Turquie: Le musée Sainte Sophie sera-t-il transformé en mosquée?

 Un chat tranquille à l’intérieur du musée Sainte Sophie, à Istanbul, dont le Conseil d’État envisage la transformation en mosquée. (Osan KOZE/AFP)
Un chat tranquille à l’intérieur du musée Sainte Sophie, à Istanbul, dont le Conseil d’État envisage la transformation en mosquée. (Osan KOZE/AFP)
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Publié le Mercredi 15 juillet 2020

Turquie: Le musée Sainte Sophie sera-t-il transformé en mosquée?

  • « ll a été décidé que la mosquée Sainte-Sophie sera rouverte aux prières », a annoncé Erdogan
  • « Sainte-Sophie est un monument appartenant à toute l'humanité, indépendamment de toute croyance religieuse », a rappelé la ministre grecque de la Culture

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé vendredi l'ouverture de l'ex-basilique Sainte-Sophie à Istanbul aux prières musulmanes.

Cette annonce intervient après que le plus haut tribunal de Turquie a ouvert vendredi la voie à la transformation en mosquée de l'ex-basilique Sainte-Sophie, l'un des symboles d'Istanbul, qui fut convertie en musée dans les années 1930.

La Cour a expliqué que dans les actes de propriété au nom de la Fondation Mehmet Fatih, du nom du sultan ottoman qui a conquis Constantinople au 15ème siècle, Sainte-Sophie était inscrite comme une mosquée et que cette qualification ne pouvait être modifiée.

« Il a été décidé que la mosquée Sainte-Sophie sera placée sous l'administration de Diyanet (l'Autorité des affaires religieuses), et sera rouverte aux prières" », a annoncé M. Erdogan peu après dans un décret, dans lequel il désigne le monument comme une « mosquée ».

Une histoire mouvementée

Ce monument, classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, fait régulièrement l'objet de controverses. Son histoire est particulièrement mouvementée.

Le majestueux ouvrage a été construit au VIe siècle sous l'empereur byzantin Justinien. Sainte-Sophie est aujourd'hui considérée comme l'un des héritages les plus importants de l'époque byzantine.

Après la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, la basilique a été convertie en mosquée. Mais après l'effondrement de l'Empire au sortir de la Première Guerre mondiale, le président de la jeune République turque Mustafa Kemal décide, en 1934, d'en faire un musée.

Aujourd'hui, Sainte-Sophie est un musée qui est visité par des millions de touristes chaque année. L'an dernier, c'était même l'attraction touristique la plus visitée de Turquie, avec 3,8 millions de personnes.

Néanmoins, Sainte-Sophie a été le théâtre de plusieurs activités liées à l'islam ces dernières années. En 2018, le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan y a par exemple lu un verset du Coran.

La décision annoncée vendredi est l'aboutissement d'un long processus judiciaire. En 2018, la Cour constitutionnelle a rejeté la requête d'une association turque qui demandait la réouverture de Sainte-Sophie au culte musulman.

Mais le débat actuel intervient dans un contexte où M. Erdogan cherche par tous les moyens à rallier sa base conservatrice, dont une partie l'a boudé lors d'élections municipales remportées l'an dernier par l'opposition à Istanbul et Ankara.

Le principal parti d'opposition, le CHP (social-démocrate), accuse le président turc d'instrumentaliser Sainte-Sophie pour faire oublier la mauvaise situation économique actuelle.

« Sainte-Sophie est probablement le symbole le plus visible du passé ottoman de la Turquie et Erdogan l'instrumentalise pour galvaniser sa base et toiser ses rivaux à la maison comme à l’étranger », décortique Anthony Skinner, du cabinet de consultants Verisk Maplecroft.

Les Stambouliotes « émus »

« Je suis très ému. Le fait que Sainte-Sophie perde son statut de musée et redevienne une mosquée comble tous les musulmans », a déclaré à l'AFP Mucayit Celik, un Stambouliote rencontré devant le monument.

« C'est une décision que j'attends depuis des années. C'est une honte qu'elle ne soit pas intervenue auparavant, c'est pour cela que je suis très heureux », renchérit Umut Cagri, un autre habitant d'Istanbul.

Quelques centaines de personnes se sont rassemblés devant l'ex-basilique, où un dispositif policier renforcé a été déployé, agitant des drapeaux turcs et scandant « les chaînes ont été brisées » pour fêter la décision du Conseil d'Etat.

« Un monument appartenant à toute l'humanité »

La Grèce et la Russie ont exprimé pour leur part leur préoccupation.

A Moscou, le patriarche russe Kirill s'est dit « profondément préoccupé » par un éventuel changement de statut de « l'un des plus grands monuments de la culture chrétienne » et « particulièrement cher à l'Eglise russe », héritière des traditions byzantines.

« Une menace envers Sainte-Sophie est une menace pour l'ensemble de la civilisation chrétienne, et donc envers notre spiritualité et notre histoire », a-t-il ajouté, appelant le gouvernement turc à la « prudence ».

