Covid: la Guadeloupe, dans une «situation catastrophique», reconfinée pour au moins trois semaines

Pointe-a-Pitre vide le 30 juillet 2021 en raison d'une recrudescence des cas de Covid-19. (Archives/ AFP)
Pointe-a-Pitre vide le 30 juillet 2021 en raison d'une recrudescence des cas de Covid-19. (Archives/ AFP)
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Publié le Mardi 03 août 2021

Covid: la Guadeloupe, dans une «situation catastrophique», reconfinée pour au moins trois semaines

  • L'île antillaise suit le territoire voisin de la Martinique, confiné depuis vendredi soir pour trois semaines aussi. «Nous sommes dans une situation catastrophique, nous avons dépassé les 3.000 cas par semaine»
  • «On est rentré dans une phase extrêmement difficile», a souligné le préfet Alexandre Rochatte, évoquant des «mesures indispensables quand on voit ce qui se passe durant le week-end alors que le couvre-feu a été réinstauré»

POINTE-A-PITRE, FRANCE : La Guadeloupe, confrontée à une "situation catastrophique" sur le plan de l'épidémie du Covid-19, va être reconfinée pour une durée d'au moins trois semaines à partir de mercredi 20H00, a annoncé lundi le préfet Alexandre Rochatte.

L'île antillaise suit le territoire voisin de la Martinique, confiné depuis vendredi soir pour trois semaines aussi. "Nous sommes dans une situation catastrophique, nous avons dépassé les 3.000 cas par semaine", a alerté Valérie Denux, directrice générale de l'Agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe, lors d'une conférence de presse commune avec le préfet.

"On est rentré dans une phase extrêmement difficile", a souligné M. Rochatte, évoquant des "mesures indispensables quand on voit ce qui se passe durant le week-end alors que le couvre-feu a été réinstauré". A partir de mercredi soir, le couvre-feu sera donc "avancé à 20H00 jusqu'à 05H00", et dans la journée il y aura "des restrictions de déplacement dans une sphère de 10 km autour de son domicile", a précisé le préfet.

"Pour aller plus loin, il faut un motif impérieux" et une attestation sera nécessaire, a-t-il ajouté. Si les commerces restent ouverts, ainsi que les restaurants à midi, les bars seront tous fermés, tout comme les gymnases, stades et piscines. Il sera interdit de pique-niquer sur les plages et d'emporter des sonos sur les bateaux pour y organiser des soirées.

Sur les plages, seule la présence "dynamique" sera permise, dans le cadre de promenade, baignade ou activité sportive individuelle. En revanche, la présence dite "statique" sera proscrite. "J'en appelle, a insisté le préfet, à ce que toutes les manifestations du mois d'août soient annulées ou reportées, notamment les fêtes patronales", très fêtées en Guadeloupe.

"J'espère qu'on n'aura pas besoin d'aller plus loin", a conclu le préfet, indiquant qu'un nouveau point serait fait la semaine prochaine. Valérie Denux a souligné que le nombre de cas de Covid-19 avait été "multiplié par plus de 10 en 3 semaines". "Le taux d'incidence est à 828 pour 100.000 habitants. On n'a jamais atteint ce taux en Guadeloupe", a-t-elle insisté.

Appelant "toutes les forces médicales qui voudraient bien nous aider" à le faire, "y compris ceux qui sont en congés sur le territoire", elle a également indiqué qu'aucun des 22 patients qui se trouvent actuellement en réanimation Covid sur l'île n'étaient vaccinés. L'île de la Réunion a également renoué ce week-end avec un confinement partiel en journée pour deux semaines, renforcé d'un couvre-feu strict de 18H00 à 05H00.


Attentats de 2016 à Bruxelles: 10 suspects renvoyés aux assises, dont Salah Abdeslam

Dans cette photographie prise début 16 mars 2016, des agents de la police scientifique travaillent sur le site d'une fusillade rue du Dries-Driesstraat à Forest-Vorst, Bruxelles. (Photo, AFP)
Dans cette photographie prise début 16 mars 2016, des agents de la police scientifique travaillent sur le site d'une fusillade rue du Dries-Driesstraat à Forest-Vorst, Bruxelles. (Photo, AFP)
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  • Ce matin-là, deux djihadistes s'étaient fait exploser à l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem, et un troisième dans le métro de la capitale belge
  • Au total dix inculpés du dossier ont été «renvoyés ce jour devant la cour d’assises par la chambre des mises en accusation de Bruxelles

BRUXELLES: Nouveau procès en vue pour le djihadiste Salah Abdeslam. Dix suspects dont ce Franco-marocain, seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre 2015 en France, ont été renvoyés vendredi devant la cour d'assises de Bruxelles pour les attentats du 22 mars 2016.

Ce matin-là, deux djihadistes s'étaient fait exploser à l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem, et un troisième dans le métro de la capitale belge. Bilan: 32 morts et plus de 340 blessés.

L'enquête a rapidement révélé, notamment grâce à un ordinateur retrouvé dans une poubelle, que ces auteurs étaient liés à ceux du 13 novembre 2015.

