Prouvés faux il y a 100 ans, les «Protocoles des Sages de Sion» alimentent encore l’antisémitisme

Couvertures d'éditions traduites des "Protocoles des Sages de Sion" (collage, Wikimedia Commons))
Couvertures d'éditions traduites des "Protocoles des Sages de Sion" (collage, Wikimedia Commons))
Photo du Mémorial de la Shoah à Toulouse, en France, lors d'un hommage posthume à Mireille Knoll, une femme juive assassinée à son domicile dans le cadre d'un crime qualifié d'"antisémite" par la police (AFP)
Photo du Mémorial de la Shoah à Toulouse, en France, lors d'un hommage posthume à Mireille Knoll, une femme juive assassinée à son domicile dans le cadre d'un crime qualifié d'"antisémite" par la police (AFP)
Des fleurs, des bougies et un message disant "Pour une société ouverte et tolérante - L'antisémitisme n'a pas sa place ici" sont photographiés devant la synagogue 'Hohe Weide' à Hambourg, Allemagne, le 5 octobre 2020, un jour après une attaque contre un étudiant juif. (AFP)
Des fleurs, des bougies et un message disant "Pour une société ouverte et tolérante - L'antisémitisme n'a pas sa place ici" sont photographiés devant la synagogue 'Hohe Weide' à Hambourg, Allemagne, le 5 octobre 2020, un jour après une attaque contre un étudiant juif. (AFP)
Des manifestants tiennent une banderole sur laquelle est écrit "8 mai, commémoration, fête, lutte contre l'antisémitisme" lors d'une manifestation contre la présence d'éléments d'extrême droite dans la police allemande et d'autres services de sécurité à Berlin le 8 mai 2021. (AFP)
Des manifestants tiennent une banderole sur laquelle est écrit "8 mai, commémoration, fête, lutte contre l'antisémitisme" lors d'une manifestation contre la présence d'éléments d'extrême droite dans la police allemande et d'autres services de sécurité à Berlin le 8 mai 2021. (AFP)
Un membre de l'Initiative contre l'antisémitisme de Gelsenkirchen tient une pancarte indiquant "combattre l'antisémitisme - Peu importe d'où il vient - #plus jamais" lors d'une veillée devant la synagogue de Gelsenkirchen, en Allemagne, le 14 mai 2021. (AFP )
Un membre de l'Initiative contre l'antisémitisme de Gelsenkirchen tient une pancarte indiquant "combattre l'antisémitisme - Peu importe d'où il vient - #plus jamais" lors d'une veillée devant la synagogue de Gelsenkirchen, en Allemagne, le 14 mai 2021. (AFP )
Des pancartes sont brandies lors d'une contre-manifestation à un rassemblement anti-juif, organisé par un groupe de manifestants d'extrême droite à Whitehall, dans le centre de Londres, le 4 juillet 2015. (AFP)
Des pancartes sont brandies lors d'une contre-manifestation à un rassemblement anti-juif, organisé par un groupe de manifestants d'extrême droite à Whitehall, dans le centre de Londres, le 4 juillet 2015. (AFP)
Des hommes juifs orthodoxes marchent dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn le 27 février 2019 à New York à la suite d'une série d'attaques antisémites qui ont rappelé des souvenirs douloureux. (AFP)
Des hommes juifs orthodoxes marchent dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn le 27 février 2019 à New York à la suite d'une série d'attaques antisémites qui ont rappelé des souvenirs douloureux. (AFP)
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Publié le Samedi 07 août 2021

Prouvés faux il y a 100 ans, les «Protocoles des Sages de Sion» alimentent encore l’antisémitisme

Photo du Mémorial de la Shoah à Toulouse, en France, lors d'un hommage posthume à Mireille Knoll, une femme juive assassinée à son domicile dans le cadre d'un crime qualifié d'"antisémite" par la police (AFP)
  • En 1921, le Times de Londres a prouvé définitivement que les infâmes «Protocoles des Sages de Sion» n'étaient rien d'autre qu'une falsification grossièrement plagiée
  • Les "Protocoles" consistent en de prétendus procès-verbaux de réunions secrètes d'un sommet de dirigeants juifs anonymes complotant pour l'imposition d'un gouvernement mondial unique sous un roi juif dictatorial