La ministre grecque de la Culture Lina Mendoni a pour sa part estimé qu'un « monument dont la portée est universelle est en train d'être instrumentalisé pour servir des intérêts de politique intérieure ». « Le nationalisme dont fait preuve le président Erdogan ramène son pays six siècles en arrière », a-t-elle estimé.

« Sainte-Sophie est un monument appartenant à toute l'humanité, indépendamment de toute croyance religieuse », a rappelé la ministre grecque de la Culture.

L'Unesco a de son côté appelé la Turquie au dialogue avant toute décision susceptible de « porter atteinte » à la « valeur universelle » de ce monument du patrimoine mondial.

Quid des visiteurs?

En cas de reconversion, les touristes de toutes confessions pourront toujours pénétrer dans l'enceinte de Sainte-Sophie. La Mosquée bleue voisine reçoit ainsi de nombreux visiteurs chaque jour. 

Mais le cas de l'église Sainte-Sophie à Trabzon, au nord-est de la Turquie, reconvertie en mosquée en 2013, donne à réfléchir.

« Le nombre de visiteurs a drastiquement chuté après sa reconversion, notamment parce qu'ils ne pouvaient plus admirer les fameuses fresques de l'église », souligne Tugba Tanyeri Erdemir, chercheuse à l'Université de Pittsburgh,  ajoutant que cette décision a eu des retombées négatives pour les habitants vivant du tourisme.


L’Arabie saoudite renforce sa présence dans les discussions mondiales sur la mode à Milan

Le RLC Fashion Summit a abordé les réalités auxquelles sont confrontées les industries de la mode et du luxe. (Photo fournie)
Le RLC Fashion Summit a abordé les réalités auxquelles sont confrontées les industries de la mode et du luxe. (Photo fournie)
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  • La Commission saoudienne de la mode a participé comme partenaire principal du RLC Fashion Summit 2026 à Milan, soulignant le rôle croissant du Royaume dans l’industrie mondiale de la mode
  • Les discussions ont porté sur les principaux enjeux du secteur : intelligence artificielle, évolution des consommateurs, investissements, commerce multimarque et émergence de nouveaux marchés

DHAHRAN : Des dirigeants mondiaux de la mode et du luxe se sont réunis à Milan début juin à l’occasion du Retail Leaders Circle (RLC) Fashion Summit 2026, dans le cadre du rayonnement international croissant du RLC Global Forum, dont le rendez-vous phare annuel se tient en Arabie saoudite.

Organisé au Four Seasons Hotel Milano, le RLC Fashion Summit a abordé les défis actuels auxquels font face les secteurs de la mode et du luxe : fragmentation géopolitique, évolution des attentes des consommateurs, discipline en matière d’investissement, intelligence artificielle, avenir du commerce multimarque et influence croissante des nouveaux marchés.

L’initiative Fashion Futures de la Commission saoudienne de la mode a participé au sommet en tant que partenaire principal, illustrant le rôle grandissant du Royaume dans les discussions internationales portant sur la mode, le commerce de détail, l’investissement et le développement des secteurs innovants.

« Notre priorité est de mettre en place les conditions d’une croissance durable pour l’ensemble du secteur de la mode en Arabie saoudite », a déclaré Burak Cakmak, directeur général de la Commission saoudienne de la mode, dans un communiqué. « Alors que l’industrie poursuit sa transformation, nous travaillons à multiplier les opportunités pour les marques internationales, les fabricants, les investisseurs et les partenaires du secteur afin qu’ils puissent s’engager sur le marché saoudien et contribuer à son développement. »

La participation de la commission reflète également la dynamique plus large du secteur de la mode saoudien, alors que le Royaume poursuit ses investissements dans les secteurs innovants, le développement des talents, les infrastructures commerciales et les partenariats internationaux.

« Il est rare de voir un tel niveau de leadership réuni au même endroit pour une journée entière d’échanges authentiques et ouverts », a déclaré Panos Linardos, président du RLC Global Forum.

Outre son forum annuel dédié au commerce de détail à Riyad, le RLC Global Forum organise un calendrier d’événements de premier plan à travers le monde, notamment le CEO Summit à New York et le RLC Fashion Summit à Milan.


À Dubaï, la mode se met au service de l’éducation grâce au partenariat entre OnTheList et Dubai Cares

La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde. (AFP)
La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde. (AFP)
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  • Pour marquer le lancement de cette collaboration, OnTheList organisera une vente caritative de mode au Dubai Design District (d3) du 9 au 12 juin
  • L’intégralité des bénéfices générés par cet événement sera reversée à Dubai Cares afin de soutenir ses programmes éducatifs et humanitaires à l’international

DUBAÏ: La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde.

Pour marquer le lancement de cette collaboration, OnTheList organisera une vente caritative de mode au Dubai Design District (d3) du 9 au 12 juin. L’intégralité des bénéfices générés par cet événement sera reversée à Dubai Cares afin de soutenir ses programmes éducatifs et humanitaires à l’international.

