Le train à hydrogène français attend un coup de pouce pour démarrer

La SNCF, longtemps réticente, a fini par se convertir à l'hydrogène, désormais considéré comme une bonne option pour remplacer le diesel. (AFP).
La SNCF, longtemps réticente, a fini par se convertir à l'hydrogène, désormais considéré comme une bonne option pour remplacer le diesel. (AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 30 septembre 2020

Le train à hydrogène français attend un coup de pouce pour démarrer

  • Objectif 2023 pour des prototypes, donc. Et 2025 pour avoir des rames de série
  • Garantis « à zéro émission », les trains à hydrogène émettent uniquement de la vapeur d'eau et de l'eau condensée

PARIS : Déjà sur les rails en Allemagne, le train à hydrogène pourrait enfin démarrer en France après l'annonce prévue mardi par le gouvernement d'un plan de 7 milliards d'euros en faveur de cette filière énergétique prometteuse pour l'environnement.

L'objectif affiché était de faire circuler un prototype avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron, en 2022. Et le patron de la SNCF d'alors, Guillaume Pepy, avait annoncé son intention de signer pour les premières machines à l'été, puis à l'automne 2019.

Mais alors que l'automne 2020 arrive, les discussions continuent.

« Le projet a pris quelque part un an de retard », a regretté mercredi le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, sur Franceinfo. « Malheureusement, la commande n'a pas été passée. » 

« J'espère et je pense que le plan de relance va accélérer cela et que cette commande va pouvoir être finalisée. Mais du coup, les trains seront disponibles un an plus tard », a-t-il ajouté.

Objectif 2023 pour des prototypes, donc. Et 2025 pour avoir des rames de série.

Quatre régions --Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie-- sont prêtes à essuyer les plâtres. Elles devraient commander les 14 premiers trains pour leurs TER.

Garantis « à zéro émission », les trains à hydrogène émettent uniquement de la vapeur d'eau et de l'eau condensée.

Par le mélange de l'hydrogène embarqué à bord et de l'oxygène présent dans l'air ambiant, une pile à combustible installée dans la toiture produit l'électricité nécessaire à la traction de la rame. Des batteries permettent en outre de stocker l'énergie récupérée pendant le freinage, qui est réutilisée dans les phases d'accélération. 

Alstom fait déjà circuler des trains à hydrogène depuis deux ans en Allemagne, où les essais ont été jugés satisfaisants. Le groupe français a reçu des commandes fermes pour 41 trains régionaux dans les régions de Hambourg et de Francfort, qui doivent entrer en service commercial à partir de 2022.

Tarbes et Reichshoffen

La chaîne de traction --fabriquée à Tarbes-- doit être la même pour les trains français, avec une autonomie de l'ordre de 600 km. 

Mais là où les modèles allemands sont monomodes --propulsés uniquement par leurs piles à hydrogène et leurs batteries-- les français seront bimodes, capables également de rouler sous caténaires en traction électrique.

La SNCF, longtemps réticente, a fini par se convertir à l'hydrogène, désormais considéré comme une bonne option pour remplacer le diesel.

« Puisque l'ambition de la SNCF est d'être complètement décarbonée d'ici 2035, il faut avoir un parc d'engins permettant de circuler de manière propre sur des lignes non-électrifiées », explique à l'AFP son PDG Jean-Pierre Farandou.

« Je pense que l'hydrogène est la réponse de long terme, aux alentours de 2030-2035 », estime-t-il. « Mais la question de fond, c'est la production de l'hydrogène. »

Il reste en effet à voir si l'on peut utiliser de l'hydrogène gris (issu d'énergies fossiles, dont la production reste polluante) avant de passer à l'hydrogène vert (issu d'énergies renouvelables --par électrolyse de l'eau-- vraiment propre mais nettement plus cher), pour lequel la France n'est pas prête.

D'où l'attente du plan du gouvernement.

Les régions, qui financent les trains, espèrent aussi un geste de l'exécutif, au-delà des 22 millions d'euros d'aide à l'innovation apportés par l'Ademe.

« La question qui se pose, c'est de savoir s'il y aura d'autres aides qui pourront être apportées par l'Etat, sur les stations de ravitaillement en hydrogène ou sur le financement d'une partie du surcoût lié au différentiel entre une traction classique et une traction hydrogène », glisse une source proche du dossier.

Ce surcoût serait d'environ 40%, dit-on dans la profession.

Autre difficulté potentielle: le modèle qui doit être adapté à l'hydrogène --appelé Coradia polyvalent par Alstom et Regiolis par la SNCF-- est fabriqué par le site alsacien de Reichshoffen. Or le constructeur français s'est engagé à céder l'usine et le train à un concurrent pour obtenir le feu vert de Bruxelles à son rachat de Bombardier Transport.