WASHINGTON, D.C. : Cet été marque le 100e  anniversaire d'un triomphe journalistique contre la haine. En 1921, le Times de Londres a prouvé définitivement que les infâmes «Protocoles des Sages de Sion» n'étaient rien d'autre qu'une falsification grossièrement plagiée. Pourtant, malgré cela, les «Protocoles» ont alimenté un siècle de haine, de violence et même de génocide contre le peuple juif.

Cette déconnexion met en évidence l'un des plus grands défis auxquels la presse et la communauté internationale sont aujourd'hui confrontées : réfuter quelque chose de calomnieux n'est pas suffisant pour empêcher ceux qui ne le savent pas de le croire, surtout si les extrémistes sont incités à continuer à promouvoir la calomnie.

Ces dernières semaines, la Ligue anti-diffamation (ADL) a annoncé la nouvelle lorsque notre PDG a révélé dans Newsweek que le président élu iranien Ebrahim Raïssi est à la tête d’une fondation qui a produit un horrible documentaire de 50 épisodes pour promouvoir les «Protocoles».

Pire encore, sous le mandat de Raïssi, la fondation a distribué le documentaire à des millions de pèlerins qui visitent le sanctuaire Imam Reza à Mashhad sous son contrôle. Le documentaire, intitulé «Le plan du diable», a été diffusé sur plusieurs chaînes de télévision publiques en Iran et a même fait l'objet d'un quiz sur les «Protocoles» auxquels les pèlerins étaient invités à participer au sanctuaire.

La volonté de Raïssi de commettre des crimes horribles au nom du régime iranien est déjà bien connue. Il est donc évident qu'il aurait volontairement supervisé l'exploitation des lieux saints et des médias modernes pour développer les «Protocoles» au service de la vision du monde de Téhéran.

Ce qui est plus surprenant, c'est l'utilisation courante et généralisée des «Protocoles» eux-mêmes, un siècle maintenant après qu'ils se sont avérés faux. Comprendre cette histoire peut nous aider tous aujourd'hui alors que nous sommes aux prises avec les défis posés par la désinformation, notamment en provenance d'Iran.

Le président iranien nouvellement élu, Ebrahim Raïssi, prend la parole lors de sa prestation de serment au parlement iranien à Téhéran, le 5 août 2021. (Photo, AFP)
Le président iranien nouvellement élu, Ebrahim Raïssi, prend la parole lors de sa prestation de serment au parlement iranien à Téhéran, le 5 août 2021. (Photo, AFP)

Ce que les «Protocoles» prétendent

Les «Protocoles» ont émergé dans l'Empire russe au tournant du XIXe  siècle. Ils prétendent être une série de procès-verbaux de réunions secrètes d'un sommet de dirigeants juifs anonymes complotant pour l'imposition d'un gouvernement mondial unique sous un roi juif dictatorial.

Chacun des 24 soi-disant «protocoles» du document est un chapitre qui se concentre sur un aspect différent de ce prétendu complot juif, comme le contrôle de tout l’or du monde, des gouvernements, des médias, des systèmes éducatifs et des sociétés franc-maçonnes. D'autres thèmes incluent les stéréotypes anti-juifs tels que la cupidité, la déloyauté, la soif du sang, la suprématie et la corruption morale.

​​​​Theodor Herzl au deuxième congrès sioniste à Bâle, en 1898. (Photo, Wikimedia Commons)
Theodor Herzl au deuxième congrès sioniste à Bâle, en 1898. (Photo, Wikimedia Commons)

Certains prétendent que les «Protocoles» sont les procès-verbaux du sommet de 1897, connu sous le nom du Premier Congrès sioniste, que Theodor Herzl a organisé à Bâle, en Suisse. Pourtant, cela ne tient pas compte du fait que les «Protocoles» eux-mêmes accordent peu d'attention au sionisme, qui était tout l'objet du sommet de Herzl, tenu sous le contrôle de la presse et dont les procès-verbaux sont accessibles au public en détail.

