Dans une épicerie afghane de Paris, Nasrullah tient le bureau des peurs

Assis au milieu des packs d'eau et des pistaches d'une épicerie parisienne où il tient sa permanence, Nasrullah Youssoufi, traducteur franco-afghan, voit arriver chaque jour sur son téléphone des centaines d'appels à l'aide d'Afghans. AFP
Assis au milieu des packs d'eau et des pistaches d'une épicerie parisienne où il tient sa permanence, Nasrullah Youssoufi, traducteur franco-afghan, voit arriver chaque jour sur son téléphone des centaines d'appels à l'aide d'Afghans. AFP
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Publié le Mercredi 25 août 2021

Dans une épicerie afghane de Paris, Nasrullah tient le bureau des peurs

  • Assis au milieu des packs d'eau et des pistaches d'une épicerie parisienne où il tient sa permanence, Nasrullah Youssoufi, traducteur franco-afghan, voit arriver chaque jour sur son téléphone des centaines d'appels à l'aide d'Afghans
  • Sur l'écran de son smartphone s'affiche une mosaïque de photos de famille, cartes d'identité, diplômes, certificats dans toutes les langues envoyées des quatre coins de l'Afghanistan comme autant de bouteilles à la mer

PARIS: Assis au milieu des packs d'eau et des pistaches d'une épicerie parisienne où il tient sa permanence, Nasrullah Youssoufi, traducteur franco-afghan, voit arriver chaque jour sur son téléphone des centaines d'appels à l'aide d'Afghans qui désespèrent de pouvoir fuir en France.

"Personne ne veut rester, soit (les talibans) vont gouverner un cimetière, soit ils n'auront plus qu'eux-mêmes à gouverner", lance le Franco-Afghan.

Sur l'écran de son smartphone s'affiche une mosaïque de photos de famille, cartes d'identité, diplômes, certificats dans toutes les langues envoyées des quatre coins de l'Afghanistan comme autant de bouteilles à la mer.

Elles sont lancées par la cohorte de ceux qui n'ont quasiment aucune chance dans l'immédiat de pouvoir fuir en France. Sans lien avec des étrangers, sans appui d'associations, sans profession de prestige, sans proche ayant déjà obtenu le statut de réfugié en France. Souvent sans même un passeport.

Une inconnue bloquée à Mazar-e-Sharif, dans le nord du pays, écrit en français à l'interprète "sauvez nous !" Au téléphone, la jeune femme se présente comme une étudiante en finance de 25 ans. Elle détaille à l'AFP, dans un flot de paroles, ses vingt ans de scolarité modèle.

"Nous sommes la génération des femmes éduquées, ils (les talibans) ne le supportent pas, ils ne peuvent pas gouverner avec nous, ils vont nous exterminer", retranscrit l'interprète. "Merci d'avoir écouté", dit-elle en français, avant de raccrocher pour tenter sa chance auprès d'un autre intermédiaire.

Essayer et patienter

C'est ensuite le tour d'un jeune musicien, joueur de tambour de la province de Ghazni (est), d'expliquer qu'il est en danger de mort. Il mêle dans ses appels à l'aide les vidéos de ses concerts et les photos de sa "tazkira", sa carte d'identité afghane, en espérant pouvoir être inscrit sur une liste d'évacuation. N'importe laquelle.

"C'est compliqué", écrit Nasrullah en réponse au musicien. Pour ne pas lui dire que c'est impossible.

"Ils sont écroulés, je ne peux pas dire non. Mais la seule chose que je peux faire, c'est leur dire d'essayer et de patienter", dit le jeune interprète.

Nasrullah Youssoufi, 32 ans, est arrivé en France il y a sept ans. Après des études de français et une licence de droit à l'université de Créteil, près de Paris, le jeune homme est devenu traducteur assermenté en dari et pachtoun auprès de la Cour nationale du droit d'asile. 

Entre deux audiences, il oriente et aide bénévolement les réfugiés afghans en France depuis son bureau improvisé installé dans l'"Afghan Market", près de la Gare du Nord, à Paris.

Yassin Nabizada, 32 ans, ex-reporter pour une radio locale afghane fermée par les talibans, tient la caisse de l'épicerie. Entre autres tâches.

Les deux hommes, se démènent pour servir d'interface aux "compatriotes", en particulier ceux issus de la même minorité qu'eux, les Hazara, des chiites persécutés par les talibans.

Espoirs

"Restez calme, n'allez pas à l'aéroport sans les papiers et autorisations, des civils sont morts", martèlent-ils dans une vidéo en dari qui fait le point sur les procédures possibles.

Pour le rapatriement familial, "c'est en discussion, rien n'est fait", dit-il en référence à l'examen de demandes de procédures d'urgence sur lesquelles le Conseil d'Etat doit statuer jeudi.

Arrive dans l'épicerie M., un jeune demandeur d'asile afghan venu en train d'Evreux. Les mains tordues d'angoisse, il tient sa pochette verte en carton. Il y a glissé tous les papiers pour sa procédure d'asile, qu'il est incapable de lire. 

Nasrullah tapote sur la pochette en carton. "J'ai vécu tout cela il y a sept ans", se souvient-il, "j'ai été des deux côtés, je sais ce que c'est de marcher deux semaines sans trouver personne qui parle ta langue et le français pour t'aider".

Après un an de démarches, M. compte sur une procédure accélérée pour obtenir son statut de réfugié.

Il s'interroge également sur ses chances de pouvoir faire venir son frère, un ancien de la police nationale afghane. Menacé, il a déjà tenté sa chance à l'aéroport de Kaboul d'où il a été refoulé.

"Je lui dis de contacter telle personne, de commencer un dossier, de patienter, de ne pas renoncer", répète encore Nasrullah, qui met un point d'honneur à répondre, même d'un simple smiley, à toute demande d'information ou d'aide.


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
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  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
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  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.