Guadeloupe: au moins 2 000 manifestants dans la rue contre les effets de la crise sanitaire

«Des embauches pour tous!»  pouvait-on ainsi lire, ou «sablyè en grève» en référence à une grève des agents des sablières de Guadeloupe qui dure depuis près de 4 mois (Photo, AFP).
«Des embauches pour tous!»  pouvait-on ainsi lire, ou «sablyè en grève» en référence à une grève des agents des sablières de Guadeloupe qui dure depuis près de 4 mois (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 07 mars 2021

Guadeloupe: au moins 2 000 manifestants dans la rue contre les effets de la crise sanitaire

  • «Enfants en danger» ou «non à l’asphyxie» avaient de leur côté écrit des parents d’élèves opposés au port obligatoire du masque dès 6 ans
  • Les syndicats dénoncent les «licenciements» annoncés dans plusieurs entreprises du fait de la crise économique liée à l'épidémie de la Covid-19

POINTE-A-PITRE : Entre 2 000 et 3 000 manifestants, selon les organisateurs, ont défilé samedi dans les rues de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, à l'appel de 11 syndicats, pour protester notamment contre les licenciements annoncés par les entreprises à cause de la crise sanitaire.

Masquées ou non, les manifestants ont défilé dans les rues pontoises, parfois au son des chachas (percussion caribéenne), pour exprimer leur colère. Crise sanitaire, licenciements, respect de conventions collectives, demande de titularisations, port du masque obligatoire pour les enfants à l’école dès 6 ans ou scandale de la chlordécone : cette grande marche a cristallisé de nombreux griefs exprimés depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois en Guadeloupe.

«Des embauches pour tous!»  pouvait-on ainsi lire, ou «sablyè en grève» en référence à une grève des agents des sablières de Guadeloupe qui dure depuis près de 4 mois.

«Enfants en danger» ou «non à l’asphyxie» avaient de leur côté écrit des parents d’élèves opposés au port obligatoire du masque dès 6 ans, entré en vigueur lundi en Guadeloupe. Un collectif de parents a ainsi revendiqué plusieurs blocages et opérations escargots sur les routes de l’archipel depuis une semaine.

Les syndicats dénoncent les «licenciements» annoncés dans plusieurs entreprises du fait de la crise économique liée à l'épidémie de la Covid-19, mais sont aussi revenus sur des problématiques plus anciennes.

«On est dans une situation extrêmement difficile aujourd'hui et cela à tous les niveaux :  travail, transport, eau, vie quotidienne chlordécone etc... », a ainsi résumé Élie Domota, de l’UGTG.

Ce dernier, leader du grand mouvement de protestation qui avait eu lieu en 2009, paralysant l’archipel durant 44 jours, a évoqué dans les médias locaux «le mépris de patrons esclavagistes» et annoncé une «amplification» du mouvement.

Max Evariste, secrétaire général de l’Union Départementale FO-Force Ouvrière a souligné l’importance de la mobilisation «malgré le Covid». «On a le nombre c’est ça qui fait notre force», a-t-il observé , annonçant, une suite au mouvement, tout comme Teddy Tancons, secrétaire académique SNCL (syndicat national collège et lycées ) qui a évoqué les «postes qu’on supprime» et «nos lauréats qui sont obligés de partir». Donc «il y aura une suite», selon lui.


Paris : braquage d'une boutique de luxe à la voiture-bélier, un homme interpellé

Une enquête a été ouverte, notamment du chef de vol aggravé et refus d'obtempérer, et les investigations ont été confiées au 1er district de la police judiciaire parisienne. (Photo, AFP)
Une enquête a été ouverte, notamment du chef de vol aggravé et refus d'obtempérer, et les investigations ont été confiées au 1er district de la police judiciaire parisienne. (Photo, AFP)
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  • Vers 2H00 du matin, le suspect, âgé de 24 ans, fonce avec une voiture contre la vitrine de l'enseigne Valentino, maison de haute couture italienne, rue Saint-Honoré, dans le cœur de la capitale
  • Le fuyard plonge dans la Seine où il est récupéré par la brigade fluviale avant son placement en garde à vue

PARIS: Un homme, soupçonné d'un braquage à la voiture-bélier contre une boutique de luxe dans la nuit de lundi à mardi à Paris, a été interpellé peu après les faits dans la Seine alors qu'il tentait de fuir la police, a-t-on appris de sources policière et proche du dossier. 

Vers 2H00 du matin, le suspect, âgé de 24 ans, fonce avec une voiture contre la vitrine de l'enseigne Valentino, maison de haute couture italienne, rue Saint-Honoré, dans le cœur de la capitale. 

Après s'être emparé de plusieurs articles, notamment des sacs à main de luxe, l'homme prend la fuite avec sa voiture, selon une source policière. 

Repéré par un équipage de police au niveau de la place de l'Opéra, il est pris en chasse mais refuse de s'arrêter et poursuit sa route jusqu'à la place de la Concorde toute proche, où il abandonne son véhicule, a ajouté la source policière. 

Le fuyard plonge alors dans la Seine où il est récupéré par la brigade fluviale avant son placement en garde à vue. 