Alors que les «Protocoles» commençaient à circuler en dehors de la Russie, l’organisation précurseure de l’ADL et d’autres groupes juifs américains ont publié une déclaration commune en 1920, les rejetant comme «une falsification de base». L'année suivante, le Times a trouvé une preuve définitive à cet effet, dans ce que le journal pense qu’il pourrait être «peut-être le plus grand scoop de Times» de son histoire.

Ce que le Times a trouvé

En août 1921, le Times a publié une série d'articles révélant comment ils ont découvert que d'énormes parties des «Protocoles» étaient en fait plagiés à partir d'une œuvre de fiction beaucoup plus ancienne qui n'avait rien à voir avec les Juifs.

Tandis que plusieurs autres passages des «Protocoles» étaient déjà connus pour avoir été volés à d'autres œuvres de fiction politique, le Times a trouvé «la base principale du faux sur lequel il se basait, ou dans lequel était incorporé du matériel provenant d'autres sources».

Page de titre de l'ouvrage antisémite Serge Nilus, Le Grand dans le Petit, Les Protocoles de Sion, 1905, Russie, un canular antisémite prétendant décrire un plan juif de domination mondiale. (Photo, Wikimedia Commons)
Page de titre de l'ouvrage antisémite Serge Nilus, Le Grand dans le Petit, Les Protocoles de Sion, 1905, Russie, un canular antisémite prétendant décrire un plan juif de domination mondiale. (Photo, Wikimedia Commons)

Ce livre était «Dialogues en enfer entre Machiavel et Montesquieu» de Maurice Joly, un ouvrage de propagande politique française publié en 1864.  Joly a cherché à mobiliser l'opposition à l'époque contre l'empereur Napoléon III en condamnant et même en diabolisant les dirigeants puissants en termes vagues. Les «Protocoles» ont simplement échangé un conseil obscur de Juifs anonymes comme principal méchant.

Le Times a reçu le livre de Joly par un expatrié russe en Turquie et en a vérifié une seconde copie au British Museum. Il semblait que les «Protocoles» aient été rédigés de manière bâclée «avec l'intention de promouvoir la propagande antisémite en Russie, et en même temps avec l'idée de renforcer le pouvoir autocratique du tsar, en tant que seul homme qui pourrait sauver le monde du «danger juif».

Réfutations ultérieures

Plus d'informations sur comment et pourquoi les « Protocoles » ont été falsifiés de cette manière ont émergé au fil du temps. En 1934-35, deux groupes juifs suisses ont poursuivi en justice des agitateurs nazis locaux à Berne pour diffamation après avoir publié les «Protocoles».

Les groupes ont fait venir des témoins qui ont réfuté les affirmations concernant la conférence de Bâle de 1897 et une prétendue alliance judéo-maçonnique, tandis que la défense n'a pas réussi à étayer même ses affirmations les plus fondamentales.

Les témoins à charge comprenaient même des experts russes qui ont identifié par leur nom les agents de la police secrète russe impliqués dans l'élaboration des «protocoles», dans l'espoir d'influencer le tsar Nicolas II, tout en affaiblissant les réformistes et en faisant des juifs les boucs émissaires des difficultés de la Russie.

Le tribunal a donné raison à l'accusation, concluant «qu'il est désormais prouvé avec la plus grande clarté» que les textes «avaient été copiés» de l'œuvre de Joly, très probablement pour gagner en influence à la cour du tsar».

Aux États-Unis, le constructeur automobile Henry Ford a publié une adaptation des « Protocoles » sous la forme d'une série d'articles dans un journal local de 1920 à 1922 et sous la forme d'un livre intitulé « The International Jew » (Le juif international), qui s'est vendu à un demi-million d'exemplaires.

