Covid: dans le grand hôpital de Guadeloupe, «ça dépasse tout ce qu'on avait pu imaginer»

Un patient Covid-19 est allongé à l'unité de soins intensifs de l'hôpital Les Abymes (Centre hospitalier universitaire) de Pointe-à-Pitre, dans l'archipel des Antilles françaises de Guadeloupe, le 6 août 2021. CEDRICK ISHAM CALVADOS / AFP
Un patient Covid-19 est allongé à l'unité de soins intensifs de l'hôpital Les Abymes (Centre hospitalier universitaire) de Pointe-à-Pitre, dans l'archipel des Antilles françaises de Guadeloupe, le 6 août 2021. CEDRICK ISHAM CALVADOS / AFP
Short Url
Publié le Jeudi 12 août 2021

Covid: dans le grand hôpital de Guadeloupe, «ça dépasse tout ce qu'on avait pu imaginer»

  • Aux urgences du CHU de Guadeloupe, le service de réanimation, saturé, prend de plein fouet la quatrième vague de l'épidémie de Covid-19 qui déferle sur les Antilles françaises
  • La semaine du 2 au 8 août, 14 personnes sont mortes du Covid en Guadeloupe

POINTE-A-PITRE:  "Ça dépasse tout ce qu'on avait pu imaginer". Aux urgences du CHU de Guadeloupe, le service de réanimation, saturé, prend de plein fouet la quatrième vague de l'épidémie de Covid-19 qui déferle sur les Antilles françaises.

"La situation est inédite par son ampleur, ça dépasse tout ce qu'on avait pu imaginer. On doit décupler nos efforts pour ouvrir les lits de réanimation supplémentaires", constate Marc Valette, le chef du service de réanimation dans cet hôpital de Pointe-à-Pitre.

En temps normal, le nombre de lit en réa sur le territoire n'atteint pas 30. "On a déjà 67 lits ouverts, 55 en au CHU, et 12 au centre hospitalier de Basse-Terre", détaille Marc Valette, qui complète: "sur nos 55, 44 sont pour des patients Covid, et ils sont tous plein, on est à saturation".

Autrement dit, pour faire rentrer quelqu'un en réanimation, il faudra que quelqu'un d'autre en sorte. "Soit parce qu'il va mieux, soit parce que, malheureusement, il décède", dit doucement le chef de service.

La semaine du 2 au 8 août, 14 personnes sont mortes du Covid en Guadeloupe. Au CHU de Pointe-à-Pitre, où l'on commence à prioriser les patients, on anticipe déjà jusqu'à 15 décès par jour, parfois parmi des patients qui n'auront pas le temps d'être soignés.

"Actuellement, il y a des patients qui mériteraient, qui devraient être dans des lits de réanimation et qui sont gérés à l'hôpital mais en dehors des services de réanimation qui sont saturés", souligne Marc Valette.

Une écrasante majorité des personnes hospitalisées ne sont pas vaccinées. A peine plus de 20% de l'île des Caraïbes l'est.

Avec un taux d'incidence qui frôle les 2.000 cas pour 100.000 habitants, un niveau jamais vu en France, la Guadeloupe entame vendredi un confinement strict pour faire baisser les contaminations.

Urgences bondées

En attendant, le couloir des urgences où sont admis les patients atteints du Covid-19 est bondé. "On avait 47 dossiers quand on a pris la garde à 18 heures et on a déjà hospitalisé 4 à 5 patients" explique ce mercredi soir Hubert Vaast, interne en gastro-gastroentérologie, volontaire pour effectuer une nuit de garde aux urgences Covid.

"On va essayer de limiter le nombre de patients au même moment ici, mais on ne maîtrise pas les arrivées", ajoute-t-il.

Les patients qui attendent respirent pour beaucoup avec difficulté, se tordent sur leur brancard ou leur fauteuil roulant et toussent avec douleur.

"Nous approchons de 70-80 entrées aux urgences par jour", indique Aurélie Beral, médecin urgentiste qui s'active dans la zone de déchocage, sorte de zone tampon entre les urgences et l'hospitalisation en médecine ou en réanimation, où sont prodigués des soins urgents.

La salle est prévue pour recevoir quatre patients. "Nous en avons déjà cinq ce mercredi soir", indique Aurélie Béral. "Deux autres attendent d'être pris en charge dans le couloir des urgences où on fait un pseudo déchocage."

Ces deux patients, déjà placés sous oxygène, ne pourront entrer dans la salle que si ceux déjà présents en sortent.

Sauf que le CHU est plein à craquer.

"On est obligés de réorganiser la totalité de l'hôpital, je dois fermer des services pour les remplacer par des unités Covid", confie Gérard Cotellon, le directeur général du CHU.

Dans les jours qui viennent, les blocs opératoires accueilleront des lits de réanimation. "Après ça, explique Marc Valette, l'hôpital sera arrivé à son maximum capacitaire, en termes de lits mais aussi d'oxygène".

Et aussi en termes d'effectif. Car les renforts arrivés mardi soir de métropole seront déployés sur les nouveaux lits ouverts, pas sur les zones déjà en activité.

"C'est bien mais ça ne va pas forcément nous soulager plus que ça étant donné qu'on ouvre des lits supplémentaires", note Cécile Baboulall, infirmière en réanimation.


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
Short Url
  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.


Opération avec Audemars Piguet: Swatch dit à l'AFP avoir constaté des «problèmes» dans une vingtaine de magasins

L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
Short Url
  • A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.
  • Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis

ZURICH: L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi.

"Le jour du lancement, il y a eu des problèmes dans environ une vingtaine de magasins Swatch sur 220 dans le monde où Royal Pop a été lancée, car les files d’attente des personnes intéressées étaient extrêmement longues et l’organisation faite par certains centres commerciaux n’était pas suffisante pour contenir cette ruée", a indiqué le groupe suisse.

