Afghanistan: la Chine à l'affût après le départ américain

Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères (Photo, AFP).
Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 18 août 2021

Afghanistan: la Chine à l'affût après le départ américain

  • Les appréhensions de Pékin se portent notamment sur le Xinjiang
  • Cette région chinoise qui partage une petite frontière avec l'Afghanistan a longtemps été frappée par des attentats sanglants imputés aux séparatistes et islamistes

PEKIN: Inquiète du chaos en Afghanistan et des potentielles répercussions sur son territoire, la Chine reste prudente face aux talibans mais garde la porte ouverte au dialogue, à l'affût de nouvelles opportunités après la débâcle américaine.

Les appréhensions de Pékin se portent notamment sur le Xinjiang. Cette région chinoise qui partage une petite frontière avec l'Afghanistan a longtemps été frappée par des attentats sanglants imputés aux séparatistes et islamistes de l'ethnie locale ouïghoure.

En réaction, Pékin a instauré ces dernières années dans la région une surveillance policière draconienne. Selon des experts occidentaux, au moins un million de Ouïghours seraient passés par des "camps de rééducation" anti-islamiste.

L'arrivée au pouvoir des talibans, dont le régime a entretenu d'étroites relations avec les militants islamistes ouïghours basés en Afghanistan, inquiète forcément la Chine.

"Nous attendons des talibans qu'ils s'attaquent à toutes formes d'organisations terroristes, y compris le Mouvement islamiste du Turkestan oriental", a déclaré mercredi Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Connu sous son acronyme anglais d'"Etim", ce groupuscule séparatiste ouïghour est considérée par l'ONU comme une organisation terroriste.

"Depuis avant le 11 septembre, les Chinois sont inquiets des combattants ouïghours présents en Afghanistan", rappelle Raffaello Pantucci, spécialiste de l'Afghanistan à la S. Rajaratnam School of International Studies à Singapour.  

"Ils ont essayé de pousser les talibans à faire quelque chose. Mais rien ne prouve que ces derniers en ont tenu compte. La Chine a conscience de ça. Elle sait que ce n'est pas un gouvernement auquel elle peut faire entièrement confiance", estime-t-il.

"Un régime ouvert"

Le pouvoir chinois a toutefois accueilli à Tianjin (nord de la Chine) fin juillet une délégation talibane -- qui comprenait notamment le cofondateur du mouvement, le mollah Abdul Ghani Baradar.

"Les talibans sont une force politique et militaire cruciale en Afghanistan", reconnaissait alors le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, exprimant l'espoir qu'ils "jouent un rôle important dans le processus de paix, de réconciliation et de reconstruction" dans le pays.

La Chine n'a pas encore reconnu officiellement le régime des talibans, attendant de voir la composition d'un futur gouvernement.

"Nous attendons qu'un régime ouvert, inclusif et largement représentatif soit établi en Afghanistan avant que la question d'une reconnaissance diplomatique ne soit abordée", a indiqué mercredi le porte-parole chinois Zhao Lijian.

Contrairement à plusieurs puissances occidentales, la Chine a maintenu ouverte son ambassade à Kaboul et son ambassadeur est toujours présent dans la capitale afghane. Pékin a tout de même rapatrié 210 de ses ressortissants le mois dernier.

La Chine voit également dans le retrait américain une opportunité de renforcer son grand projet d'infrastructures des "Nouvelles routes de la soie", auquel s'est rallié l'Afghanistan en 2016. 

Pékin avait obtenu dès 2007 la concession de la mine géante de cuivre d'Aynak (le deuxième gisement mondial), près de la capitale afghane, pour 3 milliards de dollars.

L'Afghanistan possède également d'énormes réserves de lithium qui pourraient attiser les convoitises des entreprises chinoises, la Chine étant le premier producteur mondial de véhicules électriques. 

Deux exigences

Mais en raison de la situation sécuritaire, les investissements chinois sont pour l'instant modestes.

"Et je ne pense pas que les entreprises chinoises se disent 'allons extraire du lithium', en particulier dans certaines zones du pays qui sont encore très dangereuses", analyse M. Pantucci.

Avant d'investir en Afghanistan, la Chine a par ailleurs des exigences.

"La première est de protéger les investissements de la Chine et d'assurer la sécurité de ses ressortissants", affirme Hua Po, analyste politique indépendant, basé à Pékin. 

"La deuxième est la nécessité (pour le régime taliban) de couper les relations avec les séparatistes du Turkestan oriental et les empêcher de revenir dans le Xinjiang."

Le mois dernier, le porte-parole des talibans, Suhail Shaheen, s'était montré rassurant sur ces deux points, qualifiant la Chine de "pays ami de l'Afghanistan".

Si Pékin n'entend jouer aucun rôle politique en Afghanistan, le pouvoir communiste n'a pas manqué d'égratigner le rival américain suite au chaos entraîné par le retrait précipité des Etats-Unis.

Les diplomates chinois ont massivement relayé sur les réseaux sociaux les images d'Afghans tentant désespérément de fuir lundi depuis l'aéroport de Kaboul. 

"La puissance et la fonction des Etats-Unis, c'est de détruire, pas de bâtir", a estimé mardi une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, accusant Washington d'avoir laissé une "terrible pagaille" en Afghanistan.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.