La publication Ford «Le Juif international », le problème le plus important du monde. Articles de The Dearborn Independent, 1920. (Photo, Wikimedia Commons)
La publication Ford «Le Juif international », le problème le plus important du monde. Articles de The Dearborn Independent, 1920. (Photo, Wikimedia Commons)

Mais face à d'éventuelles sanctions légales pour diffusion d'un faux document, Ford a renié les «Protocoles» en 1927 et s'est excusé auprès de l'ADL. En Russie même, un tribunal de Moscou en 1992 a statué en faveur d'un journal juif poursuivi pour diffamation lorsqu'il a qualifié un groupe ultranationaliste d'antisémite pour avoir publié en série les «Protocoles».

Trois universitaires russes, acceptés à la fois par la défense et l'accusation, ont uniformément témoigné en concluant que les «Protocoles» étaient faux. En 1999, un historien a identifié des documents dans les archives de la Russie prouvant ce qui avait été allégué par deux témoins experts lors du procès de 1934-35 en Suisse : que les « Protocoles » ont été élaborés par un agent de la police secrète russe nommé Matthieu Golovinski pour diaboliser les Juifs et marginaliser les réformateurs russes.

Comment une falsification prouvée s'est propagée

Malgré de telles réfutations, les «Protocoles» ont continué à se répandre, peut-être parce qu'ils ne faisaient que confirmer ce que beaucoup de gens croyaient déjà.

Par exemple, dans son manifeste de 1925 «Mein Kampf» (Mon combat), Adolf Hitler a montré qu'il était conscient que les «Protocoles» étaient identifiés par les médias grand public comme faux. Pourtant, il était tellement convaincu que sa haine envers les Juifs était justifiée qu'il a décrit ces réfutations comme «la meilleure preuve qu'elles sont authentiques».

Hitler a fait référence aux «Protocoles» comme un moyen d'atteindre ses fins politiques, écrivant qu'une fois que le public peut être convaincu d'y croire, «la menace juive peut être considérée comme détruite».

Des pancartes sont brandies lors d'une contre-manifestation à un rassemblement anti-juif, organisé par un groupe de manifestants d'extrême droite à Whitehall, dans le centre de Londres, le 4 juillet 2015. (Photo, AFP)
Des pancartes sont brandies lors d'une contre-manifestation à un rassemblement anti-juif, organisé par un groupe de manifestants d'extrême droite à Whitehall, dans le centre de Londres, le 4 juillet 2015. (Photo, AFP)

Son parti nazi a commencé sa campagne contre les Juifs d'Allemagne en 1933 par un boycott des magasins appartenant à des Juifs, l'appelant une défense contre le «Plan de Bâle», une allusion aux «Protocoles». En fin de compte, l'Allemagne nazie a publié et distribué plus de vingt éditions, et le livre a même été utilisé pour instruire les enfants dans certaines écoles allemandes.

En légitimant le mythe d'une conspiration juive visant à dominer le monde, les «Protocoles» ont contribué au génocide nazi de six millions d'hommes, de femmes et d'enfants juifs. Pourtant, c'est après la défaite d'Hitler que les «Protocoles» ont atteint leur public le plus large, gagnant un impact mondial dans la seconde moitié du 20e  siècle.

Des controverses sur les «Protocoles» ont été signalées en 1968, non seulement en Pologne mais aussi au Liban, où 200 000 exemplaires auraient été publiés pour être distribués en Afrique francophone. En 1972, ils ont fait l'objet d'histoires impliquant non seulement le ministre grec de l'Éducation, mais aussi l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui gardait une pile sur son bureau et disait aux visiteurs : «Vous devez le lire».

L'ADL a noté que dans les années 1970, les «Protocoles» étaient documentés dans des pays d'Amérique latine tels que l'Argentine, le Brésil, le Chili et le Panama, et également publiés à cette époque en Inde  et au Pakistan. D'autres éditions ont vu le jour au Japon en 1987, au Mexique en 1992 et en Indonésie en 2003.