« Le butin est en cours d'évaluation. Sous réserve de vérifications, il aurait été retrouvé intégralement », selon une source proche du dossier. 

Une enquête a été ouverte, notamment du chef de vol aggravé et refus d'obtempérer, et les investigations ont été confiées au 1er district de la police judiciaire parisienne (1er DPJ), a indiqué le parquet de Paris, sollicité par l'AFP. 


Colmar: Un Afghan de 27 ans tué par balle après avoir protesté contre un rodéo urbain

L'auteur du rodéo urbain faisait des allées et venues sur son scooter (Photo, AFP).
L'auteur du rodéo urbain faisait des allées et venues sur son scooter (Photo, AFP).
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  • Un groupe d'Afghans partageait un barbecue, avant d'être importuné par un scooter dont le conducteur effectuait un rodéo
  • «La situation a dégénéré ensuite rapidement»

STRASBOURG: Un jeune Afghan de 27 ans est mort après avoir été blessé par balle alors qu'il avait protesté contre un rodéo urbain dimanche à Colmar, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

"J'ouvre aujourd'hui (lundi) une information judiciaire, avec saisine d'un juge d'instruction du chef d'assassinat contre X", a indiqué à l'AFP la procureure de Colmar, Catherine Sorita-Minard, précisant que "le ou les auteurs sont en fuite".

Les faits se sont produits samedi en milieu de journée dans le quartier de l'Europe, à Colmar.

Un groupe d'Afghans partageait un barbecue, avant d'être importuné par le bruit d'un scooter dont le conducteur effectuait un rodéo.

S'en est suivie une altercation avec le conducteur qui a fini par quitter les lieux avant de revenir, de tirer sur l'un des membres du groupe et de s'enfuir, selon le récit d'une source policière.

"Un des auteurs, sur un scooter, faisait des allées et venues", rapporte une autre source policière, sans évoquer de rodéo ou de rassemblement de scooters.

"La situation a dégénéré ensuite rapidement avec le groupe d'Afghans auquel appartient la victime, et un groupe auquel appartenait le conducteur du scooter", raconte encore cette source. Selon elle, le tireur n'était pas nécessairement le conducteur du scooter, mais était quoi qu'il en soit membre de ce dernier groupe.

Le jeune Afghan, inconnu des services de police, a été touché au thorax. Hospitalisé dans un état critique, il a succombé à ses blessures.

L'antenne de Mulhouse de la police judiciaire est en charge de l'enquête.

Une marche blanche partie du quartier de reconquête républicaine (QRR) où se sont produits les faits a rassemblé 165 personnes lundi après-midi et s'est achevée devant le commissariat, a indiqué la police.

Les manifestants ont défilé avec des drapeaux afghans et brandi des portraits de la victime, selon des photos diffusées par les Dernières Nouvelles d'Alsace.

Lundi, en fin de journée, le ministre de l'Intérieur a annoncé l'envoi de la CRS 8 à Colmar, une unité mobile spécialement créée pour intervenir rapidement sur tout le territoire.

"D'importants moyens sont mis en œuvre pour retrouver le tueur de Colmar", a indiqué Gérald Darmanin sur Twitter.

"J'ai par ailleurs décidé de l’envoi de la CRS 8 sur place pour procéder à des opérations de police afin de restaurer l’ordre républicain et présenter à la justice les voyous qui veulent imposer leur loi", a-t-il poursuivi sur ce même réseau.

Le maire de Colmar, Eric Straumann (LR), a estimé sur Facebook que "la mort de ce jeune homme affecte toute la population colmarienne", appelant à "ne pas alimenter les réseaux sociaux par des propos aussi excessifs qu'inutiles" et à laisser "la police faire son travail sereinement".


Afrique: près de 60 ans d'interventions militaires françaises

Les forces françaises ont soutenu le Mali contre les insurgés pendant près d'une décennie, mais le président Emmanuel Macron a décidé de se retirer après que la France et la junte malienne se sont brouillées à la suite d'une prise de pouvoir militaire en août 2020. (AFP).
Les forces françaises ont soutenu le Mali contre les insurgés pendant près d'une décennie, mais le président Emmanuel Macron a décidé de se retirer après que la France et la junte malienne se sont brouillées à la suite d'une prise de pouvoir militaire en août 2020. (AFP).
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  • Après de nombreuses interventions en solitaire, la France a été, à partir des années 2000, un élément moteur d'opérations aux côtés de troupes africaines, occidentales ou de l'ONU
  • En janvier 2013, la France lance l'opération Serval pour stopper la progression vers le sud du Mali des groupes islamistes armés et soutenir les troupes maliennes

PARIS : La France, dont les derniers militaires de la force antijihadiste Barkhane ont quitté le Mali lundi, est intervenue militairement à près de 40 reprises en Afrique lors des 60 dernières années, au nom de la protection des populations civiles ou de l'application d'accords bilatéraux de défense.

Après de nombreuses interventions en solitaire, la France a été, à partir des années 2000, un élément moteur d'opérations aux côtés de troupes africaines, occidentales ou de l'ONU.