« La commande dont on parle, et qui, j'espère, va être passée bientôt, (...) sera toujours produite à Reichshoffen. Nous le ferons avec l'acquéreur », a rassuré Henri Poupart-Lafarge.

Avec un meccano industriel plus complexe.


Les grandes lignes du projet d'«ordre» de Valérie Pécresse

La cheffe du parti de droite Les Républicains (LR) de la région Ile-de-France et candidate à l'élection présidentielle de 2022 Valérie Pécresse assiste au journal télévisé du soir de TF1 à Boulogne-Billancourt, le 4 décembre 2021. (Photo, AFP)
La cheffe du parti de droite Les Républicains (LR) de la région Ile-de-France et candidate à l'élection présidentielle de 2022 Valérie Pécresse assiste au journal télévisé du soir de TF1 à Boulogne-Billancourt, le 4 décembre 2021. (Photo, AFP)
Short Url
  • Fin des visas si les pays ne reprennent pas leurs ressortissants expulsés
  • Ou encore, serment de «respect de la laïcité» pour les fonctionnaires, licenciement possible en cas de radicalisation

PARIS : Valérie Pécresse, désignée samedi candidate de LR à l'élection présidentielle, porte un projet d'"ordre" pour "relever notre pays", permettant selon elle d'économiser 76 milliards d'euros par an à l'horizon 2027, dont voici les grandes lignes:

IMMIGRATION

- Quotas annuels votés par le Parlement

- Fin des visas si les pays ne reprennent pas leurs ressortissants expulsés, "intensification" des charters 

- Dépôt des demandes d'asile depuis les ambassades à l'étranger

- Prestations sociales conditionnées à "cinq ans de résidence régulière" 

- Durcissement du regroupement familial 

LAÏCITÉ, INTÉGRATION

- Serment de "respect de la laïcité" pour les fonctionnaires, licenciement possible en cas de radicalisation

- Maintien en rétention des "terroristes radicalisés" après leur peine

- Interdiction du "port forcé" du voile ainsi que pour les accompagnatrices scolaires

- 30% maximum de logements sociaux par quartier

SÉCURITÉ, JUTICE

- "5 milliards" d'euros pour équiper les forces de l'ordre et "9 milliards par an" pour les tribunaux

- Armement des polices municipales 

- Jugements en "moins de six mois" pour les délits du quotidien et "15 jours" pour les violences conjugales

- Construction de "20 000 places de prison", ouverture de centres fermés pour les courtes peines 

- Retenues sur salaires "contre les amendes impayées"

- Majorité pénale à 16 ans

- "Circonstance aggravante" pour certaines infractions commises "dans 72 zones de reconquête républicaine"

- Reconnaissance faciale dans les transports en commun

ÉCONOMIE

- Hausse "de 10% des salaires nets jusqu’à 2,2 Smic", par un transfert aux entreprises des cotisations sociales vieillesse

- Relance "dès le printemps 2022" de la réforme des retraites: départ à 65 ans, pension d'"au moins un Smic" si on a travaillé toute sa vie

- Hausse des pensions de réversion, cumul emploi-retraite possible

- Renforcement de la dégressivité des allocations chômage après six mois

- "Droit au logement prioritaire" pour les travailleurs de première ligne

- Suppression de 200 000 postes de fonctionnaires mais création de 50 000 pour "protéger, éduquer, soigner" 

- "Comité de la hache" de simplification administrative 

- Fin des 35 heures de travail hebdomadaire

CLIMAT, ÉNERGIE

- Taxe carbone aux frontières de l'Europe

- Objectif de neutralité carbone "en 2050": Livret Vert, aucun véhicule neuf à énergie thermique "en 2040"

- Lancement de 6 EPR, zones d'"interdiction d'implantation des éoliennes"

ÉCOLE

- Deux heures de français et une de maths en plus en primaire

- Examen d'entrée en 6e avec "classes de remise à niveau" en cas d'échec

- Création d'une "réserve éducative nationale" avec des profs à la retraite

- Autonomie renforcée des écoles et universités

- Revalorisation des carrières des enseignants, poursuites de "tous les faits" d'outrage ou agression

FAMILLE, SANTÉ, CULTURE

- Prime à la natalité de "900 euros par an" dès le premier enfant, hausse des allocations familiales

- Défiscalisation des pensions alimentaires des parents seuls

- Don défiscalisé aux descendants possible "tous les six ans"

- Recrutement de 25 000 soignants à l'hôpital

- Déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé

- Création d'une journée nationale des héros français


Covid-19: 10 millions de Français ont reçu une dose de rappel, annonce Véran

Olivier Véran, ministre de la Santé. (Photo, AFP)
Olivier Véran, ministre de la Santé. (Photo, AFP)
Short Url
  • Les autorités sanitaires ont répété vendredi qu'il n'y aurait pas de pénurie de doses de vaccins
  • Plus de 50 000 nouveaux cas confirmés de Covid-19 ont été enregistrés en 24 heures

PARIS: Dix millions de Français ont reçu leur dose de rappel de vaccin contre la Covid-19, a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran samedi soir. 