Les «Protocoles» au Moyen-Orient

Aucune région n'a aujourd'hui le monopole des «Protocoles». Par exemple, un sondage d'opinion réalisé le 28 juin auprès d'adultes américains a révélé que, parmi les personnes interrogées qui croient à la théorie du complot d'extrême droite QAnon, 49 % de ce sous-groupe croient également aux «Protocoles». Pourtant, à cause du conflit arabo-israélien, les «Protocoles» ont particulièrement attiré certains publics au Moyen-Orient.

Les chercheurs ont documenté 102 instances différentes des «Protocoles» publiées sous forme de livre ou de série de journaux en Turquie entre 1946 et 2008, contre seulement trois fois auparavant.

L'ADL a documenté dans une brochure intitulée « Les protocoles : mythe et histoire » que, de 1965 à 1967, «environ 50 livres sur des sujets politiques publiés en arabe étaient, soit fondés sur les «Protocoles», soit cités à partir d'eux».

Les extrémistes ont eu le plus grand intérêt pour les «Protocoles» car ils valident leur position. La charte du Hamas de 1988 déclarait : «Aujourd'hui c'est la Palestine, demain, ce sera un pays ou un autre. Le plan sioniste est sans limites… quand ils auront digéré la région qu'ils ont envahie, ils chercheront une nouvelle expansion, et ainsi de suite. Leur plan est incarné dans les «Protocoles des Sages de Sion».

De même, le régime fondamentaliste iranien a propagé les «Protocoles» depuis ses premières années. L'Organisation de propagande islamique du leader iranien publie et distribue les «Protocoles» depuis les années 1980.

La fondation, que le président élu Raïssi dirigeait il y a encore quelques années et qui a produit sa série de films de 50 épisodes sur les «Protocoles» sous son mandat, publie également ses propres éditions papier depuis les années 1990.

En 2003, la chaine Al-Manar du Hezbollah a diffusé une série de 29 épisodes basée sur les «Protocoles» intitulée «Al-Shatat» (la diaspora). La production du film a été facilitée par le régime d'Assad, mais la pression diplomatique a conduit la télévision d'État syrienne à l'abandonner, et les autorités françaises ont forcé Al-Manar à quitter Eutelsat à cause du film.

Des partisans du leader libanais du Hezbollah, Hassan Nasrallah, l'écoutent via un écran lors d'un rassemblement à Khiam, au Liban, le 13 août 2017. (Photo, Reuters/Archives)
Des partisans du leader libanais du Hezbollah, Hassan Nasrallah, l'écoutent via un écran lors d'un rassemblement à Khiam, au Liban, le 13 août 2017. (Photo, Reuters/Archives)

Pourtant, les forces modérées ont parfois aussi évoqué les «Protocoles» de manière regrettable, comme en 2002 lorsque la télévision d'État égyptienne et une chaîne privée ont diffusé «Horseman Without a Horse» (Cavalier sans cheval), un autre documentaire en plusieurs épisodes basé en partie sur les «Protocoles».

En réponse aux plaintes, la télévision d'État a coupé des parties du film et a ajouté un avertissement, mais il a été rediffusé à la fois en Égypte et à l'étranger. La star du film se vante d'avoir inspiré la vente de deux millions d'exemplaires des «Protocoles».

Arab News a publié un éditorial notant que les «Protocoles» étaient «depuis longtemps avérés être faux» et que même si seulement 1% de «Cavalier sans cheval» est basé sur le livre, «c’est 1 % de trop».

Asharq Al-Awsat a publié une interview avec un universitaire palestinien critiquant le film et qualifiant le texte de «livre fictif» qui nuit à la question palestinienne. En 2008, le Grand Mufti d'Égypte a qualifié les «Protocoles» de «livre fictif qui n'a aucun fondement factuel».

