Messi: une superstar qui coûte cher, mais qui rapporte beaucoup

Une arrivée de Messi ouvrirait des perspectives sur une hausse des droits TV internationaux (environ 80 M EUR par an), un domaine dans lequel la Ligue 1 est à la traîne derrière ses concurrents étrangers. (AFP)
Une arrivée de Messi ouvrirait des perspectives sur une hausse des droits TV internationaux (environ 80 M EUR par an), un domaine dans lequel la Ligue 1 est à la traîne derrière ses concurrents étrangers. (AFP)
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Publié le Lundi 09 août 2021

Messi: une superstar qui coûte cher, mais qui rapporte beaucoup

  • Sans avoir encore signé au PSG (une «possibilité» selon lui), l'attaquant fait déjà chauffer les calculatrices
  • A l'échelle du globe, Messi n'a que très peu d'équivalents: le magazine spécialisé Forbes le classe deuxième parmi les sportifs les mieux payés en 2021

PARIS: L'arrivée possible de la superstar Lionel Messi au Paris SG peut apparaître comme une folie pour un club aux finances grevées par la pandémie, mais l'aura mondiale de l'Argentin assure des revenus qui peuvent amortir son coût.


Sans avoir encore signé au PSG (une "possibilité" selon lui), l'attaquant fait déjà chauffer les calculatrices. 


Avec un salaire évalué par la presse française à environ 40 millions d'euros net par an, Messi naviguerait dans les mêmes eaux que Neymar (36 M EUR). Celui-ci était jusqu'à présent le footballeur le mieux payé de l'histoire en France.


A l'échelle du globe, Messi n'a que très peu d'équivalents: le magazine spécialisé Forbes le classe deuxième parmi les sportifs les mieux payés en 2021, derrière la star du MMA Conor McGregor.


La "Pulga" aux revenus de géant (110 M EUR en tout), sponsorisée notamment par Pepsi et Adidas, devance Cristiano Ronaldo, LeBron James ou Roger Federer.


"On est sur une autre planète, c'est stratosphérique", une arrivée de Messi serait "un événement comme il en est arrivé un ou deux dans le foot, avec Maradona quand il signe à Naples, ou Zidane au Real", avance Virgile Caillet, délégué général de l'Union Sport et Cycle, première organisation professionnelle de la filière sport et loisirs. 


Déjà doté d'un vestiaire de stars, le PSG a prévu d'écarter les murs pour faire de la place au nouveau "Dieu" argentin, en trouvant la clé à une équation financière complexe.

Superstars bienvenues 
Cette clé se trouve dans la poche du riche propriétaire qatarien (Qatar Sports Investments), assez solide pour compenser les centaines de millions d'euros de pertes liées à la pandémie de Covid-19 (125 M EUR rien que pour la saison 2019-20).


Mais ce recrutement est aussi rendu possible par l'aménagement des règles du fair-play financier, qui interdisait aux clubs européens de dépenser plus qu'ils ne gagnent.


"Cela laisse plus de marge qu'avant", analyse Christophe Lepetit, responsable des études économiques du Centre de droit et d'économie du sport (CDES) de Limoges.


Messi, c'est aussi la promesse de "développer de nouvelles approches marketing. Il entre parfaitement dans la stratégie du PSG", poursuit l'expert.


"Messi, c'est du sûr. Dès que vous le recrutez, vous avez un nombre de revenus additionnels presque mécanique: produits dérivés, billeterie, partenaires. C'est une occasion immanquable", renchérit Virgile Caillet.


A la différence de Neymar et Kylian Mbappé, achetés pour plus de 400 M EUR à l'été 2017, le PSG n'aurait pas à verser d'indemnité de transfert au FC Barcelone: le joueur est libre.


"Pour la question de l'amortissement, il n'y a que le salaire, c'est beaucoup plus abordable, si j'ose dire", sourit M. Caillet.


