L'Algérie combat encore les feux de forêts, le bilan s'alourdit

Des villageois se rassemblent alors que de la fumée s'échappe d'un incendie dans les collines boisées de la région de Kabylie, à l'est de la capitale algérienne, Alger, le 12 août 2021.  (Ryad KRAMDI / AFP)
Des villageois se rassemblent alors que de la fumée s'échappe d'un incendie dans les collines boisées de la région de Kabylie, à l'est de la capitale algérienne, Alger, le 12 août 2021. (Ryad KRAMDI / AFP)
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Publié le Dimanche 15 août 2021

L'Algérie combat encore les feux de forêts, le bilan s'alourdit

  • Des experts et des témoins pointent néanmoins du doigt le manque d'anticipation et de prévention des pouvoirs publics devant un phénomène récurrent chaque année en Algérie
  • Le président Abdelmadjid Tebboune a rendu visite samedi aux blessés, civils et militaires, hospitalisés à Alger, leur promettant de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour leur prise en charge

ALGER : Pompiers, militaires et volontaires continuent samedi d'éteindre les derniers feux de forêts qui ravagent le nord de l’Algérie, des incendies qui ont fait depuis lundi quelque 90 morts, parmi lesquels 33 militaires, selon des bilans des autorités locales.

Selon les dirigeants algériens, ces incendies sont en majorité d'origine "criminelle" et des pyromanes ont été arrêtés.

Des experts et des témoins pointent néanmoins du doigt le manque d'anticipation et de prévention des pouvoirs publics devant un phénomène récurrent chaque année en Algérie. 

En outre, ces feux de forêts sont avivés actuellement par des chaleurs extrêmes.   

Le ministère de la Défense a organisé samedi deux cérémonies pour honorer les 33 soldats qui ont péri en luttant contre les flammes, l'une à l'hôpital militaire d'Alger, en présence du chef d'état-major, Saïd Chenegriha, et l'autre à Constantine (nord-est).

"Ces héros ont sacrifié leurs âmes pour la patrie et pour sauver leurs concitoyens des incendies criminelles survenues dans différentes régions de notre pays", a déclaré le général Boualem Madi, directeur de la communication de la Défense lors d'une l'oraison funèbre, au troisième et dernier jour d'un deuil national.

Le président Abdelmadjid Tebboune a rendu visite samedi aux blessés, civils et militaires, hospitalisés à Alger, leur promettant de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour leur prise en charge.

En l'absence de nouveau bilan global officiel, les bilans rapportés par les autorités locales, la Protection civile et le ministère de la Défense font état au total de quelque 90 morts depuis lundi. 

La Protection civile a fait état de "42 incendies en cours dans 15 wilayas (préfectures)", dont 14 à Tizi Ouzou et 7 à Béjaïa, en Kabylie, la région la plus touchée. "Neuf feux maîtrisés dans 4 wilayas", a précisé la même source dans un  tweet.

Une centaine de feux avaient été recensés jeudi dans tout le pays.

"Les hélicoptères du Groupement aérien de la Protection civile et de l'Armée ont effectué 235 opérations de bombardement d'eau, sans compter 172 opérations par des bombardiers d'eau à Tizi-Ouzou, Béjaïa et Jijel", a indiqué la Protection civile.

Deux bombardiers d'eau français -- mis à disposition par Paris via l'Union européenne (UE) -- ainsi qu'un avion de liaison, sont intervenus massivement jeudi et vendredi en Kabylie.

Un bombardier d'eau espagnol est arrivé samedi et un second est attendu dans les prochaines heures, selon l'agence officielle APS.

Un troisième appareil devrait être déployé prochainement en provenance de Suisse, selon M. Tebboune. 

Solidarité

Au total, 43 foyers ont été éteints à travers 20 préfectures au cours des dernières 24 heures. 

Près de 7 500 agents de la Protection civile sont déployés avec 490 fourgons anti-incendie et trois hélicoptères.

Cinq hélicoptères lourds MI-26, d'origine russe, ont également été mobilisés par l'armée. 

Selon le site spécialisé Mena Défense, l'armée algérienne compterait acheter huit bombardiers d’eau russes Beriev Be-200. Trois d'entre eux devaient arriver samedi à Alger, selon des médias locaux.

La Russie a proposé de mettre à la disposition de l'Algérie quatre avions bombardiers d'eau, selon l'APS, qui explique que "faute d’autorisations de survol de la Grèce et de Chypre", leur arrivée a été retardée. Ils devraient arriver sur site "dans les prochaines heures". 

Face au drame, les gestes de solidarité de la société civile se manifestent sur le terrain et l'aide internationale s'organise. 

"Nous recevons des aides de partout. J’ai vu défiler des camions et des fourgons de l’Algérie entière”, s'enthousiasme un jeune bénévole, cité par le quotidien francophone Liberté.

Les services météorologiques prévoient des températures allant jusqu'à 48 degrés, dans un pays qui souffre déjà de stress hydrique.

Pays le plus étendu d'Afrique, l'Algérie ne compte que 4,1 millions de hectares de forêts, avec un maigre taux de reboisement de 1,76%.

Chaque année, le nord du pays est touché par des feux de forêt. En 2020, près de 44 000 hectares de taillis sont partis en fumée.

Les incendies qui se multiplient à travers le globe sont associés à divers phénomènes anticipés par les scientifiques en raison du réchauffement de la planète.


L'armée israélienne émet un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités au Liban

Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
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  • L’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate d’une cinquantaine de localités au Liban, invoquant des opérations contre le Hezbollah
  • Deux secteurs de la banlieue sud de Beyrouth, Ghobeiry et Haret Hreik, sont également visés par un avertissement en raison de cibles liées au Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a émis tôt mardi un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités du Liban, dont deux lieux de la banlieue sud de Beyrouth, en raison d'opérations contre le mouvement Hezbollah.

"Les activités du Hezbollah contraignent l'IDF (l'armée israélienne) à agir avec force contre lui (...) Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos logements", a écrit Avichay Adraee, porte-parole de l'armée pour le public arabophone, sur X, listant une cinquantaine de villages.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, deux zones font également l'objet d'un avertissement, Ghobeiry et Haret Hreik, selon la même source. "Vous vous situez près d'installations et d'intérêts du Hezbollah, contre lesquels l'IDF va agir dans un avenir proche", a prévenu le porte-parole.

Le gouvernement libanais a pris lundi la décision sans précédent d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, provoquant la colère du mouvement soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah est représenté au sein du gouvernement et du Parlement, et cette mesure est intervenue quelques heures après qu’il a annoncé avoir lancé des roquettes et des drones vers Israël tôt lundi, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes américano-israéliennes.

Israël a bombardé lundi la banlieue sud de Beyrouth ainsi que des dizaines de villages du sud du Liban en riposte, promettant de faire payer au mouvement un « lourd tribut ».

Le ministère libanais de la Santé a indiqué que les frappes ont fait au moins 31 morts et au moins 149 blessés.


L’ambassade des États-Unis à Riyad visée par des drones : ministère saoudien de la Défense

Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
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  • L’ambassade a émis un avis de confinement (« shelter in place ») pour Djeddah, Riyad et Dammam

RIYAD : L’ambassade des États-Unis à Riyad a été prise pour cible par des drones, provoquant un incendie limité et des dégâts mineurs au bâtiment, a indiqué le ministère saoudien de la Défense.

L’ambassade des États-Unis à Riyad était vide au moment de l’attaque et aucune blessure n’a été signalée à ce stade.

L’ambassade a émis un avis demandant aux ressortissants de rester confinés à Djeddah, Riyad et Dammam.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

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  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".