Tant au Moyen-Orient que dans d'autres régions, le mythe d'une cabale juive contrôlant le monde est encore assez courant dans certains cercles aujourd'hui, même si les «Protocoles» ne sont pas explicitement mentionnés.

Et dans mon propre travail, je tombe sur des exemplaires des «Protocoles» vendus par des exposants privés lors de foires du livre gérées par l'État dans certaines parties de la région, dont une qui a eu lieu en Égypte le mois dernier. Je les ai également trouvés dans certains manuels d'État, mais grâce aux réformateurs de l'éducation, cela est devenu beaucoup moins courant aujourd'hui.

Se défendre contre la désinformation aujourd'hui

Le 22 juin, le ministère américain de la Justice a saisi 36 sites Web liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran et à ses mercenaires, dont beaucoup avaient des antécédents de propagande haineuse et mensongère contre l'Arabie saoudite, l'Amérique, Israël et le peuple juif. Et certains d'entre eux ont régulièrement invoqué les «Protocoles» à des fins de propagande.

Les gardiens de la révolution iranienne célèbrent le lancement d'un missile dans un lieu secret en Iran, le 3 juillet 2012. (Photo, AP/IRNA, Mostafa Qotbi/Archives)
Les gardiens de la révolution iranienne célèbrent le lancement d'un missile dans un lieu secret en Iran, le 3 juillet 2012. (Photo, AP/IRNA, Mostafa Qotbi/Archives)

Une telle désinformation peut être dangereuse. Un autre site géré par le CGRI interrompu par le ministère de la Justice en 2020 était AWD News, autrefois le domaine Web numéro un promu par les internautes iraniens sur Twitter.

En 2016, AWD News a rapporté sans fondement qu'Israël avait menacé le Pakistan d'armes nucléaires s'il entrait en Syrie, et en réaction, un compte du ministre pakistanais de la Défense a en fait tweeté, puis supprimé, un avertissement selon lequel «Israël oublie que le Pakistan est aussi un État nucléaire».

Heureusement, l’internet et les médias sociaux offrent aussi de nouveaux outils pour contrer la désinformation. Il existe de bonnes bases sur la façon d'identifier les fausses nouvelles, par exemple.  Les plateformes de médias sociaux et les gouvernements sont encouragés à prendre une série de mesures pour aider à repousser la haine et l'extrémisme en marge d'Internet.

Lorsque la diffamation est passible de poursuites judiciaires, les plaideurs courageux peuvent également demander aux tribunaux d'arrêter la publication de traités comme les «Protocoles».

Mais surtout, le monde numérique offre de vastes nouveaux espaces pour que toutes les personnes de bonne conscience puissent s'exprimer. Débattre de telles idées controversées et diffuser des messages précisément fondés de tolérance intercommunautaire et interconfessionnelle, contrecarrer les mythes haineux tels que les «Protocoles» et expliquer comment nous savons depuis un siècle qu'ils sont tout simplement sans fondement.

 

•          David Andrew Weinberg est le directeur des affaires internationales de l'Anti-Defamation League à Washington.

 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

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Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.


«American Doctor», ou la brutalité de la guerre à Gaza vue par des médecins

Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer. (AFP)
Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer. (AFP)
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  • Le film de Teng suit Mark Perlmutter et deux autres médecins américains, l'un américano-palestinien et l'autre zoroastrien non pratiquant, face à l'indicible brutalité infligée à une population majoritairement civile à Gaza
  • Le film montre les médecins travaillant avec leurs collègues palestiniens, portant secours à des blessés aux membres sectionnés et souffrant de plaies ouvertes.

PARK CITY: Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer.

Teng craint de devoir flouter la scène pour protéger la dignité des enfants. Mais sa décision fait débat.

"On ne leur rend pas justice à moins de laisser leur mémoire, leurs corps, raconter l'histoire de ce traumatisme, de ce génocide. On ne leur rend pas service en ne les montrant pas ", estime le médecin juif américain Mark Perlmutter au Festival du film de Sundance, où le film a été présenté en avant-première vendredi.