Arrivé en 2011, QSI a souvent misé sur la réputation des stars qu'elle paie à prix d'or pour accroître la puissance de sa marque, de David Beckham à Mbappé, en passant par Zlatan Ibrahimovic et Neymar.

«Accélération»
Aujourd'hui, le club parisien, qui se targue d'être celui de la nouvelle génération, fait partie des 50 marques sportives professionnelles les mieux valorisées du monde, selon Forbes, qui place encore devant lui le Real, le Barça, Bayern ou Manchester City.


Messi peut changer la donne: "Il fallait un deuxième étage à la fusée PSG. Messi apporterait une accélération", explique M. Caillet, qui estime que l'Argentin peut faire vendre "200 à 300.000 maillots supplémentaires."


"Ca peut être paradoxal au vu de son âge (34 ans), mais Messi incarne l'avenir du PSG, à la fois économique et sportif", poursuit l'expert. "Son arrivée associerait trois marques iconiques: Paris, Jordan (l'équipementier du PSG, sous-marque de Nike, NDLR) et Messi."


L'alignement des planètes serait aussi une bonne nouvelle dans le ciel du foot français, traversé depuis des mois par toutes sortes de tempêtes, entre stades à huis clos et droits TV renégociés à la baisse.


Une arrivée de Messi ouvrirait des perspectives sur une hausse des droits TV internationaux (environ 80 M EUR par an), un domaine dans lequel la Ligue 1 est à la traîne derrière ses concurrents étrangers.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.


Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais

Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais
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  • Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale
  • Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros)

HIGASHIOSAKA: Pris de vertiges après être arrivé au travail à vélo sous la chaleur écrasante de l'été japonais, Isao Tabuchi, 51 ans, se dirige vers la dernière acquisition de son entreprise: un réfrigérateur pour humains.

"J'ai vraiment pu récupérer grâce à ça. Une fois qu'on l'utilise, c'est vraiment très frais", explique-t-il à l'AFP à la sortie de la machine, dans la ville industrielle de Higashiosaka (ouest du Japon), écrasée par le soleil d'août.

L'engin de la taille d'une cabine téléphonique, où des jets d'air à 5°C maintiennent une température froide, n'a été commercialisé que cette année mais rencontre déjà un vif succès dans un pays confronté à une hausse constante des températures.

Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros). Ses clients les installent notamment sur des chantiers, des usines et des entrepôts.

Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale.

"Il est grand, cher, et ce n'est pas le genre de produit que l'on peut expliquer simplement avec des mots" pour convaincre les clients. "Il y avait donc beaucoup d'incertitudes", explique-t-elle.

Selon les scientifiques, le changement climatique causé par l'activité humaine accroît la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur extrême. En 2025, le Japon a connu l'été le plus chaud de son histoire.

Cette année, l'Agence météorologique japonaise a même introduit un nouveau terme, "kokushobi" ("jour de chaleur cruelle"), lorsque la température atteint 40°C, appelant la population à considérer la chaleur extrême comme une catastrophe naturelle.

Deux minutes pour sécher 

A Tokyo, près de 120 décès liés à la chaleur ont été enregistrés entre mi-juillet et mi-août. À l'échelle nationale, près de 63.000 personnes ont nécessité des soins d'urgence cet été.

Depuis l'an dernier, les entreprises japonaises sont soumises à des obligations renforcées pour protéger les salariés travaillant dans la chaleur. Les chantiers doivent notamment fournir des vêtements adaptés, comme des vestes ventilées, ainsi que des espaces de repos climatisés et des zones ombragées.

L'impact économique est déjà tangible. Selon une enquête de Teikoku Databank publiée en juillet, 50% des entreprises estiment que la chaleur intense perturbe leurs activités, tandis que près de 88% ont renforcé leurs mesures de protection des salariés.

Le réfrigérateur humain, branché sur une prise électrique classique, consomme environ 16 yens d'électricité par heure selon son fabricant. Afin d'éviter tout usage excessif, il s'arrête automatiquement au bout de 20 minutes.

