Le Liban condamne les frappes aériennes israéliennes le long de la frontière

Des véhicules de la Force intérimaire des nations unies au Liban (Finul) patrouillent à Sahl al-Khiam, près de la frontière avec Israël, le 5 août 2021. (AFP)
Des véhicules de la Force intérimaire des nations unies au Liban (Finul) patrouillent à Sahl al-Khiam, près de la frontière avec Israël, le 5 août 2021. (AFP)
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Publié le Vendredi 06 août 2021

Le Liban condamne les frappes aériennes israéliennes le long de la frontière

  • La force de maintien de la paix de l'ONU lance une enquête et exhorte les deux pays à «agir d'urgence» pour désamorcer les tensions
  • Les attaques israéliennes sont survenues après que trois roquettes ont été lancées à partir du territoire libanais par des forces inconnues mercredi dernier

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont condamné jeudi dernier les frappes aériennes menées par l'armée de l'air israélienne. C’est la première fois depuis sept ans que ces dernières visaient des villages libanais le long de la frontière.

La Force intérimaire des nations unies au Liban (Finul), déployée dans le pays depuis 1978 et qui patrouille à la frontière depuis le conflit de 2006 entre le Liban et Israël, déclare que les deux pays doivent «agir de toute urgence» pour désamorcer les tensions.

Après qu’une plainte a été déposée par le Liban, la Finul a ouvert une enquête sur les violations de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU dans le Sud-Liban au cours des dernières quarante-huit heures. La résolution 1701 a été adoptée dans le cadre des mesures qui visaient à mettre fin à la guerre de 2006.

Candice Ardell, directrice adjointe du bureau des médias de la Finul, indique que, au début de la journée de jeudi, «les casques bleus de la Finul ont entendu de puissantes explosions près de Tyr, Marjayoun et Mahmoudiya, dans le sud du Liban».

Elle ajoute que le général de division Stefano Del Col, commandant des forces de maintien de la paix de la Finul, a dirigé une réunion tripartite avec des officiers supérieurs des Forces armées libanaises et des Forces de défense israéliennes dans une installation de l'ONU située à Ras al-Naqoura. Del Col exhorte les deux parties à «utiliser ce forum trilatéral pour explorer les moyens de renforcer la sécurité et la stabilité le long de la “ligne bleue”».

Ces attaques israéliennes surviennent après que trois roquettes ont été lancées à partir du territoire libanais par des forces inconnues mercredi dernier. Deux d'entre elles sont tombées sur la ville israélienne de Kiryat Shmona. La riposte israélienne a mis le feu aux récoltes.

Le président libanais, Michel Aoun, décrit les frappes israéliennes comme «une violation flagrante et dangereuse de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU et une menace directe pour la sécurité et la stabilité dans le Sud».

Il déclare qu'elles montrent «la volonté de faire naître une spirale d’hostilités qui coïncide avec les menaces persistantes contre le Liban et sa souveraineté». Le président ajoute: «Déposer une plainte auprès de l'ONU est une étape nécessaire pour dissuader Israël de poursuivre ses attaques contre le Liban.»

Le Premier ministre par intérim, Hassane Diab, souligne qu'il a chargé la représentante permanente du Liban auprès de l'ONU, Amal Mudallali, de déposer une plainte urgente auprès du Conseil de sécurité au sujet de l'agression israélienne.

«Israël justifie son attaque hostile explicite contre la souveraineté libanaise par les roquettes suspectes qui sont tombées au nord des territoires palestiniens occupés, tirées à partir des territoires libanais, alors que personne n’en a revendiqué la responsabilité», souligne Diab.

Cette attaque est la dernière d'une longue série de transgressions israéliennes à l’égard de la souveraineté libanaise; Israël utilise notamment l'espace aérien libanais pour mener des attaques en Syrie.

Cela fait maintenant un an que le Liban ne dispose pas de gouvernement attitré. L'ancienne autorité, dirigée par Diab, a démissionné le 10 août de l'année dernière, six jours après l'explosion dévastatrice survenue dans le port de Beyrouth.

Après sa cinquième rencontre avec Aoun au palais présidentiel, le nouveau Premier ministre désigné, Najib Mikati, s'est déclaré jeudi dernier optimiste sur la perspective de parvenir à un accord sur la formation d'un nouveau gouvernement. Il indique que, si le processus se déroule «à un rythme lent», ses collègues et lui sont «déterminés à former un gouvernement».

Il ajoute: «Je ne propose pas de date butoir, mais je ne laisserai pas le délai ouvert. La séance d'aujourd'hui est un pas en avant positif. Seules les élections législatives décideront de l'avenir du Liban.»

Des élections générales devraient avoir lieu l’année prochain au mois de mai.