"Voilà ce que mes impôts ont fait. Voilà ce que vos impôts ont fait. Voilà ce que les impôts de mon voisin ont fait. Les gens ont le droit de connaître la vérité", souligne-t-il.

"Vous avez la responsabilité, comme moi, de dire la vérité. Si vous floutez cela, c'est une faute professionnelle journalistique".

Malgré un cessez-le-feu fragile, les violences se poursuivent entre les forces israéliennes et le Hamas, faisant des victimes parmi les non combattants dont des dizaines d'enfants, selon l'Unicef.

Des enquêteurs de l'ONU ont accusé Israël de commettre un génocide à Gaza, accusation qu'Israël a qualifiée de "déformée et fausse", tout en taxant ses auteurs d'antisémitisme.

Contrebande d'antibiotiques 

Le film de Teng suit Mark Perlmutter et deux autres médecins américains, l'un américano-palestinien et l'autre zoroastrien non pratiquant, face à l'indicible brutalité infligée à une population majoritairement civile à Gaza depuis qu'Israël a répondu à l'attaque du Hamas, le 7 octobre 2023.

Le film montre les médecins travaillant avec leurs collègues palestiniens, portant secours à des blessés aux membres sectionnés et souffrant de plaies ouvertes. On les voit également en d'autres occasions dans les couloirs du pouvoir à Washington et dans les médias israéliens et américains.

Le documentaire montre aussi les difficultés pratiques auxquelles ils sont confrontés, les blouses chirurgicales et les antibiotiques qu'ils doivent faire passer en contrebande à travers la frontière pour contourner le blocus israélien. Et les refus de dernière minute des autorités israéliennes de les laisser entrer.

Le film décrit le courage d'hommes qui vont volontairement travailler dans des hôpitaux frappés à plusieurs reprises par l'armée israélienne. Comme l'hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, cible d'une double frappe en août 2025.

Israël affirme viser des "terroristes" dans ces établissements et soutient que des combattants du Hamas sont retranchés dans des tunnels sous les hôpitaux.

"Complices du meurtre d'enfants" 

Feroze Sidwha, peut-être le plus loquace des trois médecins, répète n'avoir jamais vu de tunnels. Et de toute façon, insiste-t-il, même la présence de combattants blessés dans un hôpital n'en fait pas une cible légitime.

"Les Américains méritent de savoir ce qui se passe, à quoi sert leur argent, et tout simplement de pouvoir décider", dit-il. "Voulez-vous vraiment qu'on fasse cela?", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Je suis à peu près sûr que la réponse est +non+. Je veux juste continuer à m'exprimer et à faire savoir aux gens qu'ils n'ont pas à être complices du meurtre d'enfants. Nous le sommes tous, à l'heure actuelle".

Le film est dédié aux quelque 1.700 soignants tués dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre en octobre 2023.

Selon Reporters sans frontières (RSF), près de 220 journalistes ont également été tués, faisant d'Israël le plus grand tueur de journalistes dans le monde pour la troisième année consécutive.

Le Festival de Sundance se tient jusqu'au 1er février.


Haute couture: Jonathan Anderson signe un baptême floral chez Dior

Une mannequin lors du défilé pour Christian Dior de la collection Haute Couture Printemps/Été 2026 pour femmes, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin lors du défilé pour Christian Dior de la collection Haute Couture Printemps/Été 2026 pour femmes, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
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  • Jonathan Anderson a lancé la semaine de la haute couture à Paris avec sa première collection Dior haute couture, célébrant la nature à travers des silhouettes fleuries, sculpturales et aériennes
  • Le défilé, très attendu, a rassemblé célébrités et figures de la mode et ouvre la voie à un programme intense, avec notamment la première collection haute couture de Matthieu Blazy chez Chanel mardi

PARIS: Un jardin d'Eden de luxe: Jonathan Anderson a lancé lundi à Paris la semaine de la haute couture avec une première collection florale pour Dior, entre célébration de la nature et hommage aux savoir‑faire.