Pour Yutaka Kono, de l'entreprise Konoe, où travaille Isao Tabuchi, investir dans la lutte contre la chaleur est devenu indispensable pour conserver les effectifs et attirer de nouveaux employés.

"J'ai été vraiment surpris par ce concept consistant à faire entrer les gens dans une sorte de réfrigérateur. J'ai trouvé très séduisante l'idée qu'une personne puisse y faire baisser instantanément sa température corporelle à un niveau sûr", explique-t-il.

Taichi Konishi, 24 ans, l'utilise environ trois fois par jour. Après avoir déplacé à la main de lourdes caisses d'outils et de pièces métalliques, il entre dans la cabine et s'assoit.

"C'est vraiment agréable", confie-t-il à l'AFP. "Je n'y suis resté qu'environ deux minutes, mais cela a suffi pour faire sécher toute ma transpiration."


Philippe Bouvard est mort, «Les Grosses Têtes» sont orphelines

Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
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  • "Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier
  • Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux

PARIS: Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans.

C'est sa radio de toujours qui a annoncé son décès, après en avoir été informée par son épouse. "Il s'est éteint ce matin aux alentours de huit heures, en douceur", a déclaré à l'antenne la présentatrice de la matinale de RTL, Céline Landreau.

Les hommages ont aussitôt afflué sur la station pour saluer celui que beaucoup considéraient comme un précurseur, à la frontière du journalisme et du divertissement.

"Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier, qui lui avait succédé aux commandes des "Grosses Têtes" en 2014 pour rajeunir l'émission.

Un épisode que l'intéressé avait d'ailleurs mal vécu, parlant lui-même d'"un déchirement". Il était resté 37 ans aux commandes de cette émission culte, qu'il avait lancée en 1977, et dont le succès ne s'est jamais démenti.

Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux.

Avec cette émission, "Philippe a su mettre à la portée de tous la culture générale", a estimé Jean-Pierre Foucault, en saluant "notre maître à tous".

Philippe Bouvard "a plus fait pour la langue française que la moitié des 40 momies de l'Académie française" mais "n'a jamais été récompensé de cet effort populaire", a regretté le navigateur Olivier de Kersauson, pilier historique des "Grosses Têtes", que Bouvard avait coutume de saluer par une apostrophe qui a marqué le programme: "Bonne réponse de l'Amiral!"

"Français moyen" 

"C'était quelqu'un de curieusement très attachant. Je n'ai jamais su s'il nous aimait ou pas", a réagi l'humoriste Bernard Mabille, autre figure de l'émission.

Pour le journaliste Marc-Olivier Fogiel, le principal atout de Philippe Bouvard était "de ne pas avoir de frontières": "C'était un journaliste qui pouvait passer du divertissement au sérieux".

Après avoir entamé sa carrière de journaliste au Figaro dans les années 50, Bouvard avait rejoint France Soir en 1973, parallèlement à son parcours sur RTL.

A la télévision, il avait présenté de 1982 à 1987 "Le petit théâtre de Bouvard" sur Antenne 2, une émission de sketchs où il donnait leur chance à des comédiens débutants dont plusieurs allaient devenir des vedettes : Muriel Robin, Les Inconnus, Mimie Mathy Michèle Bernier ou encore le duo Chevallier et Laspalès.

Hyperactif, Philippe Bouvard tenait encore à 94 ans une page dans le magazine VSD, ainsi qu'une chronique dominicale sur RTL. Il avait tout arrêté le 1er janvier 2025 après avoir atteint son "double record": "60 ans de radio et 60 ans de RTL".

Physique rond et jovial, passionné de jeux d'argent et de belles voitures, ce fils d'un couple de petits commerçants se revendiquait comme "un Français moyen, râleur, chauvin, un rien xénophobe", comme il le disait au journal Le Parisien en 2022. Pour autant, il avouait regretter parfois de "s'être laissé engluer dans ce personnage".