Sahel

En janvier 2013, la France lance l'opération Serval pour stopper la progression vers le sud du Mali des groupes islamistes armés et soutenir les troupes maliennes. Fer de lance d'une intervention militaire internationale, Serval permet de chasser en grande partie du nord malien les groupes jihadistes qui avaient occupé cette région en 2012.

Le 1er août 2014, l'opération antijihadiste Barkhane, conduite par la France avec cinq pays de la bande sahélo-saharienne (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) prend le relais de Serval.

L'ancienne puissance coloniale, qui a déployé pendant plusieurs années des milliers de militaires dans cette zone - jusqu'à plus de 5 000 hommes - est désormais non grata au Mali, ce qui l'a conduit à retirer lundi du pays le dernier détachement de Barkhane.

Seuls 2 500 militaires français resteront dans la région pour assurer un soutien aux pays d'Afrique de l'Ouest, mais en deuxième ligne. Les Français maintiendront notamment plus d'un millier d'hommes et des capacités aériennes au Niger.

Centrafrique

1979 : l'opération parachutiste française Caban conduit à l'éviction de l'empereur Bokassa.

1996-1997 : après des mutineries, l'opération Almandin assure la sécurité des étrangers et l'évacuation de 1 600 personnes, puis Paris intervient contre des mutins à Bangui après l'assassinat de deux militaires français.

2006 et 2007: intervention dans le nord-est pour appuyer les troupes de Bangui face à des rebelles.

2013 : après le coup d'État contre le président François Bozizé et à la suite d'un feu vert de l'ONU, Paris déploie plus d'un millier de soldats en Centrafrique dans le cadre de l'opération Sangaris, pour y faire cesser les violences intercommunautaires.

Sangaris, qui a compté jusqu'à 1.600 hommes, a duré jusqu'en 2016.

Libye

2011 : dans le cadre de l'OTAN, intervention militaire française Harmattan aux côtés des Britanniques et des Américains pour protéger les populations civiles contre les forces du colonel Mouammar Kadhafi.

Jusqu'à 4 200 militaires français, 40 avions, une vingtaine d'hélicoptères et 27 bâtiments de la Marine nationale sont engagés.

Sept mois de frappes aériennes entraînent la chute du régime.

Côte d'Ivoire

2002 : la mission française Licorne, visant à protéger les étrangers après le début d'une rébellion nordiste qui tentait de renverser le régime de Laurent Gbagbo, devient une force de réaction rapide en appui d'une opération de l'ONU.

En 2011, Paris joue un rôle décisif dans l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara au terme de six mois de conflit avec le président sortant Laurent Gbagbo, qui refusait de reconnaître sa défaite à la présidentielle de fin 2010.

En 2015, après douze ans, Licorne se transforme en Forces françaises en Côte d'Ivoire (FFCI), servant d'appui aux troupes luttant contre les groupes jihadistes au Sahel.

Tchad

Le Tchad, avec la base française de N'Djamena, est une plaque tournante des opérations extérieures de la France en Afrique.

Après une intervention au Tibesti (1968-1972), les soldats français au Tchad ont mené notamment l'opération Manta (1983-1984) pour contrer une offensive d'opposants appuyés par la Libye. Entre 1986 et 2014, la France maintenait à N'Djamena un dispositif militaire à dominante aérienne baptisé Epervier.

La France a également volé au secours du président Idriss Deby à plusieurs reprises en 2006, 2008 ou encore plus récemment en 2019, en bombardant des rebelles qui menaçaient la capitale.

L'état-major français de l'opération antijihadiste qui succédera à Barkhane sera pour l'heure maintenu à N'Djamena.

Zaïre (actuelle République démocratique du Congo)

1978 : 600 légionnaires sautent sur Kolwezi (sud-est) pour secourir des milliers d'Africains et d'Européens menacés par des rebelles katangais (opération Bonite).

2003 : opération Artémis en Ituri (nord-est) pour mettre fin à des massacres avant le déploiement de Casques bleus.

Comores

1989 : des soldats français débarquent après l'assassinat du président Ahmed Abdallah et la prise de contrôle du pays par les mercenaires du Français Bob Denard, contraint de quitter le pays. En 1995, l'opération Azalée met fin à un nouveau coup d'État de Denard.

Rwanda

1990-1993 : Paris envoie dans le nord-ouest jusqu'à 600 soldats après une offensive du Front patriotique rwandais (FPR, actuellement au pouvoir).

1994 : en avril, 500 parachutistes évacuent plus d'un millier d'étrangers après la mort du président Juvénal Habyarimana et le début du génocide qui fera quelque 800.000 morts, selon l'ONU, en majorité des Tutsi.

De juin à août, opération controversée militaro-humanitaire Turquoise dans le sud-ouest du pays et dans les camps de réfugiés dans l'est du Zaïre.

Turquoise est notamment accusée par des rescapés d'avoir laissé en toute connaissance de cause, trois jours durant, des centaines de Tutsi à la merci des génocidaires hutu.

Gabon

1964 : des troupes aéroportées débarquent à Libreville après une tentative de putsch.