Le show, organisé au coeur d'une structure éphémère installée dans les jardins du musée Rodin, était l'un des moments les plus attendus de ces quatre jours de défilés, avec les débuts en haute couture de Matthieu Blazy chez Chanel mardi.

"En imitant la nature, on apprend toujours quelque chose", annonçait la note d'intention du défilé.

Cette première proposition haute couture se veut ainsi pensée comme un "cabinet de curiosités" où pièces d'exception et merveilles naturelles "sont rassemblées et recontextualisées".

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Le défilé Dior s’est tenu au cœur des jardins du musée Rodin, dans une structure éphémère pensée pour la haute couture. (Photo: AFP)

Sous un plafond recouvert de fleurs, Jonathan Anderson a livré une vision bucolique aux silhouettes fleuries, à la fois sculpturales et aériennes, où des robes bouffantes aux plissés twistés côtoient des robes courtes à volants et des jupes longues aux drapés asymétriques semblant retenir un plateau posé en équilibre.

Le Nord-Irlandais de 41 ans revisite une nouvelle fois l'emblématique veste Bar, à la taille très cintrée, transformée en manteau long en laine, en cuir crocodile ou en queue‑de‑pie, tandis que la maille se fait omniprésente, du pull‑robe à jupe patineuse aux modèles finement travaillés, dotés d'un haut boule et d'une jupe fluide toute en transparence.

Les mannequins défilent avec de petits bouquets de cyclamens roses en guise de boucles d'oreilles — les mêmes que ceux adressés aux invités — et parfois une longue frange rose ou violette.

Le défilé s'est achevé par la traditionnelle robe de mariée blanche au bustier asymétrique twistée et au jupon drapé et rebrodé de fleurs blanches.

Cette entrée remarquée dans la couture a attiré un parterre de personnalités, de Rihanna à Jennifer Lawrence, en passant par son prédécesseur John Galliano et Brigitte Macron.

- Aristo-punk -

Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison-phare de LVMH.

Après une première collection homme saluée en juin et une ligne femme accueillie en octobre de façon plus mesurée, le styliste a présenté mercredi à Paris un deuxième vestiaire masculin plus extravagant.

Entre tops à sequins, manteaux-capes inspirés des imprimés de Paul Poiret, vestes Bar en pied-de-poule et chaussures à motifs lézard, le tout surmontés de perruques jaune acide, le couturier a livré une ligne aristo-punk plus fidèle à son esprit subversif que la précédente qui n'a pas manqué de faire réagir.

- Blazy très attendu -

L'attente est également très forte chez Chanel, où Matthieu Blazy présentera mardi au Grand Palais sa toute première collection haute couture.

Le Franco-Belge de 41 ans, arrivé en décembre 2024 après son passage remarqué chez Bottega Veneta (Kering), avait impressionné dès octobre avec une première collection prêt-à-porter féminin encensée.

Il a également démontré sa maîtrise des savoir-faire de la maison lors du défilé Métiers d'art présenté en décembre à New York, un show marquant organisé dans le métro.

Jusqu'à jeudi, 28 maisons présentent leurs créations dans le cadre de la semaine de la haute couture.

Comme à son habitude, la maison italienne Schiaparelli a ouvert lundi matin le bal avec une collection sculpturale très animalière, où ailes et queue de scorpions complètent des silhouettes glamour, sous le regard de personnalités comme Jeff Bezos et son épouse Lauren Sánchez ou l'actrice Demi Moore.

Chez Georges Hobeika, la femme se fait bijou, des têtes couvertes de diadèmes aux traînes chamarrées. Des perles géantes sont suspendues aux robes fourreaux, des diamants couvrent les lourds drapés et les voiles bouffants. Les parures se confondent avec les corps, dans cette collection baptisée "Amour".

L'écru domine le vestiaire du créateur libanais, associé à son fils Jad, qui ont donné à voir leurs modèles dans la cathédrale américaine de Paris, alliant solennité et mystique.