Cette opération réunira plusieurs marques du groupe BESTSELLER, dont JACK & JONES, VERO MODA, ONLY, Name It et Selected. Les visiteurs pourront accéder à une sélection de vêtements et d’accessoires pour hommes, femmes et enfants à des prix fortement réduits.

Créée pour offrir à ses membres un accès privilégié à des marques premium, OnTheList poursuit ainsi sa stratégie d’engagement social dans la région. Pour l’entreprise, ce partenariat avec Dubai Cares s’inscrit dans une volonté de donner davantage de sens à l’expérience d’achat.

« Lorsqu’on construit une marque dans cette région, il est essentiel d’aller au-delà de la simple transaction commerciale. Ce partenariat avec Dubai Cares reflète cette vision : chaque achat contribue désormais à une cause qui dépasse largement l’acte de consommation », a déclaré Delphine Lefay, cofondatrice d’OnTheList.

De son côté, Amal Al Redha, directrice des partenariats chez Dubai Cares, a salué une initiative qui démontre que commerce et responsabilité sociale peuvent se renforcer mutuellement.

« Cette collaboration offre une opportunité concrète de mobiliser une communauté de consommateurs désireux de contribuer positivement à la société. Nous sommes ravis d’accueillir OnTheList parmi nos partenaires », a-t-elle indiqué.

Depuis sa création, Dubai Cares affirme avoir impacté plus de 117 millions de personnes dans plus de 60 pays en développement grâce à ses programmes dédiés à l’éducation, à la jeunesse et au développement durable.

Alors qu’OnTheList continue d’étendre sa présence aux Émirats arabes unis, cette initiative illustre une tendance croissante au sein du secteur de la mode : mettre le pouvoir d’achat au service de causes sociales et humanitaires à l’échelle mondiale.


BBC World Questions au Maroc : la jeunesse féminine au cœur du changement

Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
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  • Une édition spéciale de BBC World Questions réunira à Marrakech des jeunes femmes engagées pour débattre des évolutions sociales, des droits des femmes et de la réforme du droit de la famille au Maroc
  • Au cœur des échanges : des questions de société telles que le mariage des mineures et les libertés individuelles

DUBAI: La BBC World Service organisera le 10 juin à Marrakech une édition spéciale de son émission de débat international BBC World Questions, centrée sur la place des femmes dans une société en pleine évolution.

À l’heure où une nouvelle génération porte des revendications en faveur du changement, les questions liées aux droits des femmes, à la foi et à la réforme du droit de la famille occupent une place croissante dans le débat public. Cette émission entend donner la parole aux jeunes Marocaines et mettre en lumière leurs aspirations, leurs préoccupations et leur vision de l’avenir.

Animée par le journaliste Jonny Dymond, l’émission réunira un panel de personnalités engagées dans les questions d’égalité et de participation des femmes à la vie publique. Parmi les intervenantes figurent la rappeuse et chanteuse Frizzy, connue pour son implication dans la campagne pour l’égalité des femmes « The Time Has Come », Meryem Redouane, responsable de la section féminine de la Fédération islamique internationale des organisations étudiantes (IIFSO), Kaoutar Rias, étudiante à l’École nationale d’architecture de Tétouan et membre du Conseil national du renouveau étudiant (OREMA), ainsi que Yousra Salhi, créatrice de contenu numérique féministe et militante pour les droits des femmes.

Les discussions porteront notamment sur le mariage des mineures, la polygamie, les règles d’héritage, le harcèlement sexuel, ainsi que les questions de liberté individuelle et de pudeur. Fidèle au format de BBC World Questions, le public présent jouera un rôle central en posant directement ses questions aux intervenantes.

Gwenan Roberts, responsable des commandes éditoriales au BBC World Service, s’est félicitée de la tenue de cette édition à Marrakech. « Nous sommes ravis de venir à Marrakech et impatients d’entendre directement notre panel et notre public sur la manière dont les femmes marocaines perçoivent leur place dans la société et les évolutions culturelles en cours », a-t-elle déclaré.

L’événement se tiendra au centre Les Étoiles de Jemaa el-Fna à Marrakech et est organisé en partenariat avec BBC News Arabic et la Fondation Ali Zaoua. L’enregistrement sera diffusé à l’échelle mondiale à la radio, à la télévision et sur les plateformes numériques de la BBC.

Pour Gwenan Roberts, rédactrice en chef des commandes à BBC World Service, cette édition représente une occasion unique d’entendre directement les jeunes Marocaines sur leur place dans la société et sur les transformations culturelles qui traversent actuellement le pays.

L’émission sera diffusée pour la première fois sur BBC World Service Radio le 13 juin avant d’être mise à disposition en ligne, sur BBC Sounds et sur les principales plateformes de podcasts. Une version télévisée sera également proposée à partir du 20 juin sur les chaînes et plateformes numériques de la BBC.