Outre Salah Abdeslam, le procès qui se profile à Bruxelles à partir de septembre 2022 concernera cinq autres djihadistes actuellement jugés avec lui à Paris pour les attaques du 13-Novembre (130 morts), également revendiquées par le groupe Etat islamique.

Il s'agit du Belgo-marocain Mohamed Abrini, - l'"homme au chapeau" filmé le 22 mars à l'aéroport de Zaventem -,  du Tunisien Sofien Ayari, complice de la fuite d'Abdeslam (arrêté avec lui le 18 mars 2016 à Bruxelles), du Suédois d'origine syrienne Osama Krayem, qui a rebroussé chemin le 22 mars après avoir accompagné le kamikaze du métro.

Sont aussi concernés, d'après le parquet fédéral belge, deux autres Belgo-Marocains: Oussama Atar, cerveau présumé des attaques (probablement mort en Syrie et jugé par défaut à Paris) et Ali El Haddad Asufi, un proche des frères El Bakraoui, deux des trois "kamikazes" du 22 mars.

Au total dix inculpés du dossier ont été "renvoyés ce jour devant la cour d’assises par la chambre des mises en accusation de Bruxelles", a tweeté Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral.

Cette juridiction, la dernière appelée à statuer avant l'organisation du procès, a ainsi confirmé la décision rendue en janvier en première instance par la chambre du conseil du tribunal de Bruxelles.

Elle ne s'est pas conformée à l'analyse du parquet fédéral qui avait établi une distinction dans le dossier, plaidant pour que huit hommes soient jugés aux assises pour "assassinats dans un contexte terroriste" et les deux derniers par le tribunal correctionnel pour "participation aux activités d'un groupe terroriste".

Un millier de parties civiles

Il s'agit des frères Smail et Ibrahim Farisi, soupçonnés d'avoir apporté un soutien logistique aux assaillants, mais qui selon l'accusation n'avaient pas connaissance de leur projet terroriste.

En définitive, les deux frères seront jugés aux assises comme le souhaitait Me Sébastien Courtoy, avocat de Smail Farisi, qui a reconnu avoir prêté son appartement bruxellois utilisé comme planque à la veille du 22 mars.

Smail Farisi pourra mieux faire valoir son rôle secondaire s'il peut "poser des questions à ses co-inculpés", avait expliqué Me Courtoy au moment des plaidoiries au printemps, assurant que son client avait été "dupé" par les occupants de l'appartement.

"Le procès, selon les prévisions, devrait débuter au palais de justice 'Justitia' dans le courant du mois de septembre 2022, à une date encore à préciser par la cour d'appel de Bruxelles", a souligné vendredi le parquet fédéral dans un communiqué.

Le "Justitia" est le nom donné à l'ancien siège bruxellois de l'Otan reconverti en bâtiment de justice ultra-sécurisé pour accueillir ce méga procès. 

Au moins un millier de personnes sont attendues. Le parquet fédéral dit avoir déjà recensé 964 parties civiles, familles de victimes, blessés ou traumatisés, demandant la réparation d'un préjudice.

En Belgique, contrairement à la France, les attentats ne sont pas jugés par une cour d'assises spécialement composée (avec des magistrats uniquement) mais soumis à un jury populaire comme les autres crimes, ce qui rend encore plus complexe l'organisation d'une telle audience.

Il s'agira du deuxième procès en Belgique pour Salah Abdeslam, condamné en 2018 à vingt ans de prison pour avoir tiré sur des policiers. La fusillade avait eu lieu à Bruxelles le 15 mars 2016, trois jours avant son arrestation. Une interpellation qui a entraîné le passage à l'acte des assaillants du 22 mars.


France: Macron veut ouvrir le «chantier de la réparation» des Harkis

Pour le président Macron, il faut aujourd'hui aller «au-delà de ce que la République a déjà fait» et faire un «nouveau pas» en «direction des porteurs de la mémoire harki». (Photo, AFP)
Pour le président Macron, il faut aujourd'hui aller «au-delà de ce que la République a déjà fait» et faire un «nouveau pas» en «direction des porteurs de la mémoire harki». (Photo, AFP)
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  • «L'histoire des Harkis, c'est une histoire de Français et c'est l'histoire des Français; c'est dans cet état d'esprit qu'il faut aborder ce nouveau chapitre»
  • Macron accueillera lundi lors d'une «réception» à l'Elysée les «porteurs de cette mémoire si particulière» et s'«adressera aux Harkis»

PARIS: Le président français Emmanuel Macron souhaite lundi "franchir un nouveau pas" dans la "reconnaissance du manquement qui a été fait aux Harkis" par l'Etat français et ouvrir le "chantier de la réparation", a-t-on appris vendredi auprès de la présidence française. 

"Le président considère que le travail accompli depuis 60 ans est important mais qu'il faut franchir un nouveau pas dans la reconnaissance au manquement qui a été fait aux Harkis mais aussi au manquement de la République française à ses propres valeurs", a précisé cette source. 

"L'histoire des Harkis, c'est une histoire de Français et c'est l'histoire des Français; c'est dans cet état d'esprit qu'il faut aborder ce nouveau chapitre", a martelé cette source.