"La réaction à la collection Royal Pop dans le monde est phénoménale et la demande est immensément élevée", a ajouté le groupe horloger, qui compare le lancement de ce modèle avec Audemars Piguet à celui du modèle MoonSwatch en 2022, en partenariat avec Omega.

Avant l'ouverture samedi, de longues files d'attentes s'étaient formées durant la nuit devant les boutiques Swatch. L'affluence a viré au chaos à l'ouverture dans certaines villes, nécessitant l'intervention de la police et la fermeture immédiate de certains magasins.

"Comme pour le MoonSwatch, cela s'est quelque peu 'normalisé' après le jour du lancement", a précisé le groupe suisse, "surtout après que nous avons de nouveau communiqué que la collection Royal Pop serait disponible durant plusieurs mois".

Dans l'ouest de la région parisienne, au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), quelque 300 personnes, venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2, ont été dispersées samedi par la police à l'aide de gaz lacrymogène.

A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.

Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis.

Propriétaire de 16 marques, Swatch avait déjà lancé une coopération en 2022 avec Omega, une des marques de prestige du groupe. Devant son succès, l'entreprise avait renouvelé l'opération en 2023 avec Blancpain, autre marque du groupe, connue notamment pour ses montres de plongée.

Mais pour le modèle lancé samedi, la collaboration a lieu cette fois avec une marque externe au groupe, Audemars Piguet. Cette marque indépendante compte parmi les plus prestigieuse de l'horlogerie suisse.


En plein conflit au Moyen-Orient, le G7 Finances à Paris au chevet de l'économie mondiale

Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
Short Url
  • A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales
  • "On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement"

PARIS: Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois.

"Je pense qu'aujourd'hui, on va montrer que le multilatéralisme, c'est utile et que ça fonctionne", a déclaré lundi matin aux journalistes le ministre français de l'Economie et des Finances Roland Lescure.

A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales, jusqu'à l’allié américain, devenu imprévisible sous Donald Trump.

Ce dernier, qui a de nouveau menacé l'Iran d'anéantissement dimanche, laisse entrevoir une reprise prochaine des frappes et la fin de la fragile trêve en vigueur depuis le 8 avril.

"On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement", a détaillé Roland Lescure.

"La manière dont la croissance mondiale, aujourd'hui, se déroule, est clairement insoutenable", a-t-il estimé. "Nous devons (...) nous engager les uns les autres pour faire en sorte qu'on retrouve un modèle de croissance plus soutenable".

Ormuz 

En haut des priorités des grands argentiers du G7: les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et du blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, essentiel au transport d'hydrocarbures et d'engrais dont les cours ont bondi.

En réaction, le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à une croissance mondiale plus modeste et une inflation plus élevée en 2026.

"Cette guerre nuit fortement au développement économique. C'est pourquoi tout doit être mis en œuvre pour y mettre un terme définitif, rétablir la stabilité dans la région et garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a déclaré dans un communiqué le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil.

"Le G7 est le cadre approprié pour discuter de ces enjeux urgents avec les Etats-Unis et les autres pays du G7", a-t-il ajouté.

Une nouvelle libération de stocks stratégiques de pétrole, comme celle décidée en mars, n'est toutefois pas à l'ordre du jour, selon Roland Lescure. Il s'est toutefois montré prêt à "discuter de ça" si nécessaire, "si jamais on arrive à ouvrir le détroit d'Ormuz" et que les navires mettent du temps à circuler de nouveau normalement.

Ces craintes inflationnistes ont engendré ces derniers jours un fort mouvement de vente des bons d'Etat, et donc de hausse des taux d'intérêt des dettes souveraines.

Interrogée à ce sujet en marge de l'ouverture du G7 Finances, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'est dite "toujours préoccupée, c'est mon job !"

Vulnérabilités et dépendances 

Les ministres tenteront aussi d'aplanir les désaccords sur le commerce international après l'imposition de surtaxes douanières par Washington.

Alors que ces déséquilibres alimentent les tensions commerciales, géopolitiques et financières, et compromettent la croissance mondiale, une reconnaissance commune de la situation serait déjà considérée comme une grande avancée par la présidence française.

Cette réunion du G7, qui rassemble aussi les gouverneurs de banques centrales des pays membres, intervient quelques jours après la visite de Donald Trump à Pékin.

Ce sommet n'a pas donné d'annonces majeures, les deux chefs d'Etat n'ayant pas discuté des droits de douane. Les deux premières puissances économiques mondiales ont conclu une trêve commerciale en octobre.

Parmi les autres sujets mis sur la table, seront abordés "les matériaux critiques, les terres rares", a dit Roland Lescure. "Les terres rares, c'est le chaînon manquant de l'électrification. (...) Si on n'a pas accès aux terres rares de manière indépendante, on va manquer ce chaînon."

Ces dernières années, les pays producteurs et transformateurs, Chine en tête, ont parfois restreint certaines exportations de ces composants essentiels pour des pans entiers de l'économie mondiale, ou profité de leur situation dominante pour influer sur les prix.

"Il faut qu'on fasse pour les matériaux critiques ce qu'on a fait sur l'énergie dans les années 1970", une cause commune, avait déclaré M. Lescure à la presse la semaine dernière.

Le ministre allemand met aussi l'accent sur la guerre en Ukraine: "Nous ne perdons pas de vue la brutale guerre d'agression de la Russie même si le monde a les yeux tournés vers le Moyen-Orient: le peuple d'Ukraine peut compter sur notre soutien" dans le financement de sa défense.