« 10 millions de Français ont fait leur dose de rappel pour maintenir leur protection face à la Covid. De nouveaux rendez-vous continueront d’ouvrir chaque jour pour que toutes les personnes éligibles puissent faire leur rappel en temps et en heure », a-t-il tweeté. 

L'objectif que s'était fixé le gouvernement pour cette fin de semaine est donc atteint. 

Il y a dix jours, le gouvernement a annoncé que tous les adultes étaient désormais éligibles à une dose de rappel, ce qui a provoqué un afflux de prises de rendez-vous. 

Pour le ministre de la Santé, il n'y a pas de difficulté logistique susceptible d'empêcher le bon déroulement de cette campagne de rappel qui vise à un « effet coupe-feu » contre la cinquième vague de l'épidémie. 

1
Evolution en France du nombre de nouveaux cas, hospitalisations, entrées en soins critiques et décès, totaux et tendances pour ces quatre indicateurs, au 2 décembre. (Graphique, AFP)

Les autorités sanitaires ont répété vendredi qu'il n'y aurait pas de pénurie de doses de vaccins. 

A partir du 15 janvier, la dose de rappel sera obligatoire pour les 18-64 ans afin que leur pass sanitaire reste valide. 

Cela ne veut pas dire que l'injection devra forcément avoir été faite avant cette date qui correspond simplement à l'entrée en vigueur du mécanisme: à compter du 15 janvier, le pass de ces personnes sera désactivé si elles n'ont pas eu leur dose de rappel au maximum 7 mois après la dernière injection. 


Hôpital: des milliers de manifestants à Paris pour réclamer «des lits, des postes»

Des techniciens de laboratoire tiennent une pancarte indiquant "pas de laboratoire, pas d'hôpital" alors qu'ils manifestent devant le ministère de la Santé à Paris le 1er juin 2021. (Photo, AFP)
Des techniciens de laboratoire tiennent une pancarte indiquant "pas de laboratoire, pas d'hôpital" alors qu'ils manifestent devant le ministère de la Santé à Paris le 1er juin 2021. (Photo, AFP)
Short Url
  • Les hausses de salaires du « Ségur de la santé » n'ont pas éteint les revendications.
  • Plus nombreux qu'à l'accoutumée – 6 000 selon une source syndicale, 2 100 selon la préfecture de police - ils étaient d'abord venus demander « en urgence l'arrêt de toutes les fermetures programmées de lits »,

PARIS : Quelques milliers de personnes ont défilé samedi près du ministère de la Santé, à Paris, pour réclamer l'arrêt des fermetures de lits dans les hôpitaux publics et de meilleurs conditions de travail pour les soignants.

Les hausses de salaires du "Ségur de la santé" n'ont pas éteint les revendications. Tout au long de leur - court - cortège entre les Invalides, l'hôpital Necker et le ministère, les manifestants ont repris le slogan: "On veut des lits, des postes, pour l'hôpital public".

Plus nombreux qu'à l'accoutumée - 6.000 selon une source syndicale, 2.100 selon la préfecture de police - ils étaient d'abord venus demander "en urgence l'arrêt de toutes les fermetures programmées de lits", afin d'envoyer "un message très clair" pour "rassurer les agents de l'hôpital dans un contexte de nouvelle vague" de Covid, a déclaré à l'AFP Yves Veyrier, secrétaire général de Force ouvrière.

Le syndicat, dont la section de l'hôpital Nord-Mayenne est à l'origine de cette manifestation, avait battu le rappel de ses troupes pour l'occasion. La CGT, SUD, plusieurs collectifs de soignants (Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux, Santé en danger) et quelques partis politiques (LFI, EELV) étaient également présents, de même que des associations d'usagers de petits établissements comme Amilly (Loiret) ou Longjumeau (Essonne).

Les conditions de travail étaient aussi sur toutes les lèvres. Infirmière en réanimation au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), Séverine, 44 ans, déplore ainsi que dans son service des lits restent "fermés parce que les gens ne sont pas là" pour occuper les postes. Elle espère des recrutements "pour pouvoir faire (son) travail correctement".

"On nous en demande toujours plus avec toujours moins de moyens", regrette Sophie, 37 ans, infirmière à Melun (Seine-et-Marne), qui aimerait avoir plus "de communication et d'empathie" avec les malades, mais estime qu'on ne lui "donne plus le temps d'avoir cette relation avec les patients".