en montrant qu'il peut tirer parti de ses relations étroites avec Washington comme avec Pékin.

Abdel Fattah al-Sissi, dans un texte publié mardi dans les médias égyptiens, a ainsi vanté sa "politique étrangère indépendante". Il a aussi assuré que ces deux membres des Brics étaient des "partenaires" pour "renforcer le rôle du Sud global", dans un monde de plus en plus polarisé.

"Générations d'amitié" 

Xi Jinping doit se rendre plus tard mercredi au Grand Musée égyptien près des pyramides de Gizeh.

A travers la mégapole de plus de 26 millions d'habitants, les grandes avenues ont été décorées de drapeaux chinois et égyptiens, ainsi que de panneaux montrant les deux présidents ou vantant des "générations d'amitié égypto-chinoise coulant comme le Nil".

Les investissements chinois jouent déjà un rôle clé dans les grands projets du président Sissi: ils ont financé le quartier des finances et des affaires, constellé de gratte-ciels, dans la nouvelle capitale administrative située à 50 km à l'est du Caire.

Pékin est un important exportateur vers l'Egypte, avec un excédent commercial atteignant 12 milliards de dollars sur les sept premiers mois de 2026, selon les douanes chinoises.

Les deux pays sont également liés par leur coopération militaire: l'Egypte qui, sous l'administration Sissi, est devenue l'un des plus gros pays acheteurs d'armes au monde, a accueilli en août d'importants exercices conjoints de combat aérien avec l'armée chinoise, mettant en scène le puissant chasseur J-16.


Liban: une frappe israélienne tue un homme dans le sud 

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani. (AFP)
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani. (AFP)
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  • Depuis des semaines, les violences se concentrent dans la région de Nabatiyé où l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, tente de déloger le Hezbollah d'une colline stratégique, Ali Taher
  • Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur Nabatiyé

BEYROUTH: Un homme a été tué et un autre blessé mercredi dans une frappe israélienne sur la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, a rapporté un média d'Etat, l'armée israélienne affirmant avoir visé des infrastructures du Hezbollah pro-iranien.

Depuis des semaines, les violences se concentrent dans la région de Nabatiyé où l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, tente de déloger le Hezbollah d'une colline stratégique, Ali Taher.

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani.

De son côté, l'armée israélienne a annoncé dans un communiqué avoir "frappé des infrastructures terroristes dans la région de Nabatiyé", affirmant riposter "au lancement par le Hezbollah dans la nuit de deux drones d'attaques" contre ses soldats dans la région de la crête d'Ali Taher.

Les violences entre les deux parties ont baissé d'intensité depuis le mois de juin, à la suite d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran puis de la signature d'un accord cadre entre le Liban et Israël.

Mais 11 personnes avaient été tuées le 15 août dans des frappes israéliennes, les attaques les plus meurtrières depuis, et une femme a trouvé la mort la semaine dernière dans un raid israélien.

Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant des frappes sur Israël le 2 mars en soutien à Téhéran, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre qui ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises.

L'accord-cadre signé entre le Liban et Israël prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif israélien du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah est opposé aux négociations entre le Liban et Israël qui doivent en principe tenir une nouvelle session en septembre, dont la date n'a toujours pas été fixée.

Le groupe armé et financé par l'Iran avait déjà entraîné le Liban dans une guerre avec Israël en octobre 2023, en solidarité avec le Hamas palestinien dans la bande de Gaza.

Au total, les deux guerres ont fait 8.920 morts selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé.

 


«Nous ne nous retirerons pas», lance Netanyahu lors d'un déplacement à Gaza

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre. (AFP)
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  • "Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent"
  • Le Premier ministre israélien s'exprimait après avoir rencontré des soldats près de la "ligne jaune" qui délimite la zone sous contrôle militaire israélien, après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu très fragile

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre.

"Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent", a-t-il dit.

Le Premier ministre israélien s'exprimait après avoir rencontré des soldats près de la "ligne jaune" qui délimite la zone sous contrôle militaire israélien, après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu très fragile, en vigueur depuis octobre 2025.

Lors de cette visite, la première depuis la trêve, M. Netanyahu a réitéré son objectif de "désarmer le Hamas et démilitariser Gaza".

"Gaza ne représentera plus une menace pour Israël. Cet objectif a, dans une large mesure, déjà été atteint. Mais il reste encore du travail à accomplir, et nous l'achèverons", a dit le dirigeant, venu pour la dernière fois en avril 2025.

Ce déplacement intervient en pleine campagne pour les élections législatives en Israël, où la question du devenir de la présence israélienne dans ce territoire palestinien joue un rôle central.

Il se tient aussi au moment où le président américain Donald Trump tente d'arracher un accord pour tourner la page de la guerre déclenchée par Israël à Gaza après les attaques sans précédent du 7 octobre 2023 menées par le mouvement islamiste Hamas.

Confronté à un scrutin qui s'annonce très serré, M. Netanyahu a rejeté le mois dernier l'ultime étape du plan de paix. Le Hamas avait lui accepté le texte qui, dans sa version publiée par le "Conseil de paix", lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes.

Mais Israël refuse tout retrait militaire tant que le mouvement islamiste palestinien ne serait pas "véritablement" désarmé.

En dépit du cessez-le-feu, l'armée israélienne bombarde quasi quotidiennement le territoire palestinien.

Mardi, Israël a affirmé avoir arrêté le chef de la sécurité intérieure du mouvement islamiste palestinien Hamas lors d'une opération à Gaza.

Les opérations israéliennes y ont fait au moins 1.334 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

L'armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période, ainsi que d'un employé civil sous contrat.