A quelques jours du 25 septembre - journée d'hommage national aux Harkis instaurée en 2001 - M. Macron accueillera lundi lors d'une "réception" à l'Elysée les "porteurs de cette mémoire si particulière" et s'"adressera aux Harkis". 

Quelque 300 personnes, issues notamment d'associations de Harkis, de la "mémoire", "d'anciens combattants", ont été conviées. 

Le président doit à cette occasion prononcer un discours et décorer un représentant harki blessé au combat, un officier français qui a organisé le rapatriement "de plusieurs centaines de Harkis en désobéissant aux ordres" et une fille de Harki "militante de l'égalité des chances et de la diversité".  

"Les Harkis" sont ces anciens combattants - jusqu'à 200 000 hommes - recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962) qui opposa des nationalistes algériens à la France. 

À l'issue de cette guerre, les Harkis sont abandonnés par la France et nombre d'entre eux sont victimes de massacres de représailles en Algérie. 

Plusieurs dizaines de milliers d'entre eux, accompagnés parfois de femmes et d'enfants, sont transférés en France par l'armée et transiteront entre 1962 et 1965 pour la majorité dans des "camps de transit et de reclassement", aux conditions de vie indignes et durablement traumatisantes.

"Depuis cette période, la République (française) a fait des pas: il y a eu diverses procédures d'indemnisation installées au fil du temps" et le 25 septembre 2016, le président François Hollande a reconnu la "responsabilité" de la République "dans l'abandon des Harkis", rappelle cette source.

Mais pour le président Macron, il faut aujourd'hui aller "au-delà de ce que la République a déjà fait" et faire un "nouveau pas" en "direction des porteurs de la mémoire harki". 


40 ans du TGV en France: Macron célèbre le retour des grand projets

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à côté d'une réplique grandeur nature du prochain TGV à la gare de Lyon, le 17 septembre 2021 à Paris. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à côté d'une réplique grandeur nature du prochain TGV à la gare de Lyon, le 17 septembre 2021 à Paris. (Photo, AFP)
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  • Le TGV a transporté 3 milliards de passagers depuis son lancement en 1981
  • « Nous allons la poursuivre en grand », a-t-il promis dans un discours prononcé devant la maquette de la motrice du futur TGV M, le « TGV du futur » que la SNCF doit mettre en service en 2024

PARIS : Le président Emmanuel Macron a annoncé vendredi le retour en France des grands projets pour les chemins de fer à l'occasion des 40 ans du Train à Grande Vitesse (TGV), "une grande aventure" qui doit se poursuivre avec de nouveaux investissements "massifs".

Le TGV qui a transporté 3 milliards de passagers depuis son lancement en 1981, "c'est l'histoire d'une passion française et d'un génie français", a lancé le président, lors de la fête d'anniversaire organisée gare de Lyon, à Paris.

"Nous allons la poursuivre en grand", a-t-il promis dans un discours prononcé devant la maquette de la motrice du futur TGV M, le "TGV du futur" que la SNCF doit mettre en service en 2024.

"Pendant tant d'années, on avait bâti de nouveaux projets, mais on n'entretenait plus le réseau", a rappelé M. Macron, qui avait annoncé une "pause" sur les nouveaux projets à son arrivée à l'Elysée en 2017.

La construction de 2 700 km de lignes à grande vitesse françaises avait en effet plombé les comptes de la Société nationale des chemins de fer (SNCF). 

Après la réforme ferroviaire de 2018 et le lancement d'un programme de rénovation des voies ferrées, on peut "commencer à réenvisager l'avenir", a relevé M. Macron. "Ce que nous voulons faire ensemble, c'est accélérer". "La décennie 2020 sera la nouvelle décennie du TGV".

Le chef de l'Etat a revendiqué "des choix d'investissements massifs" dans les infrastructures, avec le renouveau des petites lignes, une meilleure connexion des ports et la construction de liaisons nouvelles.

L'Etat s'est engagé à investir 6,5 milliards d'euros dans les liaisons Bordeaux-Toulouse (sud-ouest), Montpellier-Perpignan et Marseille-Nice (sud). Ces sommes correspondent à 40% de la facture envisagée, les collectivités locales et l'Europe devant apporter le reste.

Emmanuel Macron a aussi cité les lignes Paris-Normandie (ouest), Roissy-Picardie (nord) et Lyon-Turin (centre-est), qu'il reste à engager.

Le nouveau TGV --sa 8ème génération-- ne sera pas plus rapide que les dernières rames circulant sur le réseau français - 320 km/h - , mais la SNCF le veut plus confortable, plus modulable et plus écologique.

Lancé par le président Georges Pompidou et construit sous son successeur Valéry Giscard d'Estaing, le TGV a été inauguré le 22 septembre 1981 par François Mitterrand. Il était orange, ne roulait qu'à 260 km/h, et mettait 2 heures 40 entre Paris et Lyon (centre-est), contre 3 heures 40 pour les trains les plus rapides auparavant -- un trajet réduit à 2 heures dès 1983.