En ce qui concerne les avancées apparues mercredi lors d'une conférence internationale de soutien au Liban coorganisée par la France et l'ONU, Mikati déclare: «La France a clairement indiqué qu'aucun soutien ne serait fourni avant la formation d'un gouvernement.»

Trente-trois pays et dix organisations internationales participaient à cette conférence. Les personnalités présentes ont exhorté les autorités libanaises «à former d'urgence un cabinet de secours afin de mener des réformes et de sauver le pays de l'effondrement».

Ils sont convenus que l'aide serait fournie «directement au peuple libanais, sans passer par les institutions gouvernementales».

Le département d'État américain a quant à lui affirmé mercredi soir: «Les dirigeants libanais doivent incessamment soutenir la formation d'un nouveau gouvernement capable de mener à bien les réformes attendues depuis longtemps.»

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, dénonce «un échec collectif de ceux qui se disent leaders de la société libanaise».

Il ajoute: «Un vrai leader doit faire preuve de flexibilité et de indiquer un cap en donnant la priorité aux intérêts de son peuple. Nous n'avons pas vu de responsables libanais attelés à cette tâche depuis un certain temps maintenant, car le Liban est sans gouvernement depuis un an. Il est temps que cela change. Il est temps que les responsables libanais fassent ce qu'il faut.»

«Il existe des moyens de demander des comptes aux responsables de cette situation», déclare-t-il encore, faisant référence aux sanctions proposées par l'Union européenne.


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq drones iraniens

L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque
  • Ils ont ciblé selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban"

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume, dans le cadre des frappes menées par la République islamique en riposte aux bombardements américains.

Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque, ciblant selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban".

 

 

 


Liban: l'armée se déploie dans les « zones pilotes » du sud

Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
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  • L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux
  • Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé mardi avoir entamé son déploiement dans un village du sud du pays dont l'armée israélienne contrôlait les abords, en vertu d'un accord avec Israël sur les "zones pilotes" parrainé par Washington.

Cette mesure intervient alors que le président libanais doit rencontrer mardi Donald Trump à la Maison Blanche.

"Les unités militaires ont commencé ce matin à se déployer à Zawtar al-Gharbiya", une localité de la région de Nabatiyé, a annoncé un communiqué de l'armée.

Des médias libanais ont montré des véhicules de l'armée, l'un d'eux arborant le drapeau libanais, entrant dans la localité située à la lisière de la "zone de sécurité" établie par l'armée israélienne.

L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux.

Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Le département d'Etat américain avait annoncé lundi soir que l'armée libanaise avait commencé à assurer la sécurité de trois villages du sud, Zawtar Al-Gharbiya, Froun et Srifa.

Mais l'armée israélienne n'est pas présente dans ces deux dernières localités.

"C'est l'occasion pour l'Etat libanais de commencer à réaffirmer son contrôle de zones historiquement dominées par le Hezbollah", avait réagi un haut responsable de la diplomatie américaine.

L'armée israélienne a pour sa part déclaré qu'elle allait "adapter son dispositif dans l'une des zones pilotes afin de permettre aux Forces armées libanaises de remplir leur mission, tout en garantissant la sécurité des soldats de Tsahal et en préservant son droit à l'autodéfense et à la neutralisation des menaces".

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à l'accord avec Israël et refuse d'être désarmé.

Le groupe avait entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l'Iran.


Les Houthis annoncent un blocus maritime de l'Arabie saoudite en plein affrontement irano-américain

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  • Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat"
  • Riyad a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume"

RIYAD: Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite, en pleine intensification de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, menaçant la capacité du premier exportateur de pétrole brut au monde à contourner le détroit d'Ormuz.

Intervenant au neuvième jour consécutif d'hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran, d'une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d'avril, ces menaces "contre la liberté de navigation (...) risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande", s'est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une "désescalade immédiate".

Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat", avait plus tôt déclaré leur porte-parole militaire, Yahya Saree, sans préciser comment la formation comptait mettre en oeuvre cette mesure.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères de la monarchie du Golfe a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume". Et de préciser que Riyad "continue de soutenir le peuple yéménite frère et son gouvernement légitime".

L'annonce fait suite à des échanges de tirs entre les deux camps au Yémen la semaine dernière, mettant en péril la trêve négociée en 2022, toujours active malgré son expiration.

Ces hostilités se sont enclenchées après la tentative d'atterrissage à Sanaa d'un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l'hégémonie saoudienne sur l'espace aérien yéménite.

"Même si aucun navire n'est attaqué, l'annonce risque à elle seule de perturber le trafic maritime et de semer le doute dans les ports saoudiens. La question cruciale reste de savoir si les Houthis passeront des menaces à l'action", estime Mohammed al-Basha, du cabinet de conseil en gestion